LES CAPRICES DE L'ENFANT ROI
de Michel Leclerc **
FRANCE
avec Artus, Niels Hamel-Brochen, Julia Piaton, Nemo Schiffman, Franck Dubosc, Suzanne de Baecque, Doria Tilliera
Autour de l'année 1650, le jeune Louis n'est encore qu'un ado destiné à devenir XIV.
Sa mère Anne d’Autriche effrayée par La Fronde et ses troubles qui menacent la France craint pour la vie de son fils et le place sous la surveillance de d'Artagnan qui le confie à Savinien Cyrano de Bergerac qui le cache au sein de la troupe de théâtre dirigée par Madeleine Béjart à laquelle participe un certain Jean-Baptiste Poquelin dit Molière. Pour leurrer le peuple, elle remplace son fils par le sosie conforme du jeune Louis, un fils de charcutier aux dents pourries et au langage populo. Après un rapide moment d'adaptation où il se montre sous son véritable tempérament (de sale gosse pourri gâté qui ne sait pas s'habiller seul (entre autre)), le "vrai" Louis se prend (évidemment) de passion pour le théâtre et la vie en communauté.
Michel Leclerc nous prévient d'emblée : "Cette histoire est entièrement vraie. Sauf pour les historiens". Et les approximations ou errances historiques ne sont vraiment pas le problème de ce film plutôt joyeux, enjoué, énergique et coloré. Le film bénéficie en outre d'une interprétation particulièrement brillante. Notamment d'Artus, étonnant Cyrano mélancolique et amoureux (je ne vous dis pas de qui), de Franck Dubosc, drôle juste ce qu'il faut et un peu désabusé en d'Artagnan vieillissant qui n'y arrive plus, Suzanne de Baecque, hilarante en Marie-Louise d'Orléans complotiste, Julia Piaton, solaire en Madeleine Béjart. Avec une mention spéciale pour Nemo Schiffman (repéré par ma petite personne (ce qui n'a strictement aucun intérêt pour la carrière du garçon) depuis des années et que j'aimerais enfin voir émerger) parfait en sémillant et bondissant jeune Molière pas encore illustre.
Le réalisateur varie les plaisirs en mixant film de cape et d'épée, romances empêchées et comédie parfois trépidante en présence d'immortels et glorieux personnages, même s'il prend beaucoup de liberté sans doute avec la réalité de leur biographie respective. De cela non plus, il n'y a aucune raison à mon sens de s'offusquer d'autant que son film en costume a souvent de la tenue et que les acteurs (adultes) diffusent une joie communicative.
Vous l'avez sans doute compris avec mon dernier sous-entendu entre parenthésé... ce qui ne va pas mais alors pas DU TOUT dans ce film est (selon moi) le jeune Niels Hamel Brochen que j'ai trouvé aussi mauvais acteur qu'insupportable en interviews (vu à Quotidien, entendu dans ma France Inter) où il a joué (très mal) non stop une fausse modestie absolument contradictoire avec son attitude crâneuse. Le petit gars est TRES sûr de lui, ce n'est pas un défaut certes mais là le gamin a tout de la tête à claques. Cela se ressent dans son jeu forcé, scolaire, peu crédible, qui manque totalement de justesse. Le pire de la gênance étant lorsqu'il se met à imiter une sorte d'accent berrichon pour jouer le gosse du peuple. Qui plus outre (et non des moindres (comme disait Jean-Claude Convenant)), nous avons deux Niels Hamel Brochen pour le prix d'un car le bonhomme joue évidemment Louis le XIVème et son double péquenaud. C'était vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup trop lui demander pour un premier (premier) rôle.
Une erreur de casting peut gâcher un film. CQFD.
