DE LA COMÉDIE FRANCAISE
de Martin Darondeau et Bertrand Usclat ***
FRANCE
Avec Pauline Clément, Laurent Stocker, Julien Frison, Marina Hands, Adeline d'Hermy, Danièle Lebrun, Sefa Yeboah Serge Bagdassarian, Christian Hecq, Benjamin Lavernhe, Guillaume Gallienne, Sephora Pondi, Florence Viala... de la Comédie Française.
A 3 heures de sa première représentation en tant que metteuse en scène à la Comédie Française, Nina enchaîne les "galères", les contretemps voire les catastrophes et autres déboires techniques.
Pour démontrer ce qui constitue l'esprit d'une troupe qui s'oppose et finit par se rassembler dans une adversité qui confine à l'acharnement d'une forme de malédiction, les réalisateurs choisissent de nous embarquer pied au plancher à la suite de Nina qui a la lourde de charge de faire en sorte que tout fonctionne. Elle court, écoute, argumente, rassure, cherche et trouve des solutions, craque, crie et assume la "charge mentale" d'une femme qui travaille et dont l'ex mari irresponsable lui dépose leur bébé au pire moment. Pauline Clément virevolte et nous entraîne avec son énergie et son naturel comique inné.
C'est éreintant et la plupart du temps très drôle. Dès l'introduction (hélas trop présente dans la bande-annonce) Guillaume Gallienne donne le ton en refusant l'accès de Nina à l'illustre maison parce qu'elle ne trouve pas son badge. Dans le même registre, citons Christian Hecq absolument délirant en technicien qui tient absolument à donner toutes les explications scientifiques de chacune de ses interventions. Et entre le comédien superstitieux qui ne peut porter du vert, ne peut entendre prononcer le mot corde (Julien Frison très drôle), l'autre, prétentieux, hautain, sûr de son art (big up à Laurent Stocker irrésistible), les deux autres (Julien Frison et Marina Hands craquante) qui couchent ensemble en répétant dans leur loge et que "couvre" Nina pour ne pas que le mari également comédien découvre la tromperie... Nina a fort à faire pour assurer l'unité de cette troupe disparate composée de personnalités parfois discordantes.
L'irruption de Benjamin Lavernhe (je vous laisse découvrir son rôle) est une véritable apparition. Cet acteur est d'une drôlerie et d'une présence qui frôlent la perfection. Hilarant quand il évoque "cette merde de Shakespeare" (les comédiens vont jouer Macbeth). On croise également dans l'ascenseur l'ancien directeur de la maison, Eric Ruf. Et la musique martelée est la petite cerise ludique sur ce délicieux gâteau.
C'est un bonheur de visiter les coulisses, les bureaux, les couloirs, les cintres de la maison de Molière et de voir ces acteurs/comédiens se prêter avec délice au jeu de ce film en forme de tourbillon joyeux, tendre, à l'énergie et au plaisir communicatifs.
Quoiqu'il arrive, le rideau doit se lever.
