mercredi, 08 octobre 2008
De la guerre de Bertrand Bonello °°°

En repérage dans un magasin de pompes funèbres pour son prochain film, le réalisateur Bertrand (mouarf, trop drôle !) se fait malencontreusement enfermé dans un cercueil. Contrairement à Black Mamba, il n’a pas été éduqué à l’art d’ouvrir un cercueil avec les doigts, il est donc contraint d’y passer la nuit. Brrrr, j’ai peur. Lorsqu’il sort le lendemain, il est un peu choqué et souhaite retrouver l’état d’hébétude dans lequel il était. Ça tombe bien, Mathieu Amalric a pile poil le regard qu’il faut pour jouer l’hébétude pendant deux heures dix (c’est long !). Bon, il veut bien retrouver cet état mais il ne veut pas repasser la nuit dans le cercueil parce qu’en plus, c’est con, il ne sait pas nager. Mais, la vie est parfois bien faite et il rencontre TrucMuche (c’est Guillaume Depardieu, et malgré tout sa présence est toujours magique, c’est comme ça) qui lui dit « suis moi mon gars, j’ai ce qu’il te faut ». Et voilà notre Bertrand intégré dans une secte « bienvenue mon frère » dont la devise est « quand on ne jouit pas on se repose » avec à sa tête, une allumée qui se bande les seins avant de composer des morceaux abscons sur son orgue bontempi (Asia Argento, comme d’hab’, fatigante et toujours phonétiquement incompréhensible).
La vie dans le château, oups pardon « Le royaume » est simple : on boit, on dort, on danse, on écoute la chef lire des textes pornos en se carressant le bras, on écoute Mozart en prenant des poses alanguies, on assure qu’on est joyeux (alors que tout prouve le contraire et surtout la gueule d’enterrement que tout le monde tire). Parfois toute la clique se rend dans les bois et entre en transe jusqu’à tomber au son de musiques tribales, ou se met à ramper en treillis dans la boue, ou à se tirer dessus dans des tranchées improvisées.
C’est la guerre, bordel ! Vous avez lu le litre ou il faut que je vous fasse un dessin ?
Parfois aussi, un jeune gars se suicide mais ce n’est rien, on le fout à l’eau pour s’en débarrasser… Des trucs chouettes quoi.
Soudain, Bertrand/Mathieu se transforme en Martin Sheen et veut tuer le colonel Kurtz. Alors, on entend la voix de Marlon Brando et Michel Piccoli se lève de son lit pour dire qu’il est le Messie. Aurore Clément pique sa crise parce qu’elle se souvient qu’elle a tourné dans « Apocalypse Now » mais que toutes ses scènes ont été coupées au montage. Bertrand tue le Colonel Kurtz qui fait des bruits de lion et du coup il devient Capitaine alors qu’il ne fait même plus partie de cette putain d’armée.
En fait, le seul grand malheur de Bertrand, il le dit à plusieurs reprises « c’est de ne pas savoir chanter » et surtout de ne pas chanter comme Bob Dylan. Mais je vous jure la vie c’est que du bonheur. A la fin, il écoute son poste et qui c’est qui chante dans le poste ??? Bob Dylan.
Quelque chose a dû m’échapper car je me suis retrouvée dans le même état que lorsque j’ai vu « Inland Empire » de David Lynch. Un peu énervée. Mais les lapins de Lynch m’avaient fait rigoler, le lapin de Bonnello ne m’a pas fait rire du tout. Et au fait, pourquoi ne s’applique t’il pas la réplique qu’il fait dire à son acteur « tout le monde fait des films alors ça va, pas un de plus » ?
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jeudi, 02 octobre 2008
Vinyan de Fabrice Du Welz °°°

Jeanne et Paul ont perdu leur fils Joshua lors du tsunami de 2005. Le couple est néanmoins resté en Thaïlande, persuadé de l’avoir aperçu sur une vidéo et de pouvoir le retrouver vivant. Jeanne et Paul s’enfoncent dans la jungle et nous avec…
Si un jour j’ai envie de voir un film d’horreur, je me renseignerai mieux. Ce film est un cauchemar, une épreuve alors que bizarremment à aucun moment, je n’ai ressenti la tension ou l’angoisse censée étreindre le spectateur comme les personnages. Malgré tous les efforts du réalisateur, la laideur des images, la violence de la pluie, la grisaille permanente, la puissance des sons, il ne se passe rien qu’un profond ennui qui s’installe rapidement devant ce ratage total, vide et prétentieux. Devant l’incapacité à faire ressentir la moindre émotion, le moindre malaise, le moindre suspens, on est littéralement assommé par des images d’une touffeur embrumée, une musique et des bruits assourdissants qui jamais ne nous placent en empathie avec les personnages et la monstruosité de ce qu’ils endurent. Si cela reflète une effroyable réalité, des enfants abandonnés en pleine jungle et rendus à l’état de bêtes sauvages criminelles, des adultes qui sont tous devenus menteurs, tricheurs, voleurs, tueurs, mendiants par la violence du drame qu’ils ont vécu, ce film ne leur fait pas honneur et ne rend pas hommage à la catastrophe humanitaire qui s’est déroulée là-bas.
Quant aux acteurs, je dirais que Rufus Sewell s’en tire miraculeusement bien et reste digne (sauf peut-être quand il force sa femme à faire l’amour… mais cela va bien avec l’ensemble du film et on n’a pas tous des besoins identiques même face au drame !). Emmanuelle Béart par contre fait peine à voir, roulant des billes pour mimer la folie, chaque plan semble être une ode à sa beauté (Emmanuelle en maillot de bain, Emmanuelle nue sous la moustiquaire, Emmanuelle et son décolleté…Je précise que j'adore cette actrice, mais là vraiment, quelle galère !). Après plusieurs nuits en pleine jungle tropicale, elle a toujours le cheveu propre et luisant et un savant coiffé/décoiffé. Vraiment hors sujet.
Les deux scènes finales forgeant le destin des deux personnages achèvent de plonger le film dans une surenchère grand-guignolesque hideuse et ridicule.
Pouah !
P.S. : ah oui, au fait Vinyan signifie : "âme errante qui tourmente les vivants" si ça intéresse quelqu'un.
16:40 Publié dans A LA LIMITE DU SUPPORTABLE °°° | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : vinyan, cinéma
lundi, 16 juin 2008
Phénomènes de M. Night Shyamalan °°°

Je crée la rubrique °°° spécialement pour ce film et encore plus particulièrement pour et à cause de M. Shyamalan. Je n’arrive pas à croire que ce même réalisateur qui nous a scotché et mis KO en 2000 avec un « Sixième sens » ébouriffant puisse être à l’origine de cette chose niaise, laide, stupide, mal jouée, mal filmée, ennuyeuse à périr et souvent risible et ridicule. Armé de bonnes intentions écologiques, le scénario disparaît sous un salmigondis de préchi précha, d'invraisemblances et autres niaiseries à la mormoile.
Je n’aurai donc que trois mots à vous dire : FUYEZ, PAUVRES FOUS !
Ça commence par une série de morts aussi étranges que suspectes. Evidemment comme d’hab’, c’est New York qui morfle en plein Central Park. Rien ne sera jamais épargné ni pardonné aux New-Yorkais. C’est eux qui trinquent, point, c’est comme ça.
Direct, c’est moche, filmé et joué avec les pieds. Les ouvriers qui voient leurs collègues se jeter du haut d’un building en construction sont complètement stoïques et impassibles… sauf celui qui est en gros plan qui déverse des jeysers de larmes ! Ce « phénomène » intrigue aussitôt les gens de Philadelphie (normal, ce doit être le syndrome aile de papillon ou un truc de ce genre…) qui ont sans doute des trucs à se reprocher comme les New-Yorkais. Les philadelphiens décident de faire leurs valises et de partir sur les routes, à pied, à cheval, en train. C’est l’exode. Elliott, une tronche en science (il en faudra bien un qui se creuse et donne des explications tous les quarts d’heure… c’est lui qui s’y colle, Mark Whalberg qui fait ce qu’il peut pour sauver le néant mais avec un prénom de klebs, il fait ce qu’il peut effectivement… peu) part avec sa femme (une espèce de poupée Chuckie qui roule des billes, a l’air d’avoir 12 ans, se gratte le bras en attendant les résultats de son test de grossesse etc… et j’apprends, ention et damnafère que cette quiche a tourné dans LE chef d’œuvre 2007 !!!), le meilleur pote et la fille dudit meilleur pote sont là aussi (consternants d’effarement l’un comme l’autre). La femme du pote est partie à Portland acheter une maison de poupée à la fille, parce qu’il n’y a pas de magasins de jouets à Philadelphie (sâchez-le), mais elle les rejoindra plus tard. Ben c’est ça, t’as qu’à croire ! La fille, c’est une pleureuse aux oreilles décollées qui chuchotent quand elle est émue. Moi, elle m’agace. Le père la confie à Elliott et madame et paf le chien, il meurt en route (pas le chien, y'a pas de chien dans le film (étonnant d'ailleurs ?), le père de chou-fleur... c'est lui qui meurt. Essaye de suivre sinon on va pas y arriver !
En fait les morts suspectes sont des suicides. Donc, si un jour vous voyez votre meilleur pote marcher à reculons, tenir des propos incohérents « Dieu existe »… « Shyamalan est un génie »… « les plantes aiment la castagne »… « ET téléphone maison » etc.., abrégez ses souffrances car il est atteint d’une attaque terroriste irrémédiablement mortelle qui conjugue pollénisation et vitesse du vent (l’âge du capitaine n’est pas dit dans la chanson). Cet état de fait donne l’occasion à M. Night de laisser libre court à ses instincts gore. Nous assistons donc à diverses formes d’autolyses (suicidaires de tous pays prenez en de la graine, il y a 100 % de réussite dans ce film) : sauts dans le vide, plantage d’objets contondants dans l’œil ou la gorge, tranchement de veines, duel bagnole contre platane (c’est le platane qui gagne), défénestration, mort par balle (minable)… et pour le top du top, j’hésite entre ces deux délicieuses formules :
- mettez calmement en route une moissonneuse batteuse en plein champ (évidemment cette méthode exige quelques moyens matériels, mais il faut savoir ce qu'on veut dans la vie), allongez-vous tranquillement devant l’engin et attendez…,
- rendez-vous au zoo le plus proche, entrez dans la cage aux lions (affamés les lions je vous prie) et laissez-vous grignoter sans broncher !
ATTENTION ! WARNING ! HARTUNG ! AMES SENSIBLES NE LISEZ PAS LA SUITE.
En effet, ici interviennent deux extraits de dialogues que je vous livre in extenso :
1er dialogue :
- Elliott, faut que je te parle !
- Oui !
- Tu sais, les coups de fil que je reçois que je te dis toujours c’est personne quand tu me demandes c’est kiki t’appelle !
- Oui !
- C’est quelqu’un
- !!!
- C’est un collègue !
- ???
- C’est Joey !
- J’ai mangé un tiramisu avec Joey l’autre jour !
2ème dialogue :
- Machine ? Faut que je te parle !
- Oui !
- Tu sais l’autre jour, je suis allé à la pharmacie et la pharmacienne était drôlement jolie !
- Oui !
- Je lui ai demandé du sirop alors que j’avais pas mal à la gorge, et même pas je toussais !
- !!!
- Ben tu vois, j’ai failli acheter une bouteille de sirop alors que j’étais même pas malade !
- ???
- Le sirop !!!
- Oui ?
- Il coûtait 6 dollars !
AMES SENSIBLES, VOUS POUVEZ REPRENDRE VOTRE LECTURE.
Ce film est donc, vous l’avez compris, un film route (un road movie si vous préférez) et grâce soit quand même rendue à Shyamalan, les fuyards n’ont pas décidé de se rendre en Californie mais juste de Philadelphie à la banlieue de Philadelphie… c’est vous dire le niveau de gamberge des philadelphiens, mais au moins, on a qu’une heure et demie à souffrir. Imaginez qu’ils aient traversé les Tas Unis tiens, on était beaux ? En route, à un carrefour providentiel au milieu de nulle part, ils croisent plein de gens qui se sauvent : un couple barge qui aime les hot-dogs avec de la moutarde, un bleubite deuxième classe obligé de se prendre pour un général et donner des instructions, des jeunes, des enfants, des gens quoi ! Tout le monde crève, même une pauvre vieille qu’en a rien à foutre du monde qui le lui rend bien et qui brusquement se met à marcher à reculons etc… mais pas notre couple vedette et la gamine à tête de choux (rapport aux oreilles !). Eux ils continuent à marcher droit devant, tête haute, « tant qu’à crever, crevons debout ! ».
Un premier épilogue s’envase dans la guimauve la plus sirupeusement écoeurante… et puis notre Shyamalan a finalement retrouvé une bobine. « Tiens si je tournais un autre épilogue avec ma bobine que j’ai retrouvée ? » qu’il s’est dit, et là, il règle son compte à la France.
Shyamalan, t’es con ou quoi ??? Y’avait plus qu’en France qu’il te restait quelques fans ! T’es grillé mon gars. De toute façon, envisage une reconversion, vends ton matos, t’es vraiment plus digne de toucher une caméra !
Moralité : choisissez bien vos partenaires de Tiramisu.
10:08 Publié dans A LA LIMITE DU SUPPORTABLE °°° | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : phénomènes, cinéma



















