samedi, 04 juillet 2009
What ever works de Woody Allen ***


Boris est seul. Il est aussi, est-ce la raison ou la conséquence de sa solitude, misanthrope, sauvage, asocial, irritable, aigri, hypocondriaque, neurasthénique et toute ressemblance avec le réalisateur est tout à fait préméditée.
Tout a échappé à Boris, son mariage, son Prix Nobel en Physique Quantique, et même ses suicides. Il a quand même quelques amis fidèles avec qui il déblatère sur le présent et l’avenir du monde foutu, du foutu monde, de l’humanité irrécupérable et il donne des cours d’échecs à certains moutards du quartier qu’il méprise et maltraite. Ah ! le bonheur de pouvoir traiter un enfant crétin de crétin. Il n’y a que dans les films qu’on peut s’autoriser à le faire (fin de la parenthèse).
Un jour, hasard et coïncidence, Boris rencontre Melody Celestine une très très jeune fugueuse aussi cruche que ses shorts sont courts, qui lui demande asile.
Contre toute attente, Boris accepte de la recueillir pour une nuit. Mais la petite s’installe et malgré leurs différences et oppositions abyssales, malgré l’incontinence verbale permanente et neurasthénique de Boris, Melody reste invariablement joyeuse et optimiste et les deux vont s’attacher l’un à l’autre puis se marier.
Ce n’est que le début. La mère dévote obnubilée par ses rides, puis le père raciste homophobe vont retrouver la trace de leur fille et tenter de la sortir des griffes de ce « mari » qui pourrait être son père, voire son grand-père !
Hosannah au plus haut des cieux, Woody est de retour ! Après des vacances (ratées) en barcelonie, il a réintégré New-York. La ville, SA ville rêvée, fantasmée, toujours ensoleillée, qui ressemble à un village avec ses petits marchés, ses boutiques, ses escaliers, ses terrasses de café… et en fond parfois le fameux pont, comme un regard nostalgique sur le passé de son film le plus chavirant « Manhattan ». Le thème de celui-ci n’est d’ailleurs pas très éloigné de celui de son chef d’œuvre puisqu’il s’agit d’une Lolita qui s’éprend d’un homme de plusieurs décennies son aîné. Sauf qu’ici la jeune fille est une tête de linotte mais néanmoins particulièrement attachante parce que Evan Rachel Wood lui donne infiniment de charme et de présence.
Woody n’est jamais plus à l’aise pour nous servir son exquise loghorrée que lorsqu’il est chez lui.
Deux remarques simplement dont un regret, que Woody lui-même n’ait pas interprété le rôle de Boris. Sans doute s’est-il estimé trop vieux ! Ensuite, Beethoven convient beaucoup moins bien à l’univers allenien que Gershwin, même si les cinq coups du destin de la Vème symphonie donnent lieu à une scène invraisemblable que personne d’autre que Woody Allen n’oserait !!!
Pour le reste, pendant 1 heure 30, c’est un régal de tous les instants, les répliques fusent dont certaines à mourir de rire comme toujours quand Woody est en forme et il l’est le dira t’on jamais assez. Les pensées profondes sur la vie, l’amour, le sexe sont servies par un Larry David qui a pris tous les tics et les tocs du patron, jusque dans la façon nerveuse d’ôter ou de mettre ses lunettes. Il est hilarant, agaçant, touchant. Il interpelle le spectateur face caméra ou l'invite à le rejoindre hors champ pour commenter l'action.
Les autres personnages sont tout aussi savoureux, la délicieuse Evan Rachel Wood bien sûr, mais aussi Patricia Clarkson, la mère déchaînée, dont le personnage de bigote coincée va se révéler être une artiste excentrique et nymphomane, et Ed Begley Jr le père, qui va enfin accepter son homosexualité.
La religion, les racistes, la droite en prennent pour leur grade mais la grande nouveauté, c’est que Woody peut nous déconcerter, nous surprendre et nous éblouir encore en affirmant que l’amour peut rendre heureux !
Vivement le prochain.
17:50 Publié dans - LES FILMS *** - Ne les ratez pas Aaah Oui ! | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : what ever works, woody allen, cinéma
Au fait,
quel est le point commun entre ces films ? (voir note du 1er juillet).

09:45 Publié dans Un petit jeu... | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : jeu cinéma
vendredi, 03 juillet 2009
Le Hérisson de Mona Achache °

Paloma est une petite fille de 11 ans surdouée et suicidaire. Pour son 12ème anniversaire dans 165 jours, elle le jure, elle passera à l’acte. Hélas, elle ne le fera pas car cette peste insupportable à qui j’aurais volontiers fichu un aller-retour dans sa tête de chipie (bien que je sois non violente et n’ai ENCORE frappé aucun enfant (sauf en rêve)) est une tête à claques comme on en voit parfois au cinéma.
Mais celle-ci mérite l’Oscar.
Espérons que ses parents s’ils ne sont pas trop vénaux, lui proposent de passer son bac d’abord, de faire de très très très longues études qui lui ôtent définitivement l’envie de se montrer devant ou derrière une caméra. Ouf c’est dit !
Hélas, en consultant sa « fiche » sur Allociné, je m’aperçois que cette petite teigne n’en est pas à son coup d’essai… Nous ferons donc avec. En ce qui me concerne, j’éviterai consciencieusement tout film où son nom apparaît. Ici, elle est donc une pimbêche exaspérante qui juge non stop tout le monde, mime des tentatives de suicide par diverses méthodes, se regarde longuement dans des miroirs, chuchote ses jugements définitifs à l’emporte pièce sur ceux qui l’entourent et au-delà et, ô malheur décide de filmer tout ce qui bouge autour d’elle en murmurant des sentences péremptoires d’une épouvantable petite voix susurante qui vrille les tympans comme un ongle qui crisse sur un tableau !
Hélas (et oui encore !!!) la réalisatrice filme aussi mal bien que la gamine avec sa petite caméra, ce qui donne un film mal cadré (pour que je voie « ça » il faut vraiment que ça se voit) avec une lumière désastreuse. Tout est gris, sinistre et moche à pleurer.
Paloma vit dans un immeuble très chicos dans une famille de bourges pas trop satisfaits, le père est absent (même quand il est là) et brillant (nous affirme t’on), il fume en cachette, la mère est dépressive et alcoolique évidemment et la sœur ronchon.
La concierge de cet immeuble c’est Renée Michel (« alors la Mère Michel ? t’as perdu ton chat ??? » MDR !), cinquantenaire grincheuse et taciturne qui cache un grand secret :
elle lit des livres !!!
Un jour, un nouveau locataire japonais (donc sage et ultralucide) Monsieur Ozu s’installe dans l’immeuble. Il devient l’ami de Paloma et de Renée. Il parvient même à les dérider toutes les deux !
Le livre de Muriel Barbery dont est inspiré le film, fut un best seller inattendu… il semblerait qu’il soit devenu aujourd’hui la pire chose jamais écrite. Je fais partie de ceux qui l’avait beaucoup aimé, malgré une fin curieusement, maladroitement et inutilement dramatique, il m’avait semblé incroyablement délicat, merveilleusement bien écrit, à la fois drôle et émouvant.
Bizarrement, il me semble que le film en est l’adaptation quasi parfaite.
Alors pourquoi est-ce si mauvais malgré Josiane Balasko touchante, Ariane Ascaride meilleure que dans tous les Guédiguian réunis, Anne Brochet exquisement farfelue… ?
A cause d’une gamine absolument horripilante, une laideur ambiante envahissante, une musique déplorable etc… la suite ici moi j'en peux plus.
19:36 Publié dans - LES FILMS ° Que suis-je allée faire dans cette g | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : le hérisson, cinéma
jeudi, 02 juillet 2009
Woody et les indices...

Je me doute que vous piaffez d’impatience d’avoir des nouvelles des films que j’ai vus.
Et bien, j’en ai vu un aujourd’hui, rassurez vous.
Enfin pas tout à fait.
Que je vous raconte.
Mon keum et moi étions confortablement installés sous la clim’ à nous délecter du dernier Woody (pas WoodPecker… l’autre) lorsque nous dûmes sortir précipitamment à l’insu de notre volonté pour solutionner un « incident » indépendant de notre gré !!!
Je vous passe les détails mais donc, de « What Ever Works » nous n’avons pu voir qu’une première moitié (absolument savoureuse d’ailleurs) et compte tenu d’une période qui comme chaque année (juillet/août) s’annonce compliquée… et blablabli et blablabla...
Bref, il faut attendre !

Mon keum me dit aussi que mon jeu (voir note ci-dessous) est complètement débile et que je risque d’avoir des plaintes comacs quand j’aurai annoncé le résultat.
Donc, pour les courageux qui se creusent le neurone ramollo je récapitule.
Le point commun ne concerne :
- ni les films,
- ni les acteurs,
- ni les réalisateurs.
INDICE :
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Le point commun ME concerne MOI.
Pardon à tous,
et bravo à celui qui trouvera.
20:39 Publié dans Un petit jeu... | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : cinéma
mercredi, 01 juillet 2009
Jeu
pour ne pas vous laisser ramollir...
Quels sont ces films ?
Et surtout...
Quel est LEUR point commun ?
I

II

III

IV

V

11:29 Publié dans Un petit jeu... | Lien permanent | Commentaires (41) | Envoyer cette note | Tags : jeu, cinéma
mardi, 30 juin 2009
Jeux de pouvoir de Kevin Mc Donald *

Un jour par une sombre nuit pluvieuse un jeune black aux dents pourrites se fait flinguer en pleine impasse après une course poursuite haletante. Un pauvre pizza livreur au regard insistant qui passait par là se prend une bastos dans la 5ème vertèbre aussi, ça l’apprendra à regarder avec son regard insistant. Le lendemain matin par une belle journée ensoleillée une jolie roukmoute toute pomponette se rend à son travail d’assistante du député Stephen Collins. Avant d’y arriver, elle se jette sous une rame de métro. Sauf que peut-être elle a été poussée à l’insu de son plein gré. On sait pas.
La police est sur le coup, mais aussi Cal McAffrey journaliste briscard, cracra et rond du bide au « Washington Globe » (MDR !) à qui on ne la fait pas. Il est irlandais et il le prouve : il écoute les Pogues ou les Dubliners à fond la stereo dans sa bagnole pourrave, et il boit du « vin irlandais » (whisky : re-MDR !). Sauf qu’on ne me la fait pas à moi non plus : Maximus est néo-zélandais et boit du jus de kiwy, je ne reviendrai pas là-dessus !
Quand Stephen, le joli député tout propre sur lui (Ben Affleck, frère du gone baby gone coward lonesome Jim Gerry Casey, aaaaaaaaaaaaaah Casey !!!), apprend que son assistante et néanmoins maîtresse d’amour n’est plus qu’un macchabée en charpie dont on n’a retrouvé que le badge, il pleure en plein devant les caméras. Ça crédibilise la thèse du « je suis triste mais the show must go one ». Sauf que… bon.
N'allons pas trop vite, l’histoire dure 2 h et 7 minutes quand même.
Cal se voit attacher à ses basques une jeune journaliste aux dents longues mais au cœur pur « ô my gode, mais il y a des gens qui meurent dans la vraie vie ??? on ne peut pas laisser faire ça ! ». Je t’en foutrais des « ô my gode ! » moi, c’est juste une manœuvre de pintade pour se rouler sur le torse de Gladiateur et lui, bonne pomme se laisse faire comme un gros nounours qui serait là que pour consoler la pucelle effarouchée.
Ça me flingue les nerfs des naïfs pareils !
Bref, au début, ils se tapent sur le haricot réciproque et s’envoient des piques bien senties dans la figure à fleuret moucheté. Mais ils sont quand même obligés de coopérer l’un avec l’autre parce que c’est l’ordre de leur chef, Helen Mirren (l’actrice) obligée de parler comme un charretier pour prouver qu’une patronne de presse est une femme qui en a ! A la fin, ils s’aiment bien et même Maximus offre un collier de stylos à la dinde qui se remet à glousser « ôôô, c’est exactement qu’est-ce que je voulais ! ». Si je ne me retenais pas tiens...
Cal et sa bleubite (Rachel Mac Adams, vraiment très très mauvaise !) mettent en lumière une sombre histoire de complot machin truc muche bidule chouette et finissent par trouver que des sociétés privées (surtout une) vont finir par devenir le bras armé de la Mérique… bref, l’armée deviendrait un repaire de troufions mercenaires bas de plafond limite psychopathes assoiffés de sang impur ! Tu vois le topo.
Bon, c’est pas le tout de l’affirmer, faut le prouver et la patronne elle veut son papier pour demain matin ! T’inquiètes, Cal et sa bécasse sont sur le coup. Sauf que Cal a été l’ami intime de fac de Stephen le député, ça crée des liens. Mais aussi il a été l’amant de la femme de Stephen, ça crée des tensions. Surtout que la femme est une chaude dépressive qui n’a pas oublié le jour où Maximus a retiré sa tunique de gladiateur en lin grossier devant elle. La femme c’est Robin Wright Penn, l’actrice la plus triste et pleurnicheuse d’Hollywood Planet que je me demande si cette fille a souri un jour. Bon, c’est sûr qu’avec le mari qu’elle a aussi… t’énerve pas Sean, je te vénère, mais c’est pas tous les jours qu’elle doit se taper une barre (façon de parler) la Robin !
Bref, de rebondissements en péripéties invraisemblables et ron et ron petit patapon… on se dit qu’on l’a déjà vu 100 fois ce film mais que là en plus, on essaie de nous faire le coup de « Les hommes du Président », le journal s’appelle Washington Post, on cite deux ou trois fois le grand méchant mot « watergate », on fait l’apologie de la presse écrite (la bête à abattre c’est les blogs, sachons-le)… sauf que Russel court moins vite que Robert et que la Rachel n’a rien à voir avec Dustin.
Donc, on ronronne gentiment sous la clim’… jusqu’à ce que le génial Jason Bateman vienne nous sortir de la douce torpeur estivale en (hélas) un seul grand numéro d’acteur, une seule scène absolument formidable et vivifiante. Et puis tout redégringole et pendant la dernière demi-heure le film n’en finit pas de ne pas finir en une succession de dénouements tous plus tarabiscotés les uns que les autres.
LE THRILLER POLITIQUE DE L’ANNÉE ???
Ah bon !
10:52 Publié dans - LES FILMS * - BOF ! mais pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : jeux de pouvoir, russel crowe, cinéma
dimanche, 28 juin 2009
MA SEMAINE AU CINEMA
Vous pouvez cliquer sur le titre des films pour découvrir mon avis.
VERY BAD TRIP de Todd Philipps ***


LA-HAUT de Pete Docter et Bob Peterson ***


NOTORIOUS B.I.G. de George Tilman Jr °

LES NUITS EN OR DU COURT METRAGE

10:32 Publié dans BILAN DE LA SEMAINE | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : cinéma
samedi, 27 juin 2009
Là-haut de Pete Docter et Bob Peterson ***.





Carl est un rêveur fasciné depuis son enfance par un explorateur dont il suit les exploits aux "actualités" du cinéma Tout jeune, il rencontre Ellie, une fillette très délurée et mignonne comme tout. Seule la mort pourrait les séparer. Les années passent, Carl épouse Ellie et lui promet, croix de bois, croix de fer, de l’emmener en haut des chutes spectaculaires qui les font rêver depuis toujours. Ils économisent toute leur vie et à cause de tous les aléas qui empêchent parfois que la vie tourne rond et de réaliser ses projets… Ellie mourra avant que ce rêve ait pu se concrétiser.
Carl est inconsolable et décide de faire le voyage seul. Pour s’échapper de son quotidien brisé et solitaire, il accroche des centaines de ballons multicolores et sa maison s’envole. Sans le savoir, il embarque Russell avec lui, un petit scout rondouillard de 9 ans.
Ensemble, ils vont vivre de multiples, dangereuses, trépidantes ou drôlatiques aventures, rencontrer des animaux étranges un peu couillons, d’autres plus malins, des gentils et des méchants. Carl va même croiser le héros de son enfance au milieu de nulle part.
Beaucoup moins inventif que le merveilleux Wall-E mais cent fois mieux que Coraline, le moment venu (sortie de ce film le 29 juillet) si vous ne devez choisir qu’un film d’animation et emmener vos enfants, choisissez celui-là car il peut à la fois ravir les petits et plaire aux plus grands.
Vives, énergiques et bouillonnantes, on ne s’ennuie pas une seconde pendant les aventures de Carl et Russell. Les couleurs éclatantes, les décors fabuleux font pétiller les yeux. La première partie, quasi muette et plutôt réaliste, n’élude pas les petites misères et gros chagrins qui parcourent une vie d’homme. Quant à la seconde, menée tambour battant et virevoltante, elle fait la part belle aux péripéties et au danger. Ajoutez à cela pas mal d’humour et le personnage du petit Russell vraiment craquant et vous ne résisterez plus.
On peut aussi s'amuser à trouver quelques beaux et sages messages/conseils : l'amour, l'amitié, les sentiments sont plus précieux et essentiels que les biens matériels.
Ne vous impatientez pas, je vous parlerai demain de la soirée "Allociné"...
19:42 Publié dans - LES FILMS *** - Ne les ratez pas Aaah Oui ! | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : là-haut, cinéma
vendredi, 26 juin 2009
UP
09:03 Publié dans FESTIVALS | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : là haut, soirée allociné, cinéma
jeudi, 25 juin 2009
Very bad trip de Todd Philips ***


Ça commence par la fin. Donc, dès le début on sait que l’enterrement de la vie de garçon de Doug avec ses trois amis à Las Vegas s’est très très mal passé !
Comme dirait l’autre, la question est de savoir : est-ce que c’est drôle ?
La réponse est oui.
Mille fois oui.
Alors comme je manque de temps, je vous encourage vivement à aller lire ce qu’IL en dit.
Il le dit bien mieux que je ne pourrais le faire et je suis d’accord avec lui à 200 %.
Il a juste oublié une chose :
la naissance d’une nouvelle sex bomb !
Ce qui, pour nous les filles est une excellente nouvelle.

23:33 Publié dans - LES FILMS *** - Ne les ratez pas Aaah Oui ! | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : very bad trip, todd philipps, bradley cooper, cinéma
Les Nuits en Or du Court Métrage

Il ne vous reste plus qu’une possibilité, heureux parisiens pour voir les courts métrages proposés par l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma, alors profitez de la Fête du Cinéma pour vous rendre :
Le 30 juin à 20 h 30 au Cinéma le Balzac, 1 rue Balzac Paris VIIIème.
Je rappelle à ceux que cela effraierait que cette nuit s’appelle nuit mais dure un peu moins de deux heures trente, qu’elle regroupe 9 films courts, primés par les plus prestigieuses académies cinématographiques d’Europe et qu’elle vous permettra de voir (au moins, et je pèse mes mots) un véritable chef-d’œuvre :
Les Miettes de Pierre Pinaud *****
France - César du Meilleur Court Métrage 2009 – 30 mn

Une ouvrière vit dans une petite maison, travaille dans une usine, fait ses courses… Un matin alors qu’elle se rend à son travail, l’usine se déplace doucement pour finir par sortir de l’écran…
La perfection au cinéma, cela existe. On la trouve dans ce film prodigieux qui fait que maintenant, il ne nous reste plus qu’à attendre que son réalisateur/scénariste réalise un long.
C’est filmé comme au temps du cinéma muet (excepté trois ou quatre mots vers la fin) : rythme, noir et blanc, jeu des (rares) acteurs, quelques cartons qui indiquent « le lendemain matin » ou « l’été suivant », musique… ça parle avec une subtilité rare de délocalisation, de mondialisation, d’humiliation, de désespoir, d’espoir, d’entraide, de générosité, d’amour et c’est tout simplement sublime, jamais démonstratif, plein d’invention, de surprises, de délicatesse . C’est drôle et émouvant et l’actrice, Serpentine Teyssier est prodigieuse. L’explication du titre est à la fois astucieuse et terrifiante.
Un GRAND petit film d’une intelligence sans pareil.
Mienlé de Isabel de Ocampo ***
Espagne – Goya du Meilleur Court Métrage de fiction 2009 – 15 mn

Doina veut offrir un cadeau d’anniversaire à sa petite sœur mail elle doit mettre sa vie en danger pour y parvenir.
Dureté et violence pour des jeunes filles de l’est à qui on a promis un avenir meilleur.
Frankie de Darren Thornton ***
Irlande – European Film Award du Meilleur Court Métrage de fiction 2008 – 12 mn

Frankie a 15 ans et se prépare à devenir papa. Il est résolu à être le meilleur père qui ait jamais existé mais à mesure que les jours passent, Frankie mesure l’ampleur de son projet.
Une étrangeté sur un ado très étrange. Drôle et troublant.
Jerrycan de Julius Avery ***
Australie – Australian Film Institute Award du Meilleur Court Métrage de fiction 2008 – 14 mn
Nathan, sous la pression de ses camarades, doit prendre une décision (stupide) qui mettra sa vie en jeu.
Un film autralien dur et réaliste comme un Ken Loach.
Uova
De Alessandro Celli ***
Italie – David di Donatello du Meilleur Court Métrage de fiction 2008 – 5 mn

Une bicyclette, quelques courses au supermarché du coin et vite rentrer à la maison pour préparer le déjeuner, un matin ordinaire.
Ou comment une jeune fille achète des œufs pour se sortir de l’enfer avec son petit frère, un bébé...
Lögner de Jonas Odell **
Suède – Guldbagge du Meilleur Court Métrage 2008 – 13 mn

En 3 épisodes inspirés d’histoires vraies, nous découvrons un escroc qui, pris la mais dans le sac, continue de clamer qu’il est un comptable intérimaire, un écolier obligé de confesser un vol qu’il n’a pas commis pour masquer un autre forfait et une fin une femme dont la vie n’est qu’une interminable succession de mensonges.
Le troisième épisode est un choc de désespoir.
Der verdacht de Felix Hassenfratz *
Allemagne – Deutscher Kurzfimpreis du Meilleur Court Métrage 2008 – 25 mn

Conny et son mari, Udo, dirigent une boulangerie dans une petite vielle d’Allemagne. Ils mènent une vie simple jusqu’au jour où Udo est interrogé par la police à propos de l’assassinat d’une jeune femme.
Deux acteurs pas convaincants suffisent à faire qu’on ne croit à rien.
September de Esther May Campbell
Grande-Bretagne – Bafta du Meilleur Court Métrage de fiction 2008 – 20 mn

Dans un coin oublié de la campagne anglaise, Marvin n’a aucun avenir. L’arrivée d’une adolescente aux pouvoirs mystérieux va bouleverser sa vie.
Aucun mystère, aucune explication. On s’en fiche.
Tôt ou tard de Jadwiga Kolwalska
Suisse – Swiss Prize du Meilleur Court Métrage d’animation 2009 – 5 mn

Ecureuil et chauve-souris. Des mondes et des heures du jour différents. Un hasard interrompt ce quotidien bien réglé et ainsi débute le voyage commun de deux solitaires.
C’est moche et répétitif. 5 longues minutes interminables.
15:18 Publié dans FESTIVALS | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : les nuits en or du court métrage, césar, les miettes, pierre pinaud, cinéma
mercredi, 24 juin 2009
Coraline de Henry Selick *

Coraline vient d’emménager dans le grand appartement cradingue d’une grande maison pas reluisante (à peu près la maison de Norman Bates pour vous donner une idée, mais en dessin animé). Elle s’ennuie beaucoup et ses parents, très occupés par leurs travaux de rédaction d’une revue de jardinage (si j’ai bien compris avant de m’endormir) l’envoient balader dès qu’elle les sollicite. Coraline est fantasque et curieuse et une nuit elle ouvre une petite porte secrète cachée derrière un mur. Elle se retrouve dans un monde de rêve où l’appartement, sa chambre sont nickel et ses parents aimants et disponibles.
Ça commence fort et bien. Coraline que tout le monde, les voisins zarbis, son nouveau copain un peu zinzin, appellent Caroline est bougon mais tellement mimi tout plein qu’elle en est absolument craquante. Pendant une demi-heure, on se demande vraiment comment elle va se sortir de ce pataquès pas ordinaire. Elle fait de constants aller/retours dans un tuyau entre sa vraie vie et sa vie rêvée (où tout le monde a des boutons à la place des yeux) pour finir par se retrouver « enfermée » dans sa vie de rêve et ne plus pouvoir s’en échapper. Sa nouvelle gentille maman se révèle être une vilaine sorcière qui lui propose de lui coudre des boutons DANS les yeux avec une aiguille tellement fine qu’elle ne sentira rien.
Quelques autres personnages viendront faire un petit tour et puis s’en iront et tout partira en quenouille jusqu’à ce qu’un ennui assez intense et ronronnant s’installe et que je finisse par piquer un petit roupillon.
A mon avis, ce n’est pas bon signe.
Est-ce que quelqu’un peut me raconter la fin ?
Est-ce que d’autres sont d’accord pour dire que dans « Coraline » le film, il n’y a que Coraline le personnage qui vaille le coup ?
07:37 Publié dans - LES FILMS * - BOF ! mais pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : coraline, henry selick, cinema
NOTORIOUS B.I.G. de George Tilman Jr. °

La vie, les débuts difficiles, l'ascension et la mort du rappeur Christopher Wallace alias Notorious B.I.G, assassiné en pleine gloire à 24 ans.
Je l'ai vu, il y a plusieurs mois lors d'une avant-première. Je n'arrivais pas à savoir si j'avais aimé un peu ou pas du tout. Avec le recul et la digestion lente... je n'en garde pratiquement que le souvenir d'un film antipathique et n'ai absolument aucune envie de le revoir.
A l'époque j'avais écrit :
Il paraît que ce film n'est pas uniquement destiné au seul public féru et amateur de hip hop. Moi j'y ai quand même beaucoup vu tout l'empilement de clichés du gansta rap : provocations, culte du look, grosses bagnoles, chaînes en or, filles faciles très déshabillées, musique inexistante et rimes approximatives...
07:15 Publié dans - LES FILMS ° Que suis-je allée faire dans cette g | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : notorious b.i.g., cinéma
mardi, 23 juin 2009
Amerrika de Cherien Dabis ***


La vie n’est ni simple ni rose pur Mouna, divorcée, et son fils ado Fadi. Ils vivent à Bethléem, doivent chaque jour passer les contrôles de barrage des territoires occupés, subir des humiliations, des inspections injustifiées du coffre de la voiture, perdre deux heures pour un trajet d’un quart d’heure. Et le soir, après une journée de travail à la banque, Mouna retrouve sa mère, aimante mais tyrannique.
Un (beau ?) jour, une demande d’immigration ancienne et oubliée arrive par le courrier : acceptée. Mouna et Fadi décident de rejoindre sa sœur qui vit depuis 15 ans aux Etats-Unis avec son mari médecin et ses deux filles nées là-bas.
Dès l’arrivée, Mouna et son fils seront soumis à un nouveau contrôle et un interrogatoire où durant trois heures, ils doivent tenter de prouver qu’ils ne sont pas armés. Il faut dire qu’on est aux alentours de 1991 et que la première guerre du Golfe vient d’éclater.
La première scène à l’aéroport pourrait être assez cocasse si elle n’était dramatique. A la question « quel est votre pays d’origine ? », Mouna répond « nous n’avons pas de pays ! ». A la question « quelle est votre occupation », Mouna répond « oui, c’est ça, occupation depuis 40 ans ! ». C’est sans doute simple et naïf, mais suffisamment percutant et efficace pour exposer quelques unes des confusions qui existent dans l’esprit des occidentaux entre l’identité, la religion et la nationalité. Amalgame et cafouillage qui font que souvent on associe arabes et musulmans, musulmans et terroristes. Or, Mouna est arabe mais pas musulmane et encore moins terroriste évidemment.
Elle est apatride, sans nation. Elle est née quelque part mais souffre de n’être de nulle part. Comme sa sœur Rahda (toujours superbe Hiam Abbass) « américaine » depuis 15 ans mais toujours troublée par le mal du pays.
Les lendemains ne chanteront pas pour Mouna qui après avoir été cadre « au pays » se retrouve serveuse dans un fast-food ; ce qu’elle n’osera avouer à sa famille. Son fils subira de nouveaux affronts en se faisant surnommé « Oussama » au lycée où il a été admis au vu de son impressionnant dossier scolaire (en outre, il parle trois langues)…
Mais sur leurs parcours, ils rencontreront des gens merveilleux, comme le proviseur du lycée, une employée de banque, le patron du fast-food…. parce que la réalisatrice, même si elle pointe une réalité douloureuse et la difficulté de s’intégrer dans l’Amérique et l’Occident tout entier après le 11 septembre, a choisi néanmoins pour ce premier film, de jouer la carte de l’optimisme et d’éclairer la route de ses personnages.
L’actrice, Nisreen Faour, qui allie douceur et énergie, est merveilleuse.
12:07 Publié dans - LES FILMS *** - Ne les ratez pas Aaah Oui ! | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : amerrika, cherien dabis, cinéma
lundi, 22 juin 2009
NO PASARAN
Bernard Blancan n'est pas un acteur idiot. Non, non !

Parfois il tourne des films en Nouvelle-Calédonie, d'autres fois dans le Sud-Ouest de la France et cela donne
NO PASARAN de Martin et Caussé qui promet d'être une fable écologique punk avec des "éco-terroristes" dedans.

Si vous avez la chance d'habiter le Sud-Ouest, vous pouvez vous rendre à l'une des avant-premières suivantes :
- 22 juin - 20h30 Toulouse. Gaumont Wilson
- 23 juin - 20h30 Saint Gaudens. Régent
- 24 juin - 20h00 Montpellier. Diagonale Capitole
- 25 juin - 20h00 Carcassonne. Cap Cinéma
- 26 juin - 21h00 Tarascon sur Ariège. Centre Culturel Espace François-Mitterrand
- ( soirée débat en présence d'un des réalisateurs Emmanuel Caussé)
- 27 juin - 21h00 Tarascon sur Ariège. Centre Culturel Espace François-Mitterrand
- 27 juin - 19h10 Perpignan. Cinéma Castillet
- 30 juin - 20h00 Bordeaux Mégarama,
sinon, il vous faudra patienter jusqu'au 15 juillet pour une sortie dans le Sud-Ouest et le 2 septembre pour une sortie nationale.
En attendant, vous pouvez vous régaler et tout apprendre chez Joël ici,
ou découvrir (si ce n'est déjà fait) le Blog/Journal (quasi) quotidien de Bernard Blancan.
Ou encore regarder la bande-annonce prometteuse ici :
10:35 Publié dans TOURNAGE | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : no pasaran, bernard blancan
dimanche, 21 juin 2009
MA SEMAINE AU CINEMA
10:02 Publié dans BILAN DE LA SEMAINE | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, festival de cabourg, les lascars, tellement proches, sunshine cleaning, les beaux gosses
samedi, 20 juin 2009
Les lascars de Albert Pereira Lazaro et Emmanuel Klotz ***


Tony Merguez et Jose Frelate sont les rois du ghetto… en tout cas ils se considèrent comme tels parce que vu d’ici on dirait plutôt les champions de la lose !
Le ghetto c’est la « téci » de Condé Sur Ginette, banlieue d’une très très grande ville. Tout y est : les barres HLM, les jeunes qui zonent à l’entrée des immeubles, les durs qui dealent et tout le monde qui rêve d’aller se dorer la pilule sur les plages de Santo Rico.
Tony est celui qui se la pète le plus mais qui ne parvient même pas à tenir tête à sa meuf, une furie excitée qui exerce un métier pas vraiment en accord avec les traficotages de son chéri.
Alors que son pote Jose va trouver un job d’été qui ne sera pas vraiment une réussite et rencontrer une geoisebour pas farouche, la belle Clémence, Tony va accumuler les embrouilles et aura bien du mal à se dépêtrer de plusieurs situations délicates. Pour le dire autrement tout va partir en laïve ce qui va faire de ce film un foutoir incommensurable bien marrant.
Les réalisateurs rendent un hommage à la banlieue sans oublier de se moquer des codes et conventions qui y règnent. Le film et les personnages sont en totale connivence avec le public sans doute ciblé mais qui ne déplaira pas à celui qui ne connaît pas la téci. Ils décrivent à la fois un univers gangsta rap de dessins animés et la vie des banlieues avec beaucoup d’impertinence, de pertinence aussi et énormément d’actions. Ils dénoncent tout en créant l’empathie.
Visuellement, c’est très beau. Auditivement c’est nickel et ce qui ravage tout c’est évidemment la tchatche inouïe et sans pareil des autochtones qui ont su se créer un langage propre. Le casting de voix est imparable, un vrai régal. Même s’il est un peu difficile de voir aujourd’hui en Vincent Cassel un représentant des faubourgs, on ne peut nier que sa voix idéale est l’une des friandises réjouissantes de ce film. Idem pour celles d’Omar Sy (encore !!!), Frédérique Bel, Diane Kruger, Gilles Lelouche, Diam’s qu’on peut s’amuser à reconnaître !
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vendredi, 19 juin 2009
Tellement proches d’Eric Toledano et Olivier Nakache **


Comme souvent Alain et Nathalie, mariés, parents de Lucien, petit garçon « ingérable » et d’un bébé Prosper (qui ne le restera pas longtemps J), doivent passer la soirée chez Jean-Pierre le frère de Nathalie qui est lui aussi marié et père de deux petites filles modèles. Seront également de la fête, une autre sœur, Roxane qui vient de se jeter littéralement dans les bras de Bruno, bel interne en médecine. Comme chaque fois Alain traîne les pieds car il sait exactement comment la soirée va se dérouler. Et effectivement rien ne manque : les conseils de la belle-sœur pour élever les enfants, la vidéo de leur mariage, puis des accouchements, la séance « singe savant » où la petite fille qui apprend 5 langues, 5 instruments de musique chante des chansons en allemand devant les yeux extasiés de sa maman etc… Sauf que ce soir là, chacun va aller un peu plus loin que d’habitude, un peu TROP loin et la soirée qui part complètement en sucette aura des conséquences sur la vie de chacun.
Quel dommage que cette comédie qui démarre sur les chapeaux de roue et une insolence certaine en exposant pour mieux les démonter tous les travers et imperfections des familles qui se composent, se recomposent pour mieux se décomposer prenne soudainement un virage à 180° (360°?) pour finir dans de la pure guimauve dégoulinante ! Pourquoi avoir finalement fait de cette famille disparate et discordante le lieu de toutes les réconciliations et l’ultime refuge de la tolérance et du grand pardon ? Pourquoi finir par nous imposer (avec une voix off insistante brusquement mélodramatique) que la famille, les enfants c’est le salut et qu’il n’y a rien de mieux ?
Dommage donc de ne pas être resté un peu plus dans la nuance et d’avoir trop forcé sur le grand écart caricatural entre le début (cette famille est un cauchemar) et la fin (cette famille c’est le paradis) ?
Entre les deux, de bons moments de comédie où l’on rit franchement avec surtout de savoureux dialogues, mais aussi des situations qui ressemblent à du vécu à propos des soirées ennuyeuses à périr, des donneurs de leçons, des clichés… Et en tête de la distribution Vincent Elbaz, toujours charmant qui donne constamment cette impression de se promener dans un film aussi naturellement que dans la vie, roi de la comédie mais aussi capable de belles émotions ; Omar Sy, meilleur et surprenant de film en film, très à l’aise dans la comédie, dans le charme mais aussi dans la colère (un acteur en somme !) ; et Audrey Dana, vraiment tordante dans un rôle excessif mais parfaitement maîtrisé de mère et épouse abusives qui devient « ultra-sémite » plus par ennui et opportunisme que convictions.
Une demi réussite, une demi déception avec quand même du plaisir à l’intérieur !
09:49 Publié dans - LES FILMS ** Ah Oui. | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : tellement proches, eric toledano, olivier nakache, cinéma
jeudi, 18 juin 2009
Sunshine cleaning de Christine Jeff ***


Rose gagne difficilement sa vie en faisant des ménages pour une société de nettoyage. Elle élève seule son fils, voit en cachette l’homme qu’elle aime qui est marié et père de famille. Jadis ils furent le couple star du lycée. Rose a aussi une sœur plus jeune, plutôt paumée qui vit encore avec leur père, un rêveur doux dingue qui a un peu raté sa vie professionnelle... Le fils de Rose se fait renvoyer de son école. Pour pouvoir lui payer une école privée et conseillée par son amant flic, elle décide de créer une entreprise de « nettoyage de scènes de crimes » avec sa sœur.
Evidemment, le boulot n’est pas banal mais au moins on ne se retrouve pas devant Monsieur grand avocat et Madame qui rêve d’ouvrir une galerie en s’ennuyant dans sa maison château à baies vitrées donnant sur la mer… Le rêve le plus fou de Rose serait d’être « dans l’immobilier », comme tout le monde et surtout comme ses anciennes copines de bahut. Lors d’une invitation chez l’une d’elles à une fête « pré-natale » !!! (scène mémorable) elle réalise avec effroi à quoi elle a finalement échappé si elle avait épousé son capitaine d’équipe de foot…
C’est le monde des « petites gens » et de la débrouille qui est décrit ici. Ce qui est suffisamment rare pour être noté et vivement apprécié. Des gens qui ont des problèmes à boucler les fins de mois parfois difficiles, des soucis d’assurance, des enfants imparfaits, une famille imprévisible… Des gens avec des espoirs, des coups durs, mais de l’énergie, de la volonté et de l’optimisme.
La vie en somme.
Quant à l’héroïne de cette histoire unique et ordinaire, classique et pittoresque, c’est l’épatante et très jolie Amy Adams, véritable rayon de soleil, vraiment formidable et que j’ai grande hâte à retrouver dans un rôle qui fait autant de bien sans être gnangnan.
15:05 Publié dans - LES FILMS *** - Ne les ratez pas Aaah Oui ! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sunshine cleaning, amy adams, christine jeff, cinéma
mercredi, 17 juin 2009
Les beaux gosses de Riad Sattouf ***

La vie n’est pas simple pour un ado de 14/15 ans qui s’appelle Hervé (prénom difficile ( J)) en hommage à Hervé Vilard ! Ses parents sont divorcés et il vit seul avec sa mère dépressive, envahissante et obsédée par les branlettes de son fils. Hervé a un meilleur copain Camel pas plus malin et qui comme lui se masturbe dans une chaussette en feuilletant les pages lingerie des catalogues de la Redoute des années 80. Hervé a néanmoins un avantage, il plaît à Aurore et malgré la trouille qui le paralyse, il va réussir à « sortir » avec elle.
Enfin un film qui parle d’ados qui ressemblent à des ados et non à des gravures de mode relookées ou des caricatures. Même si leur look improbable est plus proche de celui des seventies, pour une fois, ils ne vivent ni dans des triplex du XVIème arrondissement ni dans des barres HLM d’une banlieue oubliée du monde. C’est la première fois, depuis bien longtemps au cinéma que l’on peut voir un film qui ressemble à la réalité. Et d’ailleurs on sent que le réalisateur a dû y mettre une bonne part d’un vécu pas facile et cet aspect apporte une sincérité vraiment touchante au film comme aux personnages.
Les héros sont, vous l’avez compris ou vu, tout sauf des beaux gosses. Ils en sont au stade très ingrat où tout est « trop » ou pas assez chez eux, le nez, l’acné, l’hygiène, les oreilles, les cheveux et l’humour… Et on rit, on rit beaucoup à ce qui ressemble pourtant beaucoup plus à des tourments qu'à des moments de gloire. Les dialogues sont savoureux, les situations cocasses, les rapports étranges avec les profs ou les parents. Et pourtant on ne peut s’empêcher de penser qu’en cette période on passe parfois de sales quarts d’heure.
Mais un jour, c'est inévitable et même plutôt bienvenu, on échappe à cette adolescence, mais au moins elle a permis à Riad Sattouf de faire un film d’ados qui ne ressemble à aucun autre.
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