UNE ANNÉE ITALIENNE
de Laura Samani ***(*)
ITALIE
avec Stella Wendick, Giacomo Covi, Pietro Giustolosi, Samuel Volturno
Fredrika suit son père muté pour une mission précise à Trieste en Italie.
L'arrivée de cette jolie suédoise de 17 ans dans une classe de terminale d'un lycée technique est une véritable révolution. D'autant qu'elle sera la seule fille de la classe. Bien qu'une prof leur assure qu'elle n'est pas une bête curieuse et qu'elle vient d'un pays civilisé, elle fait au départ l'objet d'une forme de harcèlement bien "relou" auquel elle fait face avec un courage et une dignité qui forcent le respect. Pleine d'assurance et de joie de vivre, elle intègre rapidement un groupe de trois amis, Antero l'amateur de poésie sensible, Pasini le séducteur éprouvé par un deuil et Mitis le bon pote toujours prêt à arranger les choses.
Officiellement ils assurent qu'ils considèrent celle qu'ils appellent désormais Fred comme un pote au point de l'accueillir dans leur antre secret (ce qu'ils n'avaient encore jamais fait pour aucune autre). Officieusement, Fred leur fait forcément un peu battre le coeur.
Les premiers émois, l'amitié à l'épreuve de l'arrivée d'une intruse, le récit d'un apprentissage à l'orée de l'entrée dans l'âge adulte... on a l'impression d'avoir vu cela mille fois et finalement il n'en est rien. Ou plutôt disons que ce film a ce petit truc en plus que la plupart n'ont pas : un charme indéniable, une authenticité évidente (je côtoie pas mal de jeunes de cet âge précis) et quatre acteurs (dont tous passent devant la caméra pour la première fois) séduisants, sains, joyeux, infiniment aimables. Avec comme meneuse cette Fred incarnée avec un charme, une gaité, un enthousiasme, une intelligence et un naturel renversants. Stella Wendick m'a évoqué Kate Winslet (une de mes actrices préférées) à ses débuts.
Bien que librement inspiré d'une nouvelle parue en 1929 Un anno di scuola (Une année d'école, encore une fois subtilement traduit par Une année italienne...) de Giani Stuparich, la réalisatrice déplace son récit en 2007 à une époque préhistorique où les smartphones n'avaient pas encore envahi tout l'espace et les relations. Dans ce récit initiatique il est subtilement et assez mélancoliquement question d'amitié, d'amour, de trahisons, de deuil, de déceptions comme si pour quitter définitivement l'enfance il fallait en passer par quelques désillusions.
J'ai beaucoup aimé.
