jeudi, 29 juillet 2010
MILLENIUM 3 - LA REINE DANS LE PALAIS DES COURANTS D'AIR de Daniel Alfredson ***

On retrouve Lisbeth où on l'avait laissée la semaine dernière : très mal en point. Une balle dans la tête, une dans l'épaule, une dans la hanche. Avant d'être incarcérée pour meurtre, puis jugée, puis sans doute placée une nouvelle fois en hôpital psychiatrique, elle séjourne à l'hôpital sous haute surveillance, mais pas tant que ça, puisqu'elle va encore échapper de justesse à une tentative d'assassinat. Elle est soignée par un gentil docteur mamour qui trouve qu'elle est la patiente la plus rock and roll (lui il dit "divertissante") qu'il ait jamais eue. Alors que les morts et les complots continuent de s'abattre, de se déchaîner ou d'être exposés au grand jour mettant en scène les plus hautes sphères de l'Etat, Mikael Blomkvist et sa rédactrice en chef (qu'il ne va cesser de repousser alors qu'elle lui réclame non stop sa nuit d'amour), continuent l'enquête pour innocenter Lisbeth. La soeur de Mikael, avocate, entre en scène pour défendre aussi la jeune femme pas très coopérative lors des interrogatoires alors que se déchaînent contre elle des ministres, des sous ministres, un psychiatre et j'en passe...
Ce dernier volet est de loin le meilleur. Le mystérieux DVD enregistré lors du premier épisode, tous les sévices, humiliations et injustices subis par Lisbeth sont décryptés, explicités et elle mènera sa vengeance jusqu'à la dernière bobine. On sent que Mikael aimerait exprimer des sentiments que Lisbeth feint de ne pas voir, ce qui le rend particulièrement odieux pour le reste de l'humanité, notamment ses collègues et chérie qu'il ne cesse d'exposer aux pires dangers.
Plus de rythme, une scène de tribunal au poil, une dernière demi-heure mouvementée permettent de clore en beauté la trilogie.
Evidemment, la Suède ne va sans doute pas remercier les réalisateurs car ces films ne sont pas vraiment une pub engageant au tourisme tant tout y est toujours froid, sinistre, pluvieux et gris. Le mythe de la belle et du beau suédois blonds, athétiques et bronzés en prend un sale coup aussi car ici tout le monde est moche et terne.
Sauf l'extraordinaire Noomi Rapace (brune corbeau...mais papa est hidalgo !), parfaite, irréprochable, solide quoique frêle interprète d'un rôle de composition monstrueux. Une révélation !

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mardi, 27 juillet 2010
YO, TAMBIEN de Álvaro Pastor y Antonio Naharro ***

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mercredi, 21 juillet 2010
LLUVIA de Paula Hernandez ***

D'ouïr à deux le chant joli
Que l'eau du ciel faisait entendre
Sur le toit de mon parapluie
J'aurais voulu, comme au déluge
Voir sans arrêt tomber la pluie
Pour la garder, sous mon refuge
Quarante jours, quarante nuits
Un p'tit coin d'parapluie
Contre un coin d'paradis
Elle avait quelque chos' d'un ange
Un p'tit coin d'paradis
Contre un coin d'parapluie
Je n'perdais pas au chang', pardi
Mais bêtement, même en orage
Les routes vont vers des pays
Bientôt le sien fit un barrage
A l'horizon de ma folie
Il a fallu qu'elle me quitte
Après m'avoir dit grand merci
Et je l'ai vue toute petite
Partir gaiement vers mon oubli".
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mardi, 20 juillet 2010
COPACABANA de Marc Fitoussi ***

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QUESTIONE DI CUORE de Francesca Archibugi ***

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lundi, 12 juillet 2010
LE BRAQUEUR de Benjamin Heisenberg*** - PARIS CINEMA
FILM EN COMPETITION - Autriche-Allemagne



Johann Retterberger court sans cesse. Dans la cour de la prison et dans sa cellule où un tapis de course lui a été installé, vraisemblablement pour aider à sa reconversion à sa sortie. Mais Retterberger n'est pas très coopératif avec son agent de probation qui lui demande, inquiet, ce qu'il compte faire lorsqu'il sera de nouveau libre. L'inquiétude est d'ailleurs tout à fait justifiée puisque dès sa sortie Retterberger se remet à braquer des banques. Il porte sur le visage un masque mi effrayant mi ridicule et échappe toujours à ses poursuivants grâce à ses talents de coureur . Entre deux hold-up il participe à des marathons qu'il remporte. Aucune de ces deux activités ne semblent lui apporter la moindre satisfaction. Une improbable histoire d'amour viendra un temps l'humaniser et l'ouvrir à des sentiments qu'il découvre...
Totalement dépouillé de toute psychologie ce film est un choc brutal qui met le spectateur en tension croissante. Ce que j'aime. J'aime les courses effrenées où la musique percutante accélère le rythme cardiaque. J'aime ce personnage froid, totalement individualiste qui emplit des sacs de billets de banque manifestement sans but, sans qu'en tout cas on ait la moindre explication. Il avance, conditionné par un instinct de survie hors du commun ou une addiction irrépressible.
Beaucoup moins convaincante et réussie est l'histoire d'amour. Néanmoins ce film est littéralement porté par un acteur génial, impassible et glacial, Andreas Lust, dont les comportements sont parfois traversés d'éclats de violence insensés, et qui m'a entraînée dans sa course.
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LA RIVIERE TUMEN de Zhang Lu *** - FESTIVAL PARIS CINEMA
FILM EN COMPETITION - COREE DU SUD
Comme souvent dans les festivals qui survolent une compétition internationale nous parviennent des nouvelles du monde. Et c'est toujours avec stupéfaction qu'on découvre ou plutôt redécouvre à quel point ce qui va très mal n'est pas près d'aller mieux.
Ici, nous sommes à la frontière entre la Chine et la Corée du Nord en plein hiver qui semble s'installer pour ne plus jamais finir. La glace qui recouvre la rivière Tumen et les vastes étendues neigeuses qui l'entourent donnent au paysage un aspect irréel et l'entoure d'un calme infini. Et pourtant tout ce qui se passe dans cet endroit du monde hors du monde est tragique et concerne des gens pauvres et d'autres encore plus pauvres. Chaque jour des coréens passent ou cherchent à passer cette frontière invisible pour tenter de survivre un peu plus décemment. Les rigueurs de ce climat implacable provoquent de nombreuses morts.
Deux jeunes ados Changho et sa soeur muette Soon-hee deviennent ami avec un jeune coréen, leur oncle fait office de "passeur" pour ses laissés pour compte sans beaucoup d'espoir tandis que leur grand-père n'hésite pas à héberger ou à partager ses repas avec des "clandestins".
Deux drames épouvantables qui resteront bienheureusement hors champs vont changer le destin de toutes ces personnes de chaque côté de la frontière.
D'une beauté fulgurante et d'une noirceur absolue, ce film assez radical consent peu d'espoir et de confiance en l'espèce humaine.
14:23 Publié dans *** NECESSAIRE, FESTIVAL PARIS CINEMA 2010 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : la riviere tumen de zhang lu, festival paris cinema
mercredi, 07 juillet 2010
ONDINE de Neil Jordan ***(*) - FESTIVAL PARIS CINEMA -
Film en avant première. Sortie le 25 août
Syracuse est pêcheur sur les côtes sauvages d'Irlande. Séparé de sa femme, il s'occupe néanmoins de sa fille Annie, une gamine surdouée et très mature en fauteuil roulant qu'il emmène régulièrement pour sa dialyse en attendant un donneur de rein compatible. Un jour de pêche pas comme les autres, il remonte dans ses filets une fille qu'il parvient à réanimer à la manière d'un Prince Charmant... Dès qu'elle fait la connaissance de l'étrange fille qui ne veut être vue de personne, Annie est persuadée qu'il s'agit d'une sirène avec toute la mythologie et la magie que cela suppose. La fille ne dément pas et se fait appeler Ondine. Annie, tout comme son père vont rapidement s'attacher à cette créature belle, troublante et fascinante. La pêche devient miraculeuse, les filets se remplissent de poissons, Syracuse est persuadé que le chant d'Ondine en est reponsable, l'amour peu à peu s'empare d'Ondine et de Syracuse...
Il s'agit d'un film comme un rêve, comme un conte, donc comme on en fait plus. Que c'est beau mais que c'est beau !!! Et que ça fait du bien de se laisser emporter par le courant d'un amour aux portes du réel. De laisser voguer son imagination au gré des flots. Il suffit d'y croire et tout peut devenir magique. Il suffit d'une petite fille qui vous en persuade et avec qui on a envie d'y croire. Et aussi d'une fille belle comme on en fait plus qui ne vous permet plus de douter. Et d'un garçon aussi qui n'a pas envie que ça s'arrête parce qu'il découvre l'amour.
Et puis il y a l'Irlande si sauvagement ardente et qui se prête si joliment aux légendes et aux chants d'une sirène, l'actrice Alicja Bachleda, sublime, faite pour le rôle. Entrecoupé de scènes hilarantes où Syracuse (Colin Farrel en mode charme intégral avec accent irish à couper au couteau) commence chacune de ses confessions au curé (Stephen Rea, super !) par "Je m'appelle Syracuse, je suis alcoolique et je suis abstinent depuis...", de quelques drames, d'un peu de magie, d'infiniment de romantisme pour détourner le quotidien, ce film est un beau film, avec de beaux acteurs et une belle histoire.
Le cinéma est parfois merveilleux. J'en redemande !
01:09 Publié dans *** NECESSAIRE, FESTIVAL PARIS CINEMA 2010 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : entrer des mots clefs
mardi, 06 juillet 2010
IF I WANT TO WHISTLE, I WHISTLE de Florin Serban *** - Festival Paris Cinéma
Film en compétition - Roumanie - Suède
Silviu est un jeune délinquant qui n'a plus que quinze jours avant d'être libéré de la maison de redressement où il purge une peine de 4 ans. Son petit frère qu'il a élevé, vient lui rendre visite et lui annonce que leur mère qui les a abandonnés il y a plusieurs années est revenue et compte emmener le plus jeune vivre avec elle en Italie. La tenant responsable de sa situation, Silviu craint pour son frère et dès lors tente de tout faire pour empêcher son départ. Les choses sont évidemment compliquées puisqu'il est enfermé pour quelques jours encore et malgré la compréhension du directeur du centre, il ne parvient pas à obtenir de permission de sortie pour résoudre ses problèmes. Il entreprend d'abord calmement de trouver des solutions, puis progressivement acculé, en arrive à agresser un gardien puis à prendre une jeune assistance sociale qui lui plaît en otage.
Il semble qu'une certaine partie de la jeunesse à travers le monde passe par cette case prison/maison de redressement et c'est une nouvelle plongée dans le monde carcéral qui prend aux tripes ici. Les codes sont toujours les mêmes : les clans, les menaces, les humiliations, la promiscuité... l'enfer.
Silviu résiste au maximum mais finit par véritablement péter les plombs et se révolter par ce qu'il considère comme des injustices. Après une première partie marquée par le réalisme des lieux et des situations renforcé par le fait que certains acteurs non professionnels soient de véritables détenus, on entre progressivement dans la vie et l'histoire personnelles de Silviu, même si on ne saura jamais pourquoi il est là. Une première scène de parloir avec la mère qu'il n'a pas revue depuis de longues années s'impose par la tension qui finit par exploser. En quelques mots le jeune homme expose à sa mère la manière dont elle lui a gâché la vie, ce qui l'a conduit là où il est. Il veut l'empêcher de faire vivre la même chose à son petit frère. Le malaise qui s'installe est percutant. Silviu n'est plus ce jeune homme plutôt calme qui cherche à se faire oublier mais une boule d'angoisse, de violence et de haine.
Plus tard lors de la très longue scène vraiment oppressante de prise d'otage, on s'accroche souvent au fauteuil ne sachant à quel moment la violence va finir par se déchaîner. Le jeune acteur Pistireanu George plein de rage contenue, de soumission, parfois inquiétant, parfois désarmant est de pratiquement tous les plans et il est absolument extraordinaire.
12:34 Publié dans *** NECESSAIRE, FESTIVAL PARIS CINEMA 2010 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : festival paris cinéma, if i want to whistle, i whistle de florin serban
ALAMAR de Pedro Gonzalez-Rubio *** - FESTIVAL PARIS CINEMA
FILM EN COMPETITION - MEXIQUE
Sortie Décembre 2010
Avant toute chose, laissez moi vous présenter le réalisateur. Oui je sais, on souffre. Dailleurs Miss In the mood dira : "chouette youpi yeah, le critère de sélection des films est que tous les réalisateurs soient charmants"... Charmant !!! Elle est gentille. Ce garçon est TORRIDE !!!



Jorge et Roberta se sont aimés intensément. Au point qu'ils sont persuadés qu'ils ne se sont rencontrés que pour permettre à Natan de naître. Hélas, comme parfois, les histoires d'amour s'achèvent. L'incompatibilité des aspirations de l'un et de l'autre ayant finalement raison des sentiments. Jorge, d'origine Maya, retourne seul vivre au Mexique sur la barrière de corail de Chinchorro (site protégé) tandis que Roberta s'installe à Rome avec Natan. Lorsqu'il a cinq ans, le petit garçon part vivre quelque temps avec son père. D'abord triste d'avoir quitté sa mère, il va peu à peu s'ouvrir à un monde qui lui est totalement étranger et à un père qu'il connaît mal.
Il est quasiment impossible je crois de ne pas aimer ce film tant il est dépaysant et surprenant. On est d'abord embarrassés de voir cet enfant passer sans transition de la vie urbaine à cette vie sauvage dans une maison sur pilotis où l'on vit pieds nus, torse nu et où l'on se nourrit exclusivement du fruit de sa pêche. Puis, peu à peu comme Natan, on est conquis, envoûté par l'environnement paradisiaque qui côtoie parfois le danger (un crocodile rôde autour de la maison).
J'ai eu l'impression qu'en même temps qu'il "apprivoise" son fils, tout en douceur, en patience, en tendresse, en compréhension, l'acteur et le réalisateur en faisaient de même avec le spectateur confortablement installé dans son fauteuil. La vie est rythmée par la pêche qui permet de vivre. Ce que l'enfant découvre est totalement inédit et au travers du regard émerveillé de Natan, de sa fraîcheur, de son innocence, de son enthousiasme et de sa confiance absolue en ce père doux, tendre, patient et protecteur on se laisse porter par le charme et l'enchantement de toutes ces révélations.
L'aspect documentaire du film est indéniable puisque le réalisateur a laissé vivre sans intervenir le père et le fils qui vivent un peu la même situation mais c'est aussi une fiction puisque dans la réalité ils se voient davantage que dans le film. Le réalisateur nous dira de son film que «c’est une histoire inventée dans le cadre d’une situation réelle, une invention ancrée dans la réalité». Mais il y a aussi une part autobiographique d'une relation fantasmée entre un père et son enfant.
La beauté magique indéniable des images est pour beaucoup dans le bonheur du voyage fascinant qui nous est proposé là mais c'est aussi un film écologique sur une intitiation, la rencontre captivante entre un père et son fils, l'amour qu'ils se portent l'un à l'autre qui ne cesse de grandir et de les rapprocher qui fait que le coeur palpite souvent. Et puis, l'homme et l'enfant acteurs sont extraordinaires de beauté, de naturel de connivence... Beau et enivrant.
10:53 Publié dans *** NECESSAIRE, FESTIVAL PARIS CINEMA 2010 | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : entrer des mots clefs

































































