LE GARCON QUI FAISAIT DANSER LES COLLINES
La maman étant morte récemment, il s'occupe également de son petit frère Naïm mutique depuis ce deuil, tout en lorgnant sur une beauté locale, Aya, qui doit elle faire face ou résister à un prochain mariage arrangé. Mais le rêve d'Ahmet se trouve dans la musique. Est-il possible de réaliser ses rêves dans une région rurale où les traditions d'un autre âge pèsent encore de tout leur poids ? Le père va même jusqu'à déscolariser le garçon parce qu'il ne sent sort plus seul. Le pauvre Ahmet réagit par un timide : "mais j'ai un contrôle demain !"
Au coeur des montagnes de Macédoine le réalisateur nous embarque dans son histoire solaire et mélancolique au côté d'une jeunesse sans avenir qui sait pourtant qu'un autre monde existe grâce aux réseaux sociaux et rêve de s'émanciper.
Je n'ai plus tous les détails en tête de ce beau film que j'ai vu en octobre dernier au Festival Effervescence à Mâcon et dont je n'avais pas pris le temps de parler. Je me souviens parfaitement d'un fait suffisamment rare pour être souligné : Ahmet est un garçon, un acteur, un personnage immédiatement sympathique qui nous prend par la main et nous incite à le suivre et à espérer avec lui.
Le film est souvent d'une grande douceur malgré la dureté voire la violence envers cette jeunesse que l'on essaie de sacrifier au nom de la religion et des traditions et marqué par un humour qui surgit inopinément : un mouton rose dans une rave party, un choeur antique de vieilles femmes qui commentent, le son windows qui s'invite dans les hauts parleurs au moment de la prière...
Rien que l'origine de cette histoire assez ordinaire mais finalement profondément humaine, touchante et révoltante invite à se rendre en salle pour découvrir à quel point la jeunesse doit se battre parfois pour garder intact ses rêves et qui sait, les réaliser.
