19/05/2013
HORS LES MURS de David Lambert (DVD)***(*)

Synopsis : Paulo, un jeune pianiste, rencontre Ilir, un bassiste d’origine albanaise. Aussitôt, c’est le coup de foudre. Du jour au lendemain, Paulo quitte sa fiancée pour s’installer chez Ilir. Le jour où ils se promettent de s’aimer pour la vie, Ilir quitte la ville et ne revient plus.
J'avais raté ce film d'amour lors de sa sortie en salle. Grâce à Cinétrafic, j'ai pu le voir en DVD. Il est distribué depuis le 7 mai par EPICENTRE FILMS.
"Hors les murs" fait partie de ces grands petits films qui hélas passent souvent inaperçus lors de leur sortie en salle mais qui méritent largement une seconde chance en DVD. Ce n'est pas uniquement un film sur l'homosexualité mais bien l'histoire d'amour désespérée de deux garçons. Après la surprise réciproque de tomber instantanément amoureux, Illir et Paulo vont vivre comme tous les couples du monde une période idyllique. Paulo, infantile et irrésistible ne va cesser de surprendre Illir. Et peu à peu c'est l'évidence, ils deviennent indispensables l'un à l'autre.
Guillaume Gouix nous a habitués à ses prestations intenses et "habitées". Il interprète chacun de ses rôles de composition avec évidence. Et ici encore il faut le voir tenter de résister aux avances insistantes de Paulo puis de déclarer au monde entier... "Je vous présente ma Princesse !" Mais le jeune Matila Malliarakis, fragile, gracile, au phrasé hésitant parfois à la limite du bredouillage, du balbutiement inaudible incarne avec audace toutes les nuances des adjectifs irrésistible et irremplaçable.
12:52 Publié dans MA DV-THEQUE DE REVE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hors les murs de david lambert, guillaume gouix, matila malliarakis, cinéma
18/05/2013
LE PASSÉ de Asghar Farhadi **

Marie souhaite que son divorce d'avec Ahmad soit prononcé afin d'épouser Samir. Ahmad, retourné en Iran, son pays d'origine, après la rupture, revient à Paris pour quelques jours et découvre la relation de Marie ainsi que ses rapports conflictuels avec sa fille aînée Lucie (la jeune Pauline Burlet, très bien), ado tourmentée... qui rentre de plus en plus tard. Marie ne cesse de faire et de défaire une vie amoureuse cahotique. D'un premier mariage elle a eu deux filles. Le père est totalement absent. Aucun enfant n'est né de son union avec Ahmad, mais elle est enceinte de Samir qui a également un fils de son union précédente. Ahmad a vite fait de se rendre compte à quel point la situation est complexe d'autant que Lucie n'accepte pas du tout le nouveau compagnon de sa mère et encore moins son prochain mariage. Alors, Marie demande à Ahmad de l'aider à comprendre pourquoi sa fille désapprouve Samir. Elle lui reprochera plus tard de ne pas se mêler de ses affaires. Les secrets et les non-dits vont peu à peu surgir ou réapparaître, compliquant encore une situation déjà bien embrouillée... Et les personnages vont découvrir qu'il n'est pas si simple de faire table rase d'un passé dont les attachements et ruptures ne sont pas résolus ! En fait, je résumerais ce film simplement en disant que les protagonistes de l'histoire sont tellement englués dans un présent sinistre, qu'ils ne peuvent que se retourner sur leur passé. Ce qu'ils vivent est si effroyablement cafardeux qu'ils ne peuvent que faire leur cet aprhrorisme : "on sait ce que l'on perd mais pas ce que l'on gagne".
Difficile de parler d'un film tellement encensé quand on est resté complètement à l'extérieur. Ce n'est ni la faute de la réalisation ni de celle des acteurs, parfaits ! Mais je dois bien avouer que la magie de l'implacable Une séparation (précédent film du réalisateur) n'a pas opéré cette fois. Je serais moins catégorique que mon voisin de gauche qui a soupiré au bout d'une heure et demie (le film dure 129 loooooooongues minutes) : "on s'en fout un peu, non ?", mais une chose est sûre, il m'a été absolument impossible de m'attacher à un seul des personnages quoique Ahmad... Pourtant je me suis accrochée dans l'intention de vivre une nouvelle expérience renversante. Mais non. Je n'ai pas eu vent d'un suicide collectif de la part des acteurs ou de spectateurs donc je pense que tout le monde a survécu à l'épreuve mais c'est ce qui m'a le plus gênée au fond, ce film est plombant, déprimant, désespérant. Dans Une séparation il y avait pourtant de lourds fardeaux aussi : une séparation donc, un vieux quasi grabataire, un jeune homme dépressif, une femme voilée obligée de mentir, des enfants contraints de choisir entre leurs parents, le poids d'un pays et de ses traditions, l'emprise d'une religion qui emmûrent les femmes... pas franchement de quoi se taper sur les cuisses. Et pourtant le film n'était jamais accablant. Au contraire, c'est un chef d'oeuvre. Ici tout pèse des tonnes et en premier lieu l'ambiance délétère asphyxiante. On sait, à moins de vivre sur Mars, que le réalisateur iranien a placé son intrigue cosmopolite à Paris et en banlieue. Et on ne le remerciera jamais assez d'avoir fait de ses personnages des gens "normaux" avec des emplois de gens ordinaires (Marie est employée dans une pharmacie, Samir tient une blanchisserie, Ahmad... on ne sait pas... psychologue peut-être tant il sait sonder l'âme humaine et proposer les bonnes réponses aux mauvaises questions). Mais il ne lui suffisait pas d'installer tout ce monde dans une maison de banlieue cafardeuse et en travaux (comme la vie du trio oui merci j'ai compris !) au fin fond d'une impasse de Sevran (pardon aux Sevranistes), il fallait aussi qu'elle soit au bord d'une voie ferré. Bref, pour le cadre c'est bon, c'est moche !
Avec le retour d'Ahmad et la signature de cette convention de divorce le passé ressurgit mais surtout le présent montre son vrai visage et comme l'écrivait Anatole France (oui ben, j'ai le droit) : "L'amour du passé est inné chez l'homme... Le présent est aride et trouble, l'avenir est caché". Ce film le démontre magistralement mais de façon implacable et démoralisante, oui j'insiste, démoralisante. Mais s'il se contentait d'être déprimant... je peux supporter et sortir d'apnée dès que je sors de la salle. Mais à l'instar d'un précédent film encensé à ma grande surprise, je pense que ce Passé est censé parlé d'amour et à aucun moment on n'en voit la trace. Evidemment il y a la toute dernière scène, la dernière image, la dernière réplique... mais chut, on ne peut rien dire. Mais là encore, j'ai eu la sensation que le personnage se réfugiait, dans le sens de s'enfuir, pour se dérober à un présent qui ne convient pas ! Samir, Marie et Ahmad semblent plein de douleur, d'agressivité même, d'amertume, de tourments... mais pas guidés par leur coeur et leurs sentiments. Et le réalisateur empile comme un mille feuilles sans fin les questions, les rebondissements, les revirements, les atermoiements, les hésitations... Il y a beaucoup de portes, de fenêtres, qui s'ouvrent, se ferment, se claquent, refusent de s'ouvrir. Et je n'ai pu compter le nombre de fois que chaque personnage avance et s'éloigne, lentement, s'arrête et fait demi-tour ! Au bout d'un moment, mon voisin et moi nous disions : "ah il/elle va faire demi-tour !!!"
Et le mille feuilles finit par retomber comme un soufflé !
Alors évidemment il y a les acteurs magnifiques (Bérénice !), impressionnants et notamment, et surtout le charismatique Ali Mosaffa véritable remède et antidote, ne serait-ce que grâce à sa voix merveilleuse, à tous les malheurs existentiels. Un prix d'interprétation ? Et quelques scènes dont celle entre Samir (Tahar Rahim, adulte et intense) et son fils dans le métro. Et aussi en deux scènes très fortes, Sabrina Ouazani démontre à quel point, depuis l'Esquive, elle est la championne du monde pour raconter et décrire un événement.
Mais pour résumer d'un seul mot : déception !
12:03 Publié dans 4 ** INTERESSANT | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : le passe de asghar farhadi, bérénice bejo, tahar rahim, ali mosaffa, cinéma
17/05/2013
THE GREAT GATSBY de Baz Luhrman ****

Nick Carraway (Tobey-Spider-Maguire) est un jeune courtier à la bourse de New-York. Il trouve une petite maison à louer à West Egg (Long Island) banlieue chic et snob de New-York, entre deux somptueuses demeures. Celle de sa cousine Daisy (Carey Mulligan) mariée à Tom Buchanan (Joel Edgerton) un type odieux, raciste, infidèle mais issu de la grande bourgeoisie et celle de Gatsby (MON Leo), milliardaire mystérieux. Le jeune homme est réputé pour ses soirées somptueuses où toute la bonne société new-yorkaise des années 20 se presse sans même avoir besoin d'être conviée. Mais cela importe peu à Gatsby. C'est son but de dépenser sans compter dans des soirées luxueuses et épater la galerie. Nick n'est pas du même monde mais Gatsby le remarque et en tant que voisin l'invite. Fasciné et intrigué par ce microcosme dont il ignorait tout, Nick écrit l'histoire de cet été frénétique qu'il va vivre au côté de Gatsby, Tom et Daisy.
Les suppositions les plus délirantes sur le passé de Gatsby circulent... Il aurait été un héros de guerre, il aurait sans doute tué un homme, il aurait été à Oxford, il aurait obtenu des médailles. Gatsby ne dément rien. Au contraire il entretient et alimente tous les mythes et le folklore qui se répandent à son sujet. Car il a un but et un seul. Puis-je le révéler à ceux qui n'ont ni lu le roman de Francis Scott Fitzgerald paru en 1925 ni vu le Gatsby de John Clayton de 1974 avec Robert Redford ? Non. Je dirai donc simplement que Gatsby va rencontrer Daisy sous le regard bienveillant de Nick qui sert d'entremetteur. Le couple de Daisy bat de l'aile, les disputes sont fréquentes. La jeune femme sait que son mari ne lui est pas fidèle, elle n'a donc aucun mal ni remords à tomber dans les bras accueillants du charmant Gatsby. Mais lorsque Tom comprend que sa femme le trompe à son tour, il va se mettre à chercher des informations sur le passé énigmatique de son richissime rival. Sa prodigieuse fortune provient-elle d'un héritage familial ou d'un enrichissement grâce à la contrebande de l'alcool ? Gatsby est-il un riche héritier ou un escroc ?
En voyant les différentes bandes annonces du film, j'ai eu très peur. Je trouvais tout cela clinquant, tape à l'oeil... bling-bling pour faire simple. Et ça l'est, en partie, mais c'est tout à fait justifié car d'une part le film ne se contente pas d'être une grosse machine luxueuse et d'autre part, il est évident que la folie et la magnificence des fêtes de Gatsby ne pouvaient être illustrées sans un minimum d'excès. Et le réalisateur se montre dans la première heure aussi généreux et prodigue que son héros. L'effet de surprise est quelque peu émoussé du fait que Moulin Rouge est passé par là il y a quelques années. Mais on reconnaît la patte du réalisateur dans le déploiement orgiaque de sons, la débauche de paillettes, de costumes et de mouvements du début. C'est trépidant, festif, jubilatoire. Je suis peu convaincue par l'utilisation de certaines musiques "actuelles". Si Baz Luhrman voulait moderniser la bande son pourquoi dans ce cas n'a t'il pas aussi actualisé l'histoire comme il l'avait fait pour Roméo + Juliette ? Il me semble que cette période qui voit l'essor du jazz était suffisamment prolifique en musique et musiciens d'époque pour ne pas avoir recours à des musiques actuelles ! Par contre, l'utilisation de la Rhapsodie in Blue de Gershwin à plusieurs reprises, et notamment dans une scène frénétique est absolument géniale.
Et puis l'agitation s'apaise et l'on découvre Gatsby, idéaliste, rêveur et romantique à la poursuite d'un absolu. Mais aussi naïf et persuadé que grâce à l'argent et au faste il peut tout obtenir. Face à lui cette sotte de Daisy, vaguement neurasthénique, petite poulette luxueuse qui s'ennuie mais au fond superficielle et surtout pas passionnée pour deux sous contrairement à ce que Gatsby croit ! Qu'ils se trompent ou qu'ils croient en leur pouvoir, certains personnages ne pensent finalement qu'à l'argent, au luxe, à l'oisiveté. Sauf Gatsby, pathétique mais confiant toujours prompt à faire visiter sa monumentale et fastueuse demeure, véritable Disneyland tape à l'oeil et de mauvais goût, factice, il n'a qu'un rêve : l'amour. Hélas, il le fait seul et pour deux.
Gatsby c'est donc Leonardo DiCaprio. Son arrivée après pratiquement une demi-heure de film tient véritablement de l'apparition. L'acteur une nouvelle fois incandescent semble se consumer de l'intérieur. Il peut passer de l'expression la plus douce, paisible et gracieuse à une inquiétude qui semble le détruire. Encore un beau personnage mélancolique et torturé, ravagé par ses propres rêves, son imagination.
La qualité de ses choix, l'excellence de sa filmographie composée de réalisateurs tels que Martin Scorsese, Woody Allen, Steven Spielberg, Sam Mendès, Quentin Tarantino, Ridley Scott, Clint Eastwood, Christopher Nolan... le placent désormais (depuis toujours selon moi) très haut dans le firmament des stars qui marquent à jamais de leur empreinte des rôles et des films tout entier. Comme c'est encore le cas ici. Ses partenaires ne déméritent pas mais ils sont davantage les observateurs impuissants de cette chute programmée. Carey Mulligan cette sotte de Daisy est sublimée par le regard de Leo/Gatsby mais au fond elle n'illumine pas de sa présence chaque endroit qu'elle traverse ainsi qu'il le suggère. Et Tobey Maguire/Nick est le témoin consterné d'un gâchis et d'un destin qu'il ne peut contrarier.
Le film est à l'image de son personnage principal. Lorsque le vernis superficiel se lézarde il ne reste qu'une profonde tristesse et un immense désespoir.
NB. : la 3D est une nouvelle fois strictement inutile.


00:11 Publié dans 2 **** INDISPENSABLE | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : the great gatsby de baz luhrman, leonardo dicaprio, tobey maguire, carey mulligan, cinéma
16/05/2013
L'HYPNOTISEUR de Lasse Halström **(*)

Néanmoins, avant d'en arriver à la conclusion et à la découverte de l'identité du criminel et de ses motivations... le spectateur est soumis à quelques frissons et soubresauts. Par ailleurs, la ville de Stockholm l'hiver est filmée comme un endroit sombre et gris totalement déprimant. Et chaque personnage semble évoluer dans une solitude désespérante.
19:41 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : l'hypnotiseur de lasse halström, cinéma, tobias zilliacus, mikael persbrandt, lena olin
ARTUS DE PENGUERN

- 13 mars 1957 - 15 mai 2013 -
j'aimais l'acteur lunaire,
j'aimais le réalisateur totalement barré,
mais aussi ses 3 minutes d'humeur hebdomadaires, chroniques énervées, indignées et follement intelligentes sur France Inter.
Voici une de ses chroniques :
18:46 Publié dans MES CHERS DISPARUS | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : artus de penguern
GAGNEZ UNE SOIRÉE AVEC RYAN GOSLING
mais non... j'rigole
je la passerai seule avec lui !
Je sais, ce n'est pas humain de jouer ainsi avec vos nerfs mais je ne trouvais pas de titre alors j'ai pensé que celui-là sonnait plutôt bien.
Pardon.
Sinon, vous ne le savez peut-être pas mais j'ai créé il y a quelques semaines une Page Face Book. Je n'ai toujours pas compris comment ce bousin fonctionne mais c'est un truc où je ne peux pas avoir d'amis ouf mais où on peut m'aimer. Et j'aime qu'on m'aime. Je m'attendais à avoir 30000 j'aime... et je n'en suis qu'à 35. J'ai honte, alors par pitié, cliquez-moi !
Pour me faire pardonner mon titre cruel, je vous invite à jouer pour la gloire.
Chaussez vos bésicles et dites-moi qui se trouvent autour de ces jolis yeux !
UNE SEULE RÉPONSE À LA FOIS PAR PERSONNE.
ON NE REJOUE QUE LORSQUE J'AI VALIDÉ LA RÉPONSE.
1
JARED LETO trouvé par Jojo


2
MATHEW MCCONAUGHEY trouvé par Jordane
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3
ELIJAH WOOD trouvé par Jordane


4
HUGH JACKMAN trouvé par The Fonz
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5
TOM HARDY trouvé par Jordane


6
CHRIS HEMSWORTH trouvé par Jordane


7
Je suis "obsédé" mais aussi "divine créature"



8
PAUL NEWMAN trouvé par pashmina
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9
TERENCE HILL trouvé par lena


10
Comédien, réalisateur, producteur, français, américain...



11
TAHAR RAHIM trouvé par Jane

12
KEAVU REEVES trouvé par Aude

13
ANDY LAU trouvé par Jordane


14
ROBERT REDFORD trouvé par lena
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15
LEONARDO DICAPRIO trouvé par Marine


16
RYAN GOSLING trouvé par UN GARçON !!!! Jordane


17
CHARLES CHAPLIN trouvé par Jordane


18
STEVE CARELL trouvé par Jordane
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19
CLINT EASTWOOD trouvé par The Fonz

20
HEATH -regrets éternels- LEDGER trouvé par Marijo


09:44 Publié dans LE LUNDI C'EST JEU | Lien permanent | Commentaires (105) | Envoyer cette note | Tags : jeu cinéma
15/05/2013
UNE VIE SIMPLE de Ann Huy ***

Ah Tao a toujours été au service de la famille de Roger. Elle s'est occupée de trois générations d'enfants. Aujourd'hui, Roger quarantenaire scénariste et producteur de cinéma vit seul avec celle qu'il considère comme sa nounou. Elle le couve, le materne, lui prépare ses repas. Au retour d'un de ses déplacements Roger trouve Ah Tao inanimée. Elle a eu une attaque et à l'hôpital elle se rend à l'évidence, elle ne pourra plus travailler et décide d'entrer dans une maison de retraite médicalisée. C'est Roger qui se renseigne, cherche le meilleur endroit possible qui manifestement n'existe pas. Ah Tao s'installe donc dans une maison pour vieux où on ne trouve qu'une unique pièce commune et en guise de chambres de petites alcôves séparées par des paravents. La chance d'Ah Tao est de bénéficier d'une alcôve pour elle seule...
La première constatation universelle et que démontre parfaitement ce film est à quel point on ne voit ou ne regarde plus les personnes proches de nous. Désormais seul chez lui, Roger n'est pas seulement incapable de se faire cuire une soupe aux nids d'hirondelle, il constate qu'Ah Tao lui manque. De son côté Ah Tao humble et effacée ne réclame rien. L'endroit où elle se trouve est un mouroir sinistre où elle côtoie toute la misère humaine où des personnes en fin de vie crèvent d'ennui et de solitude. L'observation du quotidien fait froid dans le dos mais il n'y a aucun misérabilisme dans cette peinture de la vieillesse souvent abandonnée. La réalisatrice s'attarde sur le papy encore vert qui "emprunte" de l'argent qu'il ne rend jamais pour aller voir des prostituées, la vieille qui reçoit les visites de sa fille et ne fait que réclamer son fils qui ne vient jamais, celle qui veut s'échapper, l'autre qui bave... ainsi que sur les fêtes obligatoires (scène cruelle où une jeune chanteuse vient faire sa B.A. et sa promo et où l'on reprend les friandises aux vieux dès que la caméra ne filme plus), la vie ordinaire d'une maison de retraite comme on en a tous vue ou entendu parler.
Mais ce qui fait palpiter le coeur est la relation nouvelle qui s'établit entre Roger et Ah Tao. Les visites de l'homme pourtant fort occupé se font de plus en plus fréquentes et les rôles sont inversés. Il se sent comme redevable et prend conscience de tout ce que cette femme lui a apporté, lui a sacrifié et à quel point il l'aime. Il est bien plus proche d'elle que de sa propre mère. Le rapport de classes est anéanti dans cette relation où peu à peu les sentiments s'expriment. La complicité et la connivence de cette femme et de cet homme sont bouleversants. Les moments partagés ne sont que tendresse, échange et générosité.
Un film vibrant, émouvant, à conseiller à Michael Haneke, où deux acteurs magnifiques Andy Lau et Deanie Ip parlent d'Amour et de compassion avec sensibilité, pudeur, évidence.
18:28 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : une vie simple de ann huy, andy lau, deannie yip, cinéma
J'AI HÂTE...
mais j'ai hâte

11:45 Publié dans JE DOIS VOUS EN PARLER | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : leo
12/05/2013
SOUS SURVEILLANCE de Robert Redford ***

Sharon Solarz ancienne activiste du Weather Underground, mouvement contestataire radical et violent des années 70 est arrêtée. Elle n'accepte de parler qu'à Ben Schulberg jeune journaliste ambitieux qui doit faire ses preuves au sein de sa rédaction. Un ancien flirt de fac, agent du FBI le met sur la piste de Jim Grant avocat veuf qui aurait jadis connu Sharon. Mais Jim disparaît, confiant sa fille de 11 ans à son frère, le journaliste se lance alors à sa recherche ainsi que de toutes les personnes qui auraient approché Sharon de près ou de loin.
Avec ce thriller politique à rebondissements Robert Redford semble s'interroger sur la perte des idéaux, la fin des illusions mais élude bien vite le fait que ces héros vieillissants sont passés par la case terrorisme et sont responsables de la mort de plusieurs personnes. D'abord pacifistes les membres du groupe ont en effet eu recours à des actes plus radicaux pour tenter de se faire entendre. Aujourd'hui chacun vit caché depuis des décennies, parfois sous un faux nom, avec une activité tout ce qu'il y a de plus respectable quand ils ne sont pas d'heureux pères de famille. Seule l'énigmatique Mimi semble avoir conservé son intransigeance et ses convictions de jeunesse.
Pour Redford donc les héros sont fatigués et quelque peu désappointés. Certains auront à prouver leur innocence et n'ont pas forcément très envie de revoir leurs anciens camarades. Le jeu de piste auquel on est conviés est haletant et on se laisse captiver par cette chasse à l'homme orchestrée avec tout ce qu'il faut de suspense. Mais le réalisateur s'attache plus encore à la personnalité de ces hommes et de ces femmes désenchantés et à l'arrivée de chaque personnage on se demande quelle star va surgir. Et on n'est pas déçu, Robert Redford s'est entouré d'un casting quatre étoiles tout dévoué, Susan Sarandon, Shia Labeaouf (très bien même si l'évolution finale de son personnage ne tient pas la route), Nick-je t'aime d'amour-Nolte, Julie-Lara-Christie, Chris-je t'aime aussi-Cooper, Sam Elliott, Brendan Gleeson, Richard Jenkins, Brit Marling, Stanley Tucci. Sans parler du réalisateur lui-même, parfait même s'il faut qu'il se méfie du jogging...
Lorsqu'apparaît le personnage de Rebecca interprétée par Brit Marling, j'ai craint qu'on ait à se farcir l'inévitable et très dispensable historiette d'amour qui tomberait là comme un cheveu sur le potage. J'avais tort et pas suffisamment confiance en Bob qui a offert un beau rôle à cette actrice éblouissante. Et c'est sans doute le privilège des grandes ou futures grandes de donner corps et existence à un rôle aussi court quoique déterminant... Et à force de me répéter que je l'avais déjà vue quelque part, j'ai fait des recherches et retrouvé cette pépite.
19:11 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sous surveillance de robert redford, susan sarandon, shia labeaouf, nick nolte, julie christie, chris cooper, sam elliott, brendan gleeson, richard jenkins, brit marling, stanley tucci, cinéma
11/05/2013
TRANCE de Danny Boyle **

Simon est commissaire-priseur mais son addiction au poker le confronte à des dettes qu'il ne peut plus assumer. Sa rencontre avec Franck, à la tête d'un gang de voleurs de tableaux (ou de voleurs tout court) va solder tous ses problèmes et lui en créer d'autres bien plus sérieux encore. Il devient le complice de Franck et lors d'une vente aux enchères dérobe un tableau de Goya Le Vol des Sorcières (je crois) vendu à un prix qui dépasse les 7 chiffres. Il s'oppose à Franck, reçoit un sale coup sur la tête, devient amnésique et ne se souvient plus où il a planqué le tableau. Malgré un passage mémorable par la case torture digne des nazis, Simon reste sans voix. Est alors engagée une (jolie... chacun ses goûts) psy spécialiste de l'hypnose, le genre qui vous fait retrouver vos clés de voiture en une séance. La demoiselle se montre aussi vénale que Simon, Franck et compagnie et entend bien toucher sa part du gâteau dès que le mignon se sera mis en mode recognition. Mais évidemment, mettre une bombasse entre deux célibataires chauds bouillants c'est comme lâcher un pachyderme chez un collectionneur de porcelaine.
Danny Boyle démarre pied au plancher, le vol des sorcières est virtuose. On jubile, on tape des pieds, ça va vite, ça se la pète côté garçons et la musique nous intime l'ordre d'exulter. Elle n'a pas tort, c'est fort bon. Evidemment ça ne tiendra pas ce rythme jusqu'au final mais il y aura des pointes de vitesse et des accélérations bienvenues. Et puis, Danny s'est bien gratté les neurones et nous faire voyager dans les souvenirs de Simon qui peu à peu reparaissent est le prétexte à moult digressions où le pauvre spectateur doit démêler le vrai du faux ! Il y a de quoi y perdre son latin à de multiples reprises et on ne sait plus toujours qui est qui, qui fait quoi et pourquoi. Si on décortiquait le tout on devrait bien trouver quelques incohérences et absurdités mais peu importe car ce labyrinthe mental est ludique, récréatif.
Il est dommage alors, que pas plus d'importance ne soit donnée à l'oeuvre en cause de tout cet embrouillami d'histoires qui s'enchevêtrent et se recoupent. Et puis il est incompréhensible que le réalisateur en profite pour nous faire passer un de ses fantasmes sexuels : les femmes doivent avoir un sexe de fillette. Occasion d'une scène de préliminaires totalement incongrue, sans utilité, parmi les plus stupide, ridicule et risible jamais vue et d'un full frontal insistant sur l'absence totale de pilosité de Melle Dawson ! Nous n'assistons néanmoins pas au rasage intégral qui a lieu en direct mais hors champ ! Pourquoi les actrices se sentent-elles obligées de faire "ça" ? Alors qu'on ne verra que les torses (superbe) de Vinz et de James ? Pourquoi ne peut-on voir leur émotion à la vue de ce chef-d'oeuvre ? Bref.
En outre, Rosario Dawson en psy qui connaît tout de la nature et de l'âme torturée humaine, il faut se pincer pour y croire. Et puis, le réalisateur tente de nous refaire un final en forme d'Inception... mais autant la toupie avait pu en tournebouler plus d'un(e)... autant le ...biiiiiiiiiiiiip... on s'en fiche un peu.
Divertissant, labyrinthique, mouvementé et bien foutu mais aussi vu aussi oublié !
13:53 Publié dans 4 ** INTERESSANT | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : trance de danny boyle, james mcavoid, vincent cassel rosario dawson, cinéma

