08.01.2008
Into the wild de Sean Penn ***


A peine son diplôme de fin d’études en poche et alors que ses parents, très fiers se proposent de lui offrir une voiture pour le récompenser, Christopher, 22 ans décide lui, de tout quitter. Sans prévenir personne, il se débarrasse de ses papiers, de ses 24 000 dollars de bourse qu’il envoie à un organisme humanitaire et part sur la route avec pour but ultime de rejoindre l’Alaska et d’y vivre en communion avec la nature. Son périple qui durera deux ans débute en Virginie et on ne peut pas dire que Christopher empreinte la ligne droite pour atteindre l’Alaska. Il nous embarque dès le départ dans son voyage surprenant, périlleux et bouleversant.
Ce film relate l’histoire vraie de Christopher McCandless qui a inspiré le « Voyage au bout de la solitude » du journaliste Jon Krakauer. De ce film fleuve, déroutant, mélancolique et séduisant, il est difficile de parler sans le trahir tant il agit longtemps, langoureusement sur le cœur et l’esprit bien après sa (première…) vision ! D’emblée, je bazarde et pulvérise les faiblesses et maladresses (Sean Penn se débrouille mieux avec les garçons et Catherine Keener hérite du rôle catastrophique, et il délaisse celui de Jena Malone, beaucoup plus fort et touchant… par exemple) tant ce film ressemble à son auteur, sincère, triste, honnête et idéaliste et le rendent finalement encore plus touchant. Le héros de cette incroyable et somptueuse histoire est un tout jeune homme au cœur (trop) pur, un illuminé utopiste, un brin extrémiste qui a «un détecteur de connerie très sensible et zéro tolérance ». En fait, il fuit, pas uniquement la connerie, la société de consommation, le matérialisme mais aussi et surtout ses parents (caricatures de bourgeois conformistes dont la vie est réglée par l’argent et ce qu’ils possèdent) qui le déçoivent jusqu’à lui faire horreur mais aussi tous les menteurs, les imposteurs. Christopher rêve de s’améliorer et d’après lui cela ne peut se faire qu’en communiant avec la nature dans une solitude absolue. Au cours de son long voyage, il va faire de multiples rencontres (Vince Vaughn, très très en forme et formidable). Il bouleversera la vie de la plupart des gens qu’il croisera parce que malgré son exigence, son besoin irrépressible de solitude et d’indépendance qu’il pousse au paroxysme, Christopher est un garçon incroyablement sociable qui se laisse approcher sans pourtant jamais s’attacher. Et nous, spectateurs, plus on l’accompagne dans ce road-movie, plus on s’attache à lui parce qu’il offre, il donne, il partage. Ce garçon est un petit miracle, une comète, une étoile filante qui a dû marquer au fer rouge la vie de ceux qu’il a côtoyés. Il rayonne et répand sa lumière.
Le film tout en flash-backs nous distille peu à peu les aspects de la vie de Christopher avant ce départ, son passé d’enfant. On ne cesse les allers retours entre son voyage et sa vie sédentaire d’avant où il s’est appliqué à être le meilleur élève possible pour disparaître, armé de connaissances, tout imprégné de ses lectures dont il se nourrit encore dans son extrême solitude. Certaines scènes brisent le cœur, telle celle où il enterre tous les souvenirs de son enfance qui ne sont que des apparences. On regrette qu’il ne joigne pas sa sœur aimée et protégée qui conte parfois en voix off les ravages de son absence… juste une petite carte « je vais bien, ne t’en fais pas » suffirait. Rien. Et alors que ses parents passent au fil des mois de la colère au chagrin (difficile de ne pas pleurer quand on voit ce salaud de William Hurt tomber, inconsolable), Christopher atteint son but : l’Alaska, où il restera seul, 100 jours. Là, on se met véritablement à trembler avec lui, et pour lui. De froid et de peur. La première fois qu’il écrit « scared », on est, comme lui épouvanté. On n’imagine même pas survivre dans ces conditions. Une scène avec et contre un élan est impressionnante, « la plus grande tragédie de ma vie » écrira t’il, une autre avec un ours, tétanisante. De solitaire, Christopher devient seul, c’est épouvantable et le constat qu’il fait est que « le bonheur n’est réel que partagé ».


Sean Penn filme des paysages à couper le souffle, d’une beauté saisissante qu’on n’oublie pas. Il écorne parfois ce fantasme de retour à la nature avec une vision des villes tout en fureur ou en misère. Ce qu’il filme surtout c’est son incroyable, sportif, impressionnant et merveilleux acteur qu’il ne quitte pas d’une semelle, qui est de tous les plans, qu’il laisse improviser, s’amuser et souffrir devant nos yeux. Ce jeune acteur, Emile Hirsch s’ouvre sans doute bien des portes en s’étant donné ainsi corps et âme à un réalisateur, à un rôle d’une ampleur considérable. Il est absolument prodigieux et bouleversant.
Quant à Sean Penn, dont on apprend aujourd’hui qu’il sera le prochain Président du Festival de Cannes (idée de génie, merci Gilles, merci Thierry), il signe là un film sublime et ambitieux qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, triste, sincère, mélancolique et pourtant plein d’espoir, naïf et idéaliste… rebelle, enragé.
Beau, beau, beau.

18:35 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : into the wild, cinéma
04.01.2008
En ce jour mémorable,
inoubliable, indispensable du 4 janvier, je vous le dis haut et fort, mon année cinématographique commence sur les chapeaux de pellicule ( !!!). Le premier film de cette année m’a mise K.O. Il m’illumine et m'éblouit déjà de ses 4 étoiles… Je l’assimile, l’intègre, m’en imprègne encore et encore et reviens dès que possible vous parler de lui :

Et de lui

Et aussi de lui

09:10 Publié dans JE DOIS VOUS EN PARLER | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : into the wild, cinéma
