Vincent Delerm
Politesse et respect de gentleman, et de mémoire de « concerteuse » c’est la PREMIÈRE fois que je « surprends » un artiste à arriver à l’heure !
Vincent Delerm pousse l'insolence jusqu’à être là avant d’y être car :
rideau blanc sur la scène, un film de et sur Vincent est projeté : Vincent joue au ping-pong, Vincent joue au foot, Vincent nage… et déjà c’est drôle. Une partie de son public conquis l’attend. L’autre partie (qui accompagne les afficionados) sera rapidement sous le charme dès qu’à son piano il nous ravira les oreilles de quelques piqûres d’araignées. Moi j’y étais seule, sous le charme, en harmonie complète avec une salle comble avec qui Vincent Delerm installe instantanément une complicité, qui en dehors des chansons que l’on fredonne par cœur, est faite d’histoires drôles, de jeux de mots (très très lourds parfois…), de charades… une véritable conversation. C’est d’autant plus rare que cela semble un authentique besoin chez ce chanteur élégant, heureux d’être là comme s’il s’agissait de son premier concert.
Cinéphile (chaque chanson est un « film » où plane une ombre) et musicien, il virevolte d’un instrument à l’autre, il occupe tout l’espace, sans jamais interrompre l’échange qui ne se limite jamais à quelques paroles polies entre chaque chanson.
Il évoque son enfance, son adolescence qui forcément font écho à celles de chacun d’entre nous. Il parle de son époque, de sa ville, de ses amours enfantines, c’est ironique et délicat. Vincent est pudique, rêveur mais c’est aussi un clown. Il invite le public à chanter. Jamais il ne se fait prier, le public. Vincent réduit l’effectif : c’est au tour des « scorpions » de chanter, puis des « scorpions ascendant scorpions », puis des « scorpions qui ont le Bafa »…
Les rappels se multiplient. Il revient toujours heureux, car j’en suis sûre à présent, c’était son premier concert ! Et le comble, c’est que c’est lui qui finit par nous remercier pour cette belle soirée.
Hier soir, j’ai rencontré un Prince !