23.09.2009

Ma vie pour la tienne de Nick Cassavetes °°°

 Sofia Vassilieva, Nick Cassavetes dans Ma vie pour la tienne (Photo)

Hier, j’ai emmené mon chéri au cinéma. On allait bras d’sus bras d’sous voir le Monsieur Lee, Woodstock, power flower, pattes d’éph’, rock and roll and tutti frutti, A-Wop-bop-a-loo-lop a-lop-bam-boo… ¯¯¯ quand tout à coup soudainement, j’avise ma borne à tickets (parler à un être humain derrière un guichet ? JAMAIS !) à touches sensitives et identification numérique du scanner biométrique… et « euh… ben… hein ??? c’est quoi ce ~}… de J…f

Mouchoubidoudou ???? y’a pas le film à m’sieur Lee ??? » que je dis !

Mais tu peux pas la mettre en sourdine ta boîte à camembert ? T’as vu écrit « marché à la poiscaille » quelque part ?  qui dit.

Ben, Chouloulouroudoudou, c’est que le film à M’sieur Lee. Y’a pas !  que j’y réponds.

- Heing ???? Tu me traînes à pas d’heure (y’était 19 h 50 NDLR) là ousse qu’y a du monde et y’a pas le film de rokeunrollmops que tu m’avais dit ?

- Ben mon Cromignon, je vais me renseigner, c’est sûrement une erreur à leur part ! Bonjour madame la vendeuse….

 

 

- U

 

 

ICI C’EST LA CAISSE POUR LES ZILLIMITÉS

 

 

ICI U!!!

 

- c’est que d’hab’, madame la directrice, je suis une zillimitée mais que là, je voudrais juste vous poser une question ?

 

 

- ~Je vous écoute ?O

 

 

 

- c’est que, Madame la Présidente, dans la boîte à billets, y’a pas le film à Monsieur Lee que je pourrais cliquer dessus-pour-aller-le-voir-je-vous-en-prie-pas-la-tête ! [

 

 

- MNVZ’avez pas lu l’erratum ??????õé

ça sert à quoi qu’on se fait chier à mettre des erratums, si vous lisez pas les erratums* ???

 

 

- oups, pardon, votre Honneur, j’avais pas vu ! »

 

*voir erratum ci-dessous :

 

Erratum : y’a erratum, le film de Monsieur Lee ; c’était hier. Circulez.

 

- Minoubouchoucailloupougenou ??? i z’ont un erratum ? Le film au Lee ce sera hier ! Là y’a pas.

- On fait quoi alors ?

- …….. !!!! ……… ‚

- Bon allez, on kik au hasard ?

-T’es qu’un grand fauve fougueux toi ! Allez hop zou, à l’aventuuuuuuuuuuuuuuuUUUUUUUUUUUUUre !!!

Un peu plus tard dans la salle…

La famille Ricorée-le-soleil-vient-de-se-lever prend son petit déj’ en se balançant des vannes MDR, PTDR trop LOL…

- Mange ! ah ah aha ha !

- Maiaiaiais, je mange ! ah ah ah ah !

- Tu manges pas, tu grignotes ah ah ah ah !

- Je vais te couper le souffle moi tu vas voir a ah ah ah.

- Oh trop dég’ ah ah ah !!!

etc !!! blabla !!! ah ah ah !

Le hic dans la famille Ricorée, c’est la fille Kate, 15 ans. Comment vous le dire sans vous faire pleurer ? C’est pas que la Kate soit la fille genre ado difficile ingérable wesh wesh ou piercing, trashos ou gothique… Nan, c’est même tout le contraire. C’est juste que bon… allez je vous le dis. La fille Kate elle est en stade terminal du cancer de la leucémie du sang. Mais la famille Ricorée, elle assure.

La mère tout en Ugg dès le ptit déj a abandonné sa grande carrière d’avocate pour gérer la crise à sa façon : on fait comme si de rien n’était mais on n’oublie pas de rappeler à chaque seconde que la petite est malade.

Le père, beau cow-boy pompier musclé est… comment dire aussi… parce que vous savez que j’aime pas dire du mal des gens, mais oui, il est très très gentil.

Y’a aussi le fils aîné, le frère de la malade, mais bon i sert à rien, il est en bonne santé.

Et puis y’a la Little Miss Sunshine, Anna qui a été conçue dans une éprouvette pour servir la science et sa grande sœur tout en souriant, en comprenant, approuvant… Sauf qu’un jour, elle va voir un avocat (Alec Baldwyn : heureusement qu’il est là !) parce qu’elle en a marre de ne pas disposer de son corps à sa guise et que non non non, elle donnera pas un rein à sa sœur, non mais. Du coup, elle assigne ses parents en justice pour « émancipation médicale » !!! Normal, elle a 11 ans. Z’avez déjà remarqué comme dans les films américains les gamins de 11 ans connaissent souvent par cœur le Dalloz et le Vidal ? Non ? Moi si.

Là, vous vous dites « aïe, aïe aïe, le f…..g dossier de l’écran que ça doit être ? : «  Les enfants médicaments » !!! » et là je réponds « halte au feu ! tout le monde se détend ! ». C’est typiquement le genre de films que normalement on doit en sortir :

-          En larmes,

-          Avec plein de questions dans son for (que ferais-je en pareil cas, est-ce que j'aurais vendu du beurre aux allemands etc...),

-          NSPP…

Sauf que là, le cœur, les yeux et le reste (les pompiers sont toujours habillés… une honte !!) demeurent secs.

Ce film est l’une des pire guimauve, bavante, dégoulinante, écoeurante jamais vue sur grand écran. Il ne suffit pas de mettre des enfants chauves, avec de très gros cernes bleutés, à la bouche croûteuse mais éternellement souriante et mielleuse, qui sont en rémission pile poil le jour de la soirée « faites swinguer les pieds à perf’ » pour émouvoir ou faire réfléchir.

Le film se termine le sourire aux lèvres, les pieds dans l'eau dans le Montana à Brokeback Mountain pour nous rappeler qu'on a failli voir un film d'Ang Lee.

En sortant de la salle, on ne peut être qu’en colère ou consterné avec une seule envie, celle de dire à Nick Cassavetes qu’il demande à sa mère de lui parler d’un réalisateur qui s’appelait John, ça peut l’aider.