LA BATAILLE DE GAULLE : l'âge de fer
de Antonin Baudry ***
FRANCE
Avec Simon Abkarian, Niels Schneider, Karim Leklou, Florian Lesieur, Simon Russel Beale, Kacey Mottet Klein, Benoît Magimel, Félix Kysyl, Anamaria Vartolomei, Loïc Corbery, Mathieu Kassovitz, Tom Mison (coeur avec les mains), Grégoire Colin, Campbell scott
Cette première partie du diptyque La bataille de Gaulle (L'âge de fer) donne envie de voir la seconde (J'écris ton nom) qui sortira bientôt. S'attaquer à la statue du Commandeur était plutôt risqué. Pari gagné pour le réalisateur Antonin Baudry qui sort l'artillerie lourde.
Il s'agit d'une sorte de biopic du Général où plus précisément de son rôle, de sa place, au moment de la Seconde guerre mondiale. C'est une adaptation de la biographie de l'historien anglais Julian T. Jackson : De Gaulle : une certaine idée de la France. Cette première partie se consacre à la période 1940-1942.
On croit parfois que De Gaulle a toujours été le Général, sauveur de la France. Mais pas du tout, à cette époque personne ne le connaissait et il n'avait fait "que" s'illustrer lors de la Première guerre mondiale sous le grade de Colonel.
De Gaulle (et Léon Zitrone) a traumatisé mon enfance. Chacune de ses apparitions à la télé me terrifiait. J'avais toujours l'impression d'avoir fait une connerie et de devoir aller au coin... Plus tard, je le résumais brièvement par le "planqué de 40". Oui, l'aveu est de taille, je ne suis pas une flèche en histoire et ce film me dispense donc de lire les 1 518 pages de ses Mémoires de guerre. Si le film prend quelques libertés qui offusquent les historiens, il m'a moi pas mal instruite. Merci donc et vive le cinéma.
Au rayon des évènements que je ne connaissais pas (ou que j'avais oubliés) je note en particulier le bombardement de la flotte française à Mers el-Kébir le 3 juillet 1940 ordonné par Churchill. Bilan : 1 300 morts français parce que notre "allié" craignait que la flotte française tombe sous le contrôle de l'Allemagne nazie suite à l'Armistice signé par Pétain. Episode terrifiant. Mais aussi le rôle majeur de l'Empire colonial français d'Afrique, d'Asie, du Pacifique et des Antilles en fournissant des centaines de milliers d'hommes, des ressources économiques, des ports stratégiques.
L'aspect didactique du film est vraiment bienvenu et si la suite est plus connue, j'ai trouvé la première heure passionnante. Evidemment on est pas loin parfois du blockbuster à la française avec des scènes de combats spectaculaires et une musique grandiloquente (Volker Bertelmann, oscarisé en 2023 a tout donné), mais pourquoi pas ?
Le film démontre que le "planqué de Londres" a finalement pas mal mouillé la chemise face à la solitude dans laquelle il se trouve au moment de redonner espoir au français. Seul contre presque tous, sans beaucoup de soutien il parvient à faire se lever dans un même élan des lycéens, des soldats, des résistants.
Côté casting un sans faute avec néanmoins des bizarreries. Simon Abkarian entre dans le costume du Général avec beaucoup de prestance mais quelle surprise de le voir parfois jouer de façon burlesque (j'avais l'impression de voir Raimu) et balancer des formules telle que : "est-ce que j'ai l'air de débander ?".
Mention spéciale à Niels Schneider en Philippe Leclerc de Hauteclocque.
