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LES ÉTRANGES ET LES BIZARRES

SUNDOWN / TEMPURA / MARCEL !

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Quelques mots sur les zarbis de l'été.

SUNDOWN de Michel Franco ***

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Avec Tim Roth, Charlotte Gainsbourg, Iazua Larios

Synopsis : Une riche famille anglaise, un homme, une femme, deux enfants (jeunes adultes) passe de luxueuses vacances à Acapulco quand l’annonce d’un décès les force à rentrer d’urgence à Londres. Au moment d’embarquer, Neil affirme qu’il a oublié son passeport dans sa chambre d’hôtel. En rentrant de l’aéroport, il demande à son taxi de le déposer dans une modeste pension d’Acapulco...

On ne sait qu'assez tard dans le film qui est qui par rapport à qui. Ce n'est pas gênant et constituera même une des surprises du film qui en contient pas mal... Je vous les laisse donc découvrir. Ce qui saute aux yeux c'est l'attitude de Neil. Aimable voire relativement chaleureux quand on le sollicite il semble curieusement absent au monde et à ce qui l'entoure. On peut comprendre lors d'un rapide plan furtif ce qui le chagrine tant mais rien n'est révélé immédiatement. Lorsqu'il décide de rester seul au Mexique, on suit son errance. De sa pension miteuse à la plage où il passe ses journées à ingurgiter des seaux de bière tiède, les journées languissantes se succèdent. Sa famille le réclame, il répond à peine, ment ou l'ignore.

On ne sait trop où le réalisateur veut en venir et il est dommage qu'il se soit senti obligé de faire vivre une romance improbable et sans grand intérêt à son anti-héros. Le mal être existentiel de Neil perd ainsi un peu de sa puissance. Néanmoins, le réalisateur maintient la tension et quelques rebondissements feront réagir.

Acapulco est à la fois un endroit paradisiaque et le lieu certain de la misère où la violence surgit, abrupte et inattendue. Attendez-vous à quelques sursauts. Il est certain que l'aisance financière de Neil peut lui permettre de se retirer ainsi au bout du monde mais on suit son errance avec intérêt.

Et puis surtout il y a Tim Roth qui porte le film comme son mal de vivre, avec nonchalance et sobriété. C'est toujours impressionnant un acteur dont la seule présence parvient à combler certains vides.

Une curiosité.

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TEMPURA de Akiko Ohku ***

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avec Non, Kento Hayashi, Hai Hashimoto

Mitsuko a trente ans et vit seule. Elle se réjouit de l'être et en plus de son boulot se consacre à des recettes de cuisine dans son petit appartement tokyoïte. Même si le titre évoque une espèce de beignet, le film n'est pas un énième opus culinaire. Mais il est conseillé de ne pas se rendre en salle affamé car Mitsuko passe beaucoup de temps en cuisine et ce qu'elle mijote est très appétissant.

Elle se félicite des défis de célibataire qu'elle se fixe et entretient une conversation permanente avec son ami imaginaire, son alter ego, sa voix intérieure et son double qu'elle a surnommé A. Cette voix la rassure, la protège, la conseille ou l'approuve. Le bonheur de Mitsuko est-il bien réel ? Son attitude ne révèle-t-elle pas plutôt une certaine peur de l'autre, de la rencontre et surtout des hommes ?

Encore un personnage qui délivre peu à peu un mal être existentiel  évident. Mitsuko semble inadaptée à son environnement, à son travail et à la société (nippone) en général. Lorsque l'amour fait une timide apparition en la personne d'un très beau et très obstiné collègue, la comédie romantique s'invite mais la jeune femme ne se laisse pas facilement compter fleurette et résiste presque malgré elle parfois.

Plus de deux heures n'étaient peut-être pas nécessaires pour faire le tour des tergiversations de Mitsuko et le long intermède romain, quoique très beau, n'apporte pas grand chose à l'affaire. Mais la réalisatrice, à force de suivre ce personnage et de scruter son malaise et ses appréhensions (et sa peur panique de l'avion) nous la rend touchante et très attachante.

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MARCEL ! de Jasmine Trinca *

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Avec Alba Rohrwacher, Maayanne Conti

Synopsis : La petite fille est insomniaque. La mère est une artiste. Le chien s’appelle Marcel. La petite fille aime passionnément sa mère, mais sa mère aime Marcel plus que tout. 

Marcel disparaît puis meurt et la petite fille tente par tous les moyens de se faire aimer par sa mère.

Voici la bizarrerie la moins aimable de la série. C'est assez désolant de voir cette pauvre petite fille implorer par le regard et sa simple présence l'amour que sa mère lui refuse obstinément. J'aurais aimé un peu plus de dialogues. Pourquoi ne se parlent-elles jamais ? Evidemment, il ne doit pas être facile de communiquer avec cette mère artiste de rue qui propose un spectacle (plutôt moche voire affligeant) centré sur la perte et la recherche d'un chien. Parfois cette mère égocentrique s'emporte dans de longues tirades à propos de l'art et de la vie et la réalisatrice chapitre son film avec des titres pompeux et abscons proches du ridicule. Quant à la petite, elle n'a pas beaucoup de charme malgré ses grands yeux tristes. Elle refuse l'affection d'un garçon de son âge, joue mal du saxophone, est la risée des autres enfants, a une grand mère qui ne lui adresse la parole que pour lui parler de son père absent ou mort (un être de lumière bien sûr)... Bref, elle est bien à plaindre mais elle veut sa mère, point.

Le film est plutôt beau visuellement. On sent que l'actrice/réalisatrice a travaillé le moindre plan, les éclairages, qu'il y a une part autobiographique dans cette quête d'amour, qu'elle rend hommage aux saltimbanques mais tout cela manque de cohérence et d'un sens de la narration qui retiendrait le spectateur.

Heureusement, il y a Alba Rochwacher.

Commentaires

  • Sundown et Tempura, deux petits films que j'avais très envie de voir... Tempura n'es resté qu'une semaine dans le cinéma d'art de ma ville... Et j'avais choisi en priorité As bestas... Enfin peu importe ma vie et mes faux problèmes. Sun down, j'avais vu la BA (peut-être dans As Bestas) et je me suis dit, tiens voilà un film pour moi, étrange et peu bavard... Enfin, j'arrête avec ma vie... et du coup, je ne dirais pas que j'ai vu Brad Pitt...

  • J'adore quand tu racontes ta vie. On s'accroche à tes mots en s'agitant : la suite, vite la suite !
    Sundown t'aurait plu. Niel boit beaucoup de bières et traîne ses savates dans le sable.
    Moi aussi j'ai vu Brad. Il est vraiment drôle quand il fait le con.

  • Euh... "Tempura", j'hésite un peu. Il ne va plus m'être accessible très longtemps, mais je ne sais pas s'il mérite que je le place parmi mes priorités. Dilemme... d'autant que tu juges le personnage attachant.

  • Ça dépend de ce qu'il y a à côté.
    S'il fallait choisir avec Dédales, il vaut mieux Dédales.
    Mais tu aimes le cinéma japonais et oui, son côté perdu m'a vraiment touchée. C'est différent. Pop, coloré et réalisé par une femme.
    Moi j'ai TOUT vu. Il ne me reste que Joyeuse retraite, Menteur

  • Je n'ai pu voir que "Sundown", un thriller psychologique bien foutu même si on devine très vite le pourquoi du comment, et le mobile pour l'arrestation qui ne tient forcément pas la route. Mais le reste est assez efficace pour tenir en haleine.

  • Oui on comprend vite le problème de Neil. On en sait donc plus que les personnages.
    Pour moi l'arrestation est justifiée. Au Mexique ils ne font pas dans la dentelle.

  • Des 3 je n'ai vu que Tempura que j'ai beaucoup aimé car je n'avais jamais rien vu de tel je crois. C'est très japonais, avec des codes que je ne maitrise pas, à la fois comédie très légère et dramatique. J'ai vraiment aimé ce film bien plus profond qu'il n'y parait !

  • J'ai beaucoup aimé aussi. J'aurais aimé aller au Japon. Elle m'a beaucoup touchée cette fille

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