15.02.2011
QUI A ENVIE D'ÊTRE AIME ? de Anne Giafferi °


Antoine (Eric Caravaca, définitivement et désespérément MOU !) est avocat et s'écoute parler lors de plaidoiries avec force moulinets et effets de manches ! Sa femme froide et austère (l'antipathique et réfrigérante Arly Jover) comme leur très chicos appartement parisien est médecin à l'hôpital. Ses deux enfants sont mignons adorables et ne disent jamais un mot plus haut que l'autre. Disent-ils un mot d'ailleurs ? Il a aussi une soeur (Valérie Bonneton, toujours charmante, juste, au top) drôle, affectueuse mais paumée car incapable de garder un mec, un frère (Benjamin Biolay, un régal de mauvais garçon) qui, bien que glandeur et exaspérant est le préféré de papa. C'est vraiment trop inzuste ! Donc, si ce n'est la petite couille dans le potage de "papa ne m'aime pas alors que j'ai tout bien réussi et fait comme il faut dans ma vie !!!", tout va plutôt bien pour Antoine. Mais par un beau matin (ou peut-être un beau soir !) lors d'une réunion parents/profs, Antoine se fait remonter les bretelles par un prof qui lui explique comment élever son moutard qui est super doué pour les études mais qu'on sent bien qu'il a un problème quand même rapport au fait qu'il se sent écrasé par son père trop parfait. Mouarf et MDR réunis. Eric Caravaca Antoine, parfait ??? Quelques jours après l'entrevue avec le prof, il reçoit une invitation dans sa boîte aux lettres pour aller au catéchisme des adultes. ça le fait grave chier, mais comme il est poli et bien élevé, il y va. ça se passe à la salle polyvalente et ils ont prévu grand en installant 200 chaises, mais en fait il y a trois pelés et un tondu... bref, cinq culs bénis qui croient déjà mais qui veulent encore croire davantage car Dieu est gourmand. Mais Dieu n'est pas partageur. C'est pas le croyant qui choisit de croire, c'est Dieu qui choisit si tu en es digne. Dieu est donc toujours bien le Dieu de haine et de colère dont j'ai entendu parler quand j'étais petite. T'as beau lui faire tes salamalecs, s'il veut pas de toi, il veut pas de toi. Basta. Il faut démarrer chaque séance en chantant "Notre père" sur l'air de "Jésus reviens" en mettant les paumes des mains vers le haut et en prenant un air inspiré, en souriant niaisement et en regardant vers le plafond avec un air bébête comme ça. Et ensuite, le curé explique que si Dieu a laissé son fils crever sur la croix, c'était rien qu'une ruse et aussi peut-être un peu parce que finalement il peut pas être partout. ça fait très très peur comment le curé parle, parce qu'il dit des trucs terrifiants avec une voix toute douce. Evidemment, au début, Antoine pouffe dans sa barbe de trois jours (Caravamou a toujours une barbe de trois jours), mais comme une séance ne lui suffit pas, il revient et revient encore jusqu'à ce que Dieu, ce sacré farceur, le choisisse et lui fasse tomber la grâce sur sa tête. Il devient de plus en plus absent au monde et aux autres (alors que je pense qu'on essaie de nous faire croire qu'il s'ouvre à la générosité !!!), il cache sa grande révélation à tout son entourage. Sa femme lui fait la danse des sept voiles parce qu'elle croit qu'il a une maîtresse et il la repousse. Il continue toujours obstinément à ne pas voir le merveilleux petit garçon qu'il a près de lui. etc etc...
Au bout d'une heure et demi où STRICTEMENT rien ne se passe, rien ne se dit. Où la froideur succède à la sécheresse. Où l'on n'éprouve ni sympathie ni émotion... on découvre stupéfait qu'Antoine ne va strictement rien modifier à son mode de vie bo-bo mais que dorénavant il va aller à la messe le dimanche alors qu'avant il n'y allait pas.
Heureusement, il y a Valérie Bonneton et Benjamin Biolay qui font leur savoureux petit numéro (mais ce n'est pas suffisant). Et Benjamin a même l'avantage de fiche une baffe des familles à Eric. Merci Benji.
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25.01.2011
LA CHANCE DE MA VIE de Nicolas Cuche °



Julien est persuadé de porter la poisse à toutes les filles qu'il rencontre depuis l'école primaire. Entre celle qui fait une allergie à sa salive, LOL, celle qu'il assied sur une plaque chauffante dans la cuisine, MDR, celle qui... etc, etc PTDR et j'en passe et des plus hilarantes, sa vie sentimentale n'est qu'une succession d'échecs. Jusqu'au jour où il croise le regard de Joanna, trop belle pour lui, qui ne va pas faire exception à la règle mais qui va tenter de positiver et changer le moins en plus.
Bon vite fait parce que tout dans ce film, de l'argument de départ à l'interprétation est CATASTROPHIQUE, et puis il est sorti le 5 janvier, il ne devrait plus tenir l'affiche très longtemps. Si j'ai tant hésité c'est que jusqu'ici j'ai toujours trouvé que François-Xavier Demaison n'avait eu qu'un seul incident de parcours "Coluche, l'histoire d'un mec" et ce film le confirme. Quant à Virginie Effira je la trouve vraiment, mais alors vraiment, très très mignonne. Et puis dimanche j'ai craqué, j'avais envie de rigoler. Et j'aurais mieux fait d'aller admirer la nouvelle fantaisie capillaire de Nicky... car croyez le ou pas, FXD et VE ne m'ont pas décroché un sourire, mais une abondance de soupirs en rafales. De consternation en accablement, je n'ai pu qu'éprouver l'étendue de leur non-jeu qui consiste en une cascade de mine, la même reprise jusqu'à plus soif : le soulevé de sourcils !!! Pour ceux qui font une thèse sur l'interprétation des expressions "sourcillaires", François Xav' et Virgin' sont un puits sans fond d'enseignements. Pour les cinéphiles, ce film est "JUSTE" effrayant : la maison qui brûle, le chien qui vole et finit sur le barbecue, l'écrasement de nez sur la porte en verre, la roue qui se détache de la voiture, l'invention de la voiture godemichet !!!... Excusez-moi je n'ai pas pris de notes mais des gags datant de la Commune, y'en a des caisses.
Heureusement, il y a les seconds rôles !!!
En tout premier lieu : le délicieux, savoureux, craquant, croquant, merveilleux et très éclectique Raphaël Personnaz que j'excuse de s'être fourvoyé ici tant il semble s'amuser et nous dire de son petit sourire amusé "j'y crois pas une seconde à ce qu'on me fait faire", mais il le fait, et bien !
Puis Thomas Ngijol dans le rôle du copain médecin. Son attitude pince sans rire désabusée fait merveille.
Et enfin, Elie Semoun (qui lui m'a fait vraiment rire) tant chacune de ses apparitions est un sketche, bien huilé certes, mais ce mégalo patron de comm' convaincu de son génie et d'avoir inventé la DS est tordant.
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13.01.2011
LE FILS A JO de Philippe Guillard °



Dans la famille Canavaro, on joue au rugby de père en fils et on a intérêt à aimer ça. Le fils à Jo, jeune garçon de 13 ans plutôt délicat ne semble pas partager ce diktat. Il préfère les maths et par conséquent il est la honte de son père qui l'a élevé seul car la maman est morte dans un accident de voiture alors que le petit avait 1 an. Snif. Depuis, papa se l'ait mise sur l'oreille parce que maman c'était la plus belle et même et ben en plus c'était la seule. Heureusement une sublime irlandaise (brune corbeau car ce film ne veut pas céder au cliché de l'irlandaise rousse...) chef d'entreprise va débarquer, acheter le terrain où la famille Canavoro vit depuis plus d'un siècle, exproprier le pauvre Jo et son fils qui vont devoir aller s'installer dans une autre maison pas loin sur 7 000 m² de terrain (la taille d'un terrain de rugby non ?) avec vue sur la chambre à coucher de la belle irlandaise qui parfois fait des entrechats devant sa fenêtre !!! La vie est cruelle parfois, ça me dégoûte. Bon, c'est pas tout ça. "Le Chinois" (perso je trouve qu'Olivier Marchal a hyper pas une tête de chinois) qui était le meilleur ami de Jo dans le temps d'avant refait surface 15 ans après en tant que Conseiller Principal d'Education au collège où le fils à Jo obtient des 17 en maths et des 15 en français (le cancre). Dans sa valise, le Chinois rapporte un All blacks

et ça tombe hyper méga super bien parce que comme ça, il va pouvoir entraîner l'équipe de rugby de moutards que Jo veut reformer pour foutre la pâtée à l'autre équipe qui est à la solde de tous les pourris vendus de la région. Bouh qu'ils sont laids ! Je laisse le suspens et ne vous révèle pas quelle équipe va gagner. Pour qui me prenez vous, il y a une éthique sur ce blog !
Bon, j'y suis allée sans rien savoir de ce film "genre" j'ai vu de la lumière et je suis entrée. A vrai dire, c'était le seul film que je pouvais voir à l'heure qu'il était. Et puis bon j'ai vu Gérard Lanvin et Olivier Marchal à l'affiche et je me suis dis why not ! Je ne sais pas s'il faut être du sud ouest pour apprécier comme il fallait être du Nord pour apprécier "Bienvenue chez les Chtis" mais franchement je ne me souviens plus quand il m'avait été donné de voir (alors que Gérard Butler ne fait même pas partie de la distribution) un film aussi couillon, lourdaud, pataud, balourd, plouc, péquenaud, stupide et épais. Sûr que ce scenario a été écrit avec les coudes. En plus le Tarn, franchement ça ne fait pas rêver. C'est une région où il pleut tout le temps et où l'on patauge dans la gadoue. Mais les gens ont beaucoup de coeur avé l'assent. Seulement, le samedi soir les mecs se bourrent la gueule dans des rades sinistres ou vont au bal pour finir la soirée en baston générale. La devise de Jo qui est un mec qui en a et qui place son sens de l'honneur en étendard est que pour s'en sortir dans la vie : rien de tel que le coup de boule bien placé.
Je suis restée pantelante devant ce spectacle consternant de bêtise et de mièvrerie accentué par une musique sirupeuse et dépurative qui nous sort les violons du philarmonique pour nous imposer un lavage de cerveau et nous préciser qu'on est face au mélo du siècle ! Chaque scène plus prévisible que la précédente donne lieu à un empilement de clichés cruchons sur la générosité, l'amitié et nous assène que les garçons bourrus ont un coeur gros comme ça. Et je ne vous parle même pas du comique de répétition qui fait qu'on revoit sans cesse le même gag sans doute pour tenter péniblement de remplir une heure et demi déjà bien laborieuse. Combien de fois voit-on Pompom, le simplet de l'histoire, monter et descendre d'un train qu'il ne prendra finalement jamais ? (crotte de bique, j'ai spoilé !!!) cinq, six fois ???
Côté interprétation, Gérard Lanvin nous refait le coup (lassant !) du péquenaud un peu beauf, beaucoup bougon au coeur plein d'amour mais qui rit quand il se brûle. Vincent Moscato, le débile qui n'ose pas prendre un train (et zut, voilà que le spoilage me reprend) est exaspérant. Et Olivier Marchal, coiffé comme un playmobil qui aurait confondu shampoing et bouteille d'huile et qui semble ne pas avoir croisé une douche depuis 3 mois, imaginez qu'il est le séducteur de l'affaire auquel nulle ne résiste, de 20 à 55 ans (en gros). Quant à l'imaginer en CPE d'un collège, vous pouvez peut-être, moi pas !
En tout cas, ces trois là ont l'air de bien s'amuser. Pas moi.
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28.12.2010
ANOTHER YEAR de Mike Leigh °

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Quatre saisons dans la vie de Tom et Gerri (no comment), couple de plus ou moins soixante ans, unis jusqu'à ce que la mort les sépare qui crachent leur bonheur niais et leur autosatisfaction à la face de tout ce qui passe à leur proximité en se foutant comme d'une guigne du désespoir qui les entoure et en particulier de celui de leurs "amis" (il faudra encore une fois que je me fasse expliquer le concept !) Mary et Ken, tout en laissant évidemment supposer le contraire. Le récit démarrant au printemps, c'est rien de dire qu'au bout de plus deux heures exténuantes à supporter ce ramassis d'hypocrisie, la douceur exaspérante de Gerri, l'humour indifférent et pince-sans rire de Tom, l'hystérie horripilante de Mary, la goinfrerie bruyante de Ken... c'est avec infiniment de soulagement que j'ai vu arriver l'hiver.
Tom et Gerri s'aiment, il est géologue, elle est psychologue. Ils ont un grand garçon de 30 ans qu'ils aimeraient bien voir se caser et ça tombe bien, pile poil pendant cette année là, il va rencontrer l'âme soeur. Quand Tom et Gerri ne sont pas au travail ils sont dans leur jardin. Et quand ils ne sont pas dans leur jardin, ils mangent les légumes de leur jardin en compagnie de Mary pique-assiette sans-gêne et envahissante ou de Ken qui recherche sa Barbie dans les bières et les chips.
Mary c'est la collègue alcoolique de Gerri. Elle est prête à offrir son corps à tout ce qui se présente de masculin près d'elle, sauf si c'est un gros qui transpire. Ken est un gros qui transpire et c'est dommage car il donnerait bien son corps à Mary. Mais en plus d'être gros, laid et alcoolique, il mange en faisant grand bruit et beaucoup de cochoncetés partout sur son ti-shirt "Penser moins pour boire plus". Mary est quelqu'un d'envieux et d'excessivement irritant, qui parle fort, trop et m'a cassé les oreilles au moins autant que la Brenda Blethyn de "Secrets and lies", voire plus si c'est possible. C'est rien de dire que je n'ai pas été touchée le moins du monde par la "chute" de Mary. On sait qu'elle va moins bien à la fin qu'au début parce qu'elle a les cheveux gras. Quant à la performance de Lesley Manville, je crois que rarement il m'a été donné de voir actrice plus exaspérante. Le pauvre gros Ken lui non plus n'ira sans doute pas mieux à la fin, mais on le lâche en route je crois et de toute façon il avait déjà les cheveux gras au début, preuve qu'il est irrécupérable.
Et que font Tom et Gerri lorsque leurs "amis" vont si mal ? Ils leur laissent reprendre leur voiture (Mary a par ailleurs énormément de problèmes avec sa voiture, symbole de sa liberté) surtout même s'ils sont ivres morts. Ils consentent parfois à les héberger pour une nuit en prenant leur air complice de bons samaritains mais le matin, mal ou pas mal, tout le monde sur le trottoir et hop, ils ont un jardin à s'occuper. Le soir dans leur lit Tom et Gerri se disent qu'ils ont bien de la chance d'être aussi heureux alors qu'il y a sans doute plein de gens malheureux. Et lorsque Mary revient implorante demander pardon à Gerri d'avoir été une fois de plus odieuse avec sa future belle-fille, Gerri cassante mais de son incomparable et éternel ton doucereux lui dit qu'elle aurait pu téléphoner et lui conseille d'aller voir ailleurs si elle y est un psy.
L'intermède le plus vraisemblable où passe également, peut-être, en fait j'en sais rien, un petit souffle d'humanité est celui d'un enterrement. Mais au final, l'interlude se noie dans le désintérêt ennuyeux que m'a inspiré cette soupe tiède.
Bref, une galerie de portraits de gens tous moins aimables les uns que les autres dont je n'ai pas compris l'intérêt de montrer un an de leur petite vie mesquine, ratée ou gâchée.
Evidemment il y a l'Angleterre belle et bien filmée.
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24.11.2010
LA FAMILLE JONES de Derrick Borte °



Kate la maman, Steve le papa, Jenn la fifille et Mick le fifils composent la fausse vraie (ou vraie fausse)famille Jones. Ils emménagent dans une somptueuse demeure d'une chiquissime banlieue américaine et sont en fait les employés d'une société de marketing. Leur boulot consiste à se montrer les meilleurs voisins du monde, les plus adorables, généreux et conviviaux afin d'exposer ostensiblement auxdits voisins déjà pas trop mal lotis eux-mêmes tous les biens de consommation et autres geekeries en leur possession et qui rêveront par conséquent de les obtenir à leur tour.
Bon alors, Demi est toujours aussi jolie et David pourrait jouer Cyrano sans porter de prothèse. Mais comment avec une telle bonne idée de départ, faire un film aussi débile et ennuyeux ? Sans doute faut-il s'appeler Derrick (ah ben oui, tout à coup je comprends mieux !) dont j'ai l'impression qu'il s'agit du premier film. On est bien loin du génial "Truman show" auquel ce film peut éventuellement faire penser bien que ce dernier finissait happy endingment 'mieux' que ce film ci. Entre les desperate liftées, frigides, oisives (ou les trois à la fois), leurs mecs, vieux beaux friqués qui passent leur temps au golf et leurs enfants lookés comme pour un défilé de mode, on sent bien que le sport favori de cette faune puante est de s’envier et de se copier les uns les autres. Soit, so what ? Que le réalisateur décide en plein milieu de sa simili dénonciation du consumérisme sauvage de faire un virage vers la comédie sentimentale à grosses ficelles puis de finalement refaire un demi-tour complet pour tenter une fin surprenante, n’y change rien. Son film est d’un ennui abyssal. Et ce ne sont pas les quelques coming-out et actes de repentance qui le jalonnent qui le sortent de son néant.
Quant au suicide par motoculteur et piscine, j’avoue que c’est un grand moment et que mon rire résonne encore dans le cinéma !!! Oui, je sais je n’ai pas de cœur, il y a mort d’homme quand même !!!
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23.11.2010
NO ET MOI de Zabou Breitman °



Lou est une petite fille discrète et surdouée. A 13 ans elle est en seconde et doit faire un exposé libre. Elle choisit de parler des SDF en s'appuyant sur l'interview de No qu'elle a rencontrée à la Gare d'Austerlitz et qui est effectivement sans famille, sans travail, sans abri. La mère dépressive de Lou vit dans un monde parallèle depuis 5 ans qu'elle a perdu un bébé. Bien que son père souvent absent pour son travail l'entoure de beaucoup d'attention et d'affection, Lou est seule et s'attache rapidement et très fort à No, cette grande fille paumée, forte en gueule mais libre, déroutante, imprévisible. Un jour que No est encore plus perdue que les autres, Lou obtient de ses parents qu'elle s'installe chez eux !!!
Je suis désolée de ne pas défendre ce film parce que la petite Nina Rodriguez est une pure merveille, surprenante et naturelle. Bernard Campan est pas mal du tout. Antonin Chalon (clône de maman Zabou, même visage, même voix, même coiffure...) est convaincant et Julie-Marie Parmentier déploie tout son charme et son dynamisme. Mais, la première chose qui m'a gênée c'est que (en dehors de Nina Rodriguez), je n'ai vu que des acteurs qui jouent le rôle de... Et Julie-Marie Parmentier offre certes une prestation qui crie "ô César !" mais je ne l'ai pas trouvée crédible un instant. Tout comme ne m'est pas apparue comme vraisemblable cette histoire de bourgeois qui se mettent tout à coup à s'intéresser à une SDF. Tout est lourd et appuyé : la dépression de la mère, sa "confession" dans la cuisine, sa "renaissance" au contact de No, son indifférence à sa propre fille. Tout est "trop", toujours ! Et en tentant de faire discret et elliptique (aucune image de prostitution ou de drogue... par contre Zabou n'a aucun problème avec l'alcoolisme !!!), la réalisatrice est d'une balourdise pathétique. Et puis le fin du fin, ce sont ces quelques images de SDF !!! Zabou pense t'elle avoir réalisé un film qui dénonce ou évoque un fait de société en balayant du regard quelques tentes qui bordent les trottoirs parisiens ?
Bref un film dont je n'ai pas compris ce qu'il signifiait ni où il voulait nous embarquer mais assez poseur et prétentieux !
10.11.2010
LE DERNIER VOYAGE DE TANYA de Aleksei Fedorchenko °


Tanya, l'épouse chérie de Miron vient de mourir. Il ne souhaite pas faire intervenir les pompes funèbres mais se charger lui-même du dernier voyage de sa femme en la ramenant, selon le rite de la tribu des Méria dont elle est issue, à l'endroit où ils ont été heureux ou un truc comme ça. Il demande à son ami Aist, qui vraisemblablement a également aimé Tanya (si j'ai bien compris) de l'accompagner. Après avoir longuement fait la toilette du corps, les deux hommes partent pour un périple de deux jours avec la défunte dans le coffre et deux passereaux dans une cage.
Bon ! J'aurais bien aimé m'extasier devant la beauté de ce film... Sauf que, comme je vous l'ai sans doute déjà dit, je n'y entrave que pouic à la poésie qui me gonfle puissante 10 et j'imagine que ce film, si j'en crois le joli texte qui l'accompagne non stop en est une illustration. En effet, les deux garçons du film étant absolument incapables d'incarner la passion, le chagrin et le manque qu'ils sont censés éprouvés, une envahissante voix off nous explique pendant 1 h 20 ce que nous sommes nous, censés voir et ressentir. Alors bon, que les rites des Méria imposent que lorsqu'un mec perd sa femme il parle exclusivement des prouesses sexuelles qu'il est persuadé avoir accomplies, soit, mais ça ne me bouleverse pas. Que la pauvre Tanya livrée à son mec libidineux dont la rumeur prétend qu'elle en avait peur et qu'elle ne l'aimait pas se prenne des litres de vodka sur la tête et sur le corps pour faire plaisir à monsieur, re soit... mais le cinéma dans tout ça ??? Hein ?
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29.10.2010
VENUS NOIRE d'Abdellatif Kechiche °



Plus personne aujourd'hui n'ignore l'histoire de Saartjie Baartman dont la vie fut un roman d'une cruauté sans nom que personne n'aurait osé écrire. Née en Afrique du Sud à la fin du 18ème siècle, elle perd ses parents puis son unique enfant. Elle fut amenée en Europe par un "afrikaaner" chez qui elle avait été esclave ou servante... En raison d'une morphologie inhabituelle (hypertrophie des hanches, des fesses et des organes génitaux), son "maître" fit d'elle un phénomène de foires qui réjouira d'abord les londoniens lors de spectacles avilissants où la jeune femme enchaînée dans une cage doit simuler une bête sauvage ! Elle sera vendue plus tard à un montreur d'ours qui l'emmènera en France et l'exploitera encore davantage en la livrant à la prostitution où elle servira d'objet sexuel aux fantasmes des parisiens dans des bordels ou lors de soirées privées. La science s'intéressera également à son corps hors normes. Elle sera observée sous toutes les coutures, mesurée, comparée. Au-delà de sa mort même Saartjie sera disséquée, son cerveau et ses organes génitaux conservés dans du formol pour être étudiés et un moulage de son corps entier sera réalisé puis exposé. Un zoologue chirurgien dont je tairai le nom pour ne pas lui faire de promo post-mortem a donc grâce à cette femme qui n'était en fait qu'une grosse femme... pu établir de belles théories racistes en comparant son visage à celui d'un orang-outang et ses fesses à celles d'un mandrill et déclarant l'infériorité définitive de cette "race"... au "crâne déprimé et comprimé". N'en jetez plus, la cour est pleine !
Et puis pour nous conter cette sordide histoire, il y a ce film, et ce film est une horreur. Non pas que je tente de jouer les pucelles effarouchées en prétendant que l'esclavage infâme et poisseux de cette femme soit insupportable à regarder. Ce qui est insupportable c'est l'insistance deux heures et demi durant du réalisateur à nous placer ad nauseam dans le rôle obscène du voyeur qui n'a finalement rien à se reprocher. Car les scènes d'exhibition, d'humiliation, de soumission et tous les mots en ion qui évoquent l'avilissement d'un être humain par d'autres, sont multipliées, répétées, ressassées jusqu'à épuisement. Le réalisateur fait si peu confiance aux spectateurs qu'il lui rabâche jusqu'à plus soif ce que peut être l'exploitation d'un être humain faible et naïf par d'autres aveuglés par les seules ambitions mercantiles. C'est donc dans toutes les positions, à quatre pattes, à plat ventre, jambes écartées, en fumant, en buvant... que le calvaire de Saartjie, le plus souvent nue (pauvre Yamina Torres dont c'est le premier rôle !) et totalement passive, abrutie par l'alcool, nous est servi. Les indéniables talents de chanteuse et de danseuse de la demoiselle sont hélas pratiquement étouffés. Le plus surprenant est que bien que jusque là je tenais Abdellatif Kechiche pour un incroyable directeur d'acteurs, il réussisse l'exploit de ne jamais nous rendre Saartjie sympathique et émouvante ! Et puis il y a Olivier Gourmet qui fait son numéro "regardez comme je suis un grand acteur !". Mais franchement, le voir faire son cinéma avec un godemichet... ça a l'air de bien l'éclater. Moi, ça ne m'a pas convaincue...
Et au milieu de ce fatras assez écoeurant, une pépite cependant : Elina Löwensohn ! Chapeau.
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21.10.2010
LES PETITS MOUCHOIRS de Guillaume Canet °



Ludo est un fétard qui se met minable en boîte de nuit et rentre au petit matin en scooter. Ce n'est pas bien ! Un gros camion passe par là et l'envoie direct aux urgences. Il faut savoir que c'est Jean Dujardin qui se retrouve tout couturé, défiguré parce qu'on dirait plutôt John Truc dans Elephant Man.
Huit amis de Ludo viennent le voir à l'hôpital et se demandent du coup si c'est bien raisonnable de partir en vacances comme prévu, comme tous les ans, tous ensemble. Ils coupent la poire en deux et décident de ne partir que quinze jours au lieu d'un mois. Après cette mise en jambes où chaque personnage s'est révélé assez antipathique, Vincent annonce à Max qu'il connaît depuis quinze ans qu'il est amoureux de lui. Il le prend très mal mais toute l'équipe se retrouve quand même dans la grande maison de Max avec pelouse et vue sur la mer. Repas, sorties en mer, apéritifs, dîners, ploufs dans l'eau, petits déjeuners Ricorée, joggings sur la plage, discussions avec des pots de riz... des vacances quoi (oui je parle toujours à des pots de riz en vacances !) et retour à Paris pour la grande scène du 2, lacrymale bien comme il faut !
Je n'ai pas sorti mon mouchoir et pour cause, vous savez très bien qu'en ce moment il m'est absolument interdit d'être enrhumée. Je n'ai pas ri non plus, ce qui est beaucoup plus ennuyeux. Quant à l'émotion, elle m'a peut-être effleurée, mais je n'en suis pas sûre et juste à peine dans une scène que mon Guillaume torpille tout seul car j'ai trouvé vraiment invraisemblable que le Ludo dont la bande se fichait pas mal jusque là devienne carrément et subitement le pilier du groupe.
Mais ne vous fiez pas à mon avis ! Dans la salle ça riait fort, ça sniffait gras, et à la fin ça applaudissait (ce qui est rarissime en dehors des festivals), et j'ai croisé des gens en larmes à la sortie. Même des garçons alors que c'est connu, boys don't cry. De toute façon, je ne ferai aucun tort à ce film car je lui prédis un avenir de film de l'année.
Mais l'heure est venue de me justifier.
Ne croyez pas que ce soit l'hypothèse de départ qui m'ait mise mal à l'aise. Faut-il continuer à vivre lorsqu'un de vos amis est sub-claquant à l'hôpital ? La réponse est oui évidemment. Chacun fait comme il peut souvent, comme il veut parfois et lycée de Versailles. Mais peut-être les amis alavialamort ici présents auraient-ils pu trouver un compromis pour être un peu moins antipathiques et montrer un quelconque intérêt à ce pauvre Ludo ? Mais ceux là ont décidé de rester groupés.
Et c'est précisément ce qui cloche dès le début. A aucun moment je n'ai senti que Ludo faisait partie de cette bande d'une quelconque façon. Excepté un coup de fil de Marie/Marion Cotillard, personne ne se préoccupe de son sort, chacun étant plus absorbé par ses propres petites histoires de coeur personnelles. Et lorsque quelqu'un évoque Ludo, on élude et on trinque à sa santé ! Il est vrai que tant qu'on a la santé !!!
J'ai toujours été hermétique puis franchement allergique à tout ce qui ressemble de près ou de loin à un groupe. Et celui-ci est l'exemple type de tout ce que je déteste. Mais qu'est-ce que c'est que ces gens de plus ou moins quarante ans qui sont infoutus d'exister en dehors d'un groupe youkaïdi youkaïda ? On se dit amis pour la vie. On ne peut se dire bonjour sans s'étreindre longuement comme si la fin du monde était proche. On prétend s'accepter tel que l'on est et on passe son temps à se juger, à se taper sur le haricot et à éviter de se parler et encore plus de s'écouter. Les éclats de rire ne sont pas là pour rire ensemble mais pour se moquer de l'un ou l'autre en difficultés... etc. J'ai une autre idée de l'amitié mais c'est mon côté punk j'imagine.
Etait-il besoin de mettre Jean Dujardin dans cet état à l'hôpital pour conter les heurts et malheurs, les petits mensonges et cachotteries de ces ados très attardés ? Je ne pense pas car ce film est de toute façon absolument dénué de scénario et j'ai assisté effarée à une succession de petites scènes sans aucune originalité et sans grand intérêt. 2 heures et demi plutôt vides en effet. Mais c'est encore plus stupéfaite que j'ai subi les gloussements d'une salle hilare qui riait encore lorsque pour la 28ème fois Max/François Cluzet tendait une embuscade aux fouines qui squattaient son plafond !!! Je ne parle même pas de cette scène où l'on aperçoit les fesses de François Cluzet. Y'a de quoi se taper sur les cuisses non ?
Cela dit la région et l'océan sont sublimes. Et puis ce film à sketches permet à chacun de la dizaine d'acteurs de faire son ptit show et de briller lors d'une scène ou deux. Chacun aura donc sans doute ses préférences. En ce qui me concerne le personnage et l'interprétation de Laurent Laffitte m'ont horripilée mais les autres je les ai trouvés plutôt pas mal. Mon quatuor de tête est : Marion, eh oui, il faut dire qu'elle est la mieux servie même si son personnage de macho au féminin est un peu too much, on voit qu'elle est amoureusement filmée. Et j'ai adoré sa scène de colère mémorable vraiment plus vraie que vraie. Valérie Bonneton est parfaite comme toujours. François Cluzet je l'aime d'amour et j'ai trouvé Benoît Magimel vraiment excellent dans ces moments où il parle d'amour à François Cluzet (même si les garçons de la salle ricanaient bêtement...) et dans sa manière de défendre les enfants.
De retour au bercail, ces « amis » semblent se donner eux-mêmes l'absolution pour une faute qu'ils n'ont pas commise par l'entremise de ma tante Arthémise et d'un improbable ostréiculteur philosophe qui a tout sondé de l'âme humaine.
Navrant et très décevant.
.............................
PS. : j'ai tranché et après réflexion j'ai mis la ° qu'il mérite ce film. Et si vous voulez savoir réellement ce que je pense avec les mots pour le dire, rendez-vous ici.
19:17 Publié dans 6 ° Que suis-je allée faire dans cette galère ? | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : les petits mouchoirs de guillaume canet. françois cluzet, marion cotillard, benoît magimel, gilles lellouche, laurent laffitte, pascale arbillot, valérie bonneton, louise monot, anne marivin, joel dupuch et j'en oublie sûrement
01.10.2010
WALL STREET L'ARGENT NE DORT JAMAIS de Oliver Stone °
En 1987, Gordon Gekko était un gros pourri, un as de la finance qui avait des dollars à la place des yeux. Oliver Stone l'avait mis en prison à la fin de l'histoire parce qu'il avait trop fait mumuse avec des sous qui ne lui appartenaient pas. ça ne se fait pas. Quand le film commence (celui de 2010) Gordon sort de prison et on lui rend sa montre et son portable. Et en 1988, les portables avaient cette tête là :
MDR.
Gordon c'est Michaël Douglas l'acteur, et du coup lui aussi a 23 ans de plus. ça se voit mais ça ne me dérange pas, il ressemble de plus en plus à papa c'est incroyable :

Parfois, Jacob et Winnie sont dans la rue et ils discutent. Ils ont des soucis parce que Jacob fricotte avec Gordon et Winnie a des secrets aussi.
Alors Jacob réfléchit à comment il pourrait garder Winnie. Alors il lui achète une bagouze à 400 mille dollars. Elle aime bien même si elle la trouve pas trop en plastique comme elle aimerait mieux, alors elle lui dit : « d’accord je veux bien t’épouser, d’ailleurs je suis enceinte ».
« ah bon, qu’il dit Jake, qui est le père ? ».
Mais non, j’rigole !
Là, le type qui fait comme ça avec les doigts et la bouche, avec le pull rouge sur les épaules, c’est le réalisateur. Il est là, il voudrait bien mais il n’y arrive pas. Et les acteurs lui disent : « euh, quand même Olive, va falloir qu’on fasse quelque chose là, tu nous as pas mis dans nos costumes du dimanche un jeudi pour qu’on fasse rien ? »,
« ben, oopss j’ai oublié » qu’il dit Olive… ah, ça y est ça me revient, qu’il finit par dire, mais il faut changer de costume ». Oliver doit avoir un "alea moral" à n'en pas douter.
Là tout le monde est habillé comme un pingouin et Jacob dit à Gordon : « merde Gordo, t’as pas mis ton nœud pap ? ».
« Ouais ben j’avais pas envie de ressembler à cte piranha de Brett »
« on m’appelle plus Brett, Gordon, mais Bretton ».
Vous savez quoi ? J’ai appris que Josh Brolin avait perdu 10 kgs pour ce rôle. Il a bien fait.
Parfois Jacob se promène avec un air triste devant Ground Zero (ce n’est pas loin de Wall Street) et on a une pensée émue.
Cette fois Oliver a mis son pull sur lui parce que la clim’ est poussée à fond. Ses manches sont trop courtes mais si le film marche il rachètera une pelote pour finir les bras.
Brett/Josh, c'est un méchant qui veut toujours plus comme Gordon dans le temps. Il est le « poulain » (dans la vie, il faut un poulain et un mentor) de Eli Wallach qui s’appelle Julie ici. Il est un peu liquide et il fait « pfuit pfuit » avec sa bouche et ça veut dire : « cui cui fait l’oiseau ». C’est bizarre comment il devient Eli. Il a son nez qui descend de plus en plus bas et les joues lui entrent dans la bouche. La sonnerie du portable de Jacob c’est une musique de western, c’est pour faire du mal à Eli, j’en suis sûre.

Les traders sont des mauvais et ils se reconnaissent entre eux. Alors ils prennent le métro. Le métro c'est dangereux, parfois des gens se jettent dessous et ils vous bousculent. Quand il est encore gentil Gordon a la mèche en bataille et quand il redevient méchant il a le cheveu gominé.

Sur cette photo, j’adore la chemise de Michaël. Je pense que c’est du lin, et ce bleu est vraiment très seyant. Par contre les charentaises, moyen. Bon excusez moi faut que je vous laisse.
20.09.2010
MIRAL de Julian Schnabel °


Par respect et par amour pour Hiam Abbass (qui HEUREUSEMENT) monopolise la première partie du film et pour l'apparition miraculeuse de Vanessa Redgrave, je ne mettrai pas °°° à ce film, mais il le mérite y a un sacré paquet de temps que je ne m'étais pas autant ennuyée dans une salle. A plusieurs reprises j'ai même regardé d'un air implorant la porte de sortie, mais j'ai tenu bon. Hélas, plus le film avançait, plus c'était pire !!! Et plus je pensais à UNE CERTAINE qui m'avait dit "rien que la bande-annonce ça fait flipper, on dirait "La Bande de Gaza pour les nuls"... sauf que moi, c'est pas une B.A. qui m'arrête because, et d'une, parfois une belle BA donne du caca boudin et lycée de Versailles une moche BA vous réserve plein de surprises en version longue.
Chapter One : en 1948 à Jérusalem, alors qu'a été proclamée la création de l'Etat Israëlien, halleluya, les ennuis commencent. Hind (la merveilleuse, sublime, lumineuse, radieuse, éblouissante Hiam Abbass) une jeune palestinienne trouve sur sa route une vingtaine d'enfants terrifiés qui crient maman et qui ont vu leurs familles massacrées lors d'une attaque israélienne. Elle les recueille et crée, à l'intérieur même de sa grande demeure et en vendant ses propres biens, un pensionnat pour orphelins palestiniens. Elle souhaite que malgré la tragédie qui frappe ces enfants, ils aient une éducation et une culture. A l'heure actuelle, ce pensionnat existe toujours bien que Hind soit décédée en 1994. C'est cette première partie qui est la plus intéressante et la plus crédible. Sans doute grâce au talent infini de l'actrice qui la domine et l'éclaire.
Deuxième acte : la guerre des six jours. Une gamine se fait violer par son père ou son beau-père (on ne voit pas bien). Elle s'enfuit, fait la danse du ventre et devient alcoolique. Elle fiche un coup de boule dans la tête d'une fille qui la traite de pute dans un bus et se retrouve en prison pour six mois, ça ne se fait pas. Après avoir dégueulé tripes et boyaux dans les wc, elle sympathise avec sa coloc qui est là parce qu'une bombe qu'elle avait déposée n'a pas explosé, condamnée trois fois à perpète (dont une parce qu'elle a refusé de se lever dans le tribunal). La fille qui sortira jamais de prison lui présente son frère au parloir et lui demande (au frère) de s'en occuper (de l'alcoolo). Il s'en occupe tellement bien qu'il l'épouse. Mais bien qu'il soit un gentil mari, l'alcoolo continue de se torpiller la tronche et rentre le lendemain midi ronde comme un boulon. Pendant ce temps, Miral me direz-vous ? J'y viens.
Miral est née des amours de l'alcoolo et du gentil. L'alcoolo est soluble dans l'eau. Next.
Le père se retrouve seul avec sa fille qu'il place chez la mère Hind, avec les orphelins. J'ai pas bien compris what for mais c'est comme ça. C'est pas d'aujourd'hui que les mecs peuvent pas s'occuper seul d'un enfant alors que réciproquement, si. Bref. La Miral devient la Chouchoute. On ne sait pas pourquoi. Peut-être parce que la Hind a un faible pour le gentil papounet. On sait pas non plus. Faut dire qu'elle passe sa vie à s'occuper des moutards des autres, alors du coup elle se la met sur l'oreille comme on dit vulgairement.
Troisièmement : en 1987, 1ère intifada. ça craint du boudin et vla ti pas notre Miral qui devient activiste tiens. Elle tombe amoureuse d'un chefaillon qu'est peut-être un traître mais c'est pas sûr. Elle se fait goaler avec des textes tout écrits en arabe mais les israéliens savent pas lire les hiéroglyphes, mais elle va quand même en prison mais elle dit rien. Elle se fait pipi dessus et elle se prend des coups de baton mais : motus, c'est pas une balance la Miral comme son nom l'indique.
Vous comprenez rien ? Moi non plus.
On s'en fiche. La ptite choupinette de Freida Pinto devrait continuer (pour l'instant) à jouer les ptites filles dont les garçons tombent amoureux... parce que là, franchement, non mais oh, y'a pas UNE scène où elle est crédible. Faut aussi voir pour le croire comment lui tombe sur le coin du nez sa vocation de journaliste !!! Bon à part ouvrir ses grands (et très jolis) yeux de biche effarouchée... bon ben... rien d'autre. Mais révolutionnaire palestienne, MDR, scuse l'excuse !
Bon, sinon que dire. Ah oui, Julian a tout filmé à 65 kms/h sur sa mobylette après avoir fait une formation accélérée "Comment faire du flou pour les nuls". ça gigote dans tous les sens à vous en donner le tournis, que des fois Chéri et moi on était obligé de compter les mouches au plafond pour pas gerber notre quatre heures. Et puis sinon, des fois y'a des flash-backs... on le sait parce que brusquement ça devient tout blanc sur l'écran. Et comme Julian nous prend pour des cons, il nous montre en flash backs des scènes qu'on avait déjà vues avant. Genre on se souvenait plus qu'on les avait vues !!! Et puis quoi encore ??? Ah oui, la musique !!! Seigneur Marie Joseph Mazel Tov Yallah Choukrane !!! Mais qu'est-ce que c'est que cette soupe grandiloquente qui a l'air de nous dire : "attention les gens, vous êtes en train de vivre une grande tragédie". Sauf que c'est tellement lourd de chez relou, grotesque, sans subtilité, sans émotion... qu'on s'en fiche grave, qu'on s'ennuie profond. Pour rester polie, vous me connaissez.
Cerise sur le tradéridéra, je sais pas vous, mais j'ai comme qui dirait senti un ptit chouya raciste dans l'affaire. En tout cas, une chose est sûr Juju a choisi son camp.
Ah oui j'allais oublier, j'ai appris que cette histoire vraie était tirée du récit qu'en a fait la vraie Miral (qui ne s'appelle pas Miral dans la vraie vie... on s'comprend)... qu'elle a co-écrit le scénario avec Schnabel et que même il paraît qu'elle était là pendant le tournage et qu'à chaque scène le réalisateur lui demandait, inquiet "c'est sûr... ça va... c'est crédible...". Il aurait peut-être pas dû...
Dernière chose, si vous allez quand même le voir, je n'ai pas tout dit. Un quart d'heure avant la fin : y'a scoop !
PS. : Willem Dafoe ne sert à rien. Il voudrait bien, mais non.
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13.08.2010
L'APPRENTI SORCIER de John Turtletaub °


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03.08.2010
PHENOMENES PARANORMAUX de Olatunde Osunsanmi °


Et nous, de l'autre côté de l'écran on s'en fout puissance 12, on est juste un peu secoué quand, faute d'arguments et d'événements le réalisateur nous balance tout à coup les tambours du Bronx direct dans le conduit, ça réveille ! Et puis, un quart d'heure (à peu près) avant la fin du film, y'a un guss qui vient parler un sabir sumérien (la langue qui était parlée 4 000 ans avant J.C.) dans les magnétophones, mais comme le magnéto Serge est en mauvais état, on comprend qu'un mot sur quatre et pour occuper les spectateurs y'a des pointillés sur l'écran qu'il faut remplir avec les mots qu'on veut (moi, c'est comme ça que j'ai compris le jeu). En résumé, O.O. est un réalisateur qui veut qu'on fasse tout le boulot à sa place, Mila est une actrice qui ouvre des grands yeux et tord sa bouche, Elias Koteas et Will Patton cachetonnent pour payer leurs impôts et nous on perd notre temps avec des bondieuseries gnangnans.
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30.07.2010
L'ÂGE DE RAISON de Yann Samuell °

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15.07.2010
TAMARA DREW de Stephen Frears °



Je m'étais dit que je n'en parlerais pas tant ce film m'est apparu indéfendable et puis... Stephen Frears quand même... J'ai toujours dû mal à déboulonner les idoles. Mais après tout pourquoi pas ? "Tamara Drew" était projeté en clôture du Festival Paris Cinéma, et même si les films japonais et Xavier Dolan m'avaient bien fait rire, j'étais toute disposée à m'en payer une dernière tranche avant de regagner ma brousse profonde où, heureusement, je ne fréquente pas la même faune d'insatisfaits chroniques qui règnent dans cette histoire assommante.
Je tiens cependant à dire qu'il y a une chose et une seule à sauver ici et c'est la campagne anglaise, filmée avec délices, amour et volupté. Le réalisateur donne vraiment envie de s'embarquer illico presto vers les white cliffs.
Que se passe t'il donc dans ce patelin paumé ? ça commence plutôt bien car Beth et Nicholas son auteur à succès de mari, tiennent une résidence pour écrivains. Les premières images sont réjouissantes où l'on voit chacun des résidents imaginer son prochain roman. On fait connaissance de personnage tous plus anglais coincés les uns que les autres et l'on découvre que Nicholas trompe sa très dévouée et indispensable femme qui non seulement s'occupe de tout et de tous les pensionnaires, mais aussi corrige les manuscrits de son époux, le conseille et lui suggère des idées. On rencontre le jardinier, beau gosse serviable et deux ados accros à la presse people qui s'ennuient copieusement dans ce trou.
Et alors que tout ce petit monde ronronne gentiment, Tamara Drewe revient dans la maison de son enfance qu'elle souhaite vendre. Elle fut jadis un laideron dont tout le monde se moquait et grâce au joli petit nez qu'elle s'est fait refaire, elle est devenue une bombe que tous les garçons de 7 à 77 ans vont s'arracher. C'est d'une bêtise à pleurer. Des amants dans les placards, des portes qui claquent, des répliques caca prout pas drôles dont Michaël Youn ne rougirait pas "son short est trop petit elle va attraper une mycose !", des rebondissements dignes d'un mauvais vaudeville, de la misogynie à revendre, n'en jetez plus la cour est pleine. Et au bout de ce capharnaüm prétendu gai, cruel et virevoltant, la mort d'un personnage, une fin pour "l'héroïne" qu'on pressentait dès la première bobine, et surtout, surtout la désormais et étonnamment incontournable Gemma Arterton, l'oeil constamment humide... A baffer.
Rendez-nous Stephen Frears. Merci.
23:32 Publié dans 6 ° Que suis-je allée faire dans cette galère ? | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : tamara drew de stephen frears, festival paris cinéma, gemma arterton, cinéma
30.06.2010
LE CAMELEON de Jean-Paul Salomé °

Hélas, de ce sujet absolument passionnant, Jean-Paul Salomé tire un film d'un ennui abyssal. Pourtant, l'atmosphère de la Louisianne (post Katrina) toujours accablée de chaleur, l'approche des bayous tellement intrigants, la peinture d'une amérique socialement défavorisée sont plutôt bien vus... mais j'ai eu l'impression que tout était hors sujet pratiquement tout le temps. En effet, c'est assez stupéfiant de voir que le réalisateur abandonne complètement son personnage pour se concentrer sur l'histoire de cette famille désunie, antipathique et qui cache un secret, ainsi que sur celle de l'enquêtrice (très solitaire... et qui se retrouvera enceinte mais toujours aussi seule !) dont on n'a que faire ! Lorsqu'enfin Frédéric est arrêté, un sursaut d'intérêt refait surface mais trop tard, il ne reste plus que 10 minutes de film. Les raisons, les motivations, les intentions du jeune homme sont baclées en une scène où il nous faut admettre que sa maman n'était pas une gentille maman et qu'elle n'avait pas désiré son enfant. Soit. Il aurait été assez fascinant de creuser un peu le cerveau malade de ce garçon. D'autant que Jean-Paul Salomé avait en la personne de Marc André Grondin un joyau capable de semer le trouble comme il le démontre à maintes reprises. La scène où, complètement égaré par ses propres mensonges il se répète à lui-même son vrai nom est assez représentative du tourment qu'il est capable d'exprimer et du vertige qu'il pouvait nous transmettre. Malheureusement l'excellence de son interprétation irréprochable ne parvient pas à sauver le film.

doit lui sembler être une composition ! A l'écran, ça fait peur et ça met mal à l'aise tellement c'est mauvais et ridicule.08:00 Publié dans 6 ° Que suis-je allée faire dans cette galère ? | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : le cameleon de jean-paul salomé, cinéma, marc andré grondin, famke janssen
16.06.2010
L'AGENCE TOUS RISQUES de Joe Carnahan°




Dans l'équipe chacun a sa spécialité et les 4 mises en commun ça donne une machine de guerre, ou plutôt une entreprise de démolition qui fait pas dans la dentelle. La première partie est tout simplement insupportable. On passe du Mexique à l'Irak sans plier les genoux et avoir le temps de souffler et de savoir pourquoi, comment, mais que fait la police ? Tout pète, tout saute, tout pétarade... La seule merveilleuse idée de génie est de l'avoir fait jouer à Bradley Cooper top less pour qu'il soigne son bronzage :

Quand il n'y a plus un seul décor debout, ça se calme un peu (le temps qu'ils reconstruisent j'imagine) et un vague espoir m'a effleurée : oh ? on dirait qu'il va y avoir une histoire ? Et puis non, lorsqu'ils s'échappent de là où ils étaient, ça repart dans tous les sens, ça recommence à se déchaîner et à exploser dans tous les sens. J'en déduis que Joe Carnahan le réalisateur est un colérique qui veut tout casser.
Ce qui ne va vraiment pas dans ce carnage, ce n'est pas le fait de faire faire des loopings à un hélico, de faire voler un tank ou porter des talons aiguilles et des décolletés à une soldette Jessica ma chérie, tu sers à rien, mais d'avoir, en même temps que les décors, complètement flingué le potentiel comique du quatuor, qui, ça se voit à l'oeil nu aussi, avait une sacrée envie de nous la jouer second degré ! Sauf que, c'est pas drôle et que du coup, je me suis ennuyée ferme. Heureusement, Bradley Cooper a quasiment le premier rôle et alors forcément, j'ai résisté jusqu'à la fin. Mais bon sang, que c'est bête, ça n'a ni queue ni tête mais des couilles et des tatouages oui et surtout, surtout, ça pète partout et c'est pas drôle. Oopss je l'ai déjà dit.
Alors concentrons nous encore un instant sur les velus :
Quiton 'Rampage' Jackson c'est "Barracuda" : bon, j'ai rien contre les moches, mais tu m'excuses gros, j'ai déjà oublié ton nom. Il faut dire que le pauvre, à part jouer les pucelles effarouchées qui a peur en avion, n'a pas grand chose à se mettre sous la dent. Et puis sa conversion à l'hindouisme. Au secours !
Sharlto Copley c'est "Looping" : il fait bien le dingo et m'a donné une furieuse envie de revoir "District 9". Un très bon point pour toi (d'ailleurs Wikus si tu me lis, c'est pour quand le District 10 ?).
Liam Neeson est le boss "Hannibal" et n'a jamais été si bon et beau depuis 2006 au moins. Tant mieux. Pourtant il a une réplique à répéter 12 fois, un truc genre "j'aime qu'une mission se déroule sans problème"... et à fumer des gros cigares qui puent.
Mais évidemment, serais-je allée me perdre deux heures à voir du feu d'artifice s'il n'y avait cet ensorceleur de Bradley Cooper ??? Pas sûre. Il est bon, il est beau, il est drôle (même quand c'est pas drôle). Et je rêve ou ce garçon rit tout le temps ?
De toute façon laissez tomber les mecs (sauf mon chéri qu'est encore plus beau) vous n'y arriverez pas il est décourageant. Il a toujours la classe :
cheveux courts :








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SUMMER WARS de Mamoru Hosoda ???

08:00 Publié dans 6 ° Que suis-je allée faire dans cette galère ? | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : summer wars de mamoru hosoda, cinéma, animation, manga
28.05.2010
ÇA COMMENCE PAR LA FIN de Michaël Cohen °

Chez les Cohen/Béart on ne doit pas rigoler tous les jours. Mais un jour Michaël, mari d'Emmanuelle dans la vraie vie a eu envie de la filmer dans tous ses états. Et aussi de se filmer lui et puis elle, et eux ensemble, dans tous leurs ébats ! Dans les toilettes des cafés... debouts dans la rue, lui tourné contre le mur et elle s'humectant le doigt... sur le bureau où elle travaille... parfois dans un lit. Pourquoi ? Pourquoi ce film ? Pour déclarer à la femme qu'il aime qu'il l'aime ? Pour nous démontrer à quel point il l'aime ?
Histoire d'amour dans le désordre, avec un début, un milieu et une fin, quoique, pas sûr. Des bribes de dialogues, des insultes, des soupirs. Des départs, des retrouvailles. Des colères, de la jalousie. Des tentatives de suicides. Du grand n'importe quoi filmé n'importe comment. Et nous, pauvres spectateurs, réduits à l'état de voyeurs, que devons-nous faire de ce spectacle d'un couple qui ne cesse de dire qu'il s'aime puis qu'il se déteste comme jamais ?
Emmanuelle, parfaitement mal habillée et coiffée/décoiffée a pourtant de véritables éclats, de rire, d'humeur, d'agacement qui prouvent qu'elle s'offre toute à ce film et à son homme qui joue (pas très très bien) l'homme du film, mais elle le porte toute seule le film, bravement avec ses excès de douceur, de brusquerie et de violence.
La question demeure néanmoins, où est le film dans ce numéro d'exhibitionnistes ?
11:44 Publié dans 6 ° Que suis-je allée faire dans cette galère ? | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Ça commence par la fin de michaël cohen, emmanuelle béart, cinéma
26.05.2010
PRINCE OF PERSIA : LES SABLES DU TEMPS de Mike Newell °


Sinon, le ptit Jake a l'air de bien s'amuser à faire des trucs de ouf dans les airs en bravant les lois de l'apesanteur. Les autres se prennent grave au sérieux. Il y a plein plein plein de combats dans le sable, dans les airs et la poussière et des effets spéciaux qu'on voit bien à l'oeil nu. C'est tout jaune et ôcre, preuve qu'il fait très chaud.
