16.05.2012
11 JOURS
de strass, de paillettes, de glamour, de tapis rouge...

mais surtout 11 jours de rêve à attendre les films qui éclaireront nos écrans noirs demain.
Et pour TOUT savoir durant ces 11 jours, ne vous égarez pas n'importe où, c'est chez
Sandra -IN THE MOOD FOR CANNES-
qu'il faut vous rendre, car elle sait comme personne parler des films, nous donner envie de les découvrir et recréer l'ambiance comme si nous y étions.
Et pour patienter et vous distraire, vous pouvez aussi aller jouer à cache-cache ici :
A bientôt...
08:35 Publié dans FESTIVALS | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : festival de cannes 2012
11 FLEURS de Wang Xiaoshuai ***



Pas le temps de vous en dire long sur ce film, mais si vous hésitiez, n'hésitez plus. Il est magnifique. Calme, lent et profond.
Je vous propose le synopsis officiel qui pour une fois n'en dit pas trop : "En 1974, au cœur de la révolution culturelle chinoise, un garçon de 11 ans observe le monde des adultes et n’y comprend pas grand-chose. La rencontre avec un meurtrier en fuite le pousse au secret et au mensonge. Cette confrontation signera la perte de son innocence."
Personnellement je ne trouve pas que le petit héros perd son innocence. Il grandit, voilà tout. Mais bon, je ne vais pas faire ma savante. Il s'agit d'une plongée dans la Chine de Mao qui vit ses dernières heures. Mais l'originalité tient au fait que c'est le point de vue de quatre enfants qui est adopté, mais surtout celui de Wang Han. Il a 11 ans. Il veut une chemise neuve. Il l'obtient, il se la fait "voler". Il rencontre un assassin. Il ment à sa famille. Et voilà, c'est simple et sublime. Et l'on découvre la vie autour d'une usine et d'une école. On entend les hauts parleurs qui diffusent la musique ou annoncent certains événements. On s'étonne des relations entre la mère et ses enfants et on s'éblouit de celles entre un fils et son père. On est encore stupéfait par la vie quasi communautaire et le partage...
Tout est parfait, les images, les décors, les paysages, les enfants, l'histoire. Courez.
08:13 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : 11 fleurs de wang xiaoshuai, cinéma, liu wenqing, wang jingchun, yan ni
15.05.2012
CHERCHER LE GARÇON de Dorothée Sebbagh ***



Emilie se prépare pour la soirée du 31 décembre. Elle se coiffe, se maquille, met son joli collier... et s'installe devant son ordinateur. Il faut dire qu'une fois encore et malgré ses 35 ans, Emilie va passer ce réveillon toute seule. Mais ce que veut Emilie, c'est un amoureux, des enfants peut-être et surtout vivre une belle histoire. Alors ce soir là elle s'inscrit sur le site de rencontre Meet Me, prend un pseudo de fée et entame rapidement le grand tourbillon des rencontres.
Et c'est drôle, instantanément. Et pour une fois ce n'est pas un catalogue de filles toutes plus ou moins semblables, accros au shopping et à l'épaisseur de leur taille, mais de garçons bien typés qui ne trahissent pas les pseudos qu'ils ont choisis. Le premier "Les yeux bleus" a effectivement les yeux très bleus et tous les prétendants porteront plus ou moins les stigmates de ce qu'ils veulent montrer en se dissimulant sous un pseudo (oula, il est temps que je parte en vacances moi !).
Ce film est bourré de qualités : sa durée (une heure 10), même si du coup l'épilogue singulier arrive abruptement, sa délicatesse (les garçons sont moqués sans misandrie), le charme XXL de son interprète principale Sophie Cattani (vue récemment en mère qui lâche son bébé dans Polisse...). Emilie/Sophie a un talent incontestable et se donne un mal de chien pour s'adapter à ce panel de garçons qui se la racontent. Il faut dire qu'elle est très motivée et qu'on peut lui reconnaître la qualité de n'être ni très exigeante ni forcément troublée par le physique des candidats. Nous aurons le romantique relou qui ne s'exprime que par poésie empruntée aux auteurs, le gossbo fan inconditionnel de Hugh Grant (son pseudo Yough, mdr !) totalement déconcerté parce qu'Emilie est plus sensible aux charmes de Johnny Depp, le motard survolté, l'éducateur sportif qui se présente de 3/4 pour éviter de montrer son profil de boxeur, Monsieur X qui joue aux playmobils, le danseur qui danse, celui qui veut trouver SA "relation bonobo", le tunisien timide qui... Mais je ne vais pas tout vous révéler. Il y aura aussi de jolies rencontres impromptues et au final un film formidable, adorable comme son actrice.
12:54 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : chercher le garÇon de dorothée sebbagh, cinéma, sophie cattani, moussa maaskri, gérard dubouche
14.05.2012
SUR LA ROUTE de Walter Salles
A l'occasion de la sortie de ce film en salle le mercredi 23 mai, vous êtes gâtés. MK2 me propose de vous offrir :
- 4 places de cinéma (valables à partir du 30/05)
- 2 Hors-Série Trois Couleurs Sur la Route
- 2 affiches.

"De l’homme au livre, du livre au film, le hors-série n°8 de Trois Couleurs se plonge dans l’histoire de Sur la route, roman phare de Jack Kerouac et emblème de la beat generation. A l’occasion de la sortie de son adaptation par Walter Salles, le 23 mai en salles et en compétition officielle au festival de Cannes, la rédaction a pris la tangente pour retourner aux origines de ce mythe littéraire. Glanés entre la Bretagne et la Californie, des archives, reportages et témoignages inédits permettent de comprendre la genèse de ce livre-monument, ainsi que son influence sur la littérature américaine du XXe siècle. Un aperçu de l’ampleur du défi auquel Walter Salles a dû faire face… Photos de tournage, extraits du scénario, croquis préparatoires retracent les étapes de cette aventure cinématographique, sans oublier la contribution exceptionnelle de toute l’équipe du film, du réalisateur à ses comédiens (Garret Hedlund, Sam Riley, Kristen Stewart, Kirsten Dunst, Viggo Mortensen), en passant par les techniciens et les producteurs. Un document unique, et un parfait complément au « dossier Cannes » de notre numéro 101, disponible cette semaine dans les salles MK2 et sur issuu."
Ce hors série est passionnant, un parfait complément au roman (et sans doute au film), une mine d'archives et de photos.
196 et 244 pages (collector) en kiosques et librairies ou sur Amazon.
Synopsis : Au lendemain de la mort de son père, Sal Paradise, apprenti écrivain new-yorkais, rencontre Dean Moriarty, jeune ex-taulard au charme ravageur, marié à la très libre et très séduisante Marylou. Entre Sal et Dean, l’entente est immédiate et fusionnelle. Décidés à ne pas se laisser enfermer dans une vie trop étriquée, les deux amis rompent leurs attaches et prennent la route avec Marylou. Assoiffés de liberté, les trois jeunes gens partent à la rencontre du monde, des autres et d’eux-mêmes.
Je voulais innover et vous faire deviner des musiques de films mais ça m'a grave pris la tête ce sera pour une autre fois.
Alors du coup, j'en suis revenue au classique. J'ai découpé des affiches.
Pour gagner, merci de me dire de quels films sont tirés ces morceaux.
Précisez pour quel cadeau vous jouez et donnez moi votre adresse si je ne l'ai déjà.
UNE SEULE RÉPONSE À LA FOIS PAR PERSONNE. ON NE REJOUE QUE LORSQUE J'AI VALIDÉ LA RÉPONSE.
SEULES LES IMAGES DE 1 à 8 PERMETTENT DE GAGNER.
GAME OVER.
1
LE GUEPARD trouvé par Sploutche (1 place de ciné)


2
LES QUATRE FILLES DU DOCTEUR MARCH trouvé par Marion (1 hors série)


3
UN SINGE EN HIVER trouvé par Kupee (une affiche)

4
BARRY LYNDON trouvé par Aifelle (1 place de ciné)


5
LA FEMME DU Vème trouvé par Yan (une affiche)

6
BRIGHTON ROCK trouvé par Ed (1place de ciné)

7
LES NOCES BARBARES trouvé par Marine (un hors série)
![]()

8
LE PATIENT ANGLAIS trouvé par zapette (1 place de ciné)

9
REBECCA trouvé par marion


10
PLEIN SOLEIL trouvé par marion


11
DE ROUILLE ET D'OS trouvé par Yohan


12
L'AMANT trouvé par caro


13
MARY REILLY trouvé par L u X


14
THE GHOST WRITER trouvé par marine

15
LE CHOIX DE SOPHIE trouvé par Fred

16
AUTANT EN EMPORTE LE VENT trouvé par Maryne


17
WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN trouvé par Maryne


18
LES HOMMES QUI N'AIMAIENT PAS LES FEMMES trouvé par Maryne


19
SHUTTER ISLAND trouvé par Silice


20
LA SOLITUDE DES NOMBRES PREMIERS trouvé par PH

Site internet : http://www.surlaroute-lefilm.com/
Facebook : https://www.facebook.com/surlaroute.officiel
Twitter : https://twitter.com/#!/OTR_Official
Pinterest : http://pinterest.com/otrofficial/
Trumblr : http://otr-official.tumblr.com/
11:30 Publié dans LE LUNDI C'EST JEU | Lien permanent | Commentaires (44) | Envoyer cette note | Tags : sur la route de walter salles, jeu cinéma, hors série trois couleurs
13.05.2012
STUDIO CINÉ LIVE : SPÉCIAL CANNES 2012
DEUX EXEMPLAIRES DE CE NUMÉRO À GAGNER :
dans lequel vous trouverez tout ce qui fera Cannes et le Festival cette année : les petits et grands secrets de la prestation de Marion Cotillard dans le film tant attendu de Jacques Audiard De rouille et d'os, une rencontre avec Jacques Audiard avant la grande aventure cannoise,
- les explications de David Cronenberg qui a engagé la star de Twilight Robert Pattinson pour être un golden boy dans son film Cosmopolis,
- le business de Cannes,
- Gilles Jacob face aux lecteurs,
mais aussi :
- le tournage de Gatsby le Magnifique de Baz Luhrmann,
- l'interview de Ridley Scott et Michael Fassbender à propos de Prometheus,
- et tous ceux qui font l'actu : Ryan Gosling, Alain Resnais, Leos Carax, Wes Anderson...
Pour gagner, merci de me dire à qui appartiennent ces jolies moues.
UNE SEULE RÉPONSE À LA FOIS PAR PERSONNE. ON NE REJOUE QUE LORSQUE J'AI VALIDÉ LA RÉPONSE.
GAME OVER.
1
SEAN PENN trouvé par Fred

2
PENELOPE CRUZ trouvée par marion

3
ROMY SCHNEIDER trouvée par marion

4
EMMANUELLE BEART trouvé par Ph


5
ISABELLE ADJANI trouvée par jane

6
MEL GIBSON trouvé par marion


7
Béatrice Dalle, trouvée par Florence

8
BRUCE WILLIS trouvé par Baptiste


9
YVES MONTAND trouvé par Stéphane


10
DANIEL RADCLIFFE trouvé par Fréd


10:12 Publié dans LE LUNDI C'EST JEU | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note | Tags : studio ciné live spécial cannes, jeu cinéma
12.05.2012
DARK SHADOWS de Tim Burton *



En 1772, pour avoir brisé le coeur d'une sublime mais cruelle sorcière, Barnabas Collins industriel chanceux en affaire comme en amour, est transformé par la jalouse en vampire et condamné à "non-vivre" enterré et enchaîné dans un cercueil. Brrrrrrrrr. Deux ans cents plus tard le cercueil est ouvert malencontreusement par des ouvriers et notre vampire assoiffé par deux siècles d'abstinence zigouille sans autre forme de procès ses libérateurs. Il s'empresse de rejoindre son domaine tout surpris de le découvrir en bien piteux état. Il y retrouve quelques-uns de ses descendants vaguement décadents et en tout cas ruinés mais tout contents de voir leur ancêtre apparaître. D'autant plus qu'il promet de leur rendre la splendeur d'antan et de faire revivre l'entreprise familiale. C'est compter sans la haine inapaisée d'Angélique (la sorcière) qui est responsable de la faillite des Collins et ne cesse de se venger d'avoir été abandonnée.
Quel ennui, quelle mollesse, quelle nonchalance ! Alors oui, l'univers baroque, gothique, fantastique et féérique de Tim Burton est là et on ne peut nier la splendeur des décors. Mais un film ne peut se limiter à cela. Et les mésaventures de Barnabas s'étirent de façon bien monotones malgré le déploiement d'intrigues multiples et de personnages d'une fadeur exceptionnelle. Sans parler de la prestation de certains acteurs à la limite de l'amateurisme (Chloé Moretz exaspérante, Jonny Lee Miller fadasse et inutile, Jackie Earle Haley grotesque, Michelle Pfeiffer grimaçante...).
On rit aussi et marier vampirisme et humour n'est pas commode sans tomber dans la parodie, mais je suis d'accord avec cette dame qui lit dans les bande-annonces, TOUT, absolument TOUT est montré dans la BA, les meilleurs moments et notamment ceux où l'on rit. Alors à ceux qui n'ont pas de CARTE ILLIMITEE, je recommande la bande-annonce, très bien faite, très attirante mais totalement mensongère puisque si prometteuse et vous fais ainsi économiser entre 9 et 11 euros (suivant les régions et les cinémas)
Je ne vais donc pas m'éterniser à parler d'un film aussi décevant parce que ça me rend malade que Tim Burton dégringole ainsi avec un opus aussi misérable ! Bien sûr, il y a une scène hot entre Johnny/Barnabas (on se demandait d'ailleurs si cet acteur était encore sexué !) et Eva/Angélique, le vampire tue pour se nourrir (audacieux non ?), néanmoins rendez-nous Sweeny Todd, Sleepy Hollow, Edward, Charlie ou les Noces Funèbres ! Rendez-nous Tim Burton !
Quid de Johnny Depp allez-vous me dire ? Peu de choses. Son maquillage, son costume, son allure sont splendides. Mais il n'est plus qu'une créature abandonnée consentante à son créateur. Et ses mimiques indignes du grand acteur qu'il m'avait semblé qu'il était. C'était quand déjà ?
P.S. : Eva Green est sublime, vénéneuse, cruelle, belle, drôle. Vivement un GRAND rôle !
08:53 Publié dans 5 * Bof ! Mais pourquoi pas ? | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : dark shadows de tim burton, johnny depp, michelle pfeiffer, helena bonham carter, cinéma
11.05.2012
MAMAN de Alexandra Leclère **



Après s'être fait plaquer par un garçon beaucoup plus jeune qu'elle qui partageait sa vie une mère réapparaît dans la vie de ses deux filles qu'elle n'a pas vues depuis 20 ans. Les retrouvailles sont plus que grinçantes et malgré la bonne volonté des deux filles, la mère se montre déplaisante et agressive et n'a que des mots blessants à leur égard. Sandrine et Alice décident donc de kidnapper leur mère pour l'inciter à réfléchir au mal qu'elle leur a fait et continue de leur faire et la forcer à les aimer.
Peu de surprises dans ce règlement de comptes sous tension extrême entre deux filles mal aimées et leur mère inconsciente des dégâts produits. Une chose est sûre et se confirme encore ici : TOUT est TOUJOURS la faute des mères. Point. Beaucoup de choses sont dites, dont certaines particulièrement bien senties. Mais on n'échappe pas à la caricature. Alice n'a jamais réussi à avoir d'enfant et s'est faite avorter à de nombreuses reprises par peur de reproduire le comportement maternel. Sandrine par contre a deux enfants mais n'a jamais réussi à "garder" un homme ni même à aimer. Son coeur est sec et dur.
On a surtout ici l'occasion de voir trois actrices particulièrement bien choisies pour leur propension et leur aptitude à être grognons et irascibles. Les trois font merveille dans ce registre et chacune a à son tour son moment de bravoure explosif mais aussi quelques occasions de faire vibrer l'émotion. Je suis balaskophile sans condition. Marina Foïs joue les petits oiseaux perdus à la perfection et laisse exploser sa rage au moment où l'on s'y attend le moins. Et la bonne surprise vient également de Mathilde Seigner sombre et amère.
Dommage que la réalisatrice abandonne un peu brusquement ces trois femmes blessées, détruites. Comme s'il suffisait d'imposer un dialogue qui n'a jamais eu lieu pour reconstruire ce que tout ce temps perdu a abîmé.
08:32 Publié dans 4 ** INTERESSANT | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : maman de alexandra leclère, josiane balasko, marina foïs, mathilde seigner, cinéma
10.05.2012
BARBARA de Christian Petzold *



En 1980, parce qu'elle est soupçonnée de vouloir passer à l'Ouest, Barbara médecin-pédiatre dans un hôpital de Berlin est punie et mutée dans une petite clinique de Province. On lui attribue un logement minable où régulièrement elle reçoit la visite de deux agents de la Stasi qui lui font subir fouille au corps et de son appartement. Ils ont raison de la pister, car Barbara prépare son évasion vers le Danemark aidée de son bel amant tout blond de l'Ouest qu'elle rencontre de temps en temps en cachette pour une partie de zimboumtralala comme on n'en connaît pas à l'Est. Barbara aussi se méfie, de tout et de tous. De ses collègues qu'elle tient immédiatement à distance et qui prennent son attitude pour du mépris. Cela tombe bien, l'actrice à la bouche déformée par les injections affiche en permanence un petit air supérieur qui convient parfaitement. Doit-elle se méfier de sa concierge aussi ? Mais surtout d'André ce gentil médecin chef au joli sourire qui la regarde avec convoitise mais dont elle craint qu'il soit un agent double ? Désormais la vie de Barbara n'est faite que d'inquiétudes et de soupçons. Heureusement elle a son métier qu'elle aime et pratique avec beaucoup de dévouement et d'application.
Au début, j'y ai cru. Barbara fait passer sa solitude, sa trouille et sa méfiance par delà l'écran. J'avais la pétoche. Ne plus pouvoir sortir, entendre un bruit sans se retourner et paf... la paranoïa gagne le spectateur. Et puis le manque de joie ambiant, la tristesse du logement, le style année 80 de l'Est, tout est nickel chrome et donne envie de s'acheter des cornichons Spreewald. Et brusquement j'ai lâché... Le tournant décisif s'est amorcé lorsque son amant annonce à Barbara qu'à l'Ouest, elle n'aura plus besoin de travailler. Là, je me suis dit "aïe, ça sent le roussi !", Barbara n'est pas du genre à se laisser entretenir par un blondin. Nous apprendrons plus tard qu'elle préfèrera cueillir directement le thym et la farigoule dans son jardin pour faire sa ratatouille. Mais je m'égare... Dès lors donc, tout devient affreusement prévisible.
Mais ce n'est pas uniquement le fait de prévoir chaque scène avant qu'elle n'arrive qui m'a agacée et c'est peu de le dire. Barbara a un métier auquel elle tient et qu'elle exerce avec plus que de la conscience professionnelle. Et là aussi, ça coince. Fallait-il faire de cette femme une quasi sainte qui se dévoue au-delà du zèle à ses patients ? Oui, Barbara est ce genre de médecin (cherchez l'erreur ?) qui passe des nuits auprès de certains malades (soigneusement choisis), qui prend sur son temps de sommeil pour leur lire des histoires... Le gentil docteur André n'est pas en reste et peut écourter un week-end pour revenir à l'hôpital. D'ailleurs, si on le cherche... on le trouve... où ça ? Chez une patiente mourante. Et ô surprise ! Il s'agit de la femme du méchant pourri de la Stasi qui cherche des poux à Barbara ! Hors donc, les ordures ont une vie et ne sont pas épargnés par les calamités ! Les grosses ficelles apparentes commencent à me faire copieusement soupirer !
Question réalisation, on se croirait chez le Docteur House (oui, mesdames et messieurs au cours d'un zapping frénétique je suis déjà tombée sur le Docteur Mamour).... Barbara et Dédé, mains dans les poches émettent des diagnostics sur leurs patients en un seul regard. C'est fou ce qu'ils sont forts à l'Est, on dirait des américains ! Fallait-il aussi que ce brave nounours de Dédé tombe instantanément amoureux de Barbara rien qu'en l'apercevant par une fenêtre pour la première fois et à 50 mètres ? Evidemment pour ceux qui aiment les filles qui font la gueule (et elle a de bonnes raisons de faire la gueule, merci, je ne suis pas pro stasi non plus...) c'est pain béni. Edith nous a menti. Elle disait "les filles qui font la gueule, les hommes n'en veulent pas !" Il faut le voir ce pauvre docteur, ramer comme un clampin, se faire mousser (en faisant une analyse de texte savante de ceci, à laquelle je n'ai RIEN compris, sauf que du coup j'ai bien vu que la main gauche était inversée) pour tenter de séduire la belle insaisissable qui ne devient souriante que lorsqu'elle a un "service" à lui demander ! Il fait peine à voir.
Et pendant ce temps Barbara répare son vélo, se lave les cheveux, planque son magot sous un caillou, le change de place, prend des bains, fait du vélo, joue du Chopin sur son piano (et ça me donne envie de revoir "Voyage au bout de l'enfer"), fait un tour à vélo.. et moi je regarde ma montre et ai depuis belle lurette cessé de trembler pour Barbara !
Et je me souviens de ce film fascinant, romanesque et vraiment flippant "La vie des autres" de Florian Henkel Von Donnersmark.
08:05 Publié dans 5 * Bof ! Mais pourquoi pas ? | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : barbara de christian petzold, cinéma, nina hoss
09.05.2012
I WISH (nos voeux secrets) de Kore-Eda Hirokazu ***



Depuis le divorce de leurs parents, deux frères vivent séparés. Koichi l'aîné a 12 ans et vit désormais avec sa mère revenue vivre chez ses propres parents au pied du menaçant volcan Sakurajima qui recouvre tout d'une poussière de cendres grises. Le plus jeune Ruy est avec son père, un guitariste de rock, au nord de l'île de Kyushu. Le rêve de Koichi est de réunir sa famille. Aidés chacun par leurs amis respectifs, les deux garçons vont organiser une véritable expédition pour se retrouver et aller ensemble au point de croisement du nouveau TGV. Il paraît que les voeux exprimés au moment précis où se croisent deux trains, se réalisent.
Dommage que la traduction française se soit éloignée du titre original : "Miracle", car ce film en est un. Comme toujours en ce qui concerne ce réalisateur d'ailleurs, qui après le bouleversant "Nobody knows", le délicat "Still walking", le très triste et très beau "Air Doll" revient nous parler de l'enfance avec toute la fraîcheur, la subtilité et la grâce qu'on lui connaît. Cela peut être surprenant pour nous occidentaux avec notre tendance à sur-protéger nos chérubins mais Hirokazu s'explique :"...je veux être un adulte qui attend ses enfants au retour de leurs aventures, sans en faire toute une histoire". En effet, les adultes sont ici comme partout des trentenaires pas très bien finis, pas vraiment à l'aise dans leur peau (pour la mère... coupable, forcément car c'est le lot des mères à travers le monde !), pas vraiment sorti de l'adolescence (pour le père qui ne lâche jamais sa guitare) et vivent la "disparition" de leurs enfants pendant 24 heures sans la moindre inquiétude. D'ailleurs lorsque les deux frangins se parlent régulièrement au téléphone, ils prennent respectivement des nouvelles du parent absent et s'exhorte mutuellement à "s'occuper" de l'autre.
Mais les maîtres mots de cette aventure située à moins d'un mêtre 30 de hauteur sont insouciance et obstination. Un road movie emmené par des enfants incroyablement mâlins et matures qui néanmoins ont encore cette part de folie douce et d'inconscience propre à leur âge. La complicité des deux frères (à la ville comme à l'écran) est un autre miracle, mais toute leur bande de copains sont au diapason. On est à des années lumières de l'horripilante et récente Guerre des Boutons (je n'en ai subie qu'une !) où des gosses insupportables jouaient à la guéguerre à coups de répliques et de faits d'armes stupides. Ici l'enjeu est beau, les enfants sont à la fois joyeux et graves mais à aucun moment on a l'impression d'assister à un numéro de singes savants. Enfants et parents peuvent apprécier l'exercice. Ajoutez à cela une formidable bande originale, des couleurs, de l'action, du suspens...
Ah oui, dernière chose : les grands-parents totalement brindezingues ont un rôle essentiel !
N.B. : il est recommandé d'aller voir ce film après avoir mangé ! Kore-Eda Hirokazu aime comme personne faire passer tous ces acteurs à table à maintes reprises !
08:07 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : i wish (nos voeux secrets) de kore-eda hirokazu, cinéma, koki maeda, ohshirô maeda, ryôga hayashi
08.05.2012
LES NUITS EN OR DES COURTS MÉTRAGES 2012
Comme chaque année je me suis rendue dans mon "art and try" pour voir les 7 courts métrages sélectionnés par l'Académie des César. Je vous rappelle qu'il s'agit de courts métrages sélectionnés dans leurs pays d'origine et que c'est toujours l'occasion de visionner de petites perles.
Vous pouvez vérifier que l'événement passe dans votre ville en cliquant ICI.

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L'ACCORDEUR de Olivier Treiner **** - France
César du Meilleur Court Métrage 2012
avec : Grégoire Leprince-Ringuet, Gregory Gadebois, Danielle Lebrun
Adrien est un jeune pianiste prodige qui s'effondre après avoir échoué à un concours. Il travaille désormais comme accordeur de pianos et se fait passer pour aveugle. Ainsi il pénètre l'intimité de ses clients qui n'ont évidemment plus aucune pudeur devant lui. Les commandes ne font qu'augmenter jusqu'au jour où Adrien tombe sur un os...
Un court qui a tout d'un long ! Une histoire, une interprétation, une réalisation et une fin savoureuse. On a hâte de découvrir le premier long métrage. Grégoire Leprince-Ringuet encore une fois parfait.
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PITCH BLACK HEIST de John MacLean *** - Royaume-Uni
Bafta du Meilleur Court Métrage de Fiction 2012
avec : Michael Fassbender, Liam Cunningham

![]()
Cambrioleurs professionnels, Liam et Michael font connaissance à l'occasion d'une mission apparemment simple : vider de tout son contenu un coffre-fort de bureau. Mais la mission se complique avec le système d'alarme détecteur de la moindre lumière. Les hommes doivent effectuer leur hold-up dans le noir le plus total.
Première réplique, Liam Cunningham s'adresse à Michael Fassbender (joie, bonheur...) :
"Martin ?
- non, Michael.
- Ah bon ? On s'appelle par nos vrais prénoms ? Alors moi c'est Liam".
Autant dire que le ton est donné. Au départ, Michael fait la gueule. Il ne veut pas sympathiser avec Liam qui tente par tous les moyens de dérider son comparse. Et puis, à la suite d'une attente qui s'éternise, les deux garçons éclusent des pintes, fument des pétards... et c'est dans l'hilarité la plus totale qu'ils s'en vont commettre leur délit !
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THE BOY IN THE BUBBLE de Kealan O'Rourcke *** - Irlande
IFTA du Meilleur Court Métrage d'Animation 2012
Narration : Alan Rickman

Rupert, un garçon de dix ans, tombe fou amoureux pour la première fois de sa vie. Quand tout tourne affreusement mal, il souhaite ne jamais plus éprouver un tel chagrin. Il invoque alors une formule magique pour se protéger à jamais des émotions. Peine perdue l'amour est plus fort que tout.
Dans une ambiance très timburtonienne et la voix d'Alan Rickman en narrateur, ce film d'animation est magnifique.
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TROTTEUR de Arnaud Brisebois **(*) - Canada
Jutra du Meilleur Court Métrage de Fiction 2012
avec : Kyle Gatehouse

Un garçon constamment malmené et pris à partie par des gamins à l'école décide de se surpasser et d'épater la galerie lors d'une course contre une... locomotive. La métaphore de l'adversité semble un peu "too much" mais le film muet et en (presque) noir et blanc est une telle perfection visuelle avec des trouvailles pour signifier le froid, il est d'une beauté tellement renversante qu'on est hypnotisé.
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THE PALACE de Anthony Maras **(*) - Chypre/Australie
AActa Award du Meilleur Court Métrage de Fiction 2011
avec : Erol Afsin, Kevork Malikyan, Tamer Arslan, Daphne Alexander, Christopher Greco
Chypre 1974. Une famille chypriote fuit les forces turques et se réfugie dans un palais de l'Ère ottomane, abandonné. Quand un jeune appelé chyprio-turc se retrouve nez-à-nez avec la famille cachée dans un placard, il est soudain obligé de confronter la réalité brutale de la guerre au rôle qu'il y joue.
Un seul mot suffirait : insoutenable ! La tension, la trouille suintent à chaque seconde. Ce qu'il faut faire pour tenter de sauver sa peau ou la vie des siens. Ce que des ordures armées sont capables d'accomplir. Quelques horreurs de la guerre concentrées en quelques minutes.
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OLIFANTENVOETEN de Dan Geesin ** - Pays-Bas
Gouden Kalf du Meilleur Court Métrage de Fiction 2011
avec : Josh Meyers, Guido Pollemans, Mike Lebanon
Le premier soir d'un gardien de nuit d'une station-service. Personnage naïf et tragi-comique, il veut bien faire mais il ne sait pas trop comment s'y prendre… Une fiction absurde de l'artiste et compositeur Dan Geesin.
Dommage que le réalisateur n'utilise pas davantage le naturel complètement décalé, lunaire et loufoque de son superbe acteur et termine son court sans le terminer...
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NEPLAVCI de Jakub Smid* - République Tchèque*
Cesky Lev du Meilleur Film Etudtiant 2011
avec : Vendula Hlásková, Vojtech Vondrácek, Martin Hejný, Ester Povýšilová, Michael Vykus, Marie Ludvíková
Wendy, une jeune fille de 16 ans est contrainte de passer les vacances d’été dans un hôtel abandonné, où sa grand-mère travaille comme concierge. Dans ce village du bout du monde, une bande d’adolescents tue le temps en buvant de l’alcool au fond de la piscine vide de l'hôtel. Wendy y fera l’expérience douce et douloureuse d’un amour d’été.
Mouais. On a bien du mal à s'attacher à cette bande d'ados à peu près tous plus antipathiques les uns que les autres et à leur petite mésaventure estivale. L'interprétation peu convaincante n'arrange rien.
08:04 Publié dans COURTS METRAGES | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : les nuits en or des courts mÉtrages 2012
07.05.2012
LE CHANGEMENT C'EST MAINTENANT...
et ici je fais dans la continuité : LE LUNDI, c'est jeu.
Merci de retrouver le titre des films que j'ai découpés et décolorisés.
UNE SEULE RÉPONSE À LA FOIS PAR PERSONNE.
ON NE REJOUE QUE LORSQUE J'AI VALIDÉ LA RÉPONSE.
GAME OVER. Merci.
1
MORT D'UN PRESIDENT trouvé par marion


2
LES CHINOIS A PARIS trouvé par Florence


3
LE PROMENEUR DU CHAMPS DE MARS trouvé par Yan


4
RAGTIME trouvé par flo


5
HOT SHOT trouvé par flo


6
W. trouvé par marion


7
MAX LA MENACE trouvé par Yan


8
PATER trouvé par Sandra M.


9
LE PRESIDENT ET MISS WADE trouvé par jane


10
POINT LIMITE trouvé par Fred


11
DEEP IMPACT trouvé par Florence


12
2012 trouvé par Yan


13
13 JOURS trouvé par Florence


14
LES PLEINS POUVOIRS trouvé par sopel


15
AMISTAD trouvé par Yan


16
FROST/NIXON trouvé par Florence


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François HOLLANDE trouvé par Sandra M.


12:44 Publié dans LE LUNDI C'EST JEU | Lien permanent | Commentaires (60) | Envoyer cette note | Tags : jeu cinema
06.05.2012
LE POLICIER de Nadav Lapid ***(*)


Yaron fait partie d'une unité anti-terroriste d'élite de la police israëlienne. Avec ses collègues ils forment une équipe soudée par l'amitié. C'est également ensemble qu'ils passent leur temps de loisirs et leurs week-ends, accompagnés de leur famille. De leur côté Shira, Nathanaël et leurs amis n'ont qu'un leitmotiv ; "Il est temps pour les pauvres de s'enrichir, pour les riches de mourir", et entendent le faire savoir dans les plus brefs délais. Yaron et Shira vont se rencontrer, brutalement, de façon fugace.
Je suis allée voir ce film sans en rien savoir, seulement parce qu'il était israëlien. Et j'ai bien fait, je suis allée de surprise en stupéfaction, ne sachant strictement rien du synopsis ni de ce que j'allais découvrir. Je vous recommande donc d'en faire autant. Allez voir ce film dans le même état d'esprit et de la même façon que moi, puis revenez éventuellement lire la suite et me dire à quel point vous avez aimé car ce film ne ressemble à aucun autre et fait partie des meilleurs que j'ai vus cette année !
Chapitre 1. On découvre Yaron et ses compagnons en plein exercice physique. Les garçons attaquent sans la moindre difficulté sur leurs biclous, l'ascension d'une belle grimpette. La route est magnifique quoique désertique. Lorsqu'ils s'arrêtent c'est pour s'extasier devant le "plus beau pays du monde" qui est le leur. Chacun hurle son prénom et l'écho leur renvoie. Les présentations sont faites. Yaron retrouve chez lui sa femme enceinte. Une grossesse pathologique qui la maintient allongée jusqu'à l'accouchement qui ne saurait tarder. Il la masse langoureusement en préparation à l'accouchement, esquisse quelques pas de danse pour la faire rire puis retrouve ses amis et collégues.
On apprend qu'un des membres de l'équipe est atteint d'une tumeur au cerveau et qu'ils sont tous par ailleurs accusés d'avoir réglé un peu nerveusement une opération terroriste qui ressemble davantage à une exécution. Ce que leur avocat leur propose est tout simplement sidérant. Chut, je ne dis rien.
En quelques scènes explicites mais sans s'encombrer de dialogues indigestes, le réalisateur nous présente cette unité d'élite où la virilité s'exhibe comme un trophée et l'amitié masculine comme une évidence. Yaron est fou de son corps et de ses muscles et ne perd pas une occasion de faire des exercices pour parfaire encore son apparence. Il s'admire dans les miroirs. Et il est difficile de se retenir de rire franchement à voir ces (très beaux) garçons, (merci Monsieur Lapid, qui lui-même n'est pas désagréable à regarder) ne cesser leurs accolades et diverses embrassades à la moindre occasion. Sans parler de ce jeu stupide qui consiste à mettre deux équipes face à face et à se précipiter les uns sur les autres en hurlant et en s'aggripant. Pour finir par se complimenter et s'embrasser à nouveau ! Ici le garçon israëlien est viril et musclé. C'est joli et marrant et peut s'avérer utile lorsqu'on est une baleine enceinte incapable de monter un escalier. Yaron soulève sa femme comme une plume et gravit les étages sans le moindre effort. Il fête dans la plus pure tradition l'anniversaire de sa maman chérie, parle à qui veut l'écouter de sa toute prochaine paternité qui l'intimide, se saisit d'un bébé pour venir se contempler devant un miroir et s'assurer que le nouvel "accessoire" ne nuit pas à son reflet. Et tout cela avec le plus profond sérieux.
Chapitre 2. Dans un luxueux appartement, Shira, une jeune femme prépare un attentat avec ses camarades, 3 garçons, dont le charismatique Nathanaël qu'elle aime en secret. On découvrira plus tard que sa détermination, son obstination sont bien supérieures à celles des garçons. Et l'amateurisme avec lequel leur prise d'otage est effectuée en contradiction avec la radicalité de leur engagement.
C'est là que le film prend une dimension supplémentaire. C'est rare de voir un film israëlien où le conflit avec les palestiniens n'est pas (ou à peine) évoqué. Même si la haine des "arabes" est très clairement affichée à plusieurs reprises. Les films relatent régulièrement et presqu'exclusivement cet aspect de la vie au moyen-orient alors qu'ici il est clairement question de la fracture sociale dans un pays divisé entre les riches de plus en riches et les pauvres de plus en plus pauvres !
Chapitre 3. La prise d'otage et sa résolution. Et c'est comme si on avait trois films en un seul. Et chaque partie est traitée avec précision. Le réalisateur prend son temps quitte à déstabiliser le spectateur qui s'interroge parfois : mais où veut-il en venir ? Tout prend corps et sens peu à peu. Et on sait gré à Nadav Lapid d'avoir réussi à installer une ambiance, un climat, d'avoir étiré les scènes pour en accentuer l'intensité jusqu'au malaise et surtout d'avoir réussi une analyse psychologique en profondeur de chacun de ses personnages.
Un grand film déroutant, dérangeant et totalement inédit où les acteurs ne se contentent pas d'être (très) beaux.
14:28 Publié dans 2 **** INDISPENSABLE | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : yiftach klein, yaara pelzig, michael moshonov, cinéma, le policier de nadav lapid
05.05.2012
BABYCALL de Pal Sletaune **



Anna et Anders son fils de 8 ans s'installent dans l'appartement d'une barre HLM sinistre. Ils fuient un mari et un père violents qui les a battus, torturés. Les services sociaux s'assurent régulièrement qu'Anna emmène son fils à l'école et qu'elle va bien. Ils lui certifient que son ex mari ne pourra connaître sa nouvelle adresse et qu'elle y est en sécurité. Malgré cela, Anna est terrorisée. Elle ferme tous les rideaux de l'appartement et oblige son fils à dormir avec elle. Lorsqu'il est à l'école, elle l'attend sur un banc à l'extérieur. Mais Anders qui grandit souhaite pouvoir dormir seul dans son lit. Anna accepte mais achète un babyphone afin de pouvoir être alertée au moindre problème. Au magasin où elle achète l'appareil, elle fait la connaissance de Helge, un garçon aussi timide et solitaire qu'elle, qui prend soin de sa mère mourante. Une nuit, elle est réveillée par les cris terrifiés d'une femme et d'un enfant qui lui parviennent par le babyphone. Il s'agit d'interférences sur la fréquence. Cela évoque évidemment à Anna son propre calvaire et elle cherche à savoir d'où proviennent ces cris...
Aucun doute cette histoire flanque les jetons. Mais il est étrange d'utiliser le thriller horrifique pour parler de la maltraitance des enfants (et des femmes). Le début est très prometteur et comme Anna le spectateur craint que chaque personne qu'elle croise ne soit pas qui elle prétend être. On est, comme elle, affolés et persuadés que le pourri va refaire surface et que le cauchemar va recommencer. Les visites du couple des services sociaux paraissent de moins en moins bienveillantes. A l'école, la présence d'Anna semble déranger. Un mystérieux petit garçon qui ne répond pas aux questions apparaît. Et Anna ne va pas bien, épouvantée qu'il arrive quoique ce soit à son fils. Et puis, on se met à douter de la santé mentale de la jeune femme. Dans sa paranoïa galopante, elle voit des choses. Est-ce son imagination ?
Et puis le réalisateur finit par se perdre et nous perdre dans un embrouillamini de pistes illogiques qui finissent par ne pas se recouper au final !
Dommage car Noomi Rapace, trentenaire au physique gracile d'adolescente fragile, incarne admirablement l'inquiétude d'une mère poussée au paroxysme et jusqu'à la folie. Elle est parfaite, mais seule à se dépatouiller d'une histoire incohérente.
08:13 Publié dans 4 ** INTERESSANT | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : babycall de pal sletaune, cinéma, noomi rapace, kristoffer joner, vetle qvenild werring
04.05.2012
THE NEKO LIGHT ORCHESTRA
The Neko Light Orchestra est un ensemble créé par Nicolas Chaccour.
Il est composé d'un quatuor à cordes, un piano, un set de percussions et de deux voix.
Avec le Neko Light Orchestra Nicolas Chaccour organise des concerts de reprises de musiques de films, de musiques de jeux vidéos et de films d'animations.
Je vous invite vivement à parcourir le site ICI et vous pourrez découvrir la teneur hautement cinématographique de l'entreprise.
Cerise sur le tirelipompon, une des (très belles) voix du Neko Light Orchestra, n'est autre que celle d'Andréa la fille d'une blogueuse que je "fréquente" depuis de longues années !
Alors si vous êtes dans le coin, je vous recommande :

Et en regardant les vidéos ci-après, vous pourrez peut-être gagner une place !
08:42 Publié dans CONCERTS ET THEATRE | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
03.05.2012
MARGIN CALL de J.C. Chandor *



Synopsis : Pour survivre à Wall Street, sois le premier, le meilleur ou triche. La dernière nuit d’une équipe de traders, avant le crash. Pour sauver leur peau, un seul moyen : ruiner les autres…
Etonnamment récompensé du Grand Prix au dernier Festival du Film policier de Beaune, ce film permet à une belle brochette d'acteurs (passés à l'auto bronzant) aussi talentueux que glamour et chics pour certains (Kevin Spacey, Jeremy Irons, Paul Bettany, Demi Moore, Simon Baker, Zachary Quinto, Mary McDonnel) de s'en donner à coeur joie pour faire leur numéro. Totalement hors sujet dans un festival de films policiers, il m'a un peu agacée. Le réalisateur venu chercher son prix a tenté de s'excuser disant que ce n'était pas à proprement parler un film de flics (merci, on avait vu) mais qu'il y avait des voyous dans tous les milieux... Avec le recul je dirai qu'il s'agit d'un thriller financier !
Il s'agit donc ici de voir une nuée de vautours traders pleins aux as faire en sorte de perdre le moins de milliers de dollars possibles et se sortir sans trop de dégâts d'une crise financière maousse ! Avoir choisi de réduire l'unité de temps à 24 heures chrono aurait pu être casse-gueule pour ce premier film rondement mené, mais on peut dire que le réalisateur a su garder rythme et tension à cette journée et cette nuit en enfer. Du coup, même si comme moi, vous n'y entravez que pouic à toutes ces salades qui mènent le monde, vous pourrez aisément garder un oeil attentif face aux doctes explications et coups bas en règle. Cela dit, il ne vous sera peut-être pas interdit de sourire lorsque vous verrez Kevin Spacey passer en un claquement de doigt du pourri qui vire ses collaborateurs et annonce aux autres que "the show must go on", à l'humaniste au grand coeur prêt à verser une larmichette !
En direct du Palais Brogniart, à vous les studios !
08:25 Publié dans 5 * Bof ! Mais pourquoi pas ? | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : margin call de j.c. chandor, cinéma, kevin spacey, jeremy irons, paul bettany, demi moore, simon baker, zachary quinto, mary mcdonnel
02.05.2012
MISS BALA de Gerardo Naranjo *

Synopsis : Au Mexique, pays dominé par le crime organisé et la corruption, Laura et son amie Uzu s’inscrivent à un concours de "Miss Beauté" à Tijuana. Le soir, Laura est témoin d’un règlement de compte violent dans une discothèque, et y échappe par miracle. Sans nouvelle d’Uzu, elle se rend le lendemain au poste de police, pour demander de l’aide. Elle est alors livrée directement à Nino, le chef du cartel de narcotrafiquants, responsable de la fusillade. Kidnappée, et sous la menace, Laura va être obligée de rendre quelques "services" dangereux pour rester en vie.
Malmener sa très belle et très vaillante actrice Stephanie Sigman, de plus en plus égarée et terrorisée par des tordus sadiques, voilà sans doute le but du réalisateur qui ne convainct pas du tout à dénoncer cette bande de pourris et la corruption ambiante.
08:35 Publié dans 5 * Bof ! Mais pourquoi pas ? | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : miss bala de gerardo naranjo, cinéma, stephanie sigman, noe hernandez
01.05.2012
LES NUITS EN OR DES COURTS MÉTRAGES 2012
Pour la 6ème année consécutive l’Académie des César propose une fois encore de manifester son intérêt à celles et ceux qui fabriquent aujourd’hui, dans le monde entier, le cinéma de demain.
En mai et juin, l’Académie vient à la rencontre du public dans onze salles en France et dix salles en Europe et dans le monde.
Le temps d’une soirée, l’Académie des César invite à une exceptionnelle soirée cinéma, constituée des meilleurs courts métrages sélectionnés parmi l’ensemble des primés par leurs Académies Nationales de Cinéma.
7 films seront proposés cette année : LE français L'accordeur de Olivier Treiner, un tchèque, un canadien, un néerlandais, un irlandais, un australien/chypriote (!) et un britannique !
Personnellement, j'y suis chaque année et je vous invite à ne pas rater cet événement s'il passe dans votre ville. Vous pouvez retrouver toutes les dates en cliquant ICI.
22:05 Publié dans COURTS METRAGES | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : les nuits en or des courts mÉtrages 2012 2012, cinéma
30.04.2012
STUDIO CINÉ LIVE : HORS SÉRIE N° 19 SPÉCIAL SUPER HÉROS
4 exemplaires à gagner.

Merci de retrouver le titre des films dont j'ai... bidouillé les images.
Seules les réponses 1 à 4 permettent de gagner.
UNE SEULE RÉPONSE À LA FOIS PAR PERSONNE. ON NE REJOUE QUE LORSQUE J'AI VALIDÉ LA RÉPONSE.
Lorsque j'ai confirmé que votre réponse est bonne et si vous gagnez pour la première fois, merci de m'envoyer votre adresse à uupascale@gmail.com .
GAME OVER.
ON PEUT GAGNER
1
DARADEVIL trouvé par marion


2
KICK ASS trouvé par Amélie et Bat


3
HULK trouvé par Yohan


4
SUPERMAN trouvé par robedete


ON JOUE POUR LA GLOIRE
5
THOR trouvé par PERSONNE


6
WATCHMEN trouvé par ludo


7
SPIDER MAN trouvé par Amélie et Bat


8
XMEN ORIGINS trouvé par Fréd

9
IRON MAN trouvé par Alexia

10
THE DARKNIGHT trouvé par marion


09:17 Publié dans LE LUNDI C'EST JEU | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : studio cinÉ live : hors sÉrie n° 19 spÉcial super hÉros, jeu cinéma
29.04.2012
LE PRÉNOM de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière ***



Vincent et sa femme Anna enceinte sont invités chez Elisabeth la soeur de Vincent et son mari Pierre. A table, il y aura aussi Claude, un ami de trente ans. A cette occasion Vincent décide de révéler le prénom de son futur enfant, un garçon. Alors qu'Anna tarde à arriver, Vincent décide de tenter de faire deviner le fameux prénom. Lorsqu'il le révèle enfin, c'est un grand bazar !
Car ce prénom est honteux et scandaleux. Oui un prénom peut porter la honte et le scandale et plus encore. Je vous le laisse découvrir évidemment et vous verrez, il y a de quoi gloser. Il faut dire que donner un prénom à un enfant c'est un peu comme lors d'une finale de coupe du monde de foot ou une élection présidentielle... brusquement tout le monde a un avis sur la question. Sauf qu'ici, vue la nature insolite voire provocatrice du choix, les discussions prennent rapidement un tour inattendu, et c'est tout simplement tordant... avec néanmoins quelques incursions dans un registre un peu plus grave. Cette discussion un peu animée va être un véritable révélateur, comme si brusquement toute une succession de petites poupées russes s'ouvraient une à une. Chacun va en prendre pour son grade à tour de rôle et les non-dits, les rancoeurs, les rancunes, les bassesses et révélations vont faire surface.
Quelques tirades bien senties ramèneront forcément le spectateur vers des situations connues même si on est ici en plein vaudeville. D'ailleurs ce film fut une pièce au succès triomphal et ressemble à du théâtre filmé. Les réalisateurs tentent néanmoins à tort et sans grand résultat de sortir à quelques reprises de l'enceinte de ce huis clos jubilatoire où les noms d'oiseaux finiront par voler bas. Bien sûr il y a quelques clichetons sur les bobos, les nouveaux riches, la prof de français cyclothymique brusquement hystérique, le prof de fac en velours côtelé, l'agent immobilier inculte qui a fait fortune (Patrick Bruel, réjouissant !)... mais c'est pour mieux les démonter je trouve. Les acteurs sont rodés comme des formules 1 et balancent leur chapelet de révélations avec délectation.
Le Prénom est contre toute attente une excellente surprise parce que les acteurs sont tous formidables (Guillaume de Tonquédec est une révélation !), les dialogues vifs et intelligents et qu'on rit très fort et beaucoup et que ça fait du bien. Quant aux prénoms, moi qui en entends treize à la douzaine par jour... je suis obligée de constater qu'effectivement les parents sont parfois inconscients ou en veulent à leurs enfants. Entre ceux qui veulent faire original à tout prix au risque d'être simplement ridicules, ou prétentieux, ceux qui vont obliger leurs enfants à épeler leur prénom toute leur vie à cause d'une orthographe improbable, ceux qui cèdent à la mode (aaaah que de Léa !!!) ceux qui affligent leur progéniture d'un prénom droit sorti d'une série américaine et j'en passe mais on n'a que l'embarras du choix pour se moquer ou s'indigner. Et finalement, chacun fait comme il veut et surtout "des gens qui ont appelé leurs moutards Myrtille et Apollin n'ont de leçon à donner à personne..."
28.04.2012
TYRANNOSAUR de Paddy Considine ****



Joseph est un homme seul, alcoolique, parfois violent et toujours au bord de l'implosion. Pour seul compagnon il n'a qu'un chien sur qui il passe ses nerfs à vif et qu'il tue malencontreusement. Joseph n'est pas un garçon sympathique et on n'a guère envie de le croiser au coin d'une rue. En outre, son meilleur pote est en train de mourir d'un cancer et la fille du mourant tolère tout juste ses visites faisant de lourds sous-entendus sur les comportement passés de Joseph. Quant à son petit voisin, un gamin triste et solitaire, il est régulièrement terrorisé par le pittbull du petit ami de sa mère...
Un jour que Joseph cogne son désespoir à tous les murs de la ville (Glasgow, quartiers pauvres), il entre, se réfugie, se cache dans un magasin tenu par une femme très pieuse qui l'accueille sans lui poser de questions et se met à prier pour lui. Hannah est une femme encore jeune mais qui semble fatiguée et d'une extrême tristesse. Le lendemain Joseph revient la voir et se montre partiulièrement odieux avec elle, comme ça, sans raison. Comme s'il était le seul à porter tout le chagrin du monde.Puis il découvre qu'Hannah n'est pas la femme qu'il imaginait mais que pour elle aussi la vie est un fardeau. Quotidiennement humiliée, battue voire violée par son malade de mari, elle trouve en Joseph, cet homme instable et imprévisible un réconfort totalement inattendu. Lui-même refuse de croire qu'elle puisse se sentir en sécurité avec un homme tel que lui.
Parfois les acteurs anglais se mettent à la réalisation et cela donne des films aussi forts et dérangeants que War zone de Tim Roth ou Ne pas avaler de Gary Oldman. Des films dont on sort complètement sonnés et qu'on n'oublie jamais. Paddy Considine, acteur lui aussi, propose pour sa première réalisation un drame social d'une rare intensité qui nous met également KO. Même si contrairement à ses deux aînés qui ne donnaient aucune chance à leurs personnages, Paddy Considine laisse entrevoir une toute petite lueur d'espoir. Sans doute a t'il davantage confiance en l'humanité malgré la bestialité de certains de ces personnages dont son héros, jamais bien loin de se servir d'une batte de base-ball. La noirceur sans fond et sans fin de certaines scènes, la violence de certains actes et de certaines paroles cèdent parfois la place à des moments de grâce et de douceur où se mèlent tendresse et compassion. Ainsi cette longue et magnifique scène (muette) d'enterrement où l'hommage au défunt donne à chacun l'occasion de laisser libre court à sa joie, sa tristesse et d'accéder au pardon.
Sans angélisme malgré la bonté, la sensibilité et la générosité qui émergent de la carapace de ces héros cabossés, sans misérabilisme malgré l'extrême dureté des situations (les scènes d'humiliation d'Hannah sont particulièrement éprouvantes, comme celles qui illustrent la vie du petit garçon...), le réalisateur réussit un film sombre et douloureux en restant digne et en échappant au voyeurisme. On sait que cette batte de base ball ou ce pittbull ne sont pas là pour rien ni par hasard et on ne cesse de craindre le moment où ils entreront en scène. Et ce ne sont pas les moindres "surprises" que réservent l'histoire de ces abandonnés.
Paddy Considine a de plus la chance, la pertinence et le flair de pouvoir s'appuyer sur deux acteurs immenses qui se sont emparés de leurs personnages avec tendresse et passion. Ce que Peter Mullan et Olivia Colman font ici tient tout simplement du génie. Olivia Colman s'abandonne totalement à son rôle de femme maltraitée, bafouée, généreuse et complexe, en demande d'amour insensée. Elle est bouleversante. Quant à Peter Mullan et son beau visage scuplté de ses chagrins, de ses regrets et de ses remords, il exprime comme rarement un acteur l'a fait toutes les émotions qu'un être humain est capable de ressentir. Son état de sidération silencieuse dans lequel les révélations d'Hannah le plonge est un des moments les plus intenses de ce grand film profond, fort et subtil.
10:30 Publié dans 2 **** INDISPENSABLE | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : tyrannosaur de paddy considine, peter mullan, olivia colman, eddie marsan

