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FATHER

de Tereza Nvotova ***(*)

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Slovaquie, Pologne, Tchéquie

avec Milan Ondrik, Dominika Zelenikova

Comme dans beaucoup de familles à travers le monde, Michal et Zuzka à Nitra en Slovaquie ont une routine matinale ordinaire et organisée avant d'aller au travail et déposer leur petite blondinette Dominika de trois ans à la crèche.

En ce jour de canicule Michal n'hésite pas à faire son jogging (on dit encore jogging ?) matinal, puis se douche et s'inquiète d'une tache sur son visage. Zuzka prend immédiatement la tache en photo et l'envoie au dermato. Il aura ce verdict (qui amuse la femme de Michal) : "c'est une tache de vieillesse". Zuzka s'affaire, court partout, presse Dominika de mettre ses chaussures. Elle est en retard. C'est Michal qui emmènera la petite à la crèche. En chemin ils chantent une comptine. Un matin comme les autres... presque comme les autres.

Au boulot, Michal présente Daniel le nouveau directeur chargé de remettre la boîte sur les rails. Mais aussi "Quelle idée d’avoir monté un business de média papier à l’heure des smartphones ?" essaie-t-il de plaisanter devant les difficultés.

Une journée qui pourtant ressemble aux autres, jusqu'à ce coup de fil qui coupe le souffle, tétanise aussi bien Michal que le spectateur (ventilé par la clim' mal réglée) désormais traumatisés par une annonce qui hantera tout le film.

A partir de là il conviendrait de ne plus rien dire. C'est d'ailleurs ce que je vais essayer de faire contrairement aux encartés qui révèlent tout (Bravo à CI. F. du Monde, Célie Matet de Les fiches cinéma, France Inter et Frédéric Strauss de Télérama...). Alors qu'il suffirait de parler de la façon dont est traité un sujet traumatisant qui s'appuie sur une histoire vraie. Il suffit à la réalisatrice de neuf plans séquences magistraux pour nous immerger dans le quotidien de cette famille épanouie. Elle traite avec infiniment de force, de sensibilité et de retenue une histoire bouleversante. Et une folle empathie pour un personnage confronté à la "fausse mémoire". Situation passionnante et admirablement démontrée dans laquelle une personne s'appuie sur un souvenir objectivement inexact. Lorsque l'on est convaincu d'avoir fait ou vécu quelque chose alors que c'est inexact. Ce n'est pas une pathologie mais un phénomène destructeur.

La réalisatrice aborde une réflexion sur la culpabilité, l'amour, le pardon et se refuse à juger qui que ce soit à l'inverse de certains personnages qui ne s'en privent pas.

L'ambiance musicale et sonore s'intègre à ce récit difficile, éprouvant, admirablement incarné par un acteur de quasi tous les plans très impressionnant et jamais dans le surjeu malgré la complexité des scènes et des émotions qu'il a à jouer.

On reçoit ce film comme une déflagration. Et puis la caméra s'éloigne, s'élève, sur une douleur et un sourire...

Commentaires

  • Prince m'avait donné envie de le voir et tes arguments sont plus qu'intéressants. Merci pour cette chronique, mais je crois que je vais tout de même faire l'impasse, finalement. Pas assez de temps, ni... de cran.

    Oui, je sais ce dont il est question au sujet de ce père.

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