LA BATAILLE DE GAULLE :
J'écris ton nom
d'Antonin Baudry ****
FRANCE
avec Simon Abkarian, Niels Schneider, Karim Leklou, Simon Russel Beale, Thierry Lhermitte, Félix Kysyl, Anamaria Vartolomei, Loïc Corbery, Tom Mison (coeur avec les mains), Grégoire Colin, Campbell Scott
Cette suite de l'Âge de fer évoque les années 1943 et 1944 jusqu'à la libération de Paris ("...outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Maiiiiiis Paris libéré !").
Car oui, comme l'a déclamé mon Général, Paris a été "Libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle." Et je n'irai pas par quatre chemins, ce second épisode du diptyque est encore meilleur que le premier. Si des erreurs ou approximations sont encore présentes ici, je dois dire que l'élan et la ferveur patriotiques qui parcourent le film offrent quelques moments frissonnants même si je n'irai pas jusqu'à dire que la salle (comble) se serait levée pour entonner une vibrante Marseillaise le petit doigt sur la couture du pantalon.
De Gaulle est toujours à la manoeuvre et cette fois au prise avec Churchill pas toujours l'allié de rêve et Roosevelt prêt à débarquer mais aussi à sectionner et "coloniser" la France tout en imprimant (un peu vite) une nouvelle monnaie. Je ne savais pas que nous avions failli être ricains.
Je laisse aux historiens le soin de s'indigner mais ce film et même les deux semblent bénéficier d'un engouement et d'un bouche à oreille phénoménaux grâce à un public sourd à l'agitation des "sachants". Je fais partie de ce public enthousiaste qui, en plus d'une leçon d'histoire reçoit cette épopée le coeur battant. Et oui, pas moins !
L'interprétation de Simon Abkarian (plus que parfaite) se fait plus sérieuse. Il ne joue plus les marioles toujours prêt à lâcher une punch line, même si certaines boutades ou coups tordus restent savoureux. Il cherche avec sévérité, dignité et obstination, faisant fi des railleries de ses partenaires alliés un peu rapidement prompts à se moquer du pays vaincu, à relever la France et lui faire garder ou regagner sa souveraineté après des années d'occupation. Et franchement, passez moi l'expression, ça a de la gueule !
Je tiens à signaler la participation parfois vraiment très drôle de Thierry Lhermitte en Général Giraud (que De Gaulle surnommait l'idiot utile), qui s'évertue à appeler le Général, Gaulle (omettant (sans doute volontairement) la particule). C'est pourtant cet obscur Giraud que les alliés choisissent comme négociateur malgré la formule d'Eisenhower : "que faire face à un fou et un idiot".
Pour faire vite, disons que trois hommes ont réussi par leur fermeté, leur courage et leur fol entêtement parfois à rassembler derrière eux une majorité des français qui a fini par ne plus se résoudre à la défaite. Et c'est beau parce que le réalisateur y met une énergie, une sincérité et une ténacité admirables parfaitement visibles sur l'écran.
Derrière De Gaulle, Jean Moulin meneur d'hommes héroïque(s), trahi, supplicié et valeureux jusqu'au bout mais aussi Leclerc incarné ici avec un panache, une élégance et une inconscience dingues par Niels Schneider. Ce leader intrépide et charismatique capable de lancer à ses troupes admiratives fidèles : "on n'obéit pas à un ordre idiot" fera face avec son équipe de crasseux à toute une Panzer division dans le désert de Lybie. Autrement dit des chars blindés contre leurs fusils. Rien que pour cette scène héroïque, suicidaire, époustouflante, forte en émotions le film serait à revoir. Mais le réalisateur ne s'arrête pas là et réussit d'autres moments lyriques en convoquant Paul Eluard pour la déclamer le poème qui donne son titre à cette seconde partie. Des frissons.
Face à ces hommes (et ces femmes) d'honneur, de courage honorés ici avec souffle et passion, on se lève et on applaudit. J'assure avoir ressenti un élan de manifestation enthousiaste dans la salle.
Chauvins les français ???

Commentaires
N'ayant rien lu pendant trois semaines je suis un peu larguée avec les sorties. Quand je suis partie ça ne marchait pas très fort pour la première partie. Je vais aller voir ce que tu en disais. Je savais que nous aurions pu devenir américains sans de Gaulle, mais le côté foldingue de Leclerc et Giraud, j'ignorais.
C'est vraiment EXCELLENT.
Leclerc est un héros. Giraud est un inconnu (pour moi) complètement à la ramasse, très "vieille France" je dirai. Et Thierry Lhermitte est très drôle.
Bon retour parmi nous.
Coucou Pascale ! Ton avis confirme ce que j'ai lu concernant la qualité du 2 vs le 1. Je comptais déjà le voir mais ça me donne vraiment envie :)
Hello. Immanquable quand on a vu le 1 et encore meilleur.
Je ne me suis pas ennuyé une seconde. Du très bon cinéma.
Coup de coeur personnel pour Niels Schneider, que je n'avais jamais vu aussi bon.
Il y aurait mille autres choses à dire...
Excellent anéfé.
Et j'ai eu le coup de coeur pour Niels avant toi. De plus je trouve qu'il est TOUJOURS excellent.
Et comme disait Dédé Malraux : "Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique et les combats d'Alsace, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège."
Rien à ajouter sinon à plussoyer sur les qualités indomptables de cette seconde partie à quatre étoiles. Et quand bien même y aurait il des "des erreurs ou approximations" (trop drôle), je compte bien sur toi pour rectifier dans une nouvelle biographie sans doute à paraître.
Enfin un film d'ampleur français à la mesure d'un personnage éminent de notre Histoire nationale.
Bien sûr je m'attèle à la rédaction des révélations sur les erreurs et approximations. C'est la raison de ma relative absence.
Je reverrai ces deux films avec plaisir.
Pas chauvins, patriotes (nuance ;) )... Mais tout à fait d'accord avec toi, une seconde partie aussi réussie que la première, avec une évolution judicieuse (effectivement surtout sur De Gaulle). Un très bon moment
Je me considère davantage chauvine que patriote. La preuve, j'ai regardé le match honteux de la France contre les barbares du Paraguay.
Nous n'en finissons plus de vanter les mérites de ce film.
Moi, comme après le premier, j'arrive pas à savoir ce que j'ai vu ! Je ne trouve pas que ça soit un film historique classique. Leclerc et De Gaulles ont l'air de personnages de comics, ils s'expriment que par punchline. La partie résistance est plus classique avec des perso plus "réalistes". J'ai adoré les scènes dans le désert à la mad max. Mais sinon, je n'arrive pas à me faire un avis, je les trouve très spéciaux ces films. Mais je suis RAVIE de la remontada des deux opus au box office, je soutiens une création française aussi ambitieuse.
Je trouve ce deuxième volet beaucoup plus réussi, plus intéressant encore et plus réaliste et je trouve aussi que c'est moins une battle de punchlines.
Ravie de l'avoir vu et que cela existe.
Tiens mon message pas envoyé.... Vu juste avant de partir en vacances demain.. Très grand et beau spectacle de cet homme épris de liberté et suivi par des femmes et des hommes qui croient en liberté, et ces superbes vers écrits et lus par Eluard.
De grands moments dans ce film oui.
Bonnes vacances.
Bonsoir Pascale, ça y est, j'ai vu les deux parties hier et aujourd'hui. J'avoue que ce n'est pas mal mais en effet, c'est très patriote. On sent que l'on nous prépare à la guerre. Niels Schneider est excellent dans le rôle de Leclerc. Les images de la Libération de Paris m'ont fait verser ma larmichette. Bonne soirée.
Je ne pense pas que l'objectif du réalisateur soit de nous préparer à la guerre.
Oui la libération de Paris est un moment fort. C'est fou ce qu'ont fait les parisiens.
Je suis d'accord avec Pascale. Je ne pense pas que le film veuille nous préparer à la guerre ou soit particulièrement cocardier. Il n'y a pas de mal à être patriote quand on croit aux valeurs défendues dans ce film. C'est une manière de montrer que la France/l'Europe ne doit d'abord compter que sur elle-même.
Il nous rappelle au contraire que le monde est loin d'être binaire, que chacun sert d'abord ses intérêts, que les alliés peuvent être duplices. Ainsi va le monde hélas. Mieux vaut avoir les yeux ouverts au risque de se voir surpris. Déjà, dans "le chant du loup", lorsque les Russes attaquent la Finlande, les Américains refusent d'intervenir.