THE PLAGUE
de Charlie Polinger **(*)
ETATS-UNIS
Avec Everett Blunk, Elliott Efferman, Joel Edgerton
Ben intègre un camp d'été consacré à la pratique du water-polo (un sport que j'ai trouvé absolument détestable à regarder).
Récemment "émigré" à San Diego depuis son Boston natal (qu'il prononce Bos'on), il est immédiatement moqué par les autres pour son accent improbable. Mais c'est Eli un autre garçon ravagé par un eczéma envahissant qui fait office de souffre-douleur et se trouve exclu du groupe. Jake le petit caïd de la bande fait circuler la rumeur qu'Eli est atteint de la peste et qu'il ne faut surtout pas l'approcher et encore moins le toucher sous peine de contamination. Eli semble s'accommoder de cette ostracisme et s'isole de lui-même. Quant à Jake, nous comprendrons très tard les raisons de la méchanceté (ou de la bêtise ou des deux) de cette petite frappe : carence affective ou reproduction d'un modèle !
Ben touché par le garçon banni du groupe finit par se rapprocher d'Eli et par subir lui aussi les tracas infligés par Jake et sa bande de suiveurs sans cervelles persuadés que Ben est désormais également atteint de la peste.
Charlie Polinger, le réalisateur encore bien jeune s'inspire de sa propre expérience de pré adolescence au cours de laquelle il a lui aussi subi du harcèlement de la part de ses congénères boutonneux. Le seul adulte de l'histoire est l'entraîneur (incarné par l'excellent Joel Edgerton) qui a bien du mal à canaliser l'énergie négative des gamins et n'est pas informé des mauvais traitements infligés à Ben et Eli. On se demande d'ailleurs comment un adulte sensé peut envoyer un enfant ravagé d'eczéma de la tête aux pieds dans un camp où il sera dans de l'eau chlorée du matin au soir. Ou comment une mère appelée au secours au téléphone par son enfant ne vient pas le rechercher... Bref.
J'ai trouvé que davantage au fond le réalisateur s'intéressait plutôt à la forme de son film. Soignée certes mais un peu chichiteuse elle emmène l'histoire vers un traitement horrifique aux portes du boddy horror.
De l'adolescence on découvre ou plutôt il est confirmé que cette période est infernale pour certains et que le summum de la contestation est d'accepter de ne pas appartenir à un groupe ni de ressembler à ceux qui le composent. Ok.
Les ados sont formidables et incarnent parfaitement les particularités de leurs personnages.
Joel Edgerton devrait être plus souvent aux castings des films.

Commentaires
100% d'accord avec toi. J'ai pensé à "Carrie".
Et j'aime beaucoup cette affiche sous la surface !