26.06.2008
In Bruges de Martin McDonagh ***


Après une « mission » qui a quelque peu foiré en Angleterre, Ken et Ray se retrouvent mis au vert pour quelque temps par leur patron Harry. Voilà donc ces deux tueurs à gage obligés de cohabiter dans la même chambre d’hôtel à Bruges (oui, oui en Belgique encore !). Si Ken s’accommode fort bien de son séjour dans une ville touristique au possible et en profite pour le rendre culturel, Ray, le plus jeune, boude et ronchonne persuadé d’être puni dans le t… du c.. du monde !
Voilà bien la meilleure surprise, la plus délicieusement originale et décalée depuis bien longtemps. Et ce n’est pas uniquement dû au fait que ce film me permet de remettre (encore… merci) un pied en Belgique, dans la féerique ville de Bruges, personnage à part entière, filmée comme une boule à neige, une vraie prison irréelle !
Comment rendre deux tueurs sympathiques ? Prenez deux acteurs merveilleux, rendez les plus qu’humains et le tour est joué. Brendan Gleeson, plus nounours adorable que jamais est à la fois paternel, amical, protecteur et fraternel. Quant à Colin Farrel, meilleur (et ici vraiment excellent… j’en reviens pas de dire ça) de film en film, il est bougon à souhait, pas bien haut de plafond mais il fait ça à merveille et joue comme un petit garçon qui a fait une grosse bêtise (mais vraiment une très très TRÈS grosse bêtise…). Il ne s’en remet pas et devient dépressif et suicidaire. Il est à la fois drôle, pathétique et émouvant. L’arrivée de Ralph Fiennes (toujours caniculaire ce garçon… enfin, bon, je me comprends !) taré à fleur de nerfs comme il se doit et qui s’acharne sur un objet inanimé… ajoute encore une dose de non sens et de bouffonnerie à l’ensemble déjà bien barré. Mais de burlesque, loufoque et nonchalant le film prend alors une tournure plus agitée, plus violente, plus centrée sur le thriller, le code de l’honneur des truands, enfin des trucs de mecs qui en ont. On y rencontre aussi un nain toxico et raciste, une jolie fille pas farouche qui vend de la drogue sur les tournages de films, un skinhead amoureux (Jérémy Rénier, méconnaissable. Cet acteur peut décidément tout faire), un marchand d’armes russe… et cela finit par une course poursuite déjantée dans les rues pavées de Bruges où les deux « héros » auront été confrontés à la rédemption et à la culpabilité, pas moins.
J’ajoute que vous ne trouverez ni moules ni frites dans ce film déjanté, mais beaucoup de bière, les deux lurons étant irlandais.
Dépliant touristique de la ville de Bruges, thriller, comédie, performance d’acteurs, tout ça un un seul film alors, précipitez-vous pour découvrir et déguster ce festival de surprises !

09:54 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : in bruges, bons baisers de bruges, cinéma
