HISTOIRES DE LA NUIT
de Léa Mysius ***
FRANCE
avec Hafsia Herzi, Bastien Bouillon, Monica Bellucci, Benoît Magimel, Alane Delaye, Tawba El Garchi
Nora et Thomas ont une petite fille Ida et vivent dans une ferme à l'écart de tout.
Il s'occupe de la ferme. Elle occupe un poste à responsabilités dans une entreprise. Leur seule voisine est Cristina une peintre italienne à la carrière et la vie personnelle en berne. C'est elle qui s'occupe de la petite Ida lorsqu'elle rentre de l'école.
Le soir de l'anniversaire de Nora, deux hommes puis trois font irruption dans la maison de Cristina puis dans celle de Nora et Thomas. Ils prennent la famille en otage et tardent à exprimer leurs intentions tout en se montrant de plus en plus menaçants. Il s'agit de trois frères, l'aîné Franck prétend connaître Nora, le deuxième Flo est particulièrement nerveux et le troisième surnommé Bègue et manipulé par ses frères est laissé seul avec Cristina.
Avant d'en arriver là, les premiers instants, la tension palpable, le personnage peu affable de Cristina et la musique discordante à la texture sombre nous laissent présager le pire. Quant au couple formé par Nora et Thomas on sent entre eux de l'amour mais aussi comme des malentendus ou des non dits qui planent. Malgré les efforts (assez drôles) de Thomas, Nora s'arrange pour s'endormir rapidement et ne pas répondre à ses avances. Et Cristina affirme que la jeune femme n'est pas faite pour lui, qu'elle lui donne peu en échange de ce qu'il lui apporte.
Si les acteurs sont tous impeccables, il faut reconnaître que la révélation des secrets enfouis n'a rien de renversant et serait bien décevante si pour y arriver la réalisatrice ne réussissait à instaurer un pesant sentiment de malaise qui ne cesse de s'épaissir. On peut franchement trembler, on ne doute pas un instant que la violence va surgir mais on ne sait par qui et comment. Adapté du pavé éponyme de Laurent Mauvignier, cette "maison des otages" est un pur cauchemar.
A noter de très longues scènes où Cristina (Monica Bellucci, épatante) restée seule avec Bègue (Alane Delaye, le fameux P'tit Quinquin de Bruno Dumont, formidable lui aussi) où la douceur entre l'otage et son "geôlier" laisse planer un doute : tente-t-elle de le manipuler ou entre-t-elle réellement en empathie avec lui ? En tout cas, ces moments offrent de beaux moments de respiration plus sereins mais nous plongent encore dans l'incertitude.

Commentaires
un beau moment de tension entre les acteurs... Une montée en puissance prévisible mais amené aussi par l'angoisse de la musique...
Certes, je connaissais très bien l'histoire, j'ai lu le roman cet été (en prévision de la sortie du film). Tu l'as lu ? Ca a été un coup de cœur absolu pour moi, top N°1 de mes lectures de cette année... J'ai été submergé par cette plume tourbillonnante, et malgré l'épaisseur, il se lit comme un bon vieux rhum...
Pas lu mais tu me tentes beaucoup !
Je termine : Que fait ce sang sur le pull de Jennifer ? Quel Titre !!!
Alors il fait quoi ce sang sur le pull-over ? Quel teasing... tu ne peux pas t'arrêter comme ça...
Et c'est qui Jennifer ?
;-)
Une tâche.
Jennifer est celle qui raconte son histoire.
Déçu... Trop évident et limpide, sur un postulat de base qui repose sur un suspense faussé tant tout doute est éventé dès le départ.
Moi j'ai bien tremblé.