dimanche, 23 mars 2008
Sur le fil dérisoire de et par Vincent Roca
Que croyez-vous que je puisse penser d’un spectacle et d’un artiste qui aborde directement son public par : «Je suis très calme mais je vous préviens solennellement : je ne veux pas qu’on me fasse chier ! ». J’ai adoré forcément ce type, le type même du type qui renvoie l’image du mec parfait mais qui souhaite par-dessus tout se défaire de son image positive de chic type ! C’est drôle, hilarant, plutôt fin, élégant (malgré l’amorce), jamais méchant, bien observé et la langue utilisée entre poésie, calembours, jeux de mots, à peu près est un régal de tous les instants pour les oreilles. Vincent Roca est ce gars qui n’aime pas qu’on lui prenne sa place numérotée dans les trains, qu’on lise SON journal, qu’on lui impose des cartes de fidélité, qu’on mette des câpres sur sa pizza napolitaine, qu’on l’abonne à un club du livre, qu’on lui promette un service à jus de fruits après 20 passages à la station service, qu’un taxi lui demande « vous avez un itinéraire ??? », qu’on le prenne à témoin dans une conversation, que les gens klaxonnent dans les mariages, qu’ils lavent les verres à moutarde et les animaux aussi, ça l’agresse.
Mais Vincent Roca, c’est aussi ça :
« Je me souviens. J’ai quinze ans. Je passe mes journées au cinéma. Il fait noir. Personne ne s’occupe de moi. Je suis seul avec les images. Réfugié dans ma bulle. Tavernier ! Que la fête commence ! Eteignez la salle ! Envoyez la pelloche ! servez-moi du gros plan en carafe ! Je vais me shooter au nitrate d’argent, je vais m’en mettre plein les mirettes… silence sur le plateau ! Repassez-moi les films-flammes, les plans américains, les vieilles bandes à John Wayne ! ça tourne, j’ai quinze ans ! Tavernier ! C’est ma tournée ! Vas-y Frankie ! envoie la musique de chambre noire ! fondus enchaînés pour tout le monde, la spécialité du chef op’, sortez les scénars ! foncez dans le décor ! il y a de l’émulsion dans l’air, du bromure dans la gélatine, allez ! on la refait ! Allumez les gamelles ! un homme, une femme, j’ai quinze ans… mes murs sont tapissés de photos d’Anouk Aimée, Un album et une femme avec Anouk immortalisée et Jean-Louis m’empoignant !... J’ai quinze ans, la dolce vita… mon harem nommé désir, mon tramway nommé Aimée, ma Lauren buccale, mon Anna magnanime, ma Sophia la reine de cœur, ma Gina Lolos-Lola-briggida, j’ai quinze ans ! Tavernier ! Ressortez les vieilles copies ! envoyez la Comtesse aux pieds nus ! je m’en lèche les bobines, si tu ne viens pas à la Gardner, Ava Gardner viendra à toi ! La prise est sublime, clap clap clap, on la garde ! Tavernier ! Action ! Séquence nostalgie, flash-back sur Gabin et Morgan, oh ! t’as de beau aïeux, tu sais ! Embrasse-moi, j’ai quinze ans, moteur ! Attention, ralentir… travelling ! Tavernier ! Faites-moi lire dans les étoiles ! plongée sur les jambes de Dietrich, contre-plongée en apnée sur mes images de gosse, je fais le Marielle, café Noiret et tranche de Rochefort, j’ai quinze ans, bonbons, caramels, chocolats glacés, le temps passe à vingt-quatre images seconde, les hommes sont tous des frères Lumière, j’ai huit et demi à chaque œil et j’ai quinze ans ! Vas-y Noiret ! fais-nous du Noiret ! refais-nous la vie de château, Alexandre le bienheureux, j’ai des pellicules, je m’enferme à double tour de manivelle, écran géant et son dolby, moteur ! Action ! Toute ressemblance avec des rêves de gosse n’est que pure coïncidence, je me souviens, j’ai quinze ans…West Side Story… les Sharks et les Jets… ».
Merci.
12:26 Publié dans CONCERTS | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : vincent roca
lundi, 03 décembre 2007
Julien
Il s’appelle Julien et il est sans doute l’artiste que j’ai le plus vu en scène, 10 fois peut-être une de plus, peut-être une de moins mais quand on aime…
Jamais décevant ! 40 ans que je l’aime, et manifestement, je ne suis pas la seule… N’évoquons même pas la moyenne d’âge en présence. Lui, il en a 60, paraît-il. On s’en fiche. Il arrive à l’heure et ne nous abandonne pas une seconde pendant deux heures dont on sort le cœur plein… La voix est toujours là. Sa musique aussi, hors de tous les temps et de toutes les modes, sur laquelle des auteurs eux aussi hors du commun ont su poser des mots qu’il est le seul à pouvoir prononcer. C’est un troubadour et son spectacle actuel est « Intime » et aussi, difficile de dire pourquoi, cette fois particulièrement émouvant par moments. C’était un concert pour son « Club de Patineurs » ou plutôt de patineuses, les fidèles inconditionnelles qui n’ont jamais été déçues et connaissent par cœur la moindre de ses chansons.
Les mots de Marcelline Desbordes Vallemore « Les séparés » résonnent encore. Je vous les offre même si vous n’avez pas l’intensité de la façon dont il les a chuchotés :
N'écris pas ! Je suis triste et je voudrais m'éteindre.
Les beaux étés, sans toi, c'est l'amour sans flambeau.
J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre
Et frapper à mon cœur, c'est frapper au tombeau.
N'écris pas ! N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes.
Ne demande qu'à Dieu, qu'à toi si je t'aimais.
Au fond de ton silence, écouter que tu m'aimes,
C'est entendre le ciel sans y monter jamais.
N'écris pas ! Je te crains, j'ai peur de ma mémoire.
Elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent.
Ne montre pas l'eau vive à qui ne peut la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.
N'écris pas ces deux mots que je n'ose plus lire.
Il semble que ta voix les répand sur mon cœur,
Que je les vois briller à travers ton sourire.
Il semble qu'un baiser les empreint sur mon cœur.
N'écris pas ! N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes.
Ne demande qu'à Dieu, qu'à toi si je t'aimais.
Au fond de ton silence, écouter que tu m'aimes,
C'est entendre le ciel sans y monter jamais.
Et aussi (quelques extraits de) celle qui dit « qu’elle n’est pas donnée à tout le monde, la chance de s’aimer pour la vie » et qui raconte la vie, pas si douloureuse finalement, des enfants de divorcés que Maxime Le Forestier lui a confectionnée sur mesure :
« Si quelquefois je vois double
C'est que l'enfance me revient
Double vie double silence
Double sens et double jeu
Silencieux le coeur balance
Pourquoi les parents sont-ils deux
On voit du pays on voyage
Chaque semaine et chaque été
Des souvenirs qui déménagent
Et qu'on ne peut pas raconter...
Deux maisons, deux quartiers
Deux gâteaux d'anniversaire
Multiplier les pères et mères
N'a pas que des mauvais côtés
Avant les autres j'aurais su
Que le seul sentiment qui dure
C'est le chagrin d'une rupture
Où je n'aurais jamais rompu… »
J’y étais avec lui (oui, il y a quelques hommes dans la salle), et si vous ne remarquez rien, prenez rendez-vous chez l’ophtalmo.
10:05 Publié dans CONCERTS | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Julien Clerc
samedi, 20 octobre 2007
Goran, Jacques, Izia, Agla...

Mais la "révélation" inattendue est venue d'Izia fille du Grand Jacques (venue dire Joyeux anniversaire à papa en compagnie d'Arthur H.), sorte de réincarnation d'une Janis Joplin clean, charismatique et timide à la présence évidente et à la voix ensorcelante.
Hélas, je ne trouve rien d'écoutable sur le Net pour vous la faire découvrir
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Sinon, Paris les jours de grève, c'est comme Paris au mois d'août à condition de ne pas s'aventurer entre Bastille et Nation (1 h 30 pour parcourir 500 mètres)... Et c'est le retour qui est plus délicat ! Vive la SNCF !
13:40 Publié dans CONCERTS | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
dimanche, 01 juillet 2007
Goran Bregovic
800 kms en 24 heures chrono, des retrouvailles, un repas au bord de l’eau, et contre toute attente, les k-ways, parapluies et bottes en caoutchouc furent de trop… nous avons même dû nous « effeuiller » au fur et à mesure que la nuit avançait…
Il a fait chaud, il a fait beau, ce fut la fête, la vraie dans un décor bucolique. Les cuivres, les voix et les cordes résonnent encore dans nos têtes ravies, stupéfaites et émerveillées.



Goran Bregovic, une fois encore, une fois de plus a enchanté, enthousiasmé et enivré son public (pas forcément conquis d’avance). Il nous entraîne et nous emporte avec lui dans la folie douce, énergique, douloureuse et insouciante de son orchestre plein de bruit et de fureur. Et dans ses chants parfois déchirants, ses mélodies souvent explosives, son bastringue de fanfare parfois, se réconcilient les serbes, les croates, les jeunes, les moins jeunes, les blancs, les jaunes, les noirs par toutes les musiques du monde !
Le miracle de Goran, il le résume lui-même : "si les musiciens s'amusent sur le podium, le monde s'amuse avec nous" (à prononcer avec fabuleux accent serbe).
Pour ceux qui ne connaissent pas encore :
Au seuil de l’été, chaque année, des manouches et des " gadje " mélomanes affluent à Samois, où le guitariste mythique Django Reinhardt vécut jusqu’à sa mort en mai 1953. Dans ce magnifique village aux pierres chargées de mémoire, niché sur les berges de la Seine et ceint par la forêt de Fontainebleau, on rend hommage au père fondateur de ce " gipsy jazz " renommé jusqu’aux États-Unis ou au Japon. La 28e édition a commencé officiellement hier (le 28 juin). Mais la musique y gardera son swing jusqu’à dimanche au milieu de caravanes arrivées des quatre coins de l’Europe.
Renseignements - réservations : 08 91 70 05 53

09:55 Publié dans CONCERTS | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : Goran brégovic
mercredi, 16 mai 2007
ARNO
"Ne korte dikke stoot allesin stikkenne lange
dunne doet deugdvanbinnen'k heb een kleintje maar'k schiet verre"
"Putain, putain c'est vachement bien
nous sommes quand même tous des Européens."
OH LA LA LA, IL est magnifique !
Sexy, drôle, émouvant, rock, sentimental, charmant, délirant, agitateur de micro, porte à "gauche", reproche à Mireille Mathieu de l'avoir trompé avec "le ptit", remercie la France de débarrasser la Belgique de Johnny, aime les yeux de sa mère, les moules, Ostende...
Chanter le blues en se marrant
06:10 Publié dans CONCERTS | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : arno
jeudi, 26 avril 2007
CHRIS(topher Joseph) ISAAK
13 dates uniquement dans toute l’Europe et savoir pourquoi ce fringant cow-boy californien de 50 ans (que je classe dans la catégorie : « on n’est pas tous égaux face au temps qui passe… ») est passé près de chez moi restera un mystère. Peu importe, le « show » d’hier soir fut « amazing ». Entre rock, rockabilly, country et balades (slow de l’été qui tue) Chris Isaak a embrasé la salle grâce notamment à ses « séjours » parmi le public où il compte fleurette à ses fans énamourées leur demandant si « elles » préfèreront un spectacle « romantic » ou « satanic »... De l’avis du « djeunz » qui m’accompagnait, tout surpris que malgré la moyenne d’âge sur scène l’ambiance surchauffée soit électrique, le verdict fut sans appel :
« il assure comme une bête ».
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Jouant parfois de sa ressemblance vocale avec Elvis, il n’hésite pas à entonner un vibrant « don’t be cruel » et à revêtir une improbable tenue de scène tout droit sortie de Las Vegas. Constamment souriant et énergique il parle avec le public, raconte des histoires, invite des danseuses d’un soir sur scène, ne lâche pas sa guitare et communique l’authentique complicité qu’il partage avec ses musiciens qui l’accompagnent depuis… presque 30 ans ! Au-delà de l’attente, mieux que ce que j’espérais !
Hotissimo et plus si affinités...


(Je précise que ce sont mes photos à moi réalisées hier avec mes petits doigts.)
My favorite, tout droit sortie de « Eyes wide shut » de Stanley Kubrik… :
10:35 Publié dans CONCERTS | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : chris isaak
dimanche, 18 mars 2007
Vincent Delerm
Politesse et respect de gentleman, et de mémoire de « concerteuse » c’est la PREMIÈRE fois que je « surprends » un artiste à arriver à l’heure !
Vincent Delerm pousse l'insolence jusqu’à être là avant d’y être car :
rideau blanc sur la scène, un film de et sur Vincent est projeté : Vincent joue au ping-pong, Vincent joue au foot, Vincent nage… et déjà c’est drôle. Une partie de son public conquis l’attend. L’autre partie (qui accompagne les afficionados) sera rapidement sous le charme dès qu’à son piano il nous ravira les oreilles de quelques piqûres d’araignées. Moi j’y étais seule, sous le charme, en harmonie complète avec une salle comble avec qui Vincent Delerm installe instantanément une complicité, qui en dehors des chansons que l’on fredonne par cœur, est faite d’histoires drôles, de jeux de mots (très très lourds parfois…), de charades… une véritable conversation. C’est d’autant plus rare que cela semble un authentique besoin chez ce chanteur élégant, heureux d’être là comme s’il s’agissait de son premier concert.
Cinéphile (chaque chanson est un « film » où plane une ombre) et musicien, il virevolte d’un instrument à l’autre, il occupe tout l’espace, sans jamais interrompre l’échange qui ne se limite jamais à quelques paroles polies entre chaque chanson.
Il évoque son enfance, son adolescence qui forcément font écho à celles de chacun d’entre nous. Il parle de son époque, de sa ville, de ses amours enfantines, c’est ironique et délicat. Vincent est pudique, rêveur mais c’est aussi un clown. Il invite le public à chanter. Jamais il ne se fait prier, le public. Vincent réduit l’effectif : c’est au tour des « scorpions » de chanter, puis des « scorpions ascendant scorpions », puis des « scorpions qui ont le Bafa »…
Les rappels se multiplient. Il revient toujours heureux, car j’en suis sûre à présent, c’était son premier concert ! Et le comble, c’est que c’est lui qui finit par nous remercier pour cette belle soirée.
Hier soir, j’ai rencontré un Prince !
19:25 Publié dans CONCERTS | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : vincent delerm
dimanche, 04 février 2007
Goran Bregovic

Lui, est capable de me faire faire 400 kms dans la soirée pour le voir, l'écouter et vivre trois heures durant avec sa bande de furieux, au moins quarante personnes sur la scène (l'Orchestre des Mariages et des Enterrements, Le Choeur (divin) des voix Bulgares et ses poupées serbes qui tirent les larmes avec leurs plaintes déchirantes) un concert à chaque fois renouvelé, à chaque fois inoubliable.
Serbe et croate, Goran fouille ses sonorités dans les Balkans et mélange une fanfare tzigane, des polyphonies traditionnelles, SA guitare, des percussions traditionnelles aux accents rock. Le rythme est endiablé, les voix du choeur des hommes font frémir...
Le corps tout entier ne résiste pas car c'est plein de bruit et de ferveur, c'est Goran dans tout son éclat. C'est classique, féerique, magique, c'est flonflon et rock and roll, frémissant.
Encore quelques dates en France :
- le 30 mars à Sable Sur Sarthe (72),
- le 31 mars à Eysines (33),
- le 7 avril à Angoulême (16),
- le 21 avril à Paris.
Ne le ratez pas vous serez conquis !
12:45 Publié dans CONCERTS | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : goran bregovic
dimanche, 17 décembre 2006
Jacques Wéber est

Seul en scène.
Il se met à parler toutes langues. Celle de Molière, de Duras, de Musset, de Courteline, de Baudelaire, de la Fontaine, de Claudel, de Corneille, de Flaubert… alors qu’à aucun moment on ne sait de qui sont les textes car tout s’enchaîne admirablement.
Le comédien est sans transition enfant, violent, Artaud, drôle, Cyrano, terrible, lyrique, naïf, femme ou Rimbaud. Car au théâtre, « je » c’est les autres.
Et… miracle ! lors de cette rencontre, de ce moment d’échange et de partage, Jacques Wéber nous procure la joie rare de le quitter sur cette merveille :
… « N'écrire jamais rien qui de soi ne sortît,
Et modeste d'ailleurs, se dire : mon petit,
Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !
Puis, s'il advient d'un peu triompher, par hasard,
Ne pas être obligé d'en rien rendre à César,
Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
Bref, dédaignant d'être le lierre parasite,
Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul,
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul ! »

09:05 Publié dans CONCERTS | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : jacques wéber
jeudi, 09 novembre 2006
Un ange est passé à l'Olympia...
A quoi tient la magie d'un concert ? Difficile à expliquer quand il s'agit d'Antony.
Imaginez un colosse de près de deux mètres qui veut être un oiseau ou une fille et qui est parfois les deux ! Sur scène il s'entoure de 8 musiciens (violon, violoncelle, piano, saxophone, hautbois, guitare, clarinette) et de vrais instruments. Sa voix est un instrument supplémentaire qui fait frissonner, et son histoire d'espoir et de blessures fait pleurer un public qui communie en harmonie ! Antony risque, ose et réussit l'exploit d'imposer jusqu'à ses silences à une salle médusée, conquise par sa présence, sa douceur, sa fragilité et sa force.
Ecoutez-le, c'est un ange !
To my "sister", qui se reconnaîtra ...
18:50 Publié dans CONCERTS | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : antony and the johnsons




















































