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SOUS LE CIEL DE KYOTO

de Akiko Oku ***

SOUS LE CIEL DE KYOTO, cinéma,  Akiko Oku,

JAPON

avec Riku Hagiwara, Yuumi Kawai, Aoi Itô 

Hiver comme été Toru se cache sous son parapluie qui devient ombrelle aux beaux jours.

Maladivement timide, il ne veut ni voir ni être vu. Mais le jour où il aperçoit Hana, magnifique et solitaire jeune fille, dans l'amphi de la fac, il brave sa timidité et parvient à établir le contact avec elle. Elle arbore un magnifique chignon car selon elle : "les filles qui portent un chignon se font plein d'amis". Ils ont chacun un petit boulot. Toru travaille le soir dans des bains publics en compagnie de Sacchan, une jeune musicienne extravertie secrètement amoureuse de lui tandis qu'Hana est serveuse dans un bar gardé par un chien démonstratif qui fait le lien entre tous les personnages.

L'évidence saute aux yeux dès leur rencontre : Toru et Hana sont faits l'un pour l'autre. Le film avance tranquillement (un peu trop) vers la comédie romantique balisée, faite de rendez-vous notamment dans un restaurant (les célèbres kissa du Japon) où le responsable répugne à faire des omelettes au riz mais sert un bouillon de fèves noires du Brésil (un café). Ces retrouvailles de plus en plus fréquentes sont révélatrices de leur connivence qui laisse augurer un ciel sans nuages rendant les parapluies inutiles.

Lorsque brutalement, Hana disparaît de la fac et de la vie de Toru, le jeune homme s'effondre de tristesse (son attente vaine toute une journée près du restaurant où Hana travaille est un des beaux moments du film). La cruelle explication de cette disparition sera plus douloureuse encore que celle que Toru avait imaginée. Cette fille qui lui a enseigné la sérendipité (le titre international est : She taught me serendipity) le laisse complètement abattu.

Le virage que prend le film, passant de la douce comédie au drame prendra toute sa signification assez inattendue lorsque les mystères et ambiguïtés seront levés.

Comme dans le beau Tempura, la réalisatrice prend beaucoup de temps pour en arriver au coeur du sujet. Quelques scènes inutiles comme dans son précédent film rendent également celui-ci inutilement sophistiqué (et un peu trop long) mais les personnages sont si beaux, si justes, si attachants... La morale pourrait être qu'il ne faut pas s'enfermer dans son petit bonheur égoïste mais être attentif à tous ceux qui nous entourent. C'est beau et puis c'est japonais...

Commentaires

  • J'ai adoré ce film... Pourtant aller voir une comédie romantique... mais je savais que c'était plus que ça... Parce qu'effectivement, il n'y a pas qu'une romance, il y a aussi des moments de vie, d'amour, de sourire et de drame... Il y a le japon et la pluie, avec ses parapluies...

    Elle est jolie ta morale, tu en as fait un copyright, j'espère...

    PS : et dire que tu m'apprends des choses sur le japon, c'est pas possible, moi qui essaie de voir tous les films japonais qui passent par chez moi, qui lit une dizaine de bouquin japonais par an... je ne connaissais pas le terme de kissa... bou, je suis nul....

    finalement finir sur "C'est beau et puis c'est japonais", ça devrait suffire, même pas besoin d'en dire plus...

  • Et moi qui aime tant le Japon et son cinéma. Je ne parviens pas à me faire à sa littérature.
    Encore un essai récemment : ennui ! Bououou, jsuis nulle !

    Merci pour la morale. Ce devrait être un principe de base existentiel.

    Quant à la dernière phrase elle t'était destinée. Ravie que tu l'aies saisie ainsi.

  • C'est un drame, vraiment ? J'aurais plutôt envie d'autre chose.
    Comment on dit feel good, en japonais ?

    Je note quand même pour un éventuel plan B. La période est un peu creuse.

  • Je dirais un drame lumineux... mais quand même cruel.
    Tu devrais tenir.

  • J'avais prévu d'y aller, mais j'avais pas prévu que je ne pourrais plus sortir ... c'est bête hein !

  • Oui c'est bête mais j'espère que tu t'achemines vers un mieux.

  • Ceux-là ne bossent pas au Konbini mais c'est tout comme. Décidément le Japon a la sérendipité capricieuse en ce moment. N'empêche que ton doux article tout plein de jolies formules m'a bien plu, même si, en le lisant, j'ai eu l'impression d'avoir quasiment tout vu dans la bande-annonce. Manquent les explications qui se cachent sans doute "sous le ciel de Kyoto", réservées à ceux qui pousseront la porte du ciné. Kissa ? Ben moi, peut-être.

  • Ceux qui fréquentent les bains et le kissa me semblent plus aimables que les affreux clients du konbini.
    Je peux te garantir que tu n'as RIEN vu en t'arrêtant à la BA. On est même presque au niveau d'un méga (voire deux) twist.

  • Très déçu, trop de longueurs dont deux passages beaucoup trop bavards et surtout rébarbatifs, et que dire du dénouement capillotracté, coïncidence ok mais faut pas pousser...

  • Le loooooong monologue en a lassé plus d'un (les commentaires à la sortie étaient impitoyables). Au début j'ai trouvé ça long et je me suis laissé embarquer par le "lâcher prise" de Sacchan. Elle n'avait plus rien à perdre. Et le visage sidéré de Toru lors de cette scène... j'ai beaucoup aimé.
    C'est ça la sérendipité... les hasards

  • Il est toujours dans ma liste car j'avais beaucoup aimé Tempura. J'espère pouvoir le voir mais rien de moins sure car peu de séances ciné en ce moment :-(

  • Il a les mêmes faiblesses que Tempura (sa longueur) mais c'est toujours aussi bon et cette fois très surprenant.
    Rien de grave j'espère.

  • Oh non, je passe moins de temps sur paris, et pas de ciné autour de chez moi à la campagne, rien de grave !

  • Mouais... beaucoup trop de pathos à mon goût.
    La scène de la première déclaration (chut !) est pour moi le grand moment du film.

    De belles idées ici et là, mais des redites et trop de choses improbables.
    Les jeunes acteurs font le job, honorablement ou même un peu mieux.

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