vendredi, 10 octobre 2008
La loi et l’ordre de Jon Avnet °

Tom et David sont deux flics-co-équipiers new-yorkais (plus tout jeunes) et aussi amis alavialamort depuis des lurettes. Un tueur en série laisse des poèmes sur ses victimes : ça les agace, ils sont là pour faire régner la loi et l’ordre tout de même. L’enquête les mène à l’idée que peut-être éventuellement le tueur serait flic. Ça les énerve vraiment.
Que peut-on attendre d’un film au titre aussi con, à l’affiche aussi moche et au sous-titre aussi ringard « La plupart des gens respectent l’insigne. Tout le monde respecte le flingue » ? Eueueuh, je sais pas moi, revoir Bob et Al ensemble peut-être ? Bingo ! Sauf que la rencontre mythique a déjà eu lieu et que donc là, il ne reste pas grand-chose à voir même si incontestablement Al (qui n’en est plus à une fantaisie capillaire) semble se donner un mal de chien pour apporter un semblant de connivence au duo alors que Bob grimace à se faire péter les maxillaires. Les deux stars grasses du bide et plissées comme des shar-peïs se tapent dans le dos, se font des sourires, des clins d’œil, se disent qu’ils s’aiment, qu’ils s’admirent, que l’un est le modèle de l’autre et si tu crois pas celle-là, je t’en raconterai une autre... Au début, c’est marrant et puis ça devient consternant. La scène finale qui essaie tant bien que mal (plutôt mal évidemment) de lorgner du côté de « Heat » est grotesque.
Quant à l’histoire, quand on y comprend quelque chose, on s’en cogne. Pour ceux qui iraient quand même assister au naufrage de ces deux stars qu’on a tant aimées, vous pouvez toujours chercher à décider laquelle des deux vieillit le plus mal… Moi je dis Robert.
P.S. : en dernier recours vous pouvez aussi tenter de trouver de quel mot AVNET (nom du réalisateur) est l'anagramme...
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mardi, 22 juillet 2008
Le voyage aux Pyrénées d’Arnaud et Jean-Marie Larrieu °

Alexandre Dard et Aurore Lalu, couple d’acteurs célèbres vient soigner les récentes crises de nymphomanie de madame au sommet, ou presque on va pas chipoter, des Pyrénées. De là à dire que la Pyrénéenne n’a pas de vie sexuelle, il n’y a qu’un pas ! En tout cas l’air vif et pur, la nature et tutti frutti ça doit calmer les ardeurs de madame. Tu parles !
Que dire et par où commencer ? Je suppose qu’il doit y avoir ceux qui parlent de fantaisie et de loufoquerie voire d’audace et d’insolence, pourquoi pas tant qu’on y est, et ceux qui comme moi, sortent de la salle bras ballants et mine défaite en hésitant entre abattement et affliction tant la vision de ce spectacle sans tête mais avec quelques queues, les a laissés de marbre. Pas drôle, répétitif, sans autre réelle intention apparente que de filmer une succession de scènes dans le style « Martine à la montagne », nous verrons donc Alexandre et Aurore bivouaquent, Alexandre et Aurore rencontrent l’ours (on dirait un chimpanzé mais enfin bon, passons !), Alexandre et Aurore font de l’âne mais ne voient pas le cirque de Gavarny, Alexandre rencontre un tibétain qui bouffe des champignons hallucinogènes, Aurore rencontre des moines naturistes (les meilleurs moments selon moi, grâce à Philippe Katerine, j’imagine), Aurore se fait consoler par l’ours, etc !!! Et voilà, à un moment ça s’arrête (ouf) mais ça aurait tout aussi bien pu continuer encore des heures.
Ah si quand même, je dois dire que lorsque la foudre foudroie (ah ah), Darroussin (toujours parfait malgré tout) devient Azéma et lycée de Versailles ! Et là, petite réussite qui, hélas, tourne rapidement en rond autour de son nombril, je dois reconnaître que Darroussin (grandiose) joue parfaitement Azéma (mais pas l’inverse). Oui, je sais c’est compliqué. En résumé Darroussin est génial mais Azéma soupire, halète et s’égosille du début à la fin. Fatigante. (Y'aurait-il enfin une âme charitable et objective qui dans ce métier impitoyable "la grande famille du cinéma" lui dira que sa coiffure, franchement... et puis, non... laissons tomber).
Sinon, bon ben c’est vrai que « pourtant la montagne est belle ! », mais on ne se refait pas, je préfèrerai toujours « quand la mer monte ». Même pas honte !
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lundi, 21 juillet 2008
Broken english de Zoé Cassavetes °

Nora, à la trentaine bien entamée n’a ni fiancé ni même l’ombre d’un macho à se mettre sous la couette. Toutes ses rencontres sont des erreurs. A chaque fois c’est la cata, le prétendant cache une fiancée, il reste inconsolable de son ex, il ne pense qu’à son boulot. Crotte de bique ! Cerise sur le pompon (oui bon, ça va !) sa mère la harcèle « alors t’as un mec ? », sa meilleure amie est mariée et bla bla bla. La route est libre pour le Prince Charmant qui sera ici le latin lover : « notre » Melvil Poupaud. Bizarrement c’est évidemment le seul avec qui elle ne va pas coucher le premier soir. C’est vrai qu’il est irrésistible par rapport aux autres (quoique Justin Theroux quand même !) mais un français, ça leur fait peur aux new-yorkaises ; ça doit être son chapeau, je sais pas !
Ça commence mal. Sur une musique d’ascenseur, Parker Posey prend des poses devant la caméra énamourée de sa réalisatrice Zoé Cassavetes (oui oui, la fille et la sœur de… la pauvrette !) et ça ne s’arrange pas beaucoup ensuite. Filmé cheap tout au néon blafard, ça ne fait pas du bien au teint des acteurs. Y’a aussi Bernadette Lafont qui a du rouge à lèvres plein les dents et Gena Rowlands qui a débordé autour des lèvres. Bon enfin bref, c’est pas tout ça. Quand Nora va rencontrer Julien (elle dit Djouliane, je ne sais pas pourquoi) elle va faire sa pucelle effarouchée alors que jusque là elle y allait franco de port, entre deux crises d'hystérie, mais toujours défoncée à la téquila. Quand elle va dessouler, trop tard, c’est pile le jour où Djouliane retourne en France. A la suite de quoi, elle va déprimer profond, planter son boulot sans préavis… bref, que des trucs vraisemblables mais quand même un peu bas de plafond. Avec sa copine, qui traverse une grave crise conjugale (« c’est lui qui freine pour le bébé »), elle va venir en France (Paris, son Arc de Triomphe, sa Tour Eiffel, ses hôtels pourraves mal insonorisés... faut le voir pour le croire) pour retrouver Djouliane. En cours de route elle perd son numéro de téléphone mais heureusement « Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment comme nous d’un aussi grand amour »… Bon allez je suis bonne fille je vous la fais courte, je suis sûre que vous avez compris l’idée générale mais quand c’est mal fait, c’est mal fait. Basta. J’avais envie de « ma » comédie sentimentale de l’été. Loupé.
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vendredi, 18 juillet 2008
Nos 18 ans de Frédéric Berthe °

Lucas et sa bande de copains passent le bac. Le dernier jour de cours, trop cool, Lucas décide de dire ses quatre vérités au prof de philo qui lui a pourri la vie cette année, trop fun. Le prof se révèle être celui qui fera passer les oraux du bac et le père de la belle inconnue que Lucas a rencontrée lors d’une soirée, trop con !
Que dire ? Cette bande de zozos, tous beaux comme des top models sur papier glacé (sauf le premier de la classe, forcément binoclard et boutonneux) sont des petits bourges qui ont la cervelle dans la culotte. Être bourge n’est ni un défaut ni une qualité mais quand on prétend faire un film générationnel (je suppose que c’est le cas) on essaie de ratisser plus large. Ici, les apprentis top models, qui récitent leur texte comme s’ils sortaient de l’école effectivement, habitent des appartements qui ont cinq mètres de plafond, ou maison avec piscine, ont le permis et roule en 205, oui, mais coupé décapotable. Il y a la petite sœur de 15 ans nymphomane, le petit frère casse-couilles, le macho qui ne résiste à aucun décolleté, la petite amie qui tombe enceinte, la meilleure amie amoureuse de son meilleur ami qui s’en doute mais… non, finalement…Rien ne manque et tous rêvent de deux choses :
- leurs prochaines vacances à Ibiza,
- leur prochaine partie de jambe en l’air.
Je me souviens avoir été jeune et avoir passé le bac, si si, même au XIXème siècle ça existait, je côtoie même pas mal de jeunes qui sont ou étaient en terminale… et leurs préoccupations sont surtout, obtenir ce fichu bac, se trouver un job pour l’été et aussi bien sûr avoir un ou une petit(e) ami(e), si ce n’est déjà fait. Je ne me souviens plus qu’on pouvait avoir l’examen sans la moindre révision, que les filles comptaient sur le déboutonnage de leur chemisier pour vamper les examinateurs, que tricher était un sport national, que les parents quasi inexistants s’en foutaient etc… Ici, tout est moche et on s’en fout quand ça n’agace pas. On peut s’amuser à observer les sosies d’Emma de Caunes et de Charlotte de Turkheim, ça occupe 5 minutes.
Sinon, Michel Blanc n’a pas grand-chose à faire, à part faire semblant d’être un vilain mais d’être hyper cool en fait. Il le fait bien.
Maruchka Detmers n’a pas grand-chose à faire, à part être triste et jolie. Elle le fait bien.
Bernadette Lafont n’a pas grand-chose à faire, à part être la mamy hyper cool. Elle le fait bien.
Venantino Venantini n’a pas grand-chose à faire mais il ne le fait pas bien car il est ridicule.
Il reste bien la bande son estampillée années 90 à se mettre entre les deux oreilles, mais même ça, je ne suis pas fan.
Bon, je conclurai : nostalgie zéro, plus de 15 ans, s’abstenir !
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mardi, 15 juillet 2008
Une histoire italienne de Marco Tullio Giordana °


Attention : Histoire vraie ! Osvaldo Valenti et Luisa Ferida sont exécutés en pleine rue à Milan le 30 avril 1945, quelques jours avant la libération. Le film est un flash back qui nous conte comment les deux acteurs, adulés (je n’en avais JAMAIS entendu parler) en sont arrivés là. Accusés de collaboration avec les fascistes, célèbres à la ville comme à l’écran ils incarnaient les méchants, malfaisants et dépravés. Et comme souvent, le public confondant rôles et vie réelle, cela les rendait assez fascinants. En 43, ils choisissent la République de Salo et de continuer à mener leur carrière dans les studios vénitiens où Mussolini se flattait de recréer Cinecittà… Ont-ils réellement collaboré, torturé ou assisté à des tortures, participé à des rafles ou n’étaient-ils que des opportunistes qui ne pensaient qu’à eux, à leur carrière en restant aveugles aux horreurs qui se déroulaient sous leurs yeux ? Le réalisateur ne tranche pas, n’explique pas, mais ce n’est pas ce doute qui rend les deux protagonistes antipathiques (il y a de merveilleux salauds au cinéma !) mais bien qu’à aucun moment, même si on ne peut s’identifier à eux, ils ne nous deviennent sympathiques. On s’en fout et le film empile les déceptions.
Etrange qu’avec un sujet aussi cinématographique et une histoire aussi puissante et romanesque, Maco Tullio Giordana fasse un film aussi plat, gris, morne et ennuyeux. Il semblerait que le film ébouriffant qui emportait tout sur son passage, le merveilleux et inoubliable « Nos meilleures années » qui m’avait tant bouleversée (malgré ses 6 heures… oui 6 heures au cinéma, ça existe !) pour figurer comme le meilleur de ce que j’avais vu cette année là (2003 dans ma liste, là, à gauche !), ne soit qu’un hasard miraculeux. Ici tout est lourd, emphatique, démonstratif et boursouflé. Le film commençant par la fin… le réalisateur nous fait même l’insulte quelques minutes avant la fin de nous faire un petit résumé de ce qui s’est passé au début. Oui, Monsieur Giordana, le spectateur est capable de supporter un film et de rassembler les morceaux même quand il dure interminablement deux heures et vingt huit minutes !!! Quant à l’interprétation, je dirai simplement que Luca Zingaretti gesticule beaucoup, que Monica Belluci grasse et éteinte traverse le film mollement et qu’à aucun moment on ne sent la moindre complicité entre les deux acteurs censés exprimer une passion indestructible.
Reste Alessio Boni (le Christopher Walken italien), toujours intense, ardent… qu’il sorte vite des pattes de M.T. Giordana !
P.S. : vous noterez au passage (voir photos) le regard particulièrement expressif et homogène des trois acteurs !!! La consigne étant sans aucun doute : "Le regard ? Vide, chéri, vide le regard" !
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mardi, 24 juin 2008
Le témoin amoureux de Paul Weiland °


Hannah et Tom deviennent amis alavialamort par hasard. 10 ans plus tard Hannah est toujours une jeune femme sage, charmante, drôle et intelligente tandis que Tom, comme son père (oh la la, misère, l'un des derniers rôles de Sidney Pollack en vieux beau qui épouse des minettes de quarante ans de moins que lui !!!), est un queutard invertébré qui couche avec tout ce qui remue. Mais la tradition est immuable : le dimanche, ils le passent ensemble. Ils vont au cinéma, au restaurant, à la plus meilleure boulangerie du monde manger des desserts et piquer ce que l’autre a dans son assiette, ah ah ah si c’est pas de la complicité comme on n’en fait plus ça madame…et ils finissent la journée par la promenade obligatoire (on est à New York) sur le petit pont so romantic de Central Park ! Sinon, le reste du temps, ils le passent dans des cocktails et des soirées mondaines. Un jour, Hannah doit se rendre en Ecosse pour son boulot. Six semaines. Pendant que Tom s’étiole à New York (comprenez : il ne baise plus) et s’aperçoit qu’Hannah est LA femme de sa vie et qu’il va le lui dire dès qu’elle rentrera, Hannah rencontre l’homme de sa vie à elle en la personne de Collin, jeune homme parfait, beau, riche, intelligent, drôle… qui sait TOUT faire, et bien.
A l’annonce du prochain mariage d’Hannah et Collin et du choix de Tom pour être sa « demoiselle d’honneur » (ah ah ah rions encore ! "ce type est 100 % gay" !), Tom n’a que quinze jours pour s’employer à empêcher cette union. C'est là qu'intervient l'immuable et indispensable bande de potes à qui on dit TOUT !). Rassurez-vous le scénariste, par une pirouette navrante va réussir à faire que Collin ne soit plus aussi irréprochable. En un mot il a menti sur les qualités essentielles de la marchandise (mais non pas ce que vous croyez… car lors d’une scène de douche consternante après un match de basket, les américains sont « dégoûtés » par la taille de l’engin de l’écossais..., je pense, je suppose que là aussi il faut rire... va savoir !).
Parfois il me prend des envies de voir une comédie sentimentale américaine, c’est mon côté fleur bleue qui fait des siennes. J’arrive pas souvent à le contrôler de toute façon. Donc j’avais le choix entre « ça » et « Sans Sarah rien ne va ». Il se trouve que l’affiche du second me file un urticaire géant ainsi que la présence annoncée comme une référence de Apatow ou quelque chose comme ça. Donc, j’ai choisi « Le témoin… ». Aïe ça commence hyper mal avec des blagounettes à deux balles pas vulgaires pour deux sous du style : « Bill, tu veux un cigare ? », « Non je préfère les pipes !!! ». Peut-être serez-vous écroulés morts de rire quand vous saurez que le gars est déguisé en Bill Clinton et la fille en Monica lors d’une soirée estudiantine !!! Franchement, le film a beau censé démarrer en 1998, est-ce que ça fait encore rire quelqu’un de savoir où Bill Clinton a fourré son bigoudi ??? Ensuite nous avons droit à ce genre de joyeusetés hilarantes : « elle était en extase devant lui comme s’il chiait des licornes »… et j’en passe. Evidemment, Patrick Dempsey, dans le rôle de Tom est très joli, même s’il est formaté acteur de séries (aïe, pas la tête, merci !) c’est-à-dire tellement habitué à jouer en plan fixe face caméra qu’il maîtrise parfaitement le 24 grimaces/seconde. Quant à Michelle Monaghan, elle est très mimi, et même à croquer, mais je n’arrive pas à croire qu’une fille qui a l’air plutôt intelligent puisse être préoccupée par toutes ces niaiseries de préparatifs de mariage au point d’en piquer des crises de larmes : « comment tu as pu me gâcher cette journée ? Tu savais pourtant que j’en rêvais depuis que j’ai 10 ans ». Il s’agit de la « fameuse » journée-qu’il-ne-faut-pas-rater-d’enterrement de vie de jeune fille !!!
Je me demande si un jour quelqu’un osera la comédie sentimentale sentimentalement incorrecte… J’aimerais aussi que l’humiliation du troisième personnage soit évitée. Mais comment faire ? Cela ne s’appellerait plus comédie mais drame si les deux tourtereaux ne finissaient pas dans le même lit.
Ah la la, quel casse-tête !
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samedi, 31 mai 2008
Jackpot de Tom Vaughan °



Joy et Jack vivent à New York. Joy, trop envahissante se fait larguer méchamment par Choupinet tandis que Jack trop branleur se fait virer par son père et patron. Joy et Jack ne se connaissent ni des lèvres ni des dents. Pour consoler leur chagrin respectif, chacun embarque son/sa meilleur(e) pote alavialamor (le truc que je saurai jamais ce que c’est, ni à quoi ça sert !), direction Las Vegas pour un trip régressif, se torpiller à la vodka et au champagne, se vomir les uns sur les autres en poussant des hurlements de gorets. La vraie vie quoi ! A la suite d’une erreur d’aiguillage, Joy et Jack se retrouvent à peu près dans la même chambre de palace et décident, pourquoi pas, de passer la soirée ensemble. Au petit matin, ention et damnafer, ils sont mariés !!!
Qui ne s’est pas un matin retrouvé marié(e) avec un(e) parfait(e) inconnu(e) ? Hein qui ?
Jack et Joy sont tout à fait d’accord pour faire annuler ce mariage, sauf que par inadvertance, Jack remporte le Jackpot à une machine à sous : 3 millions de dollars, c’est pas rien. En cas de mariage « tout ce qui est à toi est à moi »… et le juge aux affaires matrimoniales, excédé par le peu de respect de nos deux tourtereaux vis-à-vis de cette belle institution les condamne à une peine de 6 mois de mariage forcé avec contrôle hebdomadaire par une psy que chacun fait ce qu’il faut pour… et blabla et blabla !
Quand je disais qu’il était urgent que je me trouve un film distrayant, je le voulais vraiment. Je me suis même appliquée à chercher pour ne pas me tromper. Pourquoi j’ai choisi celui-ci alors que la bande annonce donnait envie de fuir à toutes jambes ? Je n’en sais rien. Les voies du dieu de la distraction sont impénétrables. Enfin, au moins ne suis-je sortie ni déprimée, ni en colère de la salle. C’est déjà ça. Juste consternée.
Et pourtant, ça commençait pas mal. Au générique une chanson de Mika, signe que nous embarquons pour un film du troisième millénaire, ça donne envie de gigoter sur son fauteuil non ? Le prologue new-yorkais est pas mal du tout et Cameron Diaz est vraiment très bien, voire sincèrement touchante. On se dit même qu’elle a un rôle, un personnage avec un tempérament. Les dialogues sont enlevés, épicés. J’ai souri plusieurs fois, oui mesdames et messieurs, mais ça dure 10 minutes ! L’arrivée et la folle nuit à Las Vegas sont youpitralala bien comme il faut mais sans surprise quoiqu’ornementées de trop de hurlements selon moi. Ça se gâte prestissimo dès que les deux guignols partagent le même appartement et commencent à se mettre des bâtons dans les roues pour pourrir la vie de l’autre. Si vous avez vu la bande annonce, tout y est : je fais pipi sur la vaisselle dans le lavabo, je dors avec la lunette des chiottes pour que tu tombes les fesses dans l’eau, je mets l’ampli à 12 en broyant mes vitamines à 6 heures du mat, je dégage la porte pour pas que tu restes enfermée des heures dans la salle de bains… etc. C’est con, bêta, sans imagination et surtout c’est pas drôle. Jamais. Evidemment les deux pitres sont faits l’un pour l’autre, ce dont on ne doute pas une seconde dès lors qu’on va voir une comédie estampillée « sentimentale américaine », ils vont se découvrir, s’apaiser et tout finira dans un bain de guimauve, de vacherin et de meringue des plus écoeurant dépourvu de fantaisie et d’inspiration.
Cameron Diaz, cte grande bombe anatomique et Ashton Kutcher cte marionnette fadasse (désolée, je préfère Treat Williams) sont formidablement assortis et rivalisent de grimaces pendant une heure quarante avant le bisou final (oui désolée, je « spoile ») les pieds dans le sable sur la plage, l’œil vitreux et larmoyant.
Les seuls moments vraiment créatifs… bon d’accord le mot est fort, disons inventifs, reviennent aux deux copains qui se détestent avec une gaillardise vivifiante, hélas ils ne sont que secondaires et complètement en retrait, tout juste s’ils ne sont pas « floutés » à chacune de leur apparition ! ah oui aussi, important. J'ai appris que ce qui fait mourir de rire les beaufs bourgeois millionnaires (une garden party chez le patron de Joy...) sont les expressions "mother fucker" ou "branleur" ! Trop smââârt, j'y repenserai pour briller dans mes dîners en ville !
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Par contre je crois que je n’ai pas été suffisamment convaincante pour vous dire à quel point le film que j’ai vu hier est indispensable, en prise directe avec une réalité qu’on ignore souvent. Et pourtant ce matin encore j’entendais qu’un milliard d’hommes, femmes et enfants crèvent de faim sur la planète. Ce genre de films essentiels, inconfortables mettent vraiment la tête à l’envers.
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mercredi, 30 avril 2008
Ulzhan de Volker Schlöndorff °


Charles a le cœur dévoré de chagrin. Sur une photo qui ne le quitte pas : une femme et deux enfants manifestement disparus… Nous apprendrons plus tard que oui, ils le sont, disparus. Pour noyer ce chagrin et s’oublier lui-même Charles boit des litres de vodka, abandonne papiers, voiture et portable sur le bord d’une route oubliée du Kazakhstan et part à pied into the wild…
En route il va croiser Ulzhan, institutrice qui enseigne le français à de petits kazakes hilares. Ulzhan est une très jolie jeune fille évidemment aux cheveux savamment enroulés dans un crayon et qui va tout abandonner sur un battement de cils pour suivre Charles qui ne cessera de la repousser. Autre rencontre celle de Shakuni, clodo itinérant « marchand de mots »… En plein cœur des steppes de l’Asie Centrale et compte tenu de l’opulence manifeste de ses habitants, dépenser son argent à acheter des mots semble tout à fait vraisemblable. Le plaisir impatient que j’avais à retrouver plus de trente ans après Heinz Bennent (Oscar le Tambour, souvenez-vous) a été totalement gâché par sa prestation turbulente au-delà du ridicule et du supportable. Il est vrai que tous les « Raymond la Science » de la terre m’ont toujours paru ronflant, gonflant, gavant… Les divagations effleurées sur les goulags et les essais nucléaires dans la « région » (comme ils disent dans le poste) n’arrangent et n’apportent rien à l’affaire. Autant dire qu’on ne croit pas une seconde à ces rencontres providentielles pas plus qu’à cet amour et à cette amitié prétendument salutaires. L’aspect contemplatif de l’histoire échappe totalement, malgré l’application de Philippe Torreton à porter la misère du monde sur ses larges épaules, tant les dialogues sont niais « Pourquoi êtes-vous institutrice Ulzhan ? », « Quel est ton secret Charles ? », et les situations artificielles. Au bout d’un moment la musique pseudo ethnique de l’incontournable Bruno Coulais, la beauté époustouflante des paysages tantôt ravagés tantôt à couper de souffle de magie finissent par ne plus suffire à remplir le vide et l'invraisemblance, ont raison de la patience tandis qu’un ennui et un désintérêt incommensurables se sont installés, définitivement.
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samedi, 26 avril 2008
Cash de Eric Besnard °



Cash cherche à venger son frère assassiné. Pour cela il élabore une arnaque pour approcher et « pigeonner » le responsable.
Que dire ? Qu’il faut attendre la toute fin, les 5 dernières minutes pour être un tantinet surpris mais la pirouette finale n’est pas suffisante pour rattraper l’heure et demi lénifiante qu’il faut endurer. Si vous passez outre cette mise en garde, je vous invite à tenter de deviner qui est le pigeon final de l’arnaque pour vous occuper. Personnellement je ne m’y attendais pas mais devoir en passer par tant d’invraisemblance et de retournements de situations cousus de gros fil blanc pour une si piètre révélation, c’est dur.
En outre, que voyons-nous ? Une intrigue plan plan, absconce sans relief ni intérêt. Mais surtout des machos qui se font couillonner comme des bleus par des filles (qui roulent des mécaniques pire qu’Aldo Maccione, jouent au poker, au billard, au golf, fument clope sur clope), uniquement parce qu’elles sont carrossées comme des Formules 1, ont les seins à l’air et les fesses moulées dans des robes cousues sur elles ! Entre les flics ripoux ou les trop zélés, les balances, les traîtres et les multiples et successifs pigeons, on voit évoluer une bande de baltringues qui se prennent pour les Onze D’Ocean sur une musique jazzy et qui balancent des dialogues d’une platitude à bâiller, pas drôles et mal écrits. Berléand joue les utilités, Réno mauvais comme un cochon s’emmerde et cabotine mais au final c’est Jean Dujardin qui joue les beaux avec paresse qui a le mot qui résume parfaitement la situation : « j’m’ennuie ». Dommage mais personne n'a l'air d'y croire.
Rendez-nous Dany Ocean... mais en attendant allez plutôt la pépite qui pétille ci-dessous !
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samedi, 19 avril 2008
L’île de Nim de Jennifer Flackett et Mark Levin °


Depuis la mort de sa mère, Nim vit sur une île déserte avec son père, un scientifique océanographe. La petite fille dévore les aventures de son héros dans des romans d’aventure écrites par une américaine agoraphobe pleine de tocs qui ne sort pas de chez elle. Je vous laisse découvrir comment tout ce joli monde va se retrouver sur l’île et vivre quatre jours de tous les dangers… moi ça me fatigue.
J’ai fait confiance à Abigail Breslin (la petite merveille de « Little miss Sunshine ») et à Jodie Foster (la petite merveille de... c'était quand son dernier (bon) film ?) : j’ai eu tort ! La première, qui a bien grandi, bien maigri s’est littlestaraméricanisée (lire têtàclaquisée) et la seconde qui a dû abuser de la salle de muscu, s’est fait par là même fondre le cerveau et n’a pas une seconde de lucidité dans ce rôle grimaçant (et pas drôle) à l’extrême. Quant à Gérard Butler, c’est le seul qui ne déçoit pas : de film en film il confirme qu’il est bien l’acteur patapouf que j’avais découvert un jour par erreur, surtout quand il parle au moteur de son bateau en pleurnichant comme un tragédien "ne me laisse pas tomber". Ce type est impayable !
Tant de bêtise, de niaiseries et d’invraisemblances, il fallait bien s’y mettre à deux pour les écrire… Cela dit, les moutards présents dans la salle ont gloussé une fois ou deux, alors à vous de voir !
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