16/05/2013
L'HYPNOTISEUR de Lasse Halström **(*)
19:41 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : l'hypnotiseur de lasse halström, cinéma, tobias zilliacus, mikael persbrandt, lena olin
15/05/2013
UNE VIE SIMPLE de Ann Huy ***
18:28 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : une vie simple de ann huy, andy lau, deannie yip, cinéma
12/05/2013
SOUS SURVEILLANCE de Robert Redford ***
19:11 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sous surveillance de robert redford, susan sarandon, shia labeaouf, nick nolte, julie christie, chris cooper, sam elliott, brendan gleeson, richard jenkins, brit marling, stanley tucci, cinéma
08/05/2013
SURVIVRE de Baltasar Kormákur ***

Tiré d’une histoire vraie.
Hiver 1984, un chalutier sombre au large des cotes islandaises. Les membres de l’équipage périssent tous en quelques minutes. Tous sauf un. Dans l'eau glaciale, Gulli force de la nature parvient, au terme d'une nage héroïque de plus de 6 heures, à regagner la terre. Face à l’incrédulité générale devant son impensable exploit, la vie de cet homme d'apparence ordinaire est alors bouleversée…
Pas de chantage à l'émotion pour l'histoire de ce colosse, héros malgré lui d'une sinistre aventure dont il aurait pu se passer. Il n'a au fond rien fait d'autre que de sauver sa peau malgré les moments de désespoir, de découragement. L'héroïsme tient au fait que personne n'est censé survivre dans l'eau glaciale de lAtlantique Nord. Or, il y a passé plus de 6 heures, suivies de 2 heures de marche sur des roches volcaniques coupantes après s'être échoué sur des rivages inhospitaliers l'obligeant d'ailleurs à replonger dans l'eau... L'épreuve et l'exploit sont filmés au plus près du nageur, encouragé par une mouette qui l'accompagne et étrangement le rassure et le motive. De retour sur la terre ferme, le pauvre homme se verra assailli par la faculté scientifique curieuse de comprendre. Devenu cobaye, observé comme un monstre de foire, un scientifique que l'on pourrait croire cruel mais qui finalement ne considère cet homme que comme un objet d'étude, ira jusqu'à le "replonger" dans les conditions extrêmes de son tour de force. Glacial, glaçant...
Et comme je me suis mise en mode lézard... je vous invite à lire ce très beau texte qui décortique le film mieux que quiconque pourrait le faire. Je vous recommande d'ailleurs et en général ce blog car quand la taulière se donne la peine d'écrire, ça fiche des complexes !
17:57 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : survivre de baltasar kormákur, cinéma, Ólafur darri Ólafsson, jóhann g. jóhannsson, Þorbjörg helga Þorgilsdóttir
27/04/2013
IRON MAN 3 de Shane Black **(*)

Il paraît que le synopsis c'est ça : "Tony Stark, l’industriel flamboyant qui est aussi Iron Man, est confronté cette fois à un ennemi qui va attaquer sur tous les fronts. Lorsque son univers personnel est détruit, Stark se lance dans une quête acharnée pour retrouver les coupables. Plus que jamais, son courage va être mis à l’épreuve, à chaque instant. Dos au mur, il ne peut plus compter que sur ses inventions, son ingéniosité, et son instinct pour protéger ses proches. Alors qu’il se jette dans la bataille, Stark va enfin découvrir la réponse à la question qui le hante secrètement depuis si longtemps : est-ce l’homme qui fait le costume ou bien le costume qui fait l’homme ?"
Je veux bien, mais en fait on s'en fiche un peu. De l'histoire je veux dire. Que d'ailleurs le synopsis n'évoque même pas. Pourtant, il y a deux super méchants. Un type autoproclamé LE Mandarin au look Ben Laden qui est en route pour détruire la planète à petits feux... à coups d'attentats perpétrés sur des innocents. Et un scientifique autrefois évincé par Tony Stark qui ne l'a pas pris au sérieux et qui revient 15 ans plus tard avec des arguments (Guy Pearce, très très méchant, ce que sa puissante mâchoire laissait supposer). Et puis Pepper Potts vit avec Iron Man. Ils ont une maison... oumpf la maison !!! Mais Iron/Tony ne parvient plus à dormir. Il bricole non stop dans son atelier high tech et il a de super méga grosses crises d'angoisse et Robert simule super bien les crises d'angoisse !
Je me souviens que le second opus (pour ne pas dire épisode qui ferait trop cheap pour un blog aussi distingué) était décevant. Celui-ci me semble être le meilleur des trois. Pourquoi ? Parce que. La réponse est dans le nom de l'acteur. Non, la réponse c'est le nom de l'acteur. Non, la réponse C'EST L'ACTEUR : ROBERT DOWNEY Jr. Ce type est exceptionnel et si vous ne l'appréciez pas : fuyez en sens inverse pauvres fous ! Car c'est un festival. Lancé en mode "je fais ce que je veux", il lâche les chevaux. Si tant est qu'il les ait retenus un jour ! Drôle, sexy, élégant, amoureux, angoissé, découragé, agacé, désespéré... l'acteur n'a pas besoin de partenaire pour faire le show car il s'adresse souvent à une machine, et qu'il est un effet spécial à lui tout seul. Néanmoins, les trop rares échanges avec sa moitié Gwyneth sont les moments les plus charmants du film. On peut donc être Iron Man et être complètement à côté de la plaque au point d'offrir des fraises à sa chérie qui y est allergique... entre autre balourdise. Et puis, rarement il aura été donné de voir un super héros aussi vulnérable qui se trompe, se fait capturer, prend des bûches et s'écrabouille comme une lavette !
Cela dit on se demande pourquoi le réalisateur a mis dans les pattes d'Iron un moutard aussi singe savant qu'exaspérant, forcément sans papa et délaissé par sa môman. Y'a vraiment des baffes qui se perdent.
On pourrait également se demander ce que sa Majesté Ben Kingley vient faire ici en cruel Ben Laden mais on finit par le comprendre... et l'acteur se fend d'une grande performance...
Quant à Robert/Tony-Iron, il rend cette troisième aventure hilarante et irrésistible.
14:54 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : iron man 3 de shane black, robert downey jr, gwyneth paltrow, guy pearce, rebecca hall, don cheadle, ben kingsley, jon favreau, cinéma
21/04/2013
PIETA de Kim Ki-Duk ***

Kang-do vit dans un taudis et exerce l'exquise profession de recouvreur de dettes. Il met beaucoup de coeur à l'ouvrage et mutile atrocement les personnes qui ne peuvent payer la somme complète les contraignant parfois ainsi au mieux à la mendicité, au pire à un désir de vengeance. Une femme très triste se met à le suivre et bien qu'elle lui assure être sa mère, il la repousse violemment. En effet, Kang-do a été abandonné à la naissance. Il est depuis plus seul qu'un chien et ne s'exprime que par des insultes, la haine et la violence. Cette femme douce et patiente bouscule néanmoins toutes les certitudes et comportements de Kang-do au point de lui devenir indispensable et révèle en lui des sentiments inattendus et inconnus pour lui car totalement enfouis.
D'une violence et d'une noirceur exceptionnelles, le film de Kim Ki-Duk n'épargne pas le pauvre spectateur. Heureusement les scènes de torture et mutilation sont suffisamment préparées pour me permettre de fermer les yeux. Les endettés sont des ouvriers travaillant sur des machines qui coupent, tranchent, écrasent, perforent et ce sadique de Kang-do les utilise sans la moindre émotion pour punir l'insolvable. De préférence sous les yeux d'un très proche, femme ou mère ! Une femme propose t'elle de "payer" Kang-do en nature ? Il la repousse, privilégiant plutôt les plaisirs solitaires et matinaux. Nous apprendrons entre autre raffinement que la cruauté dont Kang-do fait preuve est de sa seule initiative et non de ses commanditaires.
Le quartier où il officie ressemble à la fois à un souk et à un bidonville destiné à une démolition prochaine. L'avenir de la nombreuse population survivant dans cet endroit est à l'évidence un des... problème de la société coréenne que le réalisateur observe en périphérie de son histoire.
Un drame dément, sinistre, froid, implacable où se côtoient rédemption, inceste, vengeance.
14:50 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : pieta de kim ki-duk, cinéma, lee jung-jin, min-soo jo, ki-hong woo
16/04/2013
LE TEMPS DE L'AVENTURE de Jérôme Bonnell ***

Alix joue une pièce à Calais. Son agent lui demande de faire un aller retour à Paris auditionner pour un film. Mais la journée va prendre un tour tout à fait inattendu. Alix n'est pas au mieux de sa forme et de son moral. Elle se sent à une période charnière, capitale de sa vie (on apprendra assez tard pourquoi) et elle s'interroge sur l'avenir de son couple avec Antoine, dont on n'entendra que la voix au téléphone. Un événement va rendre cette journée qui aurait dû être banale, tout à fait particulière, unique puis inoubliable. Dans le train le regard d'Alix croise celui d'un homme triste et sans le comprendre ni se l'expliquer, elle va être comme aimantée à cet inconnu, le suivre, le perdre, le retrouver...
Bien sûr, l'homme observe un peu, discrètement Alice du coin de l'oeil, sans doute intrigué par son regard à elle, insistant. J'avoue que j'ai eu un peu de mal à comprendre l'attitude d'Alix. Comment une femme peut-elle suivre un homme au point d'aller frapper à la porte de sa chambre d'hôtel et lui bouffer la bouche, cet homme qui, sans réellement la repousser, ne l'encourage à aucun moment ? Au cinéma je suis très romantale et sentimentique et je peux comprendre et même souhaiter un coup de foudre réciproque, le genre qui pétrifie les deux protagonistes. IRL beaucoup moins et il faut (fallait !!!) me jouer du biniou suffisamment longtemps avant que je lève un oeil. Ici, pendant un looong temps je me suis dit qu'Alix allait se prendre un rateau et que le monsieur en costume allait lui demander de retourner jouer avec les enfants de sa cour. Oui, je sais, c'est moche. Mais il faut l'avouer, Gabriel Byrne est réfrigérant malgré son charme XXL et indéniable. Il ferme la porte, tourne le dos, disparaît et Alix réapparaît collée à ses basques incapable de prendre le train de retour. On le sait Gab' finira par céder et plus si affinités...
Et il fallait bien le talent d'une actrice exceptionnelle, naturellement décalée pour faire qu'on la suive dans son ivresse, dans ses frémissements. La première demi-heure, on l'accompagne dans son parcours du combattant frénétique. Partir tôt de Calais, prendre le métro, rentrer chez elle, se changer, chercher son homme, appeler sa mère, se rendre au casting où elle doit jouer deux fois le même dialogue débile face un type qui lui donne la réplique excédé (IMMENSE scène où le talent de l'actrice est démontré par A + B sans contestation), aller à la gare, rater son train, se retrouver sans portable (déchargé et chargeur oublié à Calais), sans argent (CB bloquée), courir de cabine téléphonique en cabine téléphonique, décommander sa mère, se prendre un poteau, s'humilier devant sa soeur (autre scène extraordinaire, drôle et angoissante où Aurélie Petit, distribue les baffes)... Le stress et l'accumulation de revers d'Alix sont arrivés jusqu'à mes neurotransmetteurs au point de me provoquer un début d'angoisse. C'est rare au cinéma et c'est dire le pouvoir incroyable de persuasion d'Emmanuelle Devos.
Quand enfin l'homme cède... on est soulagé pour Alix qui vivait sans doute la journée la plus étrange et humiliante de sa vie. Tout enfin prend son sens et la rencontre se fait étourdissante, déraisonnable, à la fois évidente et incontrôlable. Et c'est quand les deux amants éblouis sortent enfin de la chambre que l'on comprend encore mieux leur proximité, leur intimité. L'évidence. C'est un 21 juin à Paris, en pleine fête de la musique. Tout autour d'eux n'est que fête et musique et ils sont blottis l'un contre l'autre, seuls au monde, heureux, bouleversés, étourdis d'eux mêmes. Et Alix parvient à faire de la journée éprouvante de cet homme (raison de son voyage à Paris) une embellie. Faire sourire puis rire Gabriel Byrne (si, si on voit ses dents à deux reprises) c'est dire à quel point Alix/Emmanuelle est une magicienne irrésistible.
Oui cette actrice est une enchanteresse et son réalisateur totalement fou d'elle sublime son visage, son corps, sa voix, sa démarche et comme lui, on sort du film, amoureux d'elle !
12:04 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : le temps de l'aventure de jérôme bonnell, emmanuelle devos, gabriel byrne, cinéma
12/04/2013
11.6 de Philippe Godeau ***

Elle n'est pas banale du tout l'histoire de Toni Musulin convoyeur de fonds modèle responsable en 2009 du détournement de 11.6 millions d'Euros dont 2.5 millions n'ont jamais été retrouvés et qu'il assure ne pas avoir cachés. "Quelqu'un s'est servi" dira t'il laconiquement aux enquêteurs. Toni Musulin n'a pas été capturé, il s'est livré lui-même au terme d'une dizaine de jours de cavale. Et lorqu'on sort de la salle, on a en tête bien plus de questions qu'en y entrant.
A la question "comment ?", le réalisateur répond et nous montre effectivement comment Toni Musulin a organisé et réussi le casse parfait, sans la moindre violence physique et avec un souci pointilleux du détail. Il a la bonne idée de nous laisser découvrir au fur et à mesure chacun des agissements de ce non héros mutique et obstiné. Comment de collègue charmant, de conjoint vivable, il se transforme en être odieux, comment il fait le vide autour de lui pour agir seul et n'impliquer personne. Pour protéger son entourage en quelque sorte.
La réponse à la question "pourquoi ?" reste confuse, obscure. L'opacité du personnage demeure de bout en bout. Il dira "j'aime la solitude et le silence". Et à peine verra t'on poindre un soupçon de ras le bol envers une hiérarchie qui lui refuse une journée de congé, qui le rend corvéable à merci au prétexte qu'il n'a pas de famille, qui l'escroque sur le paiement de ses heures de travail. Est-ce contre cette société qui ne connaît que la productivité au risque de ne pas respecter le règlement que Toni Musulin se rebelle finalement ?
Toujours emprisonné pour l'instant et à l'isolement pour ne pas recevoir de pressions de la part des autres détenus sur la prétendue cachette des 2.5 millions, Toni Musulin n'a toujours pas révélé son secret.
Philippe Godeau scrute et tente d'analyser la personnalité du personnage et c'est une réussite totale car il se repose sur la Ferrari des acteurs français, François Cluzet. Le visage de cet homme est un paysage qui s'anime à peine. Sa voix est un instrument aux modulations uniques. Et le sourire à peine perceptible lorsque le commissaire lui annonce le sort réservé à l'entreprise qui l'exploitait, du grand art !
16:14 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : 11.6 de philippe godeau, françois cluzet, bouli lanners, corinne masiero, cinéma
10/04/2013
LA MAISON DE LA RADIO de Nicolas Philibert ***

Si comme moi, vous êtes branchés sur France Inter du matin au soir et du soir au matin, alors comme moi vous allez adorer ce film. Et aussi être terriblement frustrés. En effet, toutes les émissions "culte" n'y sont pas représentées car forcément il fallait que le réalisateur fasse un tri. Et il a choisi de s'imiscer au coeur de la grande maison ronde et de mettre en scène arbitrairement 24 heures de la vie de Radio France. Butinant de France Inter à France Musique en passant par France Culture et Radio Bleue.
Les physiques se révèlent derrière les voix familières. On n'est finalement pas surpris de découvrir le calme et le sérieux de Patrick Cohen à pied d'oeuvre dès 3 heures du matin, la ronde bonhommie de Frédéric Lodéon presque englouti derrière ses pyramides de CD, son "patrimoine de l'humanité" comme il l'appelle, la bienveillance naturelle d'Hervé Pauchon, l'agitation permanente d'Alain Bedouet... et de faire la connaissance du discret Jésus et son café du matin, d'assister à une répétition des choeurs de Radio France !
On découvre aussi que le labirynthe de cette étrange maison abrite une ruche où s'affairent des passionnés et c'est captivant de les surprendre en train de faire et chercher le son, le rythme, l'intonation. De les voir obligés de s'interrompre dans l'attente que cesse le moteur d'une perceuse, d'assister à la construction d'une fiction radiophonique, de déceler dans le regard implorant de Bénédicte Heim, professeur de français écrivain, la recherche d'un peu de chaleur chez son réfrigérant intervieweur Alain Veinstein...
Assurément, dès demain je n'écouterai plus MA radio préférée de la même façon après avoir pénétré ses coulisses.
08:33 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : la maison de la radio de nicolas philibert
03/04/2013
STORIES WE TELL de Sarah Polley ***

Synopsis : Sarah Polley a une famille (presque) normale… Et presque comme toutes les familles, la sienne cache un secret. Quand Sarah le découvre, elle décide de se lancer à la recherche de la vérité.
Mais quelle vérité ? Celle de ses parents, acteurs comme elle, celle de ses frères et sœurs, celle des amis d'antan ? Jouant les détectives avec une ironie et un naturel désarmants, elle va démêler sous nos yeux la pelote de toutes ces histoires qu'on raconte, et auxquelles on finit par croire. La légende familiale se construit alors sous nos yeux, entre faux-semblants et sincérité, humour et tendresse.
A la frontière de plusieurs genres cinématographiques, tordant le cou aux clichés du documentaire et du cinéma vérité, cette œuvre inclassable et si personnelle mêle souvenirs et fiction, mystères et fausses pistes, mensonges et révélations. Bref, l'histoire d'une famille comme les autres !
Comme il arrive parfois aux réalisateurs, l'actrice/réalisatrice Sarah Polley s'offre une psychanalyse à la face du monde et à la recherche de ses origines. En proposant et magnifiant le portrait d'une mère charismatique, envahissante, "bruyante" dira un de ses frères. Incarnation de la joie de vivre et trop tôt disparue cette femme, aussi exubérante que le père est réservé et solitaire ne se révèle pas aussi superficielle et limpide que tout le monde se l'imaginait. En convoquant ses souvenirs et tous les témoins vivants qui ont côtoyé l'absente, frères, soeur(s), oncles, tantes, amants de la défunte, Sarah Polley interroge chacun. Et chacun livre sa vision, sa perception de l'histoire commune. Et c'est fascinant. Un tel assure avoir rencontré tel autre le jour de l'enterrement et ce dernier assure qu'il n'y était pas. La réalisatrice s'amuse à brouiller les pistes et réussit même à instiller un suspense en brassant interviews, vrais documents et reconstitutions avec des acteurs.
Sarah Polley qui semble avoir hérité du tempérament enthousiaste de sa maman, aurait pu réaliser un documentaire lacrymal tant ce qu'elle découvre et confirme remet en question de certitudes et semble perturbant. Elle parvient au contraire à se mettre en retrait, observatrice de sa vie et de sa famille et fait de son film, entre vraie fiction et faux documentaire, une oeuvre touchante et universelle.
10:17 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : stories we tell de sarah polley, cinéma, rebecca jenkins, peter evans, alex hatz



