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LA GRADIVA

de Marine Atlan ****

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FRANCE

Avec Antonia Buresi, Colas Quignard, Mitia Cappelier Audat, Suzanne Gerin

Une vingtaine de lycéens de terminale effectuent un voyage scolaire à Pompeï et Naples en compagnie de leur professeure de latin.

Ils ont 17 ans et dans la tête le cœur, leurs rêves, leurs amours, leurs amitiés et toutes les incertitudes liées à l’avenir et au casse-tête stressant de Parcoursup. Le film s’attache particulièrement à trois d’entre eux mais à travers tous les autres également, on observe un échantillon réaliste de cette jeunesse d’aujourd’hui. Il y a James le beau gosse doué, tellement mimi et androgyne que filles et garçons le convoitent. Mais il brise des cœurs. Et puis Suzanne qui se trouve moche et se sent exclue, vaguement moquée mais qui s’exclut aussi un peu d’elle-même. Le plus présent à l’écran est Tony, un type bravache, toujours prêt pour la déconne, particulièrement agaçant pour la prof qui essaie de transmettre le sens et la beauté des choses. Ce voyage est aussi pour lui l’occasion de retrouver peut-être sa famille originaire de Naples. Il n’a jamais connu son grand-père maternel mort dans un tremblement de terre et sa mère lui a conté une belle et grande histoire d’amour à ce propos. Il est aussi le meilleur ami de James.

Au milieu de la bouillonnante Naples, les futurs étudiants s’extasient devant la beauté de la région et la gentillesse des habitants. Ils font des rencontres, éphémères. Tandis que leur prof, fantasque, passionnée, passionnante les place face à un passé lointain qui va les confronter à des réflexions de plus en plus profondes. C’est lors de la visite de la Villa des Mystères à Pompeï qu’ils seront troublés. Dans ces figures vieilles de deux mille ans quelque chose les intrigue, les interroge, leur échappe. Au milieu de ces mystères antiques surgissent les leurs plus immédiats, Parcoursup, les choix à faire, la décision à attendre. L’avenir qu’il va falloir affronter quand celle des habitants de Pompeï s’est brutalement arrêtée sous une pluie de pierres, de cendres et de lave. Face à une fresque antique et à son propre avenir, on est toujours démuni. Cette rencontre entre le lointain passé et les préoccupations bien contemporaines de ces jeunes qui espèrent et hésitent devient rapidement très attachante. La tchatche de toute cette jeunesse est tellement réaliste qu’on a l’impression que les dialogues fusent sans préparation, qu’ils improvisent. On peut même parfois croire qu’il s’agit d’un documentaire. Leur langage tellement imagé est percutant et drôle parfois.

Ce film est généreux, fidèle à la réalité, laisse toute la place nécessaire aux échanges parfois houleux avec en observateur une prof, une adulte, qui les écoute. Et parfois perd patience, prétend renoncer lorsque Tom (souvent) transforme les discussions en disputes. C’est un film qui ne se contente pas d’observer les adolescents. Il leur accorde une vraie place, prend au sérieux leurs émotions et leurs interrogations. Et la toute dernière partie vous cueillera sans doute et donne rétrospectivement plus de poids à la nécessité d’écouter les jeunes. Mais les écouter vraiment.

Ce film tombe à pic et devrait être proposé à toutes les terminales. Il dit qu’il faut écouter les adolescents plutôt que croire que l’on sait tout ce qui est bon pour eux. Le film les regarde avec une attention qui fait du bien. Il nous donne à voir ce qu’ils traversent et surtout ce qu’ils ne disent pas toujours et qui rend cette fin tellement bouleversante.

Les jeunes acteurs débutants se montrent particulièrement à l’aise et convaincants accompagnés de cette prof étonnante incarnée par Antonia Buresi (actrice professionnelle, solide et solaire).

Et tout cela se passe dans un environnement tellement séduisant fait d’étrangetés, de drames et de sensualité avec le Vésuve qui observe d’en haut cette région tellement belle, fragile et tragique.

Magnifique, bouleversant et à ne pas rater.

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