jeudi, 26 juin 2008

Au bout de la nuit de David Ayer °°

Au bout de la nuit - Keanu Reeves

Machin est un flic qui dort tout habillé… ou alors Keanu Reeves a un pijama rayé et ça, je ne peux pas le croire. Il vomit toute sa vodka du petit déjeuner mais ça ne l’empêche pas d’être le meilleur flic de L’Os En Gelé… comprenez qu’il dégaine avant de discuter, tire sur tout ce qui remue sans sommation et que même pas il frappe à la porte avant d’entrer. Mais bon, comme il tue que des vilains, on pardonne. Un jour il se frite grave avec son ex co-équipier, un grand noir propre sur lui qui le traite de raciste et tout… ça l’énerve trop Machin. Le lendemain, il veut aller lui dire son fait en lui fichant son poing dans sa gueule de naze (Machin a un problème de communication ça saute aux yeux comme un coup de pied au cul), non mais pour qui tu te prends ! Et paf (le chien… oui je sais elle date pas d’hier mais bon…) vla ti pas que l’ex co-équipier (tu sais le joli noir) se fait buter en plein dans une supérette dis donc. Et devine qui vient dîner ce soir ? Oups, devine qui c’est qu’est accusé ? Gagné, c’est Machin ! Mais dis moi, tu l’as vu le film ou bien ? Parce que si tu l’as vu c’est peut-être pas la peine que je me casse le mirliton à te raconter l’affaire !

Bon, je reprends. Donc, Machin est accusé d’être un tueur de flics Tu te rends pas compte ! Tuer des gens c’est que dalle, tuer des flics c’est hyper grave. Là-dessus, tu vas pas le croire, y’a le Docteur Maison qui déboule avec son front tout plissé et sa calvitie zarbi (en plein milieu du crâne mais derrière, j’avais jamais vu ça… Vous avez vraiment pas de bol vous les mecs avec vos cheveux qui foutent le camp… Et pendant qu’on est là à papoter chiffons, il faut vraiment que je comprenne comment il fait Keanu Reeves. Il a quand même 44 ans le cochon, et il a pas encore l’ombre de la moindre menace de ride, ça m’énerve !!!). Bon, le Docteur Mamour, c’est un vilain de l’IGS qui enquête sur les flics qui tuent des flics, autant dire que machin va avoir du fil à retordre. Et effectivement, ça va canarder sec, le plus souvent à tort à travers et sans raison apparente. Mais bon. Passons. On va avoir un défilé de flics ripoux de chez ripoux, puis des keufs zélés, des blacks-yo-man en jogging avec des chaînes en or, des qui dealent, des qui sniffent, quelques filles (pas très jolies j’ai trouvé) et vla, emballé c’est pesé. La grande révélation finale (qui c’est le grand vilain finalement hein je te le demande ?) est téléphonée dès la première bobine. C’est tellement con, tellement violent (bras arrachés, cervelle qui gicle…) et la plupart du temps de façon tout à fait injustifiée que je l’avoue sans peine, il y a bien longtemps que j’avais eu cette furieuse envie de sortir d’une salle. Mais je reste. Non pas qu’à ce degré de nullité j’imagine qu’il puisse y avoir un sursaut dans la dernière demi-heure. Non, c’est juste que je me demande toujours jusqu’où on peut descendre. Profond cette fois !

mercredi, 04 juin 2008

Las Vegas 21 de Robert Luketic °°

Las Vegas 21 - Kate Bosworth, Jim Sturgess, Josh Gad, Aaron Yoo et Sam Golzari

Ben Campbell est un étudiant surdoué, l’un des meilleurs de sa promo. Ça, il faut l’admettre sans discuter puisqu’on nous l’affirme d’entrée de jeu. Mais Ben est pauvre et pour entrer à Harvard Méd ‘ où il est admis, il lui faut trouver 300 000 dollars ou convaincre un jury qu’il peut bénéficier d’une bourse accordée à un seul chanceux. Mais Ben est mou du genou, timide et pas bien vif malgré son QI. Il est équipé de deux copains : le gros libidineux qui bouffe au lit, parle la bouche pleine en postillonnant des morceaux et qui est censé dire une grosse vanne toutes les trois secondes… inutile de vous préciser que ce gros ne me fait pas rire du tout , et l’autre tout aussi loser et dans la même misère sexuelle noire, mais encore plus quelconque voire transparent. Ces trois quiches boivent des coups en regardant les filles de loin.

Ben est courageux bien qu’exploité, il gagne 8 dollars de l’heure dans une boutique chicos pour arrondir ses fins de mois. Il aime sa maman mais son papa est mort (mouiiiiiiiiiiiiiiiiiin !!!) etc etc… Il est repéré par son prof de maths qui l’encourage à rejoindre un petit groupe de surdoués comme lui qui se rendent chaque semaine à Las Vegas car ils arrivent, grâce à la maîtrise du calcul mental et des statistiques à prévoir les cartes au Black Jack et à remporter de fortes sommes. Ben fait un peu sa pucelle effarouchée au début mais il ne lui faut pas longtemps pour être séduit par l’appât du gain facile et évidemment il devient un pro et les billets s’accumoncellent. Tout ne sera pas toujours si rose. Il y aura du mou dans la corde à nœuds et des coups et des bosses, des trahisons et… ON S EN FOUT prodigieusement (moi aussi je sais compter jusqu'à 21, j'en fais pas un cheese cake et je ne demande pas la légion d'honneur). Car il ne suffit pas de se rendre à Las Vegas pour nous re-re-refaire le coup de la bande à Ocean ! Quand George Clooney n’est pas là, George Clooney n’est pas là, faut se faire à cette idée. Quant à filmer en plans fixes, saccadés, ou ralentis des cartes et des jetons, en poussant l’ampli à 12 pour nous faire croire qu’il se passe quelque chose… ça n’a rien de bien folichon. Quand, en plus il faut chercher le talent du réalisateur et des acteurs, on n’est pas loin de toucher les bas fonds.

Que dire de Kevin Kayser Spacey et de Laurence Morpheus Fishburne (couille de poisson pour les intimes) ??? S’ils ne savent pas lire un scénario plein de vide, on ne va pas les plaindre. Si ? Pas moi ! Dans l’équipe des surdoués, il y a deux asiatiques un garçon et une fille, et c’est très étonnant de ne pas y trouver le black toujours de bonne humeur. Il y a aussi le garçon qui-se-la-pète mais qui fait la gueule tout le temps parce qu’il comprend rapidos que le Ben avec ses airs de sainte nitouche va lui piquer son taf. Et enfin, il y a LA fille, censée être mignonne, mais je ne vois pas qui pourrait rivaliser en fadeur avec Kate Botox qui a sur le visage le masque de Michaël Jackson, pauvre gosse. Quant au rôle de Ben, c’est le très récent Jim Sturgess qui s’y colle. Il ressemble un peu à Jake Gillenhaal mais en moins bon, en moins beau…en moins tout. Bref, il n’a rien à voir avec Jake Gillenhall.

Et ce film long et chiant ne ressemble à rien non plus !

samedi, 17 mai 2008

Cleaner de Renny Harlin °°

Cleaner

Les morts, ça fait des cochonneries. Ça se vide par les yeux, les oreilles et tous les orifices possibles. Si vous commettez l’étourderie d’oublier un mort dans votre cuisine, c’est apocalypse in the kitchen ! Le mort, il en met partout, de la cervelle, du sang, du pipi, du caca et tous les restes de bouillie qu’il a ingurgités. Quand il y a un mort dans une cuisine (ou un salon, ça dépend où le Colonel Moutarde a fait le coup), il faut tout nettoyer après. La police emmène le mort, mais elle laisse tout le caca. La police, elle est pas là pour faire le ménage. C’est à la famille de tout ramasser. Mais la famille, elle est trop éprouvée, elle a pas le cran, la force, le courage et le recul pour faire ça : elle a un mort dans sa famille, la famille ! Alors pour faire le sale boulot, y’a des mecs comme Tom Cutler (Samuel L. Jackson) qui est là, torchons, serpillière et désinfectant dans une petite mallette et qui vient tout remettre en état comme si de rien n’était. Le vrai rêve de la ménagère ce Tom. Il vous fait même les angles des vitres au coton tige dites donc ! Mieux que ma sorcière bien aimée : où Tom passe, la crasse trépasse !

Cleaner

Tom, c’est un ancien flic. Il vit dans un appartement fermé à triple tour, avec des verrous partout, derrière une porte blindée. On comprendra plus tard pourquoi et on s’en foutra comme du reste. Dans l’appartement, il y a une ado de 14 ans, mignonne comme un cœur qui regarde des vieux films en noir et blanc (des westerns apparemment, la veinarde !) en mangeant des pop corn. Elle fait ses devoirs sur un coin de table de cuisine. Elle se couche à 23 h 30 comme son papa lui dit et quand il l’emmène à l’école, ils se font des bisous en se disant qu’ils s’aiment, en riant comme deux bécasses et en prenant une voix de canard, c’est rigolo. On devrait toujours dire aux gens qu’on aime qu’on les aime, on ne sait jamais. (« Chéri, je t’aime, depuis toujours, pour toujours ! N’oublie pas l’pain !.. Excusez-moi j’avais un truc urgent à dire à chéri). Bon revenons en à notre Tom. Il se lave beaucoup les mains et range tout bien ses affaires dans des boîtes prévues à cet effet. C’est rapport à son métier. Ça l’a rendu miniculeux, métibu… fin, il range tout bien quoi ! Mais un jour de routine comme les autres où il va nettoyer le salon blanco-blanc plus blanc que blanc d’une grand maison blanche où y’a eu un règlement de compte Ok Coralien avec des bouts de cervelle sur les murs… et alors qu’il est reparti avec la clé (méticuleux quand il veut le Tom) de la maison et qu’il revient pour la rendre à la propriétaire… ention et damnafère, il s’aperçoit que le crime qu’il a nettoyé, dis donc, n’a pas été signalé à la police. Sur son papier d’intervention, y’a des faux noms, des fausses adresses et tout le toutim de l’arnaque avec un granta ! Du coup, vla ti pas notre Tom embarqué dans une affaire à la mormoille dont on veut lui faire porter le pocha avec corruption de flics pourris de chez ripoux, d’anciens collègues qui l’appellent « mon pote » et que pour lui ça veut dire beaucoup mais pas tant que ça finalement et patincouffin, en veux-tu en voilà, si t’en veux plus, y’en re-a quand même ! Sans compter qu’un jour où il est contrarié, il tourne la tête pile poil au moment où sa fille marque un but. Le drame ! « Ouais, tu l’as pas vu mon but que j’ai marqué… A quoi ça sert que je me déboîte le genou à faire des retournées acrobatiques pour mettre la boule dans le filet si c’est pour que tu siffles aux alouettes pendant que je me décarcasse. Ouiiiiiiiiin, mersonne ne m’aime moi. Maman reviens… ! ».

Cleaner - Keke Palmer et Samuel L. Jackson

Je peux vous dire qu’à ce moment précis là, il passe un putain de fu…. sale quart d’heure le Tom et qu'il fait pas son malin. Du coup, il préfère retourner au taf. Mais ça s’arrange pas mieux là-bas. Y’a son vieux pote (Ed Harris) qui boit des coups dans des bars glauques pendant qu’un autre pote (Luiz Guzman) joue les gros durs méchants pas beaux vilains à qui on l’a fait pas et que Ann Norcut (Eva Mendès… je cite les acteurs, c’est hyper important les acteurs !), la femme du mec qu’a répandu sa cervelle sur la moquette blanche, qu’on sent bien qu’elle a un super gros secret. Elle chiale dès qu’elle voit un moutard : « mon mari n’en voulait pas» dit-elle des trémolos dans la voix. Plus tard, on saura qu’elle a fricoté avec je ne vous dis pas qui. La fille de Tom va devenir serial killeuse. Le copain (je vous dis pas lequel) va s’en prendre une en pleine poire qu’il l’aura pas volée. L’autre copain (je vous dis pas lequel) va prouver que malgré sa mine pas tibulaire mais presque, n’est pas si méchant que ça… Et notre Tom, qu’est-ce qu’il devient ??? Franchement ? Franchement, vous voulez le savoir ! Et bien, je ne m’en souviens plus. Désolée, pourtant je suis restée jusqu’au bout (la preuve j’ai vu que la fille devenait serial !), mais franchement je m’en souviens plus n’insistez pas.

Cleaner - Ed Harris et Samuel L. JacksonCleaner - Samuel L. Jackson et Ed Harris

Bon, dans le film y’a Ed Harris : shame on lui. Et puis Samuel L. Jackson : shame aussi. Pour le premier, je dis « joker », pour le second je lui décerne, c’est définitif, l’Oscar de l’acteur qui flingue sa carrière de film en film (revoyez « Jumper »… si, s’il vous plaît revoyez le !) et dont le but semble être de l’amener (sa carrière) au degré zéro du néant et de l’infini. Cette amère réflexion m’a amenée à me retourner sur la « carrière » dudit Samuel. Outre que je ne lui pardonne pas ce qu’il a fait à Anakin, sans lui tout ça ne serait pas arrivé… finalement j’ai pu conclure : mais qu’est-ce qu’il a fait ce Samuel ??? A part « Pulp fiction », « Jacky Brown » (merci Quentin !) et (peut-être) « Incassable » ??? Ma réponse est : que dalle. En plus, je sais ça ne se fait pas, mais physiquement, c'est effrayant, il devient de plus en plus gras et laid et puis son nez, on a l'impression qu'il commence à lui entrer dans le visage, ce qui fait qu'il ressemble à un cochon à qui on aurait coupé le groin... ou alors à Luis Guzman, c'est terrible ! Alors, oui, je le proclame haut et fort, Samuel L. Jackson est out !

Cleaner - Luis Guzman

Tiens j’ai lu cette critique. Je n’ai pas tout compris, ni à ce film, ni à cette critique, mais elle me plaît bien et je crois qu’elle reflète mieux que tout ce que j’ai pu écrire ci-dessus le sentiment qu’on éprouve à la vision de "Cleaner": « Renny Harlin est en cuisine, toujours avec ce mélange de foirages de bleu et de grandiloquence plouf typique des ratés, qui donne au film, y compris dans son versant chausson, un côté gentiment ringard-à-mort ». Joli non ?

Ah, pendant que je vous tiens, on peut jouer un peu non ? Qui était président du jury du Festival de Cannes l’année où « Pulp fiction » a eu la Palme d’Or, permettant à Samuel L. Jackson de se faire une carrière inexistante ???

Harvey Keite, John Travolta et Samuel L. Jackson - Pulp Fiction

samedi, 03 mai 2008

L’un contre l’autre de Jan Bony °°

L'Un contre l'autre - Victoria Trauttmansdorff et Matthias Brandt

Ann, institutrice maternelle avec ses élèves et Georg, policier zélé et apprécié de ses collègues sont mariés depuis trop d’années mais donnent toujours (on se demande pourquoi et comment tant ils portent l’un comme l’autre le masque de la sinistrose sur le visage…) l’illusion d’un couple uni et modèle. La réalité est toute autre. Ann bat Georg, jusqu'au sang, jusqu’à devoir le faire conduire à l’hôpital parfois ! Que s’est-il passé ?

En ce qui me concerne, j’y ai vu l’usure d’un couple qui a atteint le point de non retour où l’on ne voit plus chez l’autre que ses faiblesses et ses insupportables défauts, sans qu’aucun ne parvienne à l’admettre et à prendre la seule décision qui s’impose. Simpliste ? Sans doute. Mais au-delà, il est évident qu’Ann est malade, hystérique, dépressive et qu’elle déteste sa vie. Le réalisateur en ajoute une couche bien freudienne en nous montrant le père, connard intégral et autoritaire qui justifie que quand on a un père comme ça, on devient forcément castratrice. Ann a fait fuir jusqu’à ses enfants qui n’en peuvent plus de ses insatisfactions et réflexions permanentes. Avec Georg, le faible mari, aucune discussion même entamée par un sourire ne peut aboutir car Ann n’est jamais contente et même plutôt paranoïaque et méfiante. Ce n’est jamais bien, le bon moment, la bonne formule ou la bonne façon. Georg encaisse sans réagir les coups portés avec la main, les poings, les pieds puis divers objets qui tombent sous la main de la furie. Il rentre le soir avec des fleurs et jure à Ann qu’il ne la quittera pas. Ann continue de cogner, d’insulter, de mépriser et d’imposer sa loi. Leur quartier, leur immeuble, leur appartement, tout leur environnement est un appel au suicide. Tout est étroit, confiné, sombre, claustrophobique, ratatatiné et le réalisateur en remet encore une épaisseur en tournant l’hiver près du périph dans des couleurs sinistres et blafardes… certains parleront de clair-obscur « intéressant »… pas moi. C’est moche. Tout est moche. Georg a une tête à claques, un air de chien battu… et la morale de cette lugubre histoire est qu’un homme battu ne le reste jamais très longtemps… La situation se retourne contre le bourreau, et elle aime ça la salope !!! Pouah !

vendredi, 02 mai 2008

Deux jours à tuer de Jean Becker °°

Deux jours à tuer - Albert Dupontel

Comme l’affirme l’exécrable expression populaire, Antoine a tout pour être heureux : une jolie femme toujours souriante dans sa cuisine, de jolis enfants qui se couchent à 19 heures sans broncher, une belle maison de bourge (mais pas suffisamment grande pour que les enfants aient chacun leur chambre !!!), une énorme voiture qui se fait flasher à 240 sur l’autoroute, un métier merveilleux (publicitaire), des amis infaillibles, et surtout un chien fidèle… Par un beau matin de printemps, Antoine pète un plomb et décide d’envoyer péter tout le monde, femme, enfants, amis (mais pas le chien). Chacun en prendra pour son grade pour pas un rond et sera rhabillé pour l’hiver au même tarif.

De mémoire de cinéphile je ne me souviens pas avoir vu un film aussi détestable de bout en bout avec la très désagréable impression d’être prise pour une conne. Les films de Jean Becker toujours ancrés dans le terroir étaient jusque là naïfs au mieux, au pire réacs comme je l’ai lu souvent. Il s’y dégageait néanmoins un parfum pas désagréable de sincérité, de bonhomie et les bons sentiments s’y ramassaient à la pelle. Ici, dès le début et la tirade surfaite d’Antoine au boulot, calquée sur celle des nez de Cyrano sonne faux. La suite sera à l’avenant et la méchanceté d’Antoine ne sera à aucun moment justifiée malgré la grande révélation finale (qu’on flaire au bout d’un quart d’heure… demandez à moitié, je lui avais dit « non, me dis pas que… ? » Et si U_U) par ce qui lui arrive. Comme Jean Becker prend le spectateur pour un con, j’ai appris qu’il avait demandé dans le dossier de presse de ne pas révéler la fin du film… Le pauvre ! Je mets au défi quiconque de ne pas avoir compris dès le début du film, mais je vais respecter ce vœu uniquement parce que je suis lâche et je ne veux pas d’ennui avec la police. Cela dit, quoiqu’il arrive à ce type, jamais on n’accepte ni on ne comprend pourquoi il en vient à régler ses comptes avec autant d’acharnement et de brutalité, surtout pour implorer beaucoup plus tard une demande de réhabilitation aux yeux de tous… Ses amis sont riches, bon, et alors. Apparemment l’argent qu’ils ont, ils ne l’ont volée à personne et lui aussi semble s’être bien repu du système qu’il condamne. Lorsqu’il décide de tout quitter il le fait quand même au volant de son énorme voiture ostentatoire. Avant cela il regarde sa femme dans le blanc des yeux et lui affirme qu’il ne l’aime pas. Il prend un malin plaisir à être inutilement cruel avec ses enfants (je dirai 5 et 8 ans…). Seul le chien sera épargné et méritera jusqu'au bout caresses et attention.

Et le voilà parti, direction l’Irlande où vit son père, misanthrope et pécheur à la mouche devant l’éternel qui l’a abandonné à l’âge de 13 ans. Grandes retrouvailles, grandes révélations… que dalle et le pire, l’émotion est absente, le cœur et les yeux demeurent irrémédiablement secs. Reste quelques vues superbes de l’Irlande mais c’est trop peu pour que cessent les soupirs de consternation devant cet inutile et stupide jeu de massacre.

Que penser d’un film dont la première heure est une épreuve, la dernière demi-heure un attrape-nigaud et qui ne traite bien que les chiens ? Rien de bon en tout cas. Fuyez.

mardi, 22 avril 2008

Les randonneurs à St Tropez de Philippe Harel °°

Les Randonneurs à Saint-Tropez - Benoît PoelvoordeLes Randonneurs à Saint-Tropez - Philippe Harel
Les Randonneurs à Saint-Tropez - Géraldine Pailhas
Les Randonneurs à Saint-Tropez - Karin Viard
Les Randonneurs à Saint-Tropez - Vincent Elbaz

Souvenez-vous, il y a 10 ans Cora, Nadine, Mathieu et Louis son frère randonnaient péniblement sur le GR20 Corse ! Aujourd’hui, ils décident de partir ensemble en vacances et choisissent Saint Tropez comme destination. Par hasard ils y retrouvent leur guide, Eric, qu’ils n’ont jamais revu depuis et à qui tout semble avoir réussi ! Youpitralala, « la nièce de Ben Laden c’est pas les Twin Towers qu’elle fait péter, c’est les bouchons de champagne !!! ». Ah ah ah ! Et oui, autant vous jeter tout de suite dans le grand bain !

C’est ma douce moitié, qui a eu le flair de ne pas s’infliger cette purge, qui m’encourage à écrire une note sur ce machin. Je vous l’avoue aujourd’hui, en un peu plus de deux ans de blog, je n’ai pas pu, pas voulu, pas su écrire sur DEUX films seulement (ceux qui veulent les titres devront être très sages et très gentils) tant la honte et la consternation se mêlaient et provoquaient une véritable tempête d’embarras sous mon crâne. Celui-ci aurait pu être le troisième si Moitié (je ne peux rien lui refuser) n’insistait tant !

Une fois de plus, une fois encore, une fois de trop, je me suis faite piéger… et doublement. D’abord par les acteurs. Il faut que je cesse définitivement de leur faire confiance. Ici, il s’agit de Benoît Poelvoorde et Vincent Elbaz (quoiqu’il soit le seul qui ait réussi à deux reprises à me hisser les commissures vers le haut laborieusement en un rictus qui s’apparenterait au sourire si je n’avais eu tant les nerfs à vif pendant la projection !!!) dont je me suis dit « s’ils sont là, c’est la garantie d’au moins passer un bon moment ! ». Erreur monumentale. Le deuxième piège provient du titre. Si le terme « randonneur » m’avait laissé de bons souvenirs (je suis absolument persuadée d’avoir aimé et d’avoir ri au premier épisode des aventures de ces 4 là !), j’aurais dû être plus vigilante avec le terme Saint-Tropez qui est rarement gage de réussite et de finesse (mon gendarme, mon curé, deux enfoirés… tout ça, c’est à Saint Tropez, sans parler de Douliou Douliou Saint Tropez, encore dans toutes les mémoires !).

Première surprise en ce qui me concerne. Que font Cora, Nadine, Mathieu et Louis ensemble et pourquoi décident-ils de partir ensemble en vacances ? C’est rare, précieux voire vital les vacances, alors pourquoi choisir de les passer avec des gens avec qui vous n’avez aucune affinité, aucune complicité. Et oui messieurs dames, je trouve que les 4 n’ont rien en commun et surtout qu’ils ne s’entendent pas, sont toujours au bord de la crise de nerf devant les réactions ou décisions des uns et des autres, bref, en un mot, ils ne sont pas amis.

J’ai vécu l’arrivée sur leur lieu de vacances comme un cauchemar car l’ermite que je suis parfois/souvent (toujours ??? non !) aurait tendance à fuir ce genre d’endroit. Disons que la… hum, hum, résidence est sans doute bel et bien située à Sainte Maxime mais il s’agit d’un ensemble d’immeubles de deux ou trois étages agrémenté de jardinets fleuris où vous pouvez en tendant la main, toucher celle de votre voisin d’en face. Il y a bel et bien une piscine que vous pouvez apercevoir de votre fenêtre et où vous aurez la chance de voir s’y ébrouer une cinquantaine de personnes (moutards hurlant compris !) ! Un cauchemar je vous dis. Les 4 trouvent ça vraiment très chouette, eux. La suite ne vaut rien. Un film sans scénario, si bête, si laid et si vulgaire a vraiment tendance à me foutre la nausée. Qu’a tenté de prouver Philippe Harel ? Que les « classes moyennes » ne sont que des beaufs qui bavent devant les yachts, les strass, les paillettes, les milliardaires et rêvent de squatter les soirées pince-fesses à draguer ou à se faire peloter ? Soit, moi j’ai trouvé ça méprisant, dédaigneux et surtout très mal fait. Le film est laid je vous dis. Vous êtes sourds ?

Ah oui, je sens que vous voulez que je vous parle des acteurs. Allonzo ! Commençons par le premier fautif, l’auteur, le responsable de cette sinistre farce. Philippe Harel, hypocondre ronchon timide et malheureux en amour doit se prendre dans ses rêves les plus fous pour Woody Allen. Erreur. Géraldine Pailhas nous refait sa Didine, coiffée et fagotée comme une souillon, elle est la femme bafouée, humiliée qui ne s’attache qu’à des sales types qui se moquent d’elle (je suppose que c’est un rôle de composition (mais il est usant !) car Christopher Thompson n’est pas comme ça, n’est-ce pas ?). Karin Viard nous la joue Marilyn de banlieue (tous les milliardaires de St Trop’… je dis St Trop’, c’est plus chic non ? sont fous d’elle) dans des robes cousues sur la bête. Elle éclate de rire puis en sanglots : fatigante. Benoît Poolvoerde m’a énervée et pour la première fois j’ai vu, senti et ressenti les limites de son numéro super rôdé de connard impulsif et euphorique : lassant. Cyrielle Claire caricature au-delà du ridicule Arielle Dombasle. Ne reste que Vincent Elbaz qui semble être le seul à ne pas avoir pris ce truc au sérieux, le seul qui semble décalé et qui ait tenté de placer du second degré dans cette pochade mal ficelée… mais je me trompe peut-être.

C’est surtout au final et c'est bien ça le plus désolant PAS DROLE du tout !!!

lundi, 18 février 2008

Promets moi d’Emir Kusturica °°

Promets-moi - Mirjana Karanovic

Un grand-père paysan sentant sa fin proche, envoie son petit-fils chéri à la ville vendre la vache, acheter une icône de Saint Nicolas, un souvenir et une femme !!!

Ça commence comme du Kusturica. Une voiture bringuebalante transporte trois zigotos plus gros que l’auto, ils se balancent en écoutant de la musique. On sourit. Ensuite, ça s’agite en tous sens. Tous les ingrédients kusturiciens sont là, les fanfares, la musique omniprésente (qui n’arrive pas à la cheville de celle de Goran…), les personnages hauts en couleurs, les femmes aux gros seins, « la » très jolie fille, les veaux, les vaches, les oies et les cochons, les drôles de machines, l’ingéniosité de certains personnages, un homme canon (pas drôle du tout) qui traversera le film à intervalles réguliers, un enterrement qui croise un mariage… Mais rapidement tout est gavant, gonflant, moche, bête et pas drôle. Tous les personnages tombent au moins 10 fois chacun, se prennent des portes ou des trucs sur la tête, tous les décors s’écroulent… tout est répétitif mais sans le comique qui en principe va avec. Ajoutez à cela que tous les personnages sans exception sont libidineux, qu’un gamin d’une dizaine d’années va faire succomber une belle fille de deux fois son âge et qu’il l’épousera, qu’un taureau et un homme seront castrés, que les scènes de zoophilie vont se succéder avec des poules, des oies, une vache, un sanglier… à vomir ! Tout ici m’a paru dégradant aussi bien pour les femmes, toutes des putes, que pour les hommes, tous tarés, proxénètes ou tueurs. On dirait le film d’un vieux vicelard qui souhaiterait faire un film porno sans l’oser.

Beurcke !

dimanche, 06 janvier 2008

Le chantage de Mike Barker °° (et puis hop, encore une ° c’est l’épiphanie après tout !)

Le Chantage

Par dignité je devrais éviter de vous avouer que j’ai vu cette chose… mais votre sadisme allié à mon masochisme ont eu raison de mes hésitations, et comme en plus j’ai un amour démesuré pour le comique involontaire je n’hésite plus du tout. Allonzo !

Abby et Neil forment un couple exemplaire. Ils vivent dans une maison banlieusarde de Chicago avec baies vitrées en 12 X 20, ils se donnent du « chéri(e) » à chaque fin de phrase, ils ont des photos d’eux sur leur table de nuit, ils ont une fille de, ché pas moi, 4/5 ans, elle s’appelle Sophie et elle va avoir bien des malheurs, mais c’est quand même le genre que j’aurais direct envie d’abandonner sur une aire d’autoroute un jour de « chassé/croisé ». Aby et Neil baisent à califourchon tout habillés sur une chaise en miaulant « t’es une tigresse !!! » (faut voir la tigresse, j’vous jure, faut la voir !). Y’a l’amie d’Abby qui vient lui rendre visite ; elles doivent faire du shopping parce que ce sont des fashionistas genre Paris, Gwyneth, Nicole et consoeurs (relisez votre « Elle » magazine vous saurez). Pendant ce temps là, Neil i part au boulot parce que c’est lui qui fait bouillir la marmite nom de Dieu. D’ailleurs il lui dira plus tard à sa meuf (au pire de la tourmente), parce que c’est pas un mec vulgaire le Neil que c’est grâce au pognon qu’il gagne qu’elle peut vivre dans le luxe et faire chauffer à blanc la Master Card. Et même que forcément, Abby, elle a abandonné sa carrière de photographe pour rester à la maison. D’ailleurs à un moment, elle est assise par terre au milieu des cartons (ça arrive souvent dans les films méringouins je trouve que les filles se retrouvent par terre au milieu des cartons à s’extasier sur des vieux trucs) elle prend un super bel appareil photo, elle tire le portrait d’une de ses casseroles et le range en soupirant. Elle dira à son mec : « je crois que je vais reprendre le boulot ». « Hein ? qu’il dit le Neil qu’oublie jamais d’être vulgaire, ça ne te suffit pas de vivre dans le luxe sans rien faire ? ». « Ah bah, si tu crois qu’empiler des cubes depuis 6 ans avec ta fille (c’est la Sophie… (et puis donc elle a 6 ans) et quand les couples sont en colère… c’est toujours l’enfant de l’autre, bon, ça aussi vous l’avez remarqué, même dans la vraie vie est ailleurs, ça se passe comme ça) c’est ce que tu appelles du Luxe ??? ». La copine elle dit « han la la, t’as vraiment un mec en or ! ». « Ben si tu le dis » qu’elle répond l’Abbie. C’est là direct que les plus malins s’aperçoivent qu’il y a du mou dans la corde à nœuds dans la famille Warner. Oui, j’ai oublié ils s’appellent Warner les Warner.  

Bon je vous la fais courte… pourtant cette exposition où on ronfle déjà copieux entre deux éclats de rire dure un quart d’heure. Oh et puis après tout, y’a pas de raison qu’il n’y ait que moi qui souffre.

Par un beau matin frisquet, Abby et Neil confient la Sophie à une baby sitter. Neil doit aller en week-end avec son patron (et mon uc c’est du chapon fermier ? T’en veux une aile ?) et Abby faire des commissions avec copine ! Ils roulent dans leur 4X4 en regardant dans la même direction comme font les amoureux et hop… qui c’est ti pas qui surgit sur le siège arrière ??? James Bond… Enfin, Pierce Brosnan qui va faire le rôle du cré cré méchant. Ça se voit à l’oeil nu qu’il est pas gentil : il s’est pas rasé depuis trois jours, il plisse le front ce qui accentue sa ride du lion (la moche entre les deux yeux, vous savez bien ?) et surtout il a un gros gun ! Tout le monde sursaute pensez donc… Au moins c’est un truc qui m’arrivera jamais à moi. Vue la taille de ma voiture, JAMAIS un mec d’1m 90 et de 80 kgs pourrait me faire une frayeur pareille, se cacher derrière et me dire qu’il a enlevé ma fille. Et oui, U_U., la fille est avec la baby sitter qui est la complice de Pierce !!! De toute façon, pour en revenir à moi, si j’avais une pisseuse comme la Sophie, j’y dirais au rapteur, tout James Ô James qu’il est : « garde la, et bon débarras ». Comment qu’il serait bien attrapé qui croyait prendre le méchant !

Bon mais là on est en plein drame fiction alors les parents font les trognes désespérées qui conviennent : « touchez pas ma fille sinon j’m’énerve… sinon je vous tue… », franchement quand on est du mauvais côté du flingue moi je dis : « profil bas » en attendant une meilleure météo. A partir de là, Pierce/James/Le méchant va nous la jouer Davinci Code et demander aux deux tourtereaux de résoudre des énigmes en temps donné. Du coup, l’Abby va devoir courir dans Chicago avec ses talons aiguilles pour livrer une enveloppe avec un document à pages blanches ou une boîte vide, le Neil va se faire bousiller l’avant de sa voiture chérie, il va aussi avoir la trouille de sa vie parce que cette couille molle a le vertige et au bord du toit il va se mettre à pleurer et à transpirer comme un gros coward, etc... A un moment, le cré méchant va obliger Abby à se déshabiller devant son mari et porter une robe rouge de pouffe pile poil la bonne taille, ce qui donne l’occasion au réalisateur de nous infliger une nouvelle scène pleine de délicatesse où l’on voit l’actrice (c’est Maria Bello, mais je n’arrive pas à la plaindre, si elle sait lire un scénario, elle a vu tout ça…) en string/soutif noir et où on s’attarde sur les plus belles régions de son anatomie. LA scène indispensable comme il se doit !!! Tout ça c’est pour prouver de quoi on est capable pour sauver son enfant… et je vous en passe et des plus tordantes ! La fin ? je la laisse découvrir à ceux qui ont quelques euros et deux heures à perdre. Enfin, je ne résiste pas à vous livrer la dernière réplique : "tu la sens... tu la sens bien ?". Mais à vous de découvrir qui la prononce.

Je vous ai quand même réservé le meilleur pour la fin. Et oui, la cerise sur cette indigeste galette des rois c’est que le rôle de Neil est tenu par Gérard Butler !!! Oui m’sieurs Dames et si ce nom ne vous dit rien (hontavous !) sachez qu’il fut un temps le Roi de Sparte et qu’il fut à l’honneur sur ce même blog lors de la remise des nanards de l’année. Ici Gérard Butler est encore plus ridicule et pitoyable et mauvais… confondant comme certains acteurs 24 images et 24 grimaces secondes… Mais il est quand même à mourir de rire. Gérard Butler est un grand acteur comique qui ne le sait pas encore ! (non mais visez un peu sa tête ici en dessous !!).

Le Chantage - Maria Bello, Pierce Brosnan et Gerard Butler
Voyez plutôt la merveille que nous a concoctée Sean Penn et dont je parle ci-dessous !

vendredi, 28 décembre 2007

Actrices de Valeria Bruni Tedeschi °

Actrices - Valeria Bruni Tedeschi

Marcelline répète le rôle de Natalia Petrovna, héroïne d’Un mois à la campagne de Tourgueniev. Sa vie privée (les morts irremplaçables partis trop tôt, le désir d’enfant qu’elle n’arrive pas à satisfaire, l’omniprésence de sa mère infantile etc…) ,interfère beaucoup sur sa vie professionnelle.
Actrices ? Mais pourquoi actrices et surtout pourquoi au pluriel ? Valeria Bruni Tedeschi me semble tellement auto-concentrée sur elle-même qu’elle ne laisse aucune place aux autres et encore moins aux autres acteurs. Qu’on ne vienne pas me dire que quiconque existe dans ce film ? Les névroses, l’égocentrisme, l’hystérie… décidément non, ce n’est pas fait pour moi, en tout cas pas au cinéma sauf si c’est virtuosement fait comme chez et par Woody Allen. On sent pourtant tout le désir et le potentiel de burlesque et de fantaisie qui sommeillent en Valeria/Marcelline. La scène à la piscine où le maître-nageur lui explique qu’en ayant « In the mood » de Glenn Miller dans la tête on peut accomplir des prouesses est une merveilleuse idée qui m’a enfin fait esquisser l’ombre d’une ébauche de sourire. Hélas, ce doit être trop drôle et la scène est interrompue si brutalement qu’on a l’impression que Valeria/Marcelline nous murmure à l'oreille, (Valeria/Marcelline ne peut de toute façon que murmurer) : « ya pas de raison que je sois la seule à souffrir sur terre ? ». Car elle souffre Valeria/Marcelline, beaucoup… et du coup elle parle beaucoup avec les morts qui viennent lui rendre visite, avec la sainte vierge pour lui demander de lui filer un coup de main dans sa cagade de désir de moutard "remplissez-moi" dit-elle élégamment, avec le personnage de Natalia Petrovna qui lui dit à peu près qu'elle joue comme une savate... Elle souffre aussi parce qu’elle n’a pas d’enfant. Mais qu’ont-elles toutes, enfin surtout Valeria/Marcelline, avec ça ? Evidemment, je ne peux pas comprendre ce désir qui étouffe tout à la quarantaine car je ne saurai JAMAIS ce que c’est que de ne pas avoir d’enfant à la quarantaine. Mais tout de même, c’est bizarre ; bizarre et agaçant, je ne sais pas pourquoi.
Valeria/Marcelline est très maso aussi : elle se fait entarter, elle se prend une bonne baffe, elle saute dans la Seine (ça mouille !), elle arrive en retard à un repas et se fait envoyer sans préavis ses quatre vérités sans qu’elle ait rien demandé. Remarquez, on demande rarement de se faire envoyer ses propres quatre vérités. OK, vous marquez un point... Valeria/Marcelline est lucide parfois : un des morts qui lui fait la conversation lui dit « articule, on ne comprend rien à ce que tu dis ». Mais Valeria/Marcelline n’écoute pas les morts, elle n’articule pas et on ne comprend pas toujours ce qu’elle dit, ni où elle veut en venir d'ailleurs. Que qui que ce soit lui adresse la parole : elle éclate de rire ou en sanglots. Y’a pas trois options, c’est comme ça qu’elle fait Valeria/Marcelline, tout en murmurant encore et toujours.
Seul personnage réjouissant finalement, la mère (la vraie maman à la ville d’ailleurs)… vipère sans cœur aussi égocentrique que sa fille.
Enfin, voilà, ce film est fait pour les inconditionnels de Valeria/Marcelline et ceux qui ont aimé « Il est plus facile pour un chameau », premier film de l’actrice réalisatrice. Je n’avais déjà pas beaucoup aimé ce premier film mais là, la bande-annonce m’avait accrochée. Hélas, c’est typiquement le genre de bande-annonce où tout ce qui est drôle et original y est montré. Moi j’y ai vu une chose égoïste et sans partage ainsi qu’un plaisir insistant et indiscutable à nous faire entendre que : dans le monde du cinéma et du théâtre, tout le monde est malade et antipathique… à cracher dans la soupe en quelque sorte.
Dernière chose : Ai-je rêvé ou Marcelline/Valeria se fait violer par son metteur en scène dans une des scènes les plus immondes qu’il m’ait été donné de voir récemment au cinéma ?

Une chose est sûre, les actrices, celle-ci en tout cas, ne sont pas des hommes comme vous et moi.

vendredi, 14 décembre 2007

Elizabeth, l’âge d’or de Shekhar Kapur °°

Elizabeth : l'âge d'or

Voici donc la suite de l’histoire d’Elizabeth, dont le premier volet datant de 1998 racontait la jeunesse et l’ascension de la jeune reine d’Angleterre. C’était un film magnifique. Ici, la reine vierge, qui vit ses amours par procuration, et protestante doit faire face à Philippe II d’Espagne, fervent catholique qui considère son règne comme une imposture… puisque Marie Stuart, qu’Elizabeth fera décapitée est emprisonnée.

Pour la vérité historique, il faudra sans doute se replonger dans les livres d’histoire, mais ce n’est pas gênant, en ce qui me concerne je ne demande pas au cinéma de me dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité dites je le jure… mais autant l’avouer sans ménagement, en premier lieu, j’ai trouvé ça d’une laideur à faire fuir.

Pour le reste : pas mieux ! Le montage à la hache et à la scie circulaire fait qu’on passe d’une scène à l’autre sans transition sous mes bâillements. Aucun personnage n’accroche l’attention.

Le roi Philippe II d’Espagne, titubant, menace tous les quarts d’heure sa petite fille muette de devenir reine d’Angleterre (oui, l’Europe est une grande famille, on le sait). Son invincible Armada se résume à trois rafiots qui voguent sur une mer en plastique. L’équipage est composé de trois guguss lookés à la mode talibans et au regard souligné de khôl qui se fera ratatiné en deux temps trois mouvements par des pirates enragés.

Geoffrey Rush en conseiller trop zélé est mou et vieux.

Clive Owen, regard d’acier, sourire en coin et culottes bouffantes est ridicule.

Même l’interprétation consciencieuse et zélée de Cate Blanchett, tout en cris puis en chuchotements, en sourires complices et clins d’œil canailles, finit par lasser.

Au final on trouve deux bandes de fanatiques religieux qui se font la guerre au nom de leurs superstitions, comme d'hab'. Pouah !

Le tout est emballé, enseveli devrais-je dire, sous une musique tonitruante hideuse sans doute censée nous faire croire qu’un spectacle trépidant se déroule sous nos yeux.

Affligeant !

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