DISCLOSURE DAY
de Steven Spielberg ***(*)
ETATS UNIS
Avec Emily Blunt, Josh O'Connor, Coman Domingo, Colin Firth, Eve Hewsan, Wyatt Russel
Steven Spielberg nous promet le jour de la révélation.
Pour cela il revient à ses amours, tourne les yeux vers le ciel et nous présente ce qu'on nous cache depuis des décennies : E.T. existe, nous ne sommes pas seuls dans l'univers. Hélas l'Homme préfère torturer l'extra-terrestre et le faire disparaître plutôt que de nous laisser nous confronter à nos frères aliens. L'E.T. du film tarde à montrer sa charmante bouille car le réalisateur tourne sa caméra vers notre monde au bord de la Troisième guerre mondiale. Tiens tiens...
Daniel, expert en cyber-sécurité vole des documents classifiés depuis l'Affaire Roswell en 1947, convaincus qu'il doit les faire connaître au monde. Il prend la fuite avec sa compagne Jane et les voilà poursuivis par Noah Scanlon, le dirigeant de Wardex l'entreprise gouvernementale pour laquelle il travaille.
Parallèlement, Margaret, présentatrice météo pour une chaîne de télévision locale du Kansas rêve de présenter le journal. Elle ne se sent à sa place nulle part, elle ne tient pas en place jusqu'à ce qu'un joli petit oiseau rouge pénètre dans son appartement. Nous comprendrons avec elle où est sa juste place. A la surprise de son compagnon, elle se met alors à parler russe. Plus tard, elle bredouillera des paroles incompréhensibles dans un langage inconnu et développera des capacités cognitives exceptionnelles.
Je vous laisse découvrir comment et pourquoi Jane et Daniel se rencontrent.
Spielberg revient à la science-fiction et c'est tant mieux. Bien sûr ce Disclosure day n'imprimera pas la marque indélébile que nous a laissé E.T. l'extra-terrestre (1983), il n'empêche que le réalisateur qui en a encore sous la semelle ne nous propose pas une "simple" invasion extraterrestre mais un thriller souvent captivant sur la désinformation mais aussi notre capacité à être attentif et bienveillant vers ce que nous ne connaissons pas, au travers notamment du personnage d'Emily Blunt absolument renversante dans le personnage de cette fille qui développe un sens aigu de l'empathie.
La réalisation est toujours virtuose. Certaines scènes d'action, de poursuite sont dignes d'un James Bond. Et une scène d'invisibilité un peu drôle. Si le film s'approche du blockbuster, c'est de façon intelligente et ambitieuse. Il regarde vers les étoiles tout en plaçant l'Homme au centre des préoccupations. Pour cela il en passe encore par l'enfance, la re-création d'une chambre d'enfant comme un décor de cinéma. C'est là qu'il se fait encore une fois très émouvant en convoquant les souvenirs, le rêve et l'espoir.
Le coeur battant du film est la formidable Emily Blunt. Confrontée à des évènements qui la dépassent, qu'elle ne comprend pas, elle agit, contrairement aux autres, par empathie. Capable désormais de voir les craintes et les souffrances humaines, elle explique et rassure. Sa profonde humanité la rend particulièrement attachante. Elle réussit à combiner un mélange de fragilité, de vulnérabilité et de détermination. Elle est le symbole d'une humanité qui cherche à comprendre plutôt qu'à céder à la peur et à la violence. Un personnage aussi sensible, aussi humain est rare. Contempler son visage c'est contempler l'humanité qui serait désormais capable d'empathie pour l'autre, capable de s'entendre dire : "Ecoutez...".

Commentaires
Pas grand chose à ajouter. Merci de défendre Spielberg !
J'ai lu plein de critiques assez rabat-joie, il faut bien le dire...
Oui c'est bien casse c....... ces critiques pour un tel film.
Et ceux qui parlent de son âge pour justifier je ne sais quoi... je n'en peux plus.
Je vais faire bref : j'ai adoré.
C'est un thriller haletant, avec E.T. et Roswell, l'esprit complotiste dignes des meilleurs épisodes de X-Files.
Pour moi c'est un grand Spielberg qui sait en plus émouvoir dans le final...
Voilà. Merci de rester dans la team Steven.
C'est justifié.
La quintessence du cinéma de Spielberg, ou plutôt un résumé façon melting pot ce qui signifie rien de neuf, la sensation d'avoir vu cette histoire mille fois donc on frôle l'ennui. Ca reste Spielberg, grand conteur, c'est évidemment bien fait mais il resté dans un tel confort que rien ne nous surprend. Un des films les plus fades du maestro...
Pas d'accord, je ne me suis jamais ennuyée. Mais je comprends ce que tu dis.
Il nous dit quand même : je suis toujours là.
Vivement le prochain.
Si ce film n'avait pas été officiellement signé Spielberg, on se serait demandé quel tâcheron hollywoodien avait pondu ce gloubi-boulga mal fagoté.
J'ai eu l'impression que le film avait été réalisé par deux personnes. L'une d'entre elles a réussi ses scènes (dans la chambre de la jeune fille, dans la maison de conte de fées, dans le hangar à demi visible), l'autre a raté son film (avec un méchant pas crédible pour deux sous, des scènes de bagnoles totalement invraisemblables...). Soit Spielberg a gardé la main et son second (chargé de le soulager de certaines tâches) n'est pas au niveau (version optimiste), soit (version pessimiste), c'est à l'assistant que l'on doit les bonnes parties du film...
Heureusement qu'il y a Emily Blunt.
Il fallait que ce soit dit.
J'adore ce film et j'adore Steven.
Et Emily est un astre.
J'ajoute ma voix aux casse-c... et autre rabat-joie de service pour signifier ma déception devant ce nouveau Spielberg. Sans être aussi radical que Monsieur Golant ci-dessus, je dois bien reconnaître avoir ressenti plus d'une longueur durant cette cavale "on the road to nowhere" comme chantaient les Talking Heads. Sinon à la télévision (la maison mère pour Stevie ?), et ce mot qui nous invite à écouter plutôt qu'à voir. Alors il nous faut rétrospectivement faire fi de ces infiltrations grossières de l'ami Daniel, de ces men in blacks pas dégourdis, de ces extraterrestres en costume zippé, de ces bestioles numériques plus moches que chez Disney, ... et j'en passe. Heureusement, Emily in Missouri se donne sans compter. Au moins une qui y croit.
Je suis d'accord, les bestioles numériques faut arrêter.
Et Emily est parfaite.
Bonjour Pascale. Tu donnes envie d'y aller !
Il n'est pas en top priorité dans ma liste mais il y est !
Bonjour Aurore, Raté un Spielberg ??? Impossible.