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NOTRE HISTOIRE - CHRONIQUES DU CAIRE

d'Abu Bakr Shawky ***

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EGYPTE

avec Amir El-Masry, Valery Pachner, Nelly Karim

C'est une cacophonie autour de Ahmed qui essaie de jouer du piano dans l'appartement familial au Caire en 1967.

Son rêve : devenir pianiste. Mais entre les bruits de la rue (il fait chaud, la fenêtre est constamment ouverte), les interpellations des membres de la famille d'une pièce à l'autre, les matchs de foot d'une équipe que tous supportent mais qui ne gagne jamais à cause d'un oncle qui a le "mauvais oeil", le rêveur Ahmed s'échappe grâce à une correspondance qu'il échange avec Liz une autrichienne qui a répondu à sa demande de correspondant. Certains pensent que Liz est une espionne mais la jeune fille s'avèrera plutôt être un soutien indéfectible pour Ahmed car les deux jeunes gens vont tomber follement amoureux l'un de l'autre.

L'histoire débute donc en 1967 et la télé constamment allumée nous permet de suivre les différents évènements et les présidents successifs (qui n'ont pas fait que du bien au pays) au fil de deux décennies commentées par un présentateur très démonstratif (et encore plus effrayant que Léon Zitrone lui-même). Au fil des années il y aura de moins en moins de monde sur la photo, Ahmed perdra sa crinière abondante et les joies, les drames, les guerres marqueront l'histoire de cette famille attachante et volubile.

On s'attache, on rit, on s'émeut avec ces gens ordinaires et le réalisateur inclut des images d'archives de Nasser ou Sadate qui impriment leur rêve de grandeur à tous les membres de la nation. Il parvient à traiter la vie ordinaire d'une famille profondément attachante, avec en toile de fond les secousses politiques et sociales. La corruption est traitée sur le mode à la fois comique et effrayant. Le père ayant lâché le mot corruption lors d'une interview se demande quand on va venir l'arrêter. Liz réitèrera l'erreur des années plus tard.

Cette chronique ne manque pas de souffle dans l'atmosphère parfois étouffante d'un appartement. Elle est traitée avec infiniment de sincérité sur le mode de l'humour souvent teinté de mélancolie voire de tristesse.

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