vendredi, 21 novembre 2008
J’irai dormir à Hollywood d’Antoine de Maximy ***



Antoine de Maximy est comme son film et ses deux caméras : un prototype ou plutôt un type unique en fait. Il a parcouru les Etats-Unis seul d’est en ouest avec pour objectif ou plutôt comme prétexte de dormir chez une star hollywoodienne. Il en est le seul « acteur », mais aussi le réalisateur, caméraman, interviewer et personnage. Il va, au long de son périple rencontrer des gens, des « vrais » américains comme il dit, se faire inviter (ou pas) à manger chez eux et dormir (ou pas) chez l’habitant. A pied, en stop, en taxi, en bus, à vélo… aucun moyen de locomotion ne lui résiste jusqu’au jour où lassé par ce manque d’autonomie et d’indépendance, il décide d’acheter une vieille voiture mais qui roule encore pour finir le voyage. Son choix se portera sur un corbillard qu’il repeint en rouge vif pour le rendre plus gai. Cette voiture provoquera l’admiration, la moquerie ou la crainte.
Ce film passionnant et ovniesque est tour à tour hilarant, émouvant ou inquiétant. On est d’abord impressionné, surpris, subjugué même par l’accueil, l’amabilité et l’hospitalité des américains. Sans compter que certains ont un humour vraiment décapant. Il faut dire que le sourire, la gentillesse et l’intérêt que porte Antoine de Maximy à ses interlocuteurs le rendent éminemment sympathique.
Evidemment on ne fait sans doute que survoler l’étendue, la richesse et la diversité de ce qui se passe aux Etats-Unis. Mais la totalité des portraits tracés est captivant et permet de mesurer toutes les différences entre ce pays grand comme un continent et le nôtre.
Certaines rencontres frappent plus que d’autres bien sûr et il arrivera à notre charmant hurluberlu de devoir dormir au motel lorsqu’il ne parviendra pas à se faire accepter. Il y a des scènes d’une drôlerie et d’une cocasserie sans nom, comme celle où il suit à vélo une calèche qui transporte une famille Amish qui refusera de le recevoir, celle encore où il achète son improbable bagnole chez un vendeur complètement barré et constamment hilare. D’autres séquences nous présenteront des personnages beaucoup moins sympathiques comme ce type persuadé que tout le monde parle arabe en France et qu’il faudrait un bon Charles Martel pour remettre de l’ordre dans tout ça, ou cet autre au bord de la folie qui lui demande de le conduire à l’hôpital parce qu’il a été abandonné par sa mère, puis l’emmène chez lui pour qu’il le débarasse d’un chat qui le terrorise, ou cet autre encore, chauffeur de taxi qui lui demande sans cesse de ne pas l’approcher car il craint qu’il ne l’assassine…
Antoine de Maximy ne juge jamais et même si parfois il lève les yeux au ciel devant les âneries qu’il entend, s’il provoque à son insu et à sa grande surprise une dispute dans un bus entre un noir et une blanche, la plupart du temps il écoute, plaisante, s’amuse et entre véritablement en empathie sincère avec ses interlocuteurs comme avec ce vétéran du Viet-Nam qui prend le train pour se rendre à la prison où il devra purger une peine de 15 ans pour avoir possédé une arme sans permis (« j’en ai vu d’autres » dira-t’il), ou cette vieille indienne navajo qui dans une réserve avec sa famille s’étonnera qu’un blanc puisse avoir de la considération pour elle, ou ce SDF jadis agent immobilier qui vit sur une plage de Los Angelès en attendant qu’une retraite convenable lui soit versée dans cinq ans et avec qui il partagera une nuit à la belle étoile…
Le plus surprenant c’est que le réalisateur se faisant refuser un peu brutalement l’accès de la demeure d’une star de Hollywood par un garde du corps pas très affable se recule visiblement pas rassuré et qu’il n’hésitera pas à s’aventurer dans des quartiers de la Nouvelle Orléans réputés malfamés, dangereux, ravagés et laissés en l’état depuis le passage de l’ouragan Katrina ! A ce moment, le passage véritablement flippant du film, on tremble pour lui.
On traverse des villes énergiques comme New-York, survoltées comme Las Vegas, mais aussi des quartiers dévastés, des paysages grandioses, sublimes comme dans les plus beaux westerns, on parcourt des routes de campagnes, des nationales qui se perdent dans l’horizon, c’est l’Amérique rêvée, imaginée, supposée mais aussi surprenante, fantasque et inattendue. Ce n’est ni un film, ni un documentaire mais c’est du cinéma sans aucun doute, drôle, émouvant ou inquiétant.
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jeudi, 20 novembre 2008
Two lovers de James Gray ****




Leonard se jette dans le canal glacé un triste jour de novembre. Il se laisse couler puis, lorsqu’il touche le fond donne un vigoureux coup de pied et remonte affolé et frigorifié. De sa démarche lourde, affublé de son inommable parka qui ne le quittera pas... il rentre chez lui penaud comme un enfant qui aurait fait une connerie. Une de plus, car Leonard est un récidiviste de la tentative de suicide. Plus tard on apercevra ses avant-bras couturés et on saura qu’il a fait un séjour en hôpital psychiatrique.
Ainsi va la vie de Leonard, un jour il coule, un jour il flotte ; un jour il veut mourir, un jour il veut vivre ! Mais pourquoi ce grand garçon plus que trentenaire vit-il encore chez ses parents affectueux et protecteurs ? Parce qu’il sort d’une déception amoureuse qui l’a brisé. Sa fiancée a rompu ou a été forcée de rompre pour cause de groupe sanguin incompatible, elle aussi sans doute influencée par des parents envahissants.
Et oui, si le film s’appelle bien « Two lovers », on est à des années lumière de la classique comédie romantique américaine et il aurait tout aussi bien pu porter un autre titre : « L’homme qui pleure » ou « L’homme sans âge ». Cet homme c’est Joaquin Phoenix acteur majuscule, désormais alter ego (et c'est tant mieux) du grand James Gray.
Par où commencer quand chaque scène d’un film est un coup au cœur ou un petit miracle esthétique ? Leonard est photographe à ses heures ce qui justifie sans doute que tout le film très hivernal soit plongé dans une lumière mélancolique et littéralement illuminé de plans d’une beauté renversante. Quand la beauté d’un film se voit trop c’est que peut-être elle est trop ostentatoire. Ce n’est pas le cas ici où tout s’harmonise parfois douloureusement autour de ce cœur parfois en hiver.
Mais revenons-en à l’histoire de Leonard. Pour l’aider à reprendre goût à la vie, ses parents lui présentent la jolie, douce, rassurante et parfaite Sandra qui rêve d’un monde idéal (son film culte est « La mélodie du bonheur »). Elle va l’aimer dès la première rencontre. Pratiquement le même jour Leonard croise sa voisine, Michelle qui vient de s’installer dans l’immeuble. Patatra ! Il n’en faut pas plus pour tout remettre en question et que le cœur de Leonard devenu solitaire se remette à battre à tort et à travers, hésitant entre deux filles toutes deux attirantes mais opposées.
Michelle est magnifique, gaie, drôle, dynamique et Leonard en tombe instantanément amoureux. Mais Michelle est aussi paumée et instable que lui. Elle a une liaison avec un homme marié qui promet sans tenir et avec qui elle ne parvient pas à rompre. Leonard accepte d’être son meilleur ami. Il sera toujours là pour elle, dès qu’elle le « sonnera » quitte à souffrir en silence. Pour une fois, le téléphone portable a un rôle essentiel qui devient un véritable moteur de l’histoire et non pas un prétexte pour la faire avancer. La surexcitation avec laquelle Michelle et Leonard échangent leurs numéros est à la fois délicieuse et ridicule, absolument touchante. On dirait deux pré-ados :
- « tape ton numéro sur mon portable, on s’enverra des SMS !
- oh oui et moi je mettrai une sonnerie rien que pour toi ! ».
C’est grâce à cette sonnerie qui retentira aux moments les plus inopportuns qu’on saura à quel point Leonard n’est jamais vraiment « là » où il devrait être. Sa relation avec Sandra devient peu à peu officielle. Elle est aveuglée par l’amour qu’elle porte à Leonard, qui lui, ment, se cache pour continuer à voir Michelle tantôt euphorique, tantôt désespérée. Il la retrouve parfois sur le toit de l’immeuble où beaucoup de décisions vont se prendre. Mais les scènes magiques où ils se parlent de la fenêtre de leur chambre respective qui donne dans la cour sont d’un romantisme, d’une beauté inouïs, presqu'enfantines aussi et forcément très évocatrices de la distance qui les sépare. A la fois si proches et si lointains ! Elles ne sont évidemment pas sans évoquer deux chefs-d’œuvre « Fenêtre sur cour » et « West Side Story »…
Bien sûr, James Gray conclut son film mais face aux hésitations multiples, aux innombrables tâtonnements de Leonard, j’y ai plutôt vu moi, une histoire sans fin d’une infinie mélancolie sans réel pessimisme mais avec la certitude que tout n’est pas si simple dès lors que le cœur et la raison entrent en action.
On peut dans ce film retrouver avec bonheur Isabella Rossellini, formidable en mère juive sur-protectrice avec son visage de madone qui ne craint pas de montrer l’âge qu’il a et son nom qui résument à eux seuls une partie de l’histoire du cinéma. On apprécie Vinessa Shaw, à la fois douce, discrète, patiente et infaillible face à l’homme qu’elle aime. On découvre (enfin !) Gwyneth Paltrow dans ce rôle où elle est un véritable soleil qui porte parfois la douleur et la détresse avec une belle intensité.
Mais évidemment, l’astre de ce beau « film malade » (expression qui semble prendre tout son sens ici) c’est Joaquin Phoenix capable dans la même scène d’avoir l’air de l’enfant le plus fragile de la terre puis d’un homme qui aurait vécu mille vies portant sur ses épaules toute la tristesse du monde. Il est magnifique. On comprend parfaitement que dès qu’il l’a vu la première fois à l’écran James Gray ait eu envie de filmer son visage qui est un spectacle à lui seul, attirant, fascinant. Son sourire est séduisant, ses larmes sont déchirantes… et lorsqu’il devient le roi du dance-floor dans une breakdance étonnante, il est irrésistible !
Et comme dit Mademoiselle In The Mood : "un Oscar sinon rien" !

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mardi, 18 novembre 2008
Les bureaux de Dieu de Claire Simon *(*)

Dans les bureaux du planning familial on parle beaucoup de sexe, mais sans joie. On découvre qu’aujourd’hui encore des filles jeunes ou moins jeunes sont bien mal renseignées sur la contraception, que beaucoup de (fausses) idées reçues et toutes faites circulent sur l’avortement, que le poids des traditions pèsent lourd sur les filles, que le dialogue passe bien mal entre les générations dès qu’il s’agit d’évoquer la pilule ou le préservatif…
Suivre le quotidien d’un de ces centres où des conseillères délicates, attentives, discrètes, psychologues, patientes écoutent, rassurent, avertissent sans jamais juger est vraiment très intéressant, parfois surprenant, d’autres fois émouvant.
Mais plusieurs aspects ont « coincé » en ce qui me concerne. J’ai trouvé que le choix de merveilleuses actrices de premier plan pour interpréter les conseillères desservait plutôt le propos et la cause éminemment sociaux et humains qui se jouent entre ces murs, puisque leur présence seule nous rappelle toujours qu’il s’agit bel et bien d’une fiction. Les actrices ne sont pas en cause car elles sont toutes sans exception, Nathalie Baye, Nicole Garcia et Isabelle Carré en tête, capables de toute l’empathie, la compassion, la générosité, l’implication et l’émotion qui conviennent à leur mission.
Par contre, la présence incongrue d’Emmanuel Mouret m’a laissée assez décontenancée…
Par ailleurs je ne me souviens plus être sortie avec un tel mal de crâne d’une séance de cinéma. La faute en revient à :
- l’insupportable musique à la trompinette bouchée qui survient inopinément à intervalles réguliers,
- les plans séquences incessants qui passent d’un personnage à l’autre avec une caméra fixée sur un caméraman monté sur patin à roulettes et sans doute juché sur un trampoline…
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VOUS AVEZ JUSQU'AU 15 DECEMBRE POUR POSER VOTRE CANDIDATURE.
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17:12 Publié dans - LES FILMS * - BOF ! mais pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : les bureaux de dieu, cinéma
samedi, 15 novembre 2008
Stella de Sylvie Verheyde ****


Stella ou comment devenir grande quand on est une petite fille de 12 ans entourée d’adultes paumés qui vous regardent sans vous voir ? Malgré tout, Stella pousse tant bien que mal, un peu comme une herbe folle, pleine de doutes, de peurs et de violence. Elle intègre un collège du XVIème arrondissement où elle décide de baisser la tête pour ne pas se faire remarquer par tous les jeunes de son âge nantis qui se moquent de son allure, de ses vêtements. Elle vit avec ses parents débordés, dépassés mais affectueux, dans un troquet qui semble accueillir tout ce que Paris fait de marginaux, alcoolos, petits truands, clodos, chômeurs. Le soir on y chante, on y danse, on y boit encore et encore. Dès que Stella rentre de l’école, elle oublie son cartable jusqu’au lendemain où elle ne peut que constater qu’elle ne comprend rien à ce qui se passe en classe et évidemment qu’elle n’a jamais fait ses devoirs. Par contre, le poker, le billard, le flipper et la télé, elle connaît. Ainsi que les chansons de Sheila, Eddy Mitchell ou Daniel Guichard. Et puis un jour elle sympathise avec Gladys qui va devenir sa meilleure amie. Elève douée, fille de psychiatre Gladys fait découvrir la lecture à Stella dont la mère s’étonne qu’elle puisse lire des livres qui ne sont pas imposés par les profs. Stella va se prendre de passion pour Cocteau, Balzac, Duras : « je lis, je ne peux plus m’arrêter de lire » et découvrir les douces chansons pleines de rage de Bernard Lavillier qui parlent si bien d’elle.
Je reconnais qu’en tout premier lieu je suis allée voir ce film sans rien en savoir, juste parce qu’il y avait Guillaume Depardieu au générique. C’est évidemment un crève-cœur de le revoir et même difficile de retenir ses larmes car il y est plus que jamais tendre, calme et d’une infinie douceur. Être l’ami, un peu le Prince Charmant dont Stella rêve lui va forcément à merveille car dès qu’il est en présence d’enfants tout le charme, la gentillesse, la délicatesse dont il était capable semblent plus que jamais déferler sur l’écran. C’est également frustrant car son rôle, même s’il est capital pour l’épanouissement de Stella, est secondaire. Et puis en un long gros plan fixe sur son visage de plus en plus balafré, son énigmatique et insaisissable tristesse envahit l’écran. Inconsolable à jamais.
Stella, c’est une petite actrice Léora Barbara, absolument saisissante de justesse, de rage contenue et de volonté. Jamais elle ne minaude ou n’agace mais toujours elle surprend. Lucide au point de s’apercevoir sans presque l’aide de personne, que c’est seule qu’elle s’en sortira. La réalisatrice suit son évolution sur une année scolaire, véritable parcours du combattant, pour elle plus que pour d’autres, à une époque (les années 70) où les profs ne s’embarassaient pas de psychologie, où les mauvais élèves étaient humiliés devant toute la classe et renvoyés à leur condition de cancres. Jusqu’à ce qu’un prof étonnamment plus attentif que d’autres (formidable Christophe Bourseiller qui a bien joué les cancres dans sa jeunesse…) s’aperçoive lors d’un exercice d’une belle finesse que Stella est vibrante, intelligente, réfléchie et hyper sensible. C’est très beau. Tout d’ailleurs est très beau et très dur dans ce film d’une pertinence et d’une authenticité sidérantes. Il ne s’agit pas tant de la reconstitution une nouvelle fois parfaite d’une époque mais de tout un ensemble qui fera que tous ceux qui étaient adolescents à cette époque vont se retrouver immanquablement en Stella car tout y est juste et finement observé. Si les fillettes de l’époque accrochaient des photos d’Alain Delon dans leur chambre et passaient de longues heures alanguies ou révoltées à écouter des 33 tours, le culte du physique et la dictature de l’apparence n’étaient pas encore d’actualité, il fallait s’occuper, faire ses devoirs, montrer son bulletin aux parents qui ne s’occupaient pas de vous aider mais se contentaient de vous dire de travailler « c’est pour toi que je dis ça ! » et bien souvent comme Stella comprendre toute seule quels adultes étaient dignes de confiance et ceux dont il fallait se méfier.
Cette histoire et ce film sont à la fois bouleversants et plein d’espoir et le casting est étourdissant d’authenticité, empli d’acteurs aux rôles souvent border line. Je n’ajouterai rien à la prestation sans artifice de Guillaume Depardieu. Benjamin Biolay au bord du précipice mais affectueux avec sa fille est magnifique, Karole Rocher est une mère aimante, un peu vulgaire mais touchante parce que totalement perdue et malheureuse. Tous les autres sont dans le ton et la petite Léora Barbara est extraordinaire.
Et bravo mille fois à Sylvie Verheyde pour ce film fort, bouleversant, sincère.
Précipitez-vous !
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vendredi, 14 novembre 2008
La bande à Baader de Uli Edel ***


La vie, la gloire et la mort de la célèbre « Bande à Baader » qui terrorira l’Allemagne de l’Ouest dans les années 70 en multipliant les attentats sanglants.
Au départ la cause semble juste voire légitime : lutter contre l’impérialisme américain, refuser la guerre au Vietnam. Mais la façon qu’ont ces adeptes de l’extrême gauche ou ces intellectuels de défendre leurs idées devient rapidement tellement de plus en plus violente et incohérente qu’au final tous les membres du groupe ne peuvent apparaître que comme des fous sanguinaires qui ne peuvent s’exprimer qu’en faisant couler le sang.
Le film semble relater les faits sans juger, ce qui est admirable quand on essaie parfois de nous présenter des tueurs comme des héros. En ce qui me concerne, à aucun moment je n’ai cru que ces gens luttaient pour une cause. Tout n’est pour eux qu’un prétexte pour faire exploser leurs bombes et faire des victimes. Et bien qu’ils se défendent de ne jamais vouloir tuer d’innocents, rien ne les empêche de déposer des explosifs dans des bureaux pendant les heures de travail, de vider leur chargeur sur des cadavres. Des tarés sauvages, dangereux et enragés voilà tout. Ils vont jusqu’à aller prendre des « cours de terrorisme » de terrain à Bagdad, en Jordanie avec de « vrais » terroristes pour rendre ce qu’il nomme leur guérilla urbaine encore plus « organisée ». Ils sont prêts à fricoter avec n’importe quelle organisation pourvu que ça les rende encore plus efficaces.
Lorsque tous les survivants seront arrêtés et incarcérés, une seconde puis une troisième génération de cette « Fraction Armée Rouge » naîtra et poursuivra les attentats tandis que Baader et sa bande tenteront de mettre au point leur système de défense dans un procès fleuve captivant. Les méthodes de barbares employées dans les prisons et notamment dans les quartiers haute sécurité laissent encore une fois sans voix, anéanti, accablé…
Tout cela est passionnant, formidablement bien conté, musclé, énergique et sans un temps de répit. Et les formidables acteurs sont tous, sans exception, au diapason de cette « histoire de fous pleine de bruit et de fureur »…
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jeudi, 13 novembre 2008
The Duchess de Saul Dibb *


L’arrière arrière arrière ancêtre de Lady Di existe, elle s’appelle Georgiana Spencer. Elle est vendue par ses parents à 17 ans au Duc de Devonshire 2 fois et demi plus âgé qu’elle. Elle ne désespère pas de s’en faire aimer mais son époux aveugle restera le seul homme de tout le royaume à ne pas succomber aux charmes de sa délicieuse épouse. Dans le « contrat », il est prévu qu’elle lui donne un héritier mâle, au lieu de quoi elle va lui pondre une palanquée de pisseuses. On n’a pas idée.
Monsieur le Duc est odieux. Il ne fait jamais de bisous, n’a jamais une parole aimable, à l’occasion il viole madame, lui pique sa meilleure amie qu’il installe dans la maison comme première concubine, fait des moutards aux bonniches, fait des mamours à ses chienchiens, menace Georgie (pour les intimes) de l’empêcher de voir ses enfants si elle ne file pas droit etc, etc ! Ce sale type c’est Ralph Fiennes, c’est vous dire si c’est crédible !
Bref, du coup la Georgie devient une vraie suffragette, s’intéresse à la politique mais n’en oublie pas pour autant de devenir une icône de la mode, une véritable avant-gardiste (fin XVIIIème) admirée des foules pour ses beaux chapeaux à plumes. Elle prend un amant et je crois qu’il sera difficile dans toute l’histoire du septième art de trouver plus fade et acteur tartignolle (Dominic Grey comme son nom l’indique… mes excuses à la famille).
J’aurais aimé m’émouvoir aux heurs et malheurs de la pauvre Georgette mais j’avoue qu’elle m’a laissée de glace et qu’au bout de trois quart d’heure je regardais ma montre. C’est mauvais signe non ? Si ! La pauvre Keira Knightley qui porte mieux que personne la robe à panier, m’a semblé un peu moins pire que d’habitude mais a toujours tendance a frisotté son parfait petit nez dès qu’une émotion est censée surgir. C’est un peu court jeune fille !
Quant à Charlotte Rampling, elle est moche et pas bien du tout dans ce rôle.
Pourquoi une étoile alors ? Parce que je suis de bon poil et pour les robes de princesse. Basta.
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mercredi, 12 novembre 2008
L’échange de Clint Eatswood ****


Je sais, je ne suis pas crédible avec mon appréciation stellaire mais tant pis. Je laisse à d’autres le soin d’évoquer l’aspect très (trop ?) manichéen du film ainsi qu’une scène très évitable de pendaison. Je me concentre moi sur la légende en marche qu’est Clint Eastwood avec une filmographie que je perçois de plus en plus (est-ce possible ?) comme irreprochable.
Même si j’ai préféré « Sur la route de Masidon », « Million dollar Baby », « Un monde parfait », « Mystic River » ou « Lettres d’Iwo Jima », que je n’ai vu aucun « Harry » (mais ça viendra) cet « échange » m’a une nouvelle fois fascinée, car il l’est, fascinant. Car Clint Eastwood est comme personne un merveilleux compteur d’histoire simple mais aux multiples ramifications, que chaque plan, l’éclairage, la reconstitution touchent parfois à la perfection.
Pas le meilleur, pas le plus grand, mais un magnifique film captivant.
Il s’agit donc de l’histoire (vraie, ce qui paraît presque inconcevable étant donné l’horreur que l’on va apprendre sur certaines mœurs de l’époque) de Christine Collins jeune mère célibataire tout entière dévouée à son bambin adoré (Walter 9 ans) qui se consacre également avec efficacité et compétence à son travail de chef d’un service de standard téléphonique. C’est justement en rentrant un soir qu’elle découvre que Walter a disparu.
Mais dans ce Los Angeles de 1928, tout est pourri, les policiers (qui tirent un parti juteux du crime, de l’alcool etc, en s’associant à la mafia), les politiciens, les médecins. C’est ainsi que l’enquête visant à retrouver le petit garçon tourne court et qu’au bout de quelque temps de recherche, afin de redorer le blason quelque peu terni de la police locale, on impose à Christine un garçon qu’elle affirme ne pas être le sien. Sommée de se taire, elle n’en continue pas moins de clamer du fond de sa détresse, mais toujours avec calme et détermination, qu’elle veut retrouver son fils.
Lassé par l’opiniâtreté de Christine qu’il considère comme de l’entêtement, le chef de la police (campé par un acteur inconnu époustouflant Jeffrey Donovan) va la faire jeter dans un hôpital psychiatrique aux pratiques scandaleuses d’un personnel sadique. Elle va y rencontrer des femmes pas plus folles qu’elles, mais placées comme elle sous le « code 12 », c’est-à-dire dont on s’est débarassé car elles risquaient par leurs actes ou leurs propos d’être dérangeantes pour la police. C’est grâce à l’intervention d’un pasteur presbytérien (John Malkovich, impeccable) qui dénonce régulièrement sur les ondes radiophoniques et lors de prêches enflammés la corruption des élites locales que Christine va réussir à sortir de l’hôpital plus déterminée et combative que jamais.
Une des scènes magistrale de ce film se situe justement à l’hôpital où le chef de service, psychiatre véreux lui aussi tente de lui faire signer le renoncement à ses recherches. A ce moment, alors qu’elle doit tenter de prouver qu’elle n’est pas folle, chacun de ses propos se retourne systématiquement contre elle. Cette scène parfaite est un modèle, interprétée par une Angelina Jolie incomparable.
Parallèlement au calvaire de Christine Collins on suit l’enquête qui mène un policier (le seul intègre de la ville sans doute) sur les traces d’un serial killer d’enfants qui ne serait peut-être pas étranger à la disparition de Walter.
Les pistes sont tellement multiples et variées dans ce film fleuve passionnant qu’il faudrait plus d’une note pour les décortiquer mais une fois encore Clint Eastwood démontre (entre autre) que l’injustice et le mal que l’on fait aux enfants le scandalisent. Comme souvent il conlut son film par un apparent simulacre de happy end en demi-teinte et filme une rue de Los Angeles avec au premier plan un cinéma où passe le film qui a reçu l’Oscar à Hollywood en 1935. Sacré Clint !
Le tout est évidemment enveloppé par la douce, mélancolique, délicate et raffinée musique de Clint himself.
P.S. : Angelina est parfaite, plus que parfaite !

07:25 Publié dans - LES FILMS ***** - Incontournables Aaaaah Oui Oui | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : l'échange, clint eastwood, cinéma
mardi, 11 novembre 2008
La très très grande entreprise de Pierre Jolivet **



Suite à la pollution industrielle d’un étang par la multinationale Naterris, une soixantaine de riverains obtiennent une indemnisation de 12 000 €uros. Trois d’entre eux, qui ont été contraints de fermer leur petite entreprise qui a connu la crise, considère cette somme dérisoire pour une entreprise qui engrenge des milliards d’€uros de bénéfice avant investissements… Ils ont un mois pour faire appel, ils s’unissent pour « monter » à Paris, tenter d’intégrer la grande entreprise et découvrir des éléments nouveaux qui pourraient compléter et étoffer leur maigre dossier.
Réussir une comédie avec en fond un propos qui a du sens et tient la route n’est pas facile. Jolivet y parvient en partie grâce à son quatuor de gens bien ordinaires qui veulent jouer les agents secrets pour défendre leur juste cause. Mais avec sa bande de chômeurs altermondialistes face à un géant pollueur, le réalisateur fait plus rire (et même beaucoup rire d’ailleurs) que réellement compatir et s’interroger. Cela dit le monde de l’entreprise est parfaitement bien vu il me semble avec sa tour inhumaine, les gens qui se croisent sans se voir, la hiérarchie plus intouchable et arrogante à force qu’on monte dans les étages, la façon méprisante qu’ont les petits ou grands chefs de rencontrer les « petits » sans leur accorder la moindre attention comme s’ils étaient transparents… Pour le reste, on est bel et bien dans la comédie pure et les acteurs énergiques et impliqués forment une équipe des plus réjouissantes. Jean-Paul Rouve et Marie GIllain sont formidables en travailleurs ordinaires, Adrien Jolivet craquantissime. Mais à leur tête, il y a le grand (dans tous les sens du terme) Roschdy Zem qui prouve à nouveau que rien ne lui résiste et dont le tempo comique fait ici un malheur. La plupart de ses interventions a déclenché un éclat de rire unanime dans la salle. Il faut le voir en séducteur, en vigile beauf, en pseudo agent secret… Il est tordant.
11:08 Publié dans - LES FILMS ** Ah Oui. | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : la très grande entreprise, cinéma
lundi, 10 novembre 2008
Être membre d’un jury de Festival…

Comme chaque année depuis 26 ans, le Festival offre à 8 cinéphiles venus de la France entière d’être membres du jury sous la présidence d’un réalisateur. Il proposera une compétition internationale de premiers films (longs métrages de fiction) venus du monde entier.
Le jury se réunira à Annonay du jeudi 5 au dimanche 8 février 2009,
période pendant laquelle tous les films en compétition seront projetés en présence de leurs réalisateurs. Si vous souhaitez devenir membres de ce jury du festival, écrivez aux organisateurs du Festival et faites-leur part de votre candidature.
Dans votre courrier de candidature (3 pages maximum), indiquez vos nom, prénom, âge, profession, adresse et numéro de téléphone, adresse mail éventuellement.
Indiquez également tout ce qui peut les aider à cerner votre personnalité de cinéphile :
- les deux ou trois films que vous avez le plus aimés cette année,
- vos réalisateurs préférés,
- les genres cinématographiques que vous aimez et ceux que vous n’aimez pas,
- les raisons pour lesquelles vous souhaitez devenir membre du jury,
- la place qu’occupe le septième art dans votre vie, …
Votre courrier doit parvenir avant le 15 décembre 2008 à :
Festival International du Premier Film
MJC - Avenue Jean Jaurès
07100 ANNONAY
email : cinema@mjcannonay.org
Les frais de séjour des membres du jury sont pris en charge par le festival ainsi qu’une participation aux frais de déplacement.
Comme certains le savent j’ai eu la chance, le bonheur et le privilège d’être membre de ce jury en 2005.

Depuis j’y retourne chaque année avec toujours le même enthousiasme (vous pouvez retrouver mes compte-rendus dans la rubrique « Festival » ainsi que quelques photos dans mes albums), car au-delà de l’excellence des films présentés dont certains sont inoubliables, ce Festival convivial et chaleureux permet d’être au contact permanent pendant plusieurs jours des acteurs et réalisateurs parfois venus de l’autre bout du monde, d’assister non seulement aux films évidemment (attention, 10 films en quatre jours (y compris le film d'ouverture et le film de clôture) c’est merveilleux, troublant et… fatigant !) mais aussi à des conférences, des tables rondes et d’échanger en permanence avec des professionnels souvent même autour d’un verre au « boudoir » rebaptisé chaque année en fonction du thème choisi…
Quant à l’expérience d’être membre de ce jury, elle marque à jamais la vie de cinéphile, si pas la vie tout court, par l’intensité du partage et des liens qui se tissent et qui parfois se maintiennent au fil des années.
Créer et animer par des passionnés (souvent bénévoles) ce festival reste cher à mon cœur et je ne peux que vous inviter à prendre votre plus belle plume pour tenter votre chance… les personnes chargées de désigner les heureux élus ne font aucune discrimination qui concerne l’âge, le sexe, la profession… mais souhaitent avant tout être touchées, émues, impressionnées ou intriguées par les propos tenus.
Autant dire que tout le monde a ses chances et que j’invite ceux qui ont déjà fait une tentative l’année dernière de renouveler leur effort. Personne n’est jamais déçu, je l’affirme sans hésitation.
dimanche, 09 novembre 2008
La vie moderne de Raymond Depardon ***


Avec ce beau documentaire, le réalisateur pénètre sans effraction au cœur du monde paysan. Ici, pas de grandes exploitations, mais des petites fermes perdues au milieu de nulle part, des familles qui tentent tant bien que mal de survivre, de transmettre, de résister. Cette vision d’un monde peu connu des citadins, oublié peut-être, voire inconcevable fait parfois froid dans le dos, d’autres fois chaud au cœur. Raymond Depardon ne juge jamais, il observe et rend compte le plus simplement du monde puisque ce sont les paysans eux-mêmes qui s’expriment alors que parfois, il a bien du mal à obtenir une réponse à ses questions ou quelques confidences. Entre ce vieil homme de 80 ans étonnamment « moderne » et large d’esprit qui trouve inconcevable que les femmes d’agriculteurs soient considérées « sans profession » et son frère encore plus âgé, autoritaire, taciturne, rancunier qui a beaucoup de difficultés à accepter qu’une fille qui ne soit pas de la région ait épousé son neveu, le gouffre est immense. Mais tous travaillent finalement ensemble en écartant les états d’âme. Et pourtant tout le monde est conscient que cet univers, cette profession sont en train de disparaître. Même les plus jeunes qui tenteraient de s’installer renoncent à leur projet par manque d’argent et parce que les plus grands laissent peu de place aux petits.
Tout ici est magnifique, la campagne, les saisons, les couleurs, les lumières mais aussi douloureux, glacial et parfois dramatique.
En sortant de la séance, on comprend mieux certaines choses. Ces vieilles pierres que l’on observe, que l’on admire parfois au loin en traversant la campagne n’ont rien d’exotique. Derrière ces murs, il y a surtout beaucoup de labeur, de sueur, de conflits, de tracas, de courage et de dignité. Et ces beaux visages burinés, aux rides profondes le sont parce qu’être paysans, c’est 365 jours par an de travail rude, de passion parfois, toute une vie à s’épuiser.
Un film admirable donc, âpre, inattendu et plutôt bouleversant.
07:37 Publié dans - LES FILMS *** - Ne les ratez pas Aaah Oui ! | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : la vie moderne, cinéma
samedi, 08 novembre 2008
Mensonges d’Etat de Ridley Scott *



Un membre de la CIA, Roger Ferris est chargé de traquer un terroriste au Moyen-Orient. Son chef, Ed Hoffman le suit sur des écrans géants sis aux statesses grâce au satellite placé au-dessus de la tête de l’agent de terrain.
Le Moyen-Orient est vaste alors on voyage beaucoup (Irak, Jordanie, Emirats Arabes, tout ça), ça dépayse bien que ça ne donne aucune envie de tourisme. Le terrorisme et la CIA c’est compliqué alors évidemment on n’y comprend pas souvent grand-chose à qui est qui et qui fait quoi et surtout pourquoi. D’abord pourquoi « Mensonges d’Etat » ? Mystère et boule de gomme !
Moins pourri et calamiteux que le pas très ancien « Le royaume » de Peter Berg, cette chasse au terroriste laisse malgré tout à peu près froid. Heureusement, il y a Leonardo Di Caprio qui même au minimum syndical est bon. Cela dit, son prénom c’est Roger et même si en engliche on dit « Rodgeur », ce qui est moyen naze, ici on dit « Rojé » et ça ne lui va pas. A un moment, il se fait torturer grave et ça fait mal au cœur et ça fait sursauter. Il s’en sort avec des bleus et des pansements mais il cicatrise vite, le plan suivant, il n’a plus qu’une petite croûte derrière l’oreille. Comme ça, il est tout beau pour aller draguer une syrienne infirmière qui lui fait des piqûres dans le ventre parce qu’il s’est fait mordre par un chien enragé.
Heureusement, il y a Russel Crowe, gras comme un moine (pour « Gladiateur II » c’est loupé, le bide lui tombe sur les cuisses… ah ben oui, j’suis bête, il est mort Gladiateur… on oublie) il ne pense qu’à bouffer et balance sans rire quelques blagounettes qui réveillent un peu. De temps à autre il prend l’avion pour rejoindre son poulain qui lui balance « tu devrais faire un régime ». Y’a Ed (Russel Crowe, suivez un peu quoi !) qui à un moment dit à Roger (c’est Léo, oubliez pas) « dans l’avion, j’ai vu « Poseidon » »… vous savez le film. Moi je dis que s’il avait dit « dans l’avion, j’ai vu « Titanic », ça aurait eu plus de classe. Mais les scénaristes ne me contactent jamais, c’est un monde ça.
Sinon ? Ben sinon rien !
Ah si, y'a le sosie d'Andy Garcia (Mark Strong, très beau) et quand je m'ennuie j'aime bien jouer au jeu des sosies, ça occupe.
Mais Ridley Scott est fatigué.
07:24 Publié dans - LES FILMS * - BOF ! mais pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : mensonges d'etat, cinema




















