I WANT YOUR SEX
de Gregg Araki ***
ETATS-UNIS
Avec Cooper Hoffman, Olivia Wilde
Elliot est un sympathique loser qui attend le job de ses rêves.
En patientant, il vit en colocation avec sa meilleure amie Apple mais peine à payer sa part de loyer et entretient une relation sentimentale avec l'intello Minerva qui fait passer ses études avant l'amour et surtout (au grand dam d'Elliot) avant le sexe. Cette dernière faiblesse de son existence sera vite comblée par Erika Tracy, une artiste provocatrice, créatrice d'oeuvres d'avant-garde et sexuelles. Elle l'engage pour un petit boulot qui a fait souffrir mes oreilles de misophone. Rapidement la jeune femme convoque le jeune homme et le transforme en serpillière sexuelle, exerçant sur lui tous ses fantasmes qui répondent exactement à ceux qu'Elliot ruminait sans oser les révéler.
Dès l'ouverture Elliot est interrogé par deux flics après avoir retrouvé Erika flottant dans sa piscine. Le garçon est le dernier à l'avoir vue puisqu'il avait passé la soirée avec elle. Le film est donc un long flash-back qui commence par cette inscription : "Neuf semaines et demi plus tôt"... Comment les relations d'Erika et Elliot ont-elles évolué et comment en est-il arriver à se retrouver au commissariat ?
Dès lors nous oscillions entre film policier, petite charge contre le monde de l'art contemporain mais surtout pratiques sexuelles BDSM avec cuir, latex et humiliations. Le garçon de 23 ans prend goût aux traitements qui lui sont infligés mais les sentiments s'en mêlent ce qui n'était absolument pas prévu au programme d'Erika qui l'humilie encore davantage.
Tout cela est traité sur le ton de l'humour et aborde les thèmes des pratiques sexuelles mais aussi du désir, du consentement et plus encore des rapports de pouvoir et de domination dans le milieu du travail. Ici c'est une femme de presque quarante ans qui soumet un jeune homme de 23 ans. Certaines scènes sont (un peu) osées mais jamais dérangeantes et relativement drôles.
La prestation d'Olivia Wilde, drôle et sexy, est convaincante. Mais ce qui donne tout son véritable attrait au film est celle de Cooper Hoffman. En digne fils de son génial père (Philip Seymour Hoffman), il semble que rien ne pourra le retenir devant la caméra. Tant mieux. Il est Elliot, touchant, drôle, maladroit. Avec sa tignasse rousse en bataille, ses rondeurs ravissantes presque enfantines encore et surtout sa bouille craquante terriblement expressive (il peut changer d'expression avec simplement quelques minuscules changements, un sourire imperceptible, une légère crispation) il me semble avoir toutes les qualités et le potentiel pour devenir un acteur incontournable. Après Licorice pizza et le (pas très réussi) Marche ou crève, j'ai hâte de le revoir.
