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SI TU PENSES BIEN

de Géraldine Nakache ***

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FRANCE

avec Niels Schneider, Monia Chokri, Clémentine Célarié

Gil et Jacques ont vécu une belle et grande histoire d'amour. De cette union est née Thaïs une petite fille qui a désormais cinq ans.

Malgré la douceur et la beauté de Jacques, Gil doit être la seule à ne pas s'apercevoir dès le départ que le comportement du garçon est problématique. Rapidement jaloux, susceptible, intrusif, il l'oblige également à intensifier sa foi (ils sont juifs tous les deux) en pratiquant tous les mois le mikvé. Il s'agit d'un rite au cours duquel la femme doit s'immerger à la fin de ses règles pour se laver de son impureté. Il pousse même l'acharnement jusqu'à ne pas l'embrasser ou dormir avec elle pendant sa période d'impureté ! Gil accepte tout et vit dans le déni pendant des années, repoussant les alertes de ses amis et de sa mère qui comprennent peu à peu.

On n'apprend pas grand chose sur le harcèlement et les violences psychologiques que vivent certaines femmes au sein de leur couple. La différence ici est que le mari utilise la religion comme moyen de pression et ne cesse de mettre sa femme pourtant sincèrement croyante continuellement à l'épreuve de sa foi.

En dehors de cela le pervers narcissique à l'oeuvre ici (sans l'ombre d'un doute sur le diagnostic) connaît toutes les ficelles pathologiques pour mettre sa victime sous sa coupe : l'isoler de sa famille et ses amis (la pire scène étant celle où il fait barrage pour empêcher quiconque de venir rendre visite à Gil lors de son accouchement), la dénigrer, la dévaloriser, lui permettre de retravailler et faire tout pour qu'elle renonce, l'insulter et régulièrement se servir de leur petite fille pour ses manipulations. Il pratique également avec maestria l'art du chantage affectif lorsqu'il se jette aux pieds de Gil en pleurant et promettant qu'il ne recommencera plus. L'autre différence est également qu'il ne pratique aucune réelle violence physique (si ce n'est qu'il lui crache dessus). Et sous nos yeux pourtant, nous voyons Gil se fragiliser et peu à peu se décomposer.

L'atmosphère est la plupart du temps asphyxiante malgré un environnement privilégié. Monsieur fait des affaires à Dubaï et ne cesse de clamer qu'il oeuvre (comprendre : se crève à la tâche) pour sa famille. On est effaré de voir à quel point l'avis et les décisions du rabbin sont capitales au sein même du couple. C'est pourtant lui qui aura la phrase décisive...

Géraldine Nakache a formé un bien beau couple de cinéma en réunissant Niels Schneider (qui se glisse une nouvelle fois dans le rôle d'un gars peu fréquentable) et Monia Chokri. Ils sont parfaits. L'autre bonne idée est le choix de Clémentine Célarié dans le rôle de la mère de Gil. Cette actrice est vraiment formidable.

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