22.12.2011
HAPPY NEW YEAR de Garry Marshall °°°
En ce jour béni du 31 décembre, New-York est en effervescence, c'est la nuit incroyablement romantique où tout le monde s'aime, se le dit et se le prouve. Et ceux qui se sont ratés l'année précédente peuvent se retrouver sous le gui pour chanter "Minuit Chrétien". C'est le jour du grand pardon et des résolutions. Et lorsque retentiront les douze coups de minuit, ou plutôt lorsque le décompte sera amorcé 10, 9, 8... tout sera possible à nouveau car le monde sera redevenu beau comme au premier matin. Les gens ne seront plus que joie, allégresse, douceur et amour. On repart à zéro, on efface tout, on recommence, on jure, on promet et surtout, surtout, il faut absolument embrasser quelqu'un à minuit pétantes lorsque la grosse bouboule de verre et de lumière descendra comme chaque année sur Time Square et que des millions d'américains lèveront la tête pour voir le spectacle en live ou pour le suivre à télé. Quel bonheur ! Tant de bonheur fait suffoquer. En écrivant ces mots, je tremble, je transpire. Je revois ces images effroyablement belles, cette lumière qui se répand sur le monde, les chants et les clochettes qui tintinabulent. Il y avait longtemps que je n'avais été autant émue, que dis-je bouleversée par une histoire chorale où des personnages tellement proches, toi, moi, nous terminent l'année en souriant, en espérant, en s'embrassant. Sans oublier les morts auxquels on pense, car il y a toujours une place pour eux dans notre coeur. Surtout en ce jour tellement éblouissant. Alors je dis, merci, merci Garry Marshall. Si tu n'existais pas, qui oserait t'inventer ? Tu es un être de lumière, tu n'es qu'amour, tendresse et suavité et ton film pétri d'humanité, de bonté et de délicatesse est un bienfait pour l'humanité entière.
Evidement il n'y aurait pas de film si quelques embûches n'étaient semées sur le parcours incroyablement romanesque des protagonistes du film. Mais c'est dans une explosion de douceur et de quiétude que j'ai reçu ce film cadeau qui m'a effleurée comme une caresse.
Comment te dire merci Garry et comment tes acteurs vont pouvoir à tout jamais te prouver leur reconnaissance ? Toi qui permets à des has-been de revenir en pleine lumière ! Toi qui leur donnes l'occasion de tenir le rôle de leur carrière, de leur vie ! Celui qu'ils attendaient et dont ils n'osaient plus rêver ! Toi qui permets aussi à de jeunes acteurs de pouvoir graver ton nom dans le marbre de leur CV !
Comment retenir ses larmes lors des scènes d'hôpital où Robert De Niro seul comme un chien et mourant reconnaît qu'il n'a été qu'un salaud et rêve de voir la fameuse bouboule pour la dernière fois ? Comment ne pas s'extasier devant la prestation hallucinante d'Halle Berry, si gentille infirmière qui à minuit se pare de ses plus beaux atours pour joindre son mari militaire au loin (je sanglote encore) par webcam interposée et lui montrer ses seins ? Comment ne pas craquer devant le charisme irrésistible d'Ashton Kutcher en pyjama qui arrache toutes les décorations de fête dans son immeuble et se retrouve bloqué toute la soirée dans l'ascenseur avec une fille (Lea Michelle, inconnue mais ça ne saurait durer tant elle est un mélange de charme et d'élégance) qui va en quelques heures lui faire perdre toutes ses manies de misanthrope ? Comment ne pas envier l'errance nocturne de Zac Efron (bouffi) et Michelle Pfeiffer (plus ridicule petite fille tu meurs !) à travers New-York en scooter ? Comment ne pas s'émouvoir devant l'histoire d'amour avec un grand A entre Jon Bon Jovi (entièrement repeint à l'autobronzant) et Catherine Heigl (qui avait oublié de faire ses racines noir corbeau) ? Comment ne pas s'identifier à cette mère de famille monoparentale (Sarah Jessica Parker au visage de plus en plus interminable et en sabots) face à son ado de fille (Abigail Breslin, méconnaissable et maquillée comme une voiture volée) qui rêve d'embrasser un boutonneux sous la bouboule ? Comment ne pas trembler qu'Hilary Swank (toute en dents et en bouclettes) ne perde son boulot puisqu'elle est responsable de la descente de la bouboule coincée à mi-parcours ? Et surtout comment soutenir ce suspens de savoir qui de Jessica Biel (pas maquillée donc méconnaissable) ou de l'autre actrice (pas connue) va empocher 25 000 dollars pour avoir enfanté le premier babe new-yorkais de l'année ?
Pour ces deux heures de rêve intenses que je n'aurais osé espérer ; pour ce cinéma rare et précieux qui nous rend meilleurs, ces stars que tu illumines, ces histoires si proches du commun, cette musique qui se déverse sur nous et en nous comme de la mélasse du sirop de glucose, merci Garry. Merci de nous démontrer à quel point le monde, la vie, les êtres sont bons !
Surtout le 31 décembre.
NB. : vivement déconseillé aux diabétiques !
14:11 Publié dans 8 °°° Touche le fond et creuse encore | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : happy new year de garry marshall, avec plein d'acteurs dedans, cinéma ???
30.03.2011
CIRKUS COLUMBIA de Danis Tanovic ***



Après 20 ans d'exil en Allemagne Divko revient dans son village de Bosnie-Herzégovine en affichant ostensiblement tous les signes extérieurs de richesse, de réussite et de beauferie bling bling : une jeune et ravissante créature rousse à ses côtés qui répond au doux nom d'Azra qu'il compte épouser bien qu'elle soit sans doute deux fois sa cadette, une grosse voiture flambant neuve et rouge vif, des liasses de Deutschmarks dans les poches qu'il sort à la moindre occasion et un horrible chat noir porte bonheur. Le but avoué de ce retour est de divorcer de Lucija qui l'aurait trahi 20 ans plus tôt et de faire connaissance du fils qu'il n'a jamais vu, Martin. Tu parles. Planqué dans sa Merco, Divko fait évacuer manu militari femme et fils de la maison qu'ils occupent à ses frais depuis trop longtemps d'après lui. Il les fait jeter à la rue sans autre forme de procès, illico s'y installe avec sa dulcinée et se régale de la soupe qui chauffait sur le poêle, avant de s'endormir "enfin comme un homme"... Voilà à quel étrange salaud on a affaire. Mais allez savoir pourquoi, on n'arrive pas à détester Divko. Il faut dire qu'il est bosnien herzégovnien et que c'est le grand Miki Manojlovic qui lui prête sa dégaine de vieux dandy fatigué et son air abattu de Droopy constamment contrarié.
C'est l'été il fait chaud. Divko rencontre son fils, une espèce de grand tout mou qui n'a pas l'air bien fufute au premier abord et qui, quand il ne tripote pas sa CiBi ou ne plonge pas dans la rivière avec son copain, travaille la nuit dans une station-service et surtout rêve de partir aux USA. Pas rancunier, le fils sympathise avec le père jusque là absent qui lui propose de venir vivre avec lui... dans la propre maison qu'il lui a fait quitter, donc. Vous suivez ? On en est pas à une absurdité près. Mais Martin adore sa très protectrice maman qui le met en garde contre son salaud de père et de toute façon Martin ne veut pas laisser maman seule. Et puis, il commence aussi à tourner autour de la jeune et belle Azra qui s'ennuie ferme et qui crève de chaud. Martin n'est pas le dernier à expliquer à Azra comment se rafraîchir.
Vous n'y comprenez rien ? C'est pourtant simple. C'est serbe ou bosniaque, peut-être même croate allez savoir ! D'ailleurs, nous sommes en 1991 et au loin, on entend vaguement le bruit des bottes qui commence à affoler la population. Mais le drame c'est que le moche matou porte bonheur de Divko disparaît. Et là, Divko devient comme fou. Il faut retrouver le chat. Il met Martin son fils et Azra sa future sur le coup ; ce qui ne les dérange nullement. Ils sont la risée de toute la populace jusqu'au jour où Divko promet une forte récompense pour retrouver ce foutu chat, et là c'est tout le village qui se met en quête du matou...
Voilà, pendant une heure au moins, on observe avec stupéfaction mais non sans intérêt les moindres faits et gestes de cette bande d'allumés. On dirait que ça ne ressemble à rien, que c'est un machin de bric et de broc qui ne mène nullepart mais tellement farfelu sans pour autant être hilarant qu'on y prend un plasir fou. D'autant plus plaisant que chacun des quatre personnages principaux s'étoffe, se développe, s'enrichit peu à peu. Mike Manojlovic étant impérial dès le début, rarement on a l'occasion de voir à l'écran des acteurs dont la présence, le charisme, la justesse et la beauté même s'intensifient à mesure que le film avance. C'est le cas de Jelena Stupljanin/Ezra, Boris Ler/Martin et Mira Furlan/Lucija la mère. Ils sont tous les trois absolument époustouflants. Face à l'obstination, à l'égoïsme et à la bêtise de Divko, ils sont de plus en plus déconcertés et soudés.
Mais la menace qui gronde au loin et se rapproche va encore une fois changer la donne et l'ordre des choses. Comment Divko va t'il réagir devant l'imminence des risques, du danger, du chaos ? Toute la mélancolie, tout le fatalisme de l'âme slave, sa truculence et sa joie de vivre aussi se retrouvent dans ce film surprenant, attachant, dont il faut attendre la toute dernière image pour en comprendre le titre mystérieux, et découvrir aussi qu'il s'agit finalement d'un grand film d'amour...
22:59 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : cirkus colombia de danis tanovic, miki manojlovic, mira furlan, boris ler, cinéma ???
27.06.2010
FATAL °°°


Ce machin puant est donc l'histoire de Fatal Bazooka, de son vrai nom Robert LaFondue (mdr, il est né en savoie !) la star number ouane du rap hard core qui dès sa sortie de garde à vue pour trafic de drogues sur le tour de Flandres (lol) est devenu numéro 1 des ventes de disques avec son délicieux "Don d'orgasmes" et la chanson "j'veux du uc, j'veux du uc, j'veux du uc uc uc à m'en briser la nuque" ! Devenu multimillionnaire, multimégalo et multicon, il raffle toutes les récompenses aux Music Awards de la Musique (ah ah !) car c'est bien connu le public est très con aussi.
Sauf que hélas, mille fois hélas. Je n'ai rien vu de la satire annoncée, pas plus que je n'ai trouvé l'humour caustique prédit. Tout ici sonne faux mais très fort et ce n'est pas drôle. Enfin, je n'ai pas ri. Que prétend dénoncer le "réalisateur"... les dérives des stars qui empochent des millions, sombrent dans l'alcool, la drogue et la débauche... les abus des prétendus concerts caritatifs... le vote du public tarifé... la perte des "valeurs", la mégalomanie, la télévision, les présentatrices (et tateurs d'ailleurs) au QI de bulot qui s'époumonent à "faire du bruiiiiiit" et j'en passe ?
De retour aux affaires lors d'une battle en direct laïve à la tivi contre son ancien challenger Chris Prolls (la seule scène à peu près visible pour moi !) , Fatal ira même de son discours chamallow... mais là encore : grosse plantade. Michaël Youn se permet une leçon de morale à SON public en lui disant que si la télé trash-poubelle existe c'est parce que c'est lui, le public, qui la réclame ! J'ai trouvé ça vraiment gonflé de la part de celui qui en a fait son fonds de commerce.
19:24 Publié dans 8 °°° Touche le fond et creuse encore | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : fatal, michael youn, cinéma ???
