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8 °°° Touche le fond et creuse encore - Page 3

  • ENTER THE VOID de Gaspar Noé °°°

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    Oscar et Linda sont frère et soeur et s'aiment d'un amour à la limite de l'inceste mais ils ne feront finalement que se lécher l'oreille. Ils connaissent de gros malheurs et notamment la perte de leurs parents, les deux, d'un coup, dans un accident de voiture alors qu'ils sont encore tout minots. Ils étaient à l'intérieur du véhicule. On reverra d'ailleurs l'accident 4 ou 5 fois (je n'ai plus compté au bout d'un moment... mais c'est pour ça que le film est si long, on revoit les scènes plusieurs fois !) et surtout la toute petite Linda hurlant, que dis-je s'égosillant, s'époumonant, gesticulant pour essayer de se dépétrer de sa ceinture de sécurité. J'ai toujours aimé qu'on torture les enfants et cette scène est très fraîche. Pas longtemps plus tard, la mémé chargée de s'occuper des enfants se retrouve dans une chaise roulante avec un respirateur artificiel dans le pif, preuve qu'elle ne peut plus s'en occuper, donc elle les envoie à l'orphelinat mais comme ce serait trop simple et pas assez moche : on sépare les enfants. Alors Linda hurle encore plus fort "Oscaaaar ne m'abandonne paaaaaaaaaaaaaaas !!!!!!!!!!!".  Linda, c'est le genre de fille à qui on fait des tas de promesses dès la naissance "je ne te quitterai jamais... je te protègerai toujours... je te le promets", et on n'en tient aucune. Une qu'a la poisse quoi.
    Plus tard Oscar vit à Tokyo, il ne travaille pas parce que c'est trop un rebelle. Faut pas déconner "les gens qui travaillent c'est des esclaves" qu'il dit, alors il deale mais pas que. Il consomme aussi. Des tas de substances avec des noms d'initiales.
    La première demi-heure est filmée en caméra subjective et en 2D. Pour les béotiens, je précise que dans ce cas le spectateur se trouve à la place du personnage. Ici, on est Oscar. Donc ça donne ça mettons :
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    Oscar, on ne le verra jamais ou presque jamais, sauf quand il se regarde dans la glace et qu'il dit "j'ai une sale gueule" et je suis d'accord. Vous avez compris ? Le spectateur EST Oscar TU es Oscar, JE suis Oscar... euh non, pas moi, merci ! C'est chouette comme aventure non ? Pendant une demi-heure, il se drogue et on voit les effets que ça a sur son cerveau. C'est un peu comme si on regardait un feu d'artifice dans un kaléidoscope. ça mange pas de pain. Franchement quand il fait ça il dérange qui ?

    Mais ça dure quand même un chouya trop longtemps. C'est un peu comme un trip chamanique transpersonnel mais sans les poils de Juliette Lewis.
    Le bon point c'est que c'est une drogue tout ce qu'il y a de plus choupinoute car il suffit de se passer un coup d'eau froide sur la figure, l'eau qui coule du robinet de la nature... et hop, ça passe, t'es frais comme un gardénia...  oopsss, j'ai trop fixé le kaléï moi, frais comme un gardon je crois qu'on dit. Oscar a un copain, un moche avec des poils, qui parle tout le temps avec une grosse voix et il veut aller au "Void" mais d'abord Oscar doit passer voir machin pour lui donner ses trucs. Et là, à cause que Oscar a couché avec la mère de machin qu'il doit retrouver, machin le dénonce aux flics qui le tuent.
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    Là, c'est quand Oscar et toi spectateur, vous vous apercevez que vous êtes touchés/coulés/morts : "oh du sang !!!".
    Et du coup, de caméra subjective, on passe (encore plus fort) en caméra sub-subjective. Mais avant de mourir, ça tombe bien, son copain moche et poilu lui a fait lire le "Livre des morts" un truc tibétain drôlement balèze qui explique comment après ta mort tu reviens et si tu veux tu peux choisir où tu vas aller poser tes guêtres.
    Ce film foutument intello, respect, il sert donc à expliquer, comme dans le livre, qu'avant ta re-naissance, tu passes par des états de conscience et de perception. Ce qui fait que Oscar sort de son corps (un peu comme Patrick Swayze dans "Ghost" "L'amour qu'on porte en soi et blablabla..."). Et Oscar, enfin son esprit ou ce qu'il en reste, il en profite pour voyager entre les immeubles drôlement éclairés de plein de lumières colorées dans les rues de Tokyo pendant que sa petite soeur se lamente et dit "je me suiciderais bien mais j'ai l'impression que Oscar est là, pas loin" et moi j'ai bien envie de la pousser du haut du 18ème étage pour abréger ses souffrances, elle a trop souffert, et peut-être que le film s'arrêterait là, faute de personnages.
    Donc, du coup, à partir de maintenant, Oscar sera toujours en premier plan de dos. Normal puisqu'on est Oscar qui regarde la vie d'Oscar, ça s'appelle des expériences géniales de réalisation cinématographique et ça donne ça :
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    Des fois j'avais envie de lui dire "euh bouge toi de là, Oscar, merde tu gênes quoi", et après je me souvenais que c'est fait exprès.
    Tu suis ??? On devient, enfin toi, spectateur, tu deviens Oscar sorti de Oscar mort qui regarde la vie de Oscar du temps qu'il vivait mais aussi du temps qu'il est plus là  ! Tu piges ? Ah la la, où avais-je la tête, faut que j'arrête la drogue moi. J'ai oublié de dire qu'entre temps, Linda a rejoint Oscar à Tokyo... et comme finalement c'est pas la moitié d'un le Oscar, il met sa ptite soeur au boulot dans un bar à strip-tease où elle fait des trucs avec une barre et elle s'asseoie sur la figure des garçons qui s'allongent sur la scène. Quand elle a fini son numéro elle couche avec le patron en miaulant des oh et des ah comme pour dire que ça lui fait du bien.
    Bref, à partir du moment ou Oscar meurt, vous n'allez peut-être pas me croire, mais toutes les scènes qu'on avait déjà vues en tant qu'Oscar on les revoit en tant qu'Oscar mort qui regarde la vie d'Oscar. J'ai failli hurler comme une Linda parce qu'il restait encore au moins une heure de film et que j'étais déjà en phase terminale d'over dose. Et puis non, je me suis lovée et j'ai envoyé des SMS à Fred. C'est tout juste si je l'enviais pas d'être a boulot. J'étais à deux doigts, et puis non. Je pouvais même pas déconner avec Jules parce qu'en le lorgnant j'ai bien vu qu'il était devant le chef d'oeuvre de sa vie...
    Pendant ce temps, la caméra épileptique, stroboscopique de Gaspar Noé nous fait voler, circonvolutionner et nous explose la rétine dans un camaïeu pyrotechnique de couleurs qui châtoient et de lumières qui resplendissoient ! L'oreille n'est pas en reste avec des sons, des bruits, un bourdonnement constant et de temps en temps un ptit coup de Bach à l'orgue bon-tant-pis pour nous rappeler que la vie peut-être douce sacré bon sang.
    Toute cette macédoine d'une simplicité à la Oui-Oui mais pédante comme une chronique de Bernard Guetta ou crétine comme le regard de Gérard Butler... je dirais bien "sensorielle" si j'étais chic et chébran mais je suis plouc et provinciale, pourquoi faire ? Pour nous parler d'enfance traumatisée (donc t'as le droit de faire n'importe quoi de ta vie) d'oedipe et d'inceste mal digérés et pas assumés. Oui Gaspar, un jour ton papa a mis la petite graine dans le ventre de ta maman et elle a joui cette salope avec son gros kiki,  et neuf mois plus tard : ô le beau petit Gaspar qu'on a là ! et non Gaspar on ne peut pas jouer à touche pipi avec sa petite soeur !
    Et ce salmigondis poseur et simpliste se termine dans un "Love Hôtel" comme on en trouve au Japon où l'esprit (mouarf) d'Oscar survole les chambres permettant ainsi de justifier (!!!) une dernière scène interminable et absolument gratuite de couples qui baisent dans des chambres prévues à cet effet en attendant qu'il choisisse où se poser !
    Et là, cerise confite sur le banana split (ce qui est une hérésie vous serez d'accord avec moi), mais j'avoue que j'ai bien pouffé... de caméra sub-subjective, nous passons à caméra vaginale ! MDR ! Et c'est à ce moment précis que je me suis mise à regretter mes lunettes 3D.
    Voilà un film qui porte admirablement son titre :
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  • THELMA, LOUISE ET CHANTAL de Benoît Petré °°°

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    Trois copines de plus ou moins soixante ans... (je vais dire cinquantenaires pour être polie avec Jane et Caroline) s'en vont dans leur guimbarde verte (une vieille DS) à la Rochelle, au mariage d'un de leur ex. Très malin comme concept déjà, mais bon.
    Ce voyage sur deux jours donne prétexte à ce film-route inutile, d'une bêtise, d'une vulgarité et d'une laideur à pleurer, à hurler, à dégommer mon voisin de derrière qui m'a obligée à changer de place parce qu'il est arrivé en retard, qu'il a mis deux plombes à s'installer en remuant des trucs et des machins en plastique puis s'est mis à glousser comme une vielle poule parce que ça le faisait rire, lui, les heurs et malheurs de Sam et Zette !
    Comment dire ? Le générique est l'un des génériques les plus youpitralala que j'ai jamais vu de ma life de cinéphile. Sans déc'. C'est du générique de compèt' ça madame, que je me suis dit direct. Et j'ai même ajouté (oui pendant le générique, je me parle beaucoup à moi-même, toujours l'esprit en ébullition hop hop hop) le mec qu'a inventé un générique commass ne peut pas être totalement mauvais. Il doit même être bien bon. Moi telle que je me vois là assise ailleurs qu'à la place que j'avais choisie rapport à l'autre enclume qui s'est foutu derrière moi, je vais me  voir un film qui déchire. Grave !!! Sauf que le gars qui réalise, c'est une tronche oui, mais SEULEMENT en générique.
    Tiens, en parlant de l'autre chiure de mouche qui se croit dans son salon, ça m'a rappelé que l'autre jour, je vais à ma séance du matin, celle où je me fais des projos quasi privées dans une salle de 347 places, que je peux choisir MA place et patin couffin. Bref. Un gus entre et se dirige direct sur moi et me dit "je peux m'asseoir là, mademoiselle ?". C'est-à-dire, là, sur le fauteuil juste à côté du mien.
    Ô purée ! Qu'est-ce qu'il avait pas dit là ?
     "Non mais j't'en foutrai des mademoiselles ! Tu t'es regardé l'mutchachu, j'pourrais être ta mère et encore quand je dis ta mère, la pauvre... Qui voudrait d'un relou comme toi ? Appelle plutôt ton père que je te refasse. Remarque non, l'appelle pas, vu ta tronche, ça doit être un remède contre l'amour ton paternel. En plus tu pues la frite molle. J'parie que t'as essayé d'aller draguer chez lui : * avant de venir ? Et comme les boutonneuses pré-pubères n'étaient pas de sortie tu te retranches sur le troisième âge ! Va donc hé banane, et tu te la mets sur l'oreille, tu te la fumeras plus tard".
    Bon, j'en reviens à nos trois gonzesses prétendues copines. Ben déjà franchement si ces trois là sont copines moi j'suis Mère Teresa. En tout cas, je me fais une autre idée de l'amitié. ça doit d'ailleurs être pour ça que j'ai pas d'ami(e) (mais j'ai un amoureux, z'inquiétez pas pour moi. Il me sauve la vie, à peu près tous les jours et parfois deux fois par jour). J'ai une trop haute opinion de la fonction. Bref, ces trois là, c'est langdepute et compagnie. Dès que l'une n'est pas là, les deux autres bavassent sur l'absente. C'est très choupinou. Et puis à un moment y'en a une qui fout une talmouse à une autre, le genre de beigne à te faire tourner dans tes bottes sans enlever les lacets... et l'autre là, que dalle, elle dit rien... genre "si moi je sais pas pourquoi tu m'as fichu une torgnole toi tu dois savoir !"
    Qu'est-ce que je pourrais vous dire pour vous empêcher d'aller voir ce truc moche et con, d'une vulgarité de tous les instants ? Bon en gros, les femmes cinquantenaires, y'en a que trois sortes.
    Y'a la nympho qui est pas regardante question barbaque, chair fraîche ou viande avariée, tout est bon dans le cochon. C'est Caroline Cellier qui se colle à ce rôle, l'un des plus raffinés de sa somptueuse carrière. ça m'a donné l'envie subite d'y regarder d'un peu plus près à sa carrière. Ben dis donc dis donc... allez, on tire par sur l'ambulance ! Maquillée comme d'habitude une voiture volée, bouche de poisson, elle enchaîne les répliques sophistiquées et les actes militants. Entre autre : pour éviter de payer la note du garagiste, par exemple, elle couche avec le garagiste. C'est tout à fait amusant. Hi hi hi ! Sinon, c'est une vraie mère poule qui aime beaucoup beaucoup son ptit garçon. D'ailleurs à un moment, il est très vénèr le fistounet et alors crotte de bique, il fout son scooter dans un mur pour se désénerver et sa mamounette, elle dit "bouge pas choupinouchou, je vais t'en acheter un autre !" Et elle y va !
    Pis y'a la frigide coincée avare qui porte des culottes de grand mère un peu comme ça CORABLC.jpg
    et c'est très très drôle ah ah ah. C'est Jane Birkin plus grimaçante que jamais qui fait ça. Elle vit toute seule dans une maison avec un jardin dans lequel elle prend son petit déjeuner bio pendant que son voisin la mate en se grattant les couilles. (si vous me croyez pas allez-y voir !). Elle est habillée en rose fushia avec un pantacourt immonde et une espèce de polo du même métal. La seconde fashion tendance est finie. Respirez.
    Quant à Catherine Jacob, elle est malheureuse en couple, en famille et dans la vie en général. Son mec ne la désire plus depuis qu'elle a subi l'ablation d'un sein, elle s'ennuie dans son boulot au supermarché et sa fille l'asperge de fromage blanc sans qu'elle bronche. Ce que c'est bidonnant. ohohoh ! Mais elle aime les chiens et sa maison est décorée d'urnes funéraires canines et son dernier en date s'appelait Jean-Pierre ou Jean-Claude ché pu mais il est mort aussi. Alors il est dans le congélo, et elle l'emmène dans une glacière pendant le voyage mais il décongèle sur le sac de Jane. Là aussi, profitons-en, rions. De toute façon, à un moment Jane perd son sac. Mais quelques scènes plus tard, elle a RE son sac avec ses galettes de riz soufflé à l'intérieur. MDR.
    Sur la route, elles tombent en panne et rencontrent un beau jeune homme qui va les aider.
    "Bon ben d'abord je vais vous tirer"...
    "Moi d'abord" dit la nympho. Là, on se tient les côtes n'est-ce pas ?
    ATTENTION ON S'POILE !!!
    Sauf que le mignon est gay.
    "Ah vous êtes gai ?".
     "Mais non pas gai comme ça, gay comme pédé"... Là, on n'en peut plus. PTDR.
    Catherine et Caroline vont faire pipi derrière une voiture :
    "oh tu fais paravent, j'ai pas envie qu'on voit ma craquette !". Hilarité générale.
    Bref, je vous en passe. Tout est de cet accabit... une succession de répliques que chacune énonce en attendant que l'autre ait fini la sienne pour embrayer. C'est consternant. LOL.
    Mais le pire reste à venir. Le mariage !!! Je rappelle à ceux qui ont lâché en route, qu'elles vont à un mariage.
    La mariée c'est Michèle Bernier, l'apothéose de la vulgarité faite femme. Biturée jusqu'au fond des yeux, elle s'écrase comme une viande avachie au milieu de la piste de danse, se fait enfermer dans les toilettes, rrrrooo c'est cro vilain ça.
    Et le vieux beau, c'est Thierry Lhermitte, costume blanc et cravate rose.
    A.F.F.L.I.G.E.A.N.T.
    D.E.S.O.L.A.N.T.
    E.X.A.S.P.E.R.A.N.T.
    Et le film, le réalisateur le dédie à sa maman. Pauvre femme. Si j'avais un fils qui me faisait ce coup là, je le déshérite.
    * ce billet n'est pas sponsorisé !
  • Max et les Maximonstres de Spike Jonze °°°

    Max et les maximonstresMax et les maximonstres

    Je crois que j’ai trouvé mon navet de l’année.

    Je pensais pourtant que ça se jouerait entre « LOL » et « Ma vie pour la tienne »… et non, ce Max et ses monstres les coiffent au poteau, haut la patte !

    Je crois même qu’on tient là, après le premier film du troisième millénaire, le premier film maniaco-dépressif. Est-il destiné aux enfants suicidaires ? Aux adultes dépressifs (donc, d'ex enfants suicidaires qui ne seraient pas passés à l'acte) ? Je ne sais à qui réellement le conseiller !

    Je vous l’avoue tout de suite, je n’ai pas tenu jusqu’à la fin… oui je sais, c’est LE mal mais c’était tellement colossalement insupportable que j’ai failli arracher mon siège pour le balancer dans l’écran. J’ai préféré sortir : et -15°, ça calme, je dirai même, ça détend. De toute façon, savoir si les aventures de Max se terminent de façon absolument bouleversante ou angoissante ou par une jolie fin sirupeuse (la famille c’est drôlement bien) pleine d’embrassades et de grande réconciliation sous le gui à se dire qu’on s’aime, ne m’intéresse pas le moins du monde.

    Max est donc un petit garçon… quoique, petit… c’est sûr c’est un enfant, mais il a au moins 10 ans quand même qui joue avec des peluches dans sa chambre. La scène d’ouverture fait très peur. Hurlant et cavalant à la poursuite d’un chien dans un hideux costume de chat (paraît-il) à travers la maison, Max est bien seul car personne ne le comprend. Sa grande sœur ne veut pas voir le merveilleux igloo qu’il a confectionné. Pire, ses affreux copains le détruisent. Et la mère de Max, pas mieux. Elle est tout sourire mielleux et « chéri chéri » mais davantage préoccupée par son boulot qu’elle ne doit pas perdre et son petit ami, aussi !

    Alors Max ne va pas bien. Il crie, il hurle, il détruit la chambre de sa sœur, « Oh Max, qu’est-ce que tu as fait là ? » dit la mère en réparant les dégâts, il monte sur la table de cuisine avec ses chaussures comme on fait d'habitude (en hurlant), « oh Max, descends de là ! » dit la mère contrariée… Il descend, hurle et… mord sa mère qui dit « aïe, Max, ça fait mal ??? ». Max se vexe et se sauve ("comment ???? je mords ma mère et elle n'apprécie pas ??"). La mère court en criant « Max, Max, tu es vraiment ingérable !!! »… puis s’arrête de courir. Normal toujours.

    Jusque là, je patiente sagement malgré la consternation qui s’est abattue sur moi comme un tsunami à contempler ce mini-monstre, sa mère, sa soeur, le ptit copain etc, convaincue que l’arrivée des nounours va améliorer le bouzin…

    Rien à faire, lorsque Max arrive dans l’île magique peuplée de bestioles toutes plus laides, hideuses, horribles, mal foutues… les unes que les autres, c’est encore pire. Et à partir de là les scènes d’euphorie succèdent aux scènes d’abattement et de désespoir dans un sinistre fatras sans queue ni tête.

    Mais cette teigne de Max trouve vraiment chez les maxi l’univers grisouille et verdâtre fait pour lui car ce qu’il cherche avant tout n’est pas d’être aimé, de se faire aimer, reconnaître ou apprécier… non ce que veut Max c’est être le chef. Ça tombe bien, les peluches manquent un peu de cohésion et le proclament roi, ce qui lui convient donc tout à fait. Max va pouvoir enfin dire « fais ci, fais ça » et être écouté.

    Je suppose que tout ne se déroulera pas aussi facilement jusqu’à la fin car il y a des rebelles, de fortes têtes parmi les monsters qui vont bien découvrir que Max est un imposteur incompétent. Mais je m’en fiche.

    Bref, Max tête à claques par excellence est parmi les siens, des têtes à claques encore plus exaspérantes qui passent leur temps à casser, à se battre, à abattre des arbres, à se faire des blagues pas drôles, à balancer des pierres sur des oiseaux en affirmant « ils aiment bien », et j’en passe !

    J’en passe parce que comme je vous le disais, je ne suis pas allée au bout. J’aurais pu, j’aurais dû, je n’avais plus qu’une demi-heure à tenir. Mais c’était au-delà de mes forces, j’avais déjà l’impression d’être restée 15 jours dans la salle avec obligation de regarder comme ça :

    Car je l’avoue aussi, l’univers des Maxi et du Mini est laid, affreux, tout est d’une mochitude absolue, la forêt, les arbres, le désert…

    Voilà, parents, si vous souhaitez montrer à vos enfants comment devenir un parfait abruti en une heure et demi, allez voir cette chose venue d’un autre monde, sans âme, sans émotion, sans magie, sans poésie mais parfaitement bien dans l’air du temps : l’enfance, les adultes, le monde, la vie, les êtres, tout va mal, tout fout le camp, pas de passé, no future, on va tous crever, le soleil s’éteint…

  • Un homme et son chien de Francis Huster °°°

    Jean-Paul Belmondo - Le Mauvais chemin

    Charles, vieil homme malade est mis à la porte du jour au lendemain par Jeanne la bourgeoise veuve qui l’hébergeait. Jeanne que Charles a jadis aimée se remarie et Charles se retrouve donc à la rue avec son chien.

    J’aurais aimé pouvoir aimer ou simplement être indulgente avec ce film qui me permet de retrouver une des stars de mon panthéon… mais le film est tellement mauvais, grotesque, aberrant (les mots me manquent) et ce, dès les premières secondes que je ne trouve rien à sauver de ce naufrage ennuyeux, ridicule, jamais crédible une seconde. Une vraie torture, un cauchemar de tous les instants qui met mal à l’aise plus qu’il n’émeut ! Car si l’on retrouve bien le visage et le merveilleux sourire de Belmondo et que, malgré tout, il parvient à sauver sa dignité, le malheureux, assez diminué et manifestement incapable de prononcer plus de trois mots audibles à la suite, est contraint le plus souvent de rester immobile et de répéter « mon chien » à moult reprises.

    Il doit y avoir pas loin de 80 acteurs français au générique sans doute venus là rendre les honneurs à l’immense star qui a accompagné ma cinéphilie avec quelques chefs-d’œuvre. Hélas ici, cela ressemble plus à un enterrement troisième catégorie qu’à un véritable hommage. Les scènes stupides et invraisemblables se succèdent et mettent de plus en plus mal à l’aise. Le summum revenant sans doute à celle où l’on retrouve éructant en clodots abandonnés : Robert Hossein, Charles Gérard, Jean-Marc Thibaut, Micheline Presle, Pierre Mondy et j’en passe… Dans des scènes sans intérêt, sans queue ni tête viennent également faire une apparition Michèle Bernier, José Garcia, Françoise Fabian, Tchéky Karyo, Daniel Prévost, Jacques Spiesser, Nicole Calfan, Jean Dujardin et j’en oublie…

    Je vous passe les détails sur les absurdités du style : la maîtresse de maison organise une grande fête guindée pour son anniversaire et joue les pucelles effarouchées quand on le lui souhaite, les scènes interminables à la SPA et les travellings sur le « visage » si expressif des chiens. Je ne vous parle pas des dialogues d’une platitude exemplaire et de la musique sirupeuse jusqu’à la nausée. Non, je ne vous en parle pas.

    Un fiasco aussi absolu est une rareté. L'amour que je porte à Belmondo est intact mais ce film très bête est une torture.

  • Tout… sauf en famille de Seth Gordon °°°

    Tout... sauf en famille - Vince Vaughn et Reese Witherspoon

    Brad (2m12/300 kgs) et Kathe (1m20/37 kgs) forment un couple auto-proclamé modèle. La preuve : il l’appelle « petite pute », (la classe !), elle l’appelle « mon bébé », (cro mignon !). Ils baisent dans les toilettes d’une boîte de nuit. Ils mangent des spaghettis en jouant au scrabble. Mais surtout, SURTOUT, vu qu’ils sont issus de familles (divorcées) où ils ont beaucoup souffert, d’un commun accord, ils ne passent jamais, mais alors JAMAIS Noël en famille.

    Ben, si c’est pas de l’anti-conformisme ça ?

    Pour échapper à la corvée annuelle, ils…

    MENTENT…

    oui, vous avez bien lu : ils mentent à leur famille ! En fait, comme ils sont très malins et pas beaufs pour deux sous, très classe même, ils leur font croire qu’ils vont au bout du monde pour des œuvres humanitaires, alors qu’ils ne pensent qu’au fric et aller se dorer la couenne à Bora Bora. Sauf que cette année, pour cause de brouillard l’avion ne décolle pas et comme c’est rare (le brouillard et les avions qui décollent pas), une équipe de tournage est sur place et Kathe et Brad (en fait il s’appelle Orégon ou Orlando mais ce serait trop long à expliquer pourquoi) se trouvent piégés et interviewés pour la télé et du coup, toutes leurs familles sont devant le poste et re-du coup, ils ne peuvent plus passer au travers des invitations des pères, des mères… Bref, en moins de temps qu’il ne faut pour passer quatre réveillons dans la même journée (trop forts…), ils vont découvrir les joies toujours imitées, jamais égalées de la famille, de la marmaille et tutti frutti.

    Lorsqu’ « elle » m’a dit « as-tu vu ce film consternant ? »… je me suis dit « elle exagère. Un film avec presqu’écrit Noël dedans ne peut pas être consternant ». Et pourtant, il se trouve qu’effectivement « elle » exagère, mais comme « elle » je ne connais pas de terme plus fort et plus éloquent que consternant.

    Affligeant peut-être ?

    Vous me direz, qu’est-ce qui peut pousser quelqu’un à aller voir un film qui s’appelle « Tout… sauf en famille ? » alors qu’en vrai il s’appelle « Four Christmases » ? L’envie de reprendre un peu de bûche glacée ? Un amour inconditionnel pour Vince Vaughn (et oh, ça va pas non ? J’ai vu le torse NU, complètement naked du Drover au ralenti avec de l’eau qui coule dessus moi ! alors Vince Vaughn cte gros nounours à tronche de cake, non merci !) ? Le menton en galoche de Reese Witherspoon ? Non franchement, je ne sais pas ! En fait, si, je sais mais ce serait trop long à raconter et ça n’a rien à voir.

    Bon alors, vite fait, parce que c’est vous. Quatre réveillons dans la même journée pour vous faire changer d’avis, modifier à 300 % votre vision de la vie, vos principes et vos idées… c’est pas rien mais Seth Gordon (mais non pas "lui") l'a fait, et pourtant je vous jure sur la tête de mon premier sapin que les modèles proposés devraient plutôt faire fuir toute personne sensée, faire castrer les mâles, stériliser les filles, ne plus jamais se reproduire !.

    D’abord, le réveillon chez le père de Brad. Là on tombe directement et sans préavis dans BeaufLand où le père (Robert Duval… qu’il soit pardonné !) vit avec ses deux fils et sa belle-fille (une pondeuse à forte poitrine). En résumé, je dirais que l’homme de Néanderthal devait avoir plus de savoir vivre…

    Ensuite, c’est au tour de la mère de Kathe (Mary Streenburgen dans son niénième rôle de pub pour la chirurgie esthétique), une « chaude » qui change de fiancé comme de vernis à ongle et qui s’est accoquiné là avec un pasteur. D’où une très jolie scène de messe avec crèche vivante…

    Puis vient le tour de la mère de Brad (Sissy Spacek…), une obsédée libidineuse (c’est sa seule caractéristique) un peu sosotte qui vit avec un jeune de 30 ans de moins qu’elle, plus laid et stupide qu’un pou.

    Et enfin, le père de Kathe (John Voigt droit dans ses bottes), un bourge qui explique à sa fifille que des fois c’est pas grave de mentir… euh… ou l’inverse peut-être, je ne sais plus.

    Quant à Reese et Vince... comment dit-elle déjà ? Ah oui : consternants.

    S’il y avait un best-of à la fin, je ne l’ai pas vu. Je me suis tirée à toutes jambes dès le début du générique jinglebellien. Pardon.

    Un film aussi con, aussi laid, avec les dialogues les plus bêtes et prévisibles jamais entendus depuis le cinéma parlant (y compris « 300 »), il faut le voir pour le croire. Je vous invite donc à y aller pour comprendre que je n’ai rien exagéré, et comme moi vous aurez sans doute le menton qui se pose directement sur les genoux façon le loup de Tex Avery en mode Bimboland, les bras ballants, les yeux plus gros que le ventre et j’en passe ! Prenez ma rubrique °°° et multipliez par 814 toutes les conneries et horreurs que j’ai vues jusque là et vous aurez une idée approximative du châtiment que je me suis infligé… que je me demande encore ce que j’ai fait pour m’imposer un tel supplice !

  • Australia de Baz Luhrmann °°°

    Australia - Hugh JackmanAustralia - Nicole Kidman

    Sarah Ashley (Boss ou Lady pour les intimes très proches) est une pimbêche anglaise qui marche avec un manche à balai en guise de colonne vertébrale. Son mari, qui la trompe, elle en est sûre, possède un domaine en Australie, « Faraway Downs » qu’il s’appelle (le domaine, pas le mari) où il élève du bétail fougueux ou un truc comme ça. La miss le rejoint, le mari se fait assassiner et du coup vla ti pas qu’elle doit emmener 1 500 têtes de bétails de là à là en passant par là. Elle engage Drover, que dis-je,  LE Drover, THE, pour emmener les bêtacornes aidée d’un enfant (qu’elle va adopter, mais c’est pas simple), d’un ivrogne, d’une femme et d’un autre (je ne sais plus qui, de toute façon il va crever dans d’atroces souffrances). Amour, aventures et exotisme ??? Mon œil !

    Et moi qui pensais voir l’  « Out of in the wind in Australia » du troisième millénaire !!! Ce film devait être une splendeur, c’est un navet d’une puissance incommensurable de la première à l’ultime seconde. Vous allez me dire : et les paysages alors, t’en fais quoi des paysages ? Oui bon ben ce sont des paysages et si on me disait, à moi qui ne suis jamais allée plus loin que Leffrincoucke que c’est le Colorado ou le Nevada, j’opinerais du chef comme Oui-Oui. Parce que bon des déserts et des canyons, j’en ai déjà vus, je suis pas née du dernier John Ford quand même ! Sans compter que parfois le Baz abuse parce que son port de Darwyn qu’il nous montre environ 28 fois, c’est tout juste si on ne voit pas la silhouette des acteurs qui se profilent sur un fond bleu. Lamentable les effets spéciaux !

    Sinon y’a le rouge vif façon incendie d’Atlanta, le ocre/jaune style Kenya et si le film est si long : 2 H 40 interminablement poussives et sans grand intérêt c’est parce que tout le monde se déplace au ralenti avec les cheveux qui font comme ça parce que je le vaux bien. Ça commence mal tout de suite, une petite voix qui se veut enfantine nous raconte l’histoire et nous la racontera tout du long, c’est-à-dire qu’elle commentera constamment ce qu’on voit sur l’écran au cazou on aurait trop forcé sur la bière australienne (apparemment ils boivent la bière directement au litre là-bas). Rapidement on fera connaissance avec le moutard en question qui s’appelle Nullah et qui l’est comme son nom l’indique. Il n’est ni noir ni blanc, bien au contraire, c’est un sang mêlé ce qui est mal vu à l’époque (on est dans les années 40). C’est donc un petit sauvage et dans la vraie vie il s’appelle Brandon ce qui est une preuve supplémentaire… Il a le regard fixe des enfants singes savants, des cheveux et plein de dents de lapin dans la bouche qui le font ressembler à Bugs Bunny. Bon je ne vous en dis pas plus, tellement ce gosse m’a agacée que même quand on le voit plus, on l’entend. A un moment je suis même allée voir derrière l’écran (et oui, je crois toujours à la magie du cinéma moi) s’il n’y était pas et je lui aurais foutu la déculottée du siècle ; mais il n’y était pas ! Dommage pour moi je me serais bien défoulée.

    Je peux vous parler des dialogues. Ça doit être de l’art abstrait, et je suis totalement hermétique face à l’art contemporain. C’est comme ça, les machins intellos j’capte pas. Par exemple, quand il pleut, Le Drover dit « oh, il pleut ! ». Quand le Drover est là, Sarah dit « Oh tu es là !». Et parfois, on entend des trucs encore plus énigmatiques dans la bouche de la têtabaffes comme : « je t’ai chanté comme pour moi ! » ou « sacrebleu » et puis tout ça. Pourquoi pas "tu n'as rien vu à Hiroshima" tant qu'on y est !

    Question casting, sacrebleu en effet, mais bizarrement et contrairement à ce que j’ai lu de ci de là cahin-caha, c’est Hugh Jackman qui s’en tire le moins mal, même s’il murmure à l’oreille des chevaux et qu’il se lave les cheveux torse nu (mamma mia, le torse nu d’Hugh Jackman !!!!) et au ralenti, il n’est pas Robert Redford ou Clark Gable mais il a un petit côté Clint Eastwood qui ne me déplaît pas. Lui et Sarah vont s'aimer pratiquement au premier regard. Il lui fera le coup du faux départ puis reviendra quand la saison des pluies s'achève et tralala.

    Le mutchachu, c’est bon, j’ai fait le tour de la question, on n’en entendra plus parler. David Wenham fait son méchant comme d’hab’ et Bryan Brown aussi (dommage pour les deux, je les adore mais bon, ils ont le fond mauvais, c’est ainsi !).

    Ah oui, il y a aussi un vieux débris aborigène qui fait son malin en proférant des incantations absconses en se tenant sur une patte comme un flamand. Il est gavant, c’est rien de le dire. Les Raymond la science qui savent tout sur tout ça m’a toujours fait chier !

    Et sinon, il y a Nicole qui a deux pneus à la place de son ex fine bouche et arbore les coiffures les plus amochisantes d’une carrière ! Exceptée son incomparable taille fine et sa silhouette parfaite, son teint pâle, ses yeux rougis et son sourire gingival ne font pas merveille ici. Je comprends néanmoins pourquoi elle croit tenir le rôle de sa vie. C’est en effet son plus mauvais. Son débarquement en Australie copié sur celui grande classe de Meryl Streep dans « Out of Africa » est d’une laideur à pleurer de honte pour elle. Elle est d’un ridicule achevé qui ne se démentira jamais tout au long du film. Elle trottine d’abord comme une souris en poussant des petits cris méprisants face à tout ce qu’elle croise. Son premier quart d’heure censé sans doute être d’un comique irrésistible met mal à l’aise tant ce comique lui sied mal et la rend grotesque. Puis, en moins de temps qu’il ne faut pour dire « Kangourou grillé », de perruche prétentieuse elle se transforme en défenseuse de la cause aborigène et surtout des enfants livrés à un sort pas enviable quand ils sont des sangs mêlés. Les australiens sont des gros racistes, ils se font bombarder par les japonais, tout est détruit, on croit que le Nullos est mort, la Sarah aussi, le Drover pleure… Huit fois j’ai cru que c’était fini et à un moment ça l’était vraiment, et j’étais anéantie. Même la musique est atroce. Je ne sais si c'est son âme d'adulte ou son âme de cinéphile qu'il fallait laisser au vestiaire, en tout cas avec tout ce sirop gluant à la guimauve sucrée, je suis pas en pleine forme pour attaquer le Chapon farci !!!

  • Le jour où la terre s’arrêta de Scott Derickson °°° !!! ???

    Le Jour où la Terre s'arrêta - Keanu Reeves

    Un ermite barbu se chauffe à son feu de camp au milieu de nulle part où il y a plein de neige, même sa barbe est gelée, c’est dire. Un jour, il tombe nez à nez avec une grosse bouboule fort jolie qui brille quand il la touche. Ni une ni deux, le gars débarque sur terre au volant de la bouboule qui est accueillie manu militari par les tazuniens. Normal.

    Entre temps, on a fait connaissance avec Helen, brillante scientifique (le genre classe mannequin, taille 36/38, yeux mauve vif, avec néanmoins une écharpe tricotée main que même moi je la mettrais pas en vente dans un vide grenier. La fille c’est Jennifer Connely) qui professe à l’université et vit avec le fils (une vraie tache) que son mari (mort) a eu d’un précédent mariage avec une meuf morte aussi. On comprend, avec un fils pareil, on n’a qu’une envie : DISPARAITRE. Et le moutard qui s’y colle c’est Jaden Smith (oui, le fils de…) qui prouve que le cabotinage est héréditaire mais pas le talent. Quand c’est Will qui fait le cabot, ça a de la classe, quand c’est son rejeton on a juste envie de lui coller des tartes pour lui apprendre à vivre. Tout, même dans sa démarche pue le petit con qui se la raconte. Passons. Revenons-en à notre bouboule.

    Bon, comment dire. Dès qu’elle atterrit (devinez qui c’est qui morfle ??? Allez je vous donne un indice.

    Indice : Central Park !)

    Le Jour où la Terre s'arrêta

    Dès qu’elle atterrit donc, le FBI débarque chez Helen et l’embarque (presque) de force. Elle dit « mais-quoi-qu’est-ce-y’a-erreur-qui êtes-vous-dans quel état j’erre-faites moi descendre… ». Rien n’y fait. Elle se calme. Mais ce qui la rend vraiment dingue de frayeur c’est de constater qu’il n’y a personne sur la route !!!

    « Hein ???? qu’elle dit, vous avez coupé la quatre voies ??? ».

    On arrive au milieu d’ailleurs où il y a plein d’hélicos, plein de militaires en tenue de camouflage étou qui courent partout, on colle plein de scientifiques dont un qui s’appelle Youssef dans un gros hélico et on leur met une combinaison d’astronaute avec des tuyaux partout et on les envoie en première ligne voir qui c’est qui descend de la bouboube.

    Qui c’est qui descend de la bouboule ?

    Gagné, Keanu Reeves. Mais là il s’appelle Klaatu et il ressemble à que dalle. Au début il se fait mitrailler mais grâce à son placenta il est sauvé. Il en gardera dans une petite fiole (du placenta) comme ça quand ça ira pas fort il en sniffera un peu, et hop ça repart. Au début on comprend pas bien ce qu’il fait, pourquoi il est là, tout ça. Et puis c’est Helen/Jennifer qui capte. Le Klaatu, c’est un farceur. Il dit « je viens pour sauver la terre ». Cool ! Et la Jenn elle comprend à un moment donné : « ah ça y est je comprends maintenant, t’es venu pour sauver la terre mais pas les humains !!! Ooooooooooh nooooooooooooooon ! fais pas ça mon Klatounet, donne nous une chance, on peut changer ».

    « Non, qui répond, les humains c’est rien que des vilains qui font rien qu’à tout détruire. Le processus a démarré, je ne peux rien faire ».

    Bien sûr, le président et son vice sont partis se planquer dans l’abri anti bouboules MAIS il reste Condol… oopsss, Hilary (Kathy Bates, marrante comme tout !) qui est aux manettes. First, elle fait sa sévère et après elle s’adoucit, elle comprend Helen et Klaatu… mais c’est encore Djordje qui est aux commandes en fait, et lui il veut que ça saigne. Alors tu parles…

    A un moment, Jacob (c’est la têtabaffe) saigne du nez et Helen aussi et là… Klaatu i dit « ah, je comprends, vous les humains vous pouvez changer quand vous êtes au bord du précipice ». Mais cette phrase là je l’avais déjà entendue mais en mieux dans « Starman » qui disait: « les humains, vous êtes à votre meilleur quand les choses sont au pire ». C’est plus beau non ??? Alors du coup Klaatu décide d’inverser le processus, il met ses mains devant les libellules tueuses qui crament tout sur leur passage et il se casse pour un ailleurs meilleur et la terre s’arrête et paf : générique !

    Evidemment, si vous devez payer, je ne peux que vous dire de ne pas claquer 4 à 10 €uros et gaspiller votre pognon. Mais si vous avez une carte illimitée, allez voir Keanu Reeves. Il est grandiose. Il est impayable. Il faudrait lui décerner un Oscar pour le récompenser de tout ce qu’il fait (ou ne fait pas). Ce type n’a pas dû bouger une paupière depuis 1993, depuis qu’il se prend pour Buddha ou Nemo. En tout cas, il croit vraiment une fois de plus qu’il est le Messie. Mais je suis sûre que même les apôtres devaient s’en payer de sacrées tranches avec Jésus. Keanu Reeves ne rit jamais, ne sourit pas plus et en plus là, il pique le costume d’un mec pour pas aller cul nu, et dans son costume du FBI il est vraiment tordant.

    Mais c’est quand même le critique de Chronic’Art qui résume le mieux la situation je trouve :

    «  Au milieu de ce naufrage, Keanu Reeves : nul, génial. (...) Il sauve presque le film, l'aspirant comme un vortex dans la contemplation de ce visage résolument alien où chercher, en vain, un reste naufragé d'humanité dans un océan de spleen et de botox. » Magnifique.

    Le Jour où la Terre s'arrêta - Keanu Reeves

  • DE LA GUERRE de Bertrand Bonello °°°

    De la guerre - Mathieu Amalric

    En repérage dans un magasin de pompes funèbres pour son prochain film, le réalisateur Bertrand (mouarf, trop drôle !) se fait malencontreusement enfermé dans un cercueil. Contrairement à Black Mamba, il n’a pas été éduqué à l’art d’ouvrir un cercueil avec les doigts, il est donc contraint d’y passer la nuit. Brrrr, j’ai peur. Lorsqu’il sort le lendemain, il est un peu choqué et souhaite retrouver l’état d’hébétude dans lequel il était. Ça tombe bien, Mathieu Amalric a pile poil le regard qu’il faut pour jouer l’hébétude pendant deux heures dix (c’est long !). Bon, il veut bien retrouver cet état mais il ne veut pas repasser la nuit dans le cercueil parce qu’en plus, c’est con, il ne sait pas nager. Mais, la vie est parfois bien faite et il rencontre TrucMuche (c’est Guillaume Depardieu, et malgré tout sa présence est toujours magique, c’est comme ça) qui lui dit « suis moi mon gars, j’ai ce qu’il te faut ». Et voilà notre Bertrand intégré dans une secte « bienvenue mon frère » dont la devise est « quand on ne jouit pas on se repose » avec à sa tête, une allumée qui se bande les seins avant de composer des morceaux abscons sur son orgue bontempi (Asia Argento, comme d’hab’, fatigante et toujours phonétiquement incompréhensible).

    La vie dans le château, oups pardon « Le royaume » est simple : on boit, on dort, on danse, on écoute la chef lire des textes pornos en se carressant le bras, on écoute Mozart en prenant des poses alanguies, on assure qu’on est joyeux (alors que tout prouve le contraire et surtout la gueule d’enterrement que tout le monde tire). Parfois toute la clique se rend dans les bois et entre en transe jusqu’à tomber au son de musiques tribales, ou se met à ramper en treillis dans la boue, ou à se tirer dessus dans des tranchées improvisées.

    C’est la guerre, bordel ! Vous avez lu le titre ou il faut que je vous fasse un dessin ?

    Parfois aussi, un jeune gars se suicide mais ce n’est rien, on le fout à l’eau pour s’en débarrasser… Des trucs chouettes quoi.

    Soudain, Bertrand/Mathieu se transforme en Martin Sheen et veut tuer le colonel Kurtz. Alors, on entend la voix de Marlon Brando et Michel Piccoli se lève de son lit pour dire qu’il est le Messie. Aurore Clément pique sa crise parce qu’elle se souvient qu’elle a tourné dans « Apocalypse Now » mais que toutes ses scènes ont été coupées au montage. Bertrand tue le Colonel Kurtz qui fait des bruits de lion et du coup il devient Capitaine alors qu’il ne fait même plus partie de cette putain d’armée.

    En fait, le seul grand malheur de Bertrand, il le dit à plusieurs reprises « c’est de ne pas savoir chanter » et surtout de ne pas chanter comme Bob Dylan. Mais je vous jure la vie c’est que du bonheur. A la fin, il écoute son poste et qui c’est qui chante dans le poste ??? Bob Dylan.

    Quelque chose a dû m’échapper car je me suis retrouvée dans le même état que lorsque j’ai vu « Inland Empire » de David Lynch. Un peu énervée. Mais les lapins de Lynch m’avaient fait rigoler, le lapin de Bonnello ne m’a pas fait rire du tout. Et au fait, pourquoi ne s’applique t’il pas la réplique qu’il fait dire à son acteur « tout le monde fait des films alors ça va, pas un de plus » ?