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8 °°° Touche le fond et creuse encore - Page 2

  • THE GRANDMASTER de Wong Kar-Waï °°

    The Grandmaster : Affiche

    Un vieux maître du nord (ou peut-être du sud) de la Chine, à la tête de l'Ordre des Arts Martiaux sentant sa fin prochaine veut passer la main et trouver lui-même son successeur.

    Un combat amical doit avoir lieu et désigner le meilleur d'entre tous.

    Ip Man (prononcez YipMan), maître du sud (ou peut-être du nord) s'en vient combattre tous les grands maîtres du sud ouest (ou peut-être du nord est) et démontre qu'il est pas mauvais en castagne. Même son chapeau blanc ne tombe pas.

    Ip passe plusieurs ateliers et combat des vieux roudoudous qui ont de jolies ballerines. Il affronte le grand maître très menaçant : "si tu casses mon biscuit, c'est que t'es le plus fort !!! (gros gros fourire entre le Warrior et moi-même... j'ai cru que j'allais devoir quitter la salle ou faire pipi sur place).

    Personne a jamais cassé mon biscuit autant que tu le sâches".

    Il casse le biscuit. Il est fort.

    Puis il se bat contre la fille du grand maître du début. Elle connaît la Botte de Nevers et lui met une râclée. Celui qui casse un meuble est le vainqueur.

    Elle lui montre ses 64 mains et lui ses 8 pieds. Il lui dit "montre moi ta fleur sous ta feuille". Elle dit... elle dit rien en fait, genre "t'es pas celui à qui je montrerai ma fleur". Elle finit assise sur la rampe d'escalier fière comme un bar tabac et lui s'en va avec un sourire en coin. Genre, même pas peur.

    Le vieux du début est assassiné par un traître. La fille veut se venger. Mais ça ne se fait pas. Les filles doivent se marier et faire des enfants. "Tant pis je me vengerai quand même" qu'elle dit. Alors le train passe pendant 10 minutes et elle se venge. Mais elle saigne de la bouche. Du coup, elle fume de l'Opium et écrit des lettres : "avec ma fleur sous ma feuille je rêve de toi".

    Ip Man s'en bat le chifumi, il a une femme et deux enfants en 1936 mais il écrit des lettres : "celui qui se couche avec le..." non pas ça "si tu ne regardes pas en arrière c'est que tu vas de l'avant". Non, "si tu vis dans le présent, c'est que l'avenir te regarde"... Euh, non, "si tu t'intéresses au passé..." Enfin bref.

    Pendant quarante ans, il est très très riche et n'a pas besoin de travailler. Sa vie est un éternel printemps. Joie. Sa femme lui lave le torse avec une éponge, il lui lave les jambes avec un chiffon. Ils se regardent et font des enfants. Mais les filles,  ça sert à rien alors il les laisse crever de faim.

    Après c'est l'hiver. Tout le temps. Il neige.

    Ip va connaître l'impérialisme, la république, l'invasion japonaise, la guerre de sécession pour finir avec un passeport hong-kongais sous la bannière d'Elizabeth deuxième du nom. Il va créer une école de formation de petits scarabées et aura pour élève Bruce Lee. Mais ça, c'est une autre histoire qui nous sera contée dans The GrandMaster II, le retour du KungKungFufu si on est très sages. Je sens que je vais être très très vilaine.

    Pourquoi mais pourquoi ce film ?

    Alors réglons la question du comment. C'est sublime. Tout en ocre et en noir, en ombres et en scintillements. Les ralentis ralentissent admirablement et les accélèrés accélèrent comme des pros. Les combats sont de somptueuses chorégraphies (même si je regrette l'absence de combat dans les bambous) et Monsieur Wong filme comme personne la pluie, les gouttes qui s'écrabouillent dans les flaques et les combats dans la fausse neige. Ses gros plans interminables sur ses deux magnifiques et imperturbables acteurs (enfin surtout Tony Leung je t'aime d'amour Chiu Wai) sont... interminables. Et la musique est sublime, parfois très Ennio Morriconnienne. Ce qui n'est pour me déplaire

    Mais sinon. Why ? Pourquoi ? Perche ?  为什么 ???

    On n'y comprend rien de rien. Les personnages apparaissent et disparaissent. On passe d'une époque à l'autre, sans transition, sans justification. La leçon d'histoire tombe comme un cheveu sur la soupe. Les personnages sans âme ne s'expriment que par citations tarabiscotées de Lao Tseu pour changer la vie. Et un quart d'heure avant la fin, Monsieur Wong nous explique qu'on a failli voir un film d'amour, oh et puis non. Puis il nous somme de nous émouvoir sur le destin de personnages qu'il a fait disparaître sans raison...

    Alors le code de l'honneur, la vengeance et tout le tralala, on s'en cogne un peu. Quand le sublime ressemble autant à un big big porte nawak, on quitte la salle un peu énervé.

  • À LA MERVEILLE de Terrence Malick °°°

    A la merveille : affiche

    Neil aime Marina.

                                                                               Marina aime Neil.

                                                                                                                                                  L'amour les aime.

    A la Merveille (le Mont St Michel), ils s'aiment, contemplent la mer, respirent l'air du grand large, courent sur le sable mouvant, se sourient, se caressent le visage.

    Ils vivent à Paris avec Tatiana, la fille de 10 ans de Marina.

    Elle appelle Neil "papa". Bonheur.
    L'amour les aime.

    Dans les parcs et jardins de la capitale, Marina sautille, lève les bras vers le ciel et tournicote en gloussant. Neil lui court derrière en soupirant.

    Quelque chose manque.

    Neil et Marina et Tatiana s'en vont vivre en Okhlahoma, dans un trou.
    L'amour les aime !

    Le soleil caresse les champs de blé, le soleil rougeoie à travers les branches des arbres... grands, très grands les arbres, les sentiers poudroient, les épis de blé flamboient, les feuilles mortes se ramassent à la pelle et le vent soulève les voilages blancs de la maison au parquet impeccable tantôt vide, tantôt pleine de meubles.

    Neil travaille. Il fronce les sourcils. Il y a des matières toxiques dans l'eau. Le monde va mal.

    Marina gambade, caracole dans les champs. Elle lève les bras au ciel et fait valser sa robe qui tourne en se bidonnant. Neil essaie de la rattraper en s'agaçant.

    Neil fronce les sourcils. Marina porte un stérilet. L'amour fout le camp. Mais les fonds marins sont beaux, les voilages valsent délicatement au vent et le parquet est tout souillé. Neil et Marina se sont battus.

    Quelque chose manque.

    Marina retourne vivre en France. Tatiana retourne vivre chez son père.

    L'amour fout le camp et le père Quintana, missel à la main, doute : "Dieu, je te sens, mais je ne te vois pas".

    Neil retrouve Jane une copine d'enfance.

    Jane bondit dans les prés, lève les bras au ciel en souriant et tourne sur elle-même. Neil lui court après.
    Jane aime Neil. Pas Neil.
    Marina revient.

    Triste.

    Marina trompe Neil.
    Colère.

    Elle lève les bras au ciel, fait tourner sa robe mais ne rit plus. Elle se confesse et mange l'hostie.

    Où est l'amour ? Où est le Terrence Malick de  The tree of life, Badlands, La ligne rouge,  Le Nouveau Monde ou Les Moissons du Ciel ?

    Terrence Malick n'aime plus rien d'autre que sa caméra et les paysages qu'il filme, magnifiquement certes. Mais son cinéma, s'il continue ainsi va ressembler à un interminable et très très ennuyeux interlude. Il déteste les acteurs dont il couvre TOUS les dialogues d'une musique assommante. Seule la voix off fait office de narration et les textes susurrés sont d'une niaiserie affligeante, un ragoût poético gnangnan.

    Il n'y a rien.

    Rien à ressentir,

    rien à aimer.

    Et pourtant, la dernière réplique est :

    "L'amour nous aime. Merci".

    P.S. : Ben Affleck est très très bien !

  • L'AMOUR DURE TROIS ANS de Frédéric Beigbeder °°°

    L'Amour dure trois ans : photo Frédéric Beigbeder, Gaspard Proust, Joey Starr

    Avant la fin du générique de début, Marc Marronnier tombe amoureux, est heureux, se marie puis divorce. La bonne nouvelle c'est que cela nous permet d'être débarrassé d'une non actrice exaspérante en moins de cinq minutes. Mais c'est à peu près la seule bonne nouvelle que j'ai à vous annoncer car le reste sera inversement proportionnel au petit bruit joyeux qui ouvre le film : celui d'un bouchon de champagne qu'on débouche. Notre Marc est à la fois critique littéraire et serial noceur noctambule. De son mariage raté il tire des généralités et décrète que l'amour dure trois ans. Il rédige  donc, tout en pataugeant dans son vomi, un roman qui sera refusé par deux grandes maisons d'édition et accepté par une troisième ah ah ah ! Evidemment toutes les femmes (sauf une) se ruent sur le livre qui devient un best-seller mais Marc désire rester incognito car il est tombé amoureux de la femme de son cousin, Alice (rencontrée lors de l'enterremment de sa grand-mère), et elle a détesté le livre. Mais c'est compter sans la roublardise de l'éditrice qui révèle l'identité de Marc. Du coup, Alice qui avait quitté son mari (je n'ai pas bien compris comment elle s'était laissé séduire... mais c'est un fait) pour Marc, quitte Marc et retrouve son mari à qui elle annonce qu'il a un micro pénis, ce qui est très désagréable. Entre autre...

    Mais Marc a des amis ou des parents tout aussi puants, superficiels et indécis que lui. Un père (choix judicieux de Bernard Menez à qui Gaspard Proust ressemble comme deux gouttes d'eau) très fier d'être priapique à 70 ans avec sa jolie femme de 50 ans sa cadette, une mère féministe libérée (j'imagine) qui écrit des best-seller comme son fils, aux titres chic et choc "Je suis une mère célibataire et je vous emmerde" et méprise ses lectrices (ah la séance de signature !!!), un copain ex noceur qui se range auprès de sa compagne, une snobinette qui parle anglais parce que c'est plus... c'est plus quoi au fait, j'ai oublié ! Et toute une galerie de portraits de personnes qui gravitent plus ou moins dans le monde de la littérature, dans des appartements avec piscine intérieure, un verre d'alcool dans une main, une jolie fille à portée de l'autre. C'est consternant, exaspérant et surtout JAMAIS drôle. Et pourtant sont convoqués à intervalles réguliers : Shakespeare, Bukowski (pour le côté trash je suppose), Finkelkraut et j'en oublie, pour démontrer à quel point tous ces gens sont des intellectuels. Le pauvre Marc Levy s'en prend plein la tête pour pas un rond. Mais pour prouver que nous sommes finalement bel et bien dans le monde des bisounours, Marc Levy en personne apparaît à la fin du film avec la première femme de Marc l'actrice qui sert à rien. Le roman de Marc est refusé par de grands éditeurs parisiens, cela prouve à quel point Beigbeder est beau joueur. Il y a même de virulentes critiques de ce roman  preuve que Fredo n'a peur de rien et qu'il accepte même la critique. Et quelle mise en abîme !!!, imaginez que le personnage du film écrit un  livre qui s'appelle "L'amour dure trois ans" à l'intérieur du film qui s'appelle "L'amour dure trois ans" tiré d'un livre écrit par le réalisateur qui s'appelle... ouh j'en ai le vertige !

    Que vous dire encore ! La bluette sentimentale ??? Sans intérêt et pas crédible pour deux sous. Comment imaginer que cette grande gigue de Louise Bourgoin qui pète la santé puisse tomber amoureuse d'un bonnet de nuit chétif et souffreteux tel que ce Marc/Gaspard ? Qui a fait croire à Gaspard Proust qu'il était acteur d'ailleurs ? Ce monde est cruel. Quant à Louise Bourgoin, elle est trop grande, trop belle, trop vivante pour un type qui va lui pourrir la vie par sa jalousie et son manque de confiance en lui. Il n'empêche que c'est une femme qui dit qu'Alice/Louise a un fort capital d'emmerdeuse ! Les femmes sont des emmerdeuses, c'est un fait indiscutable, c'est Beigbeder qui le dit. On croit rêver !

    Le film est donc à l'opposé des légères petites bulles du breuvage haut de gamme qu'on entend pétiller dès l'ouverture : complètement patapouf, bête, prétentieux, snob, faussement intello mais vraiment misogyne. Cela dit si les femmes ne sont que des harpies nymphomanes et vulgaires, les garçons ne sont pas mieux servis tant ils sont repoussants d'immaturité et de couardise.

    ......................

    Néanmoins, mais le film (où est le cinéma là dedans d'ailleurs ?) n'en est pas moins mauvais et ennuyeux pour autant, il y a Joey Starr ! Ce garçon est vraiment incroyable. Dans le rôle du copain, il semble être le seul à avoir un cerveau. Et, ô miracle, il réussit à TOUT faire passer : une allusion pédophile, un mariage homosexuel. C'est parce que je l'ai vu apparaître que je me suis décidée à ne pas quitter la salle avant la fin. Hélas il n'a que trois scènes trop courtes et le réalisateur a l'idée tout aussi absurde qu'inattendue (mais est-ce étonnant ?) d'interrompre celle où il chante avec Michel Legrand.

  • HAPPY NEW YEAR de Garry Marshall °°°

    Happy New Year : affiche 

    En ce jour béni du 31 décembre, New-York est en effervescence, c'est la nuit incroyablement romantique où tout le monde s'aime, se le dit et se le prouve. Et ceux qui se sont ratés l'année précédente peuvent se retrouver sous le gui pour chanter "Minuit Chrétien". C'est le jour du grand pardon et des résolutions. Et lorsque retentiront les douze coups de minuit, ou plutôt lorsque le décompte sera amorcé 10, 9, 8... tout sera possible à nouveau car le monde sera redevenu beau comme au premier matin. Les gens ne seront plus  que joie, allégresse, douceur et amour. On repart à zéro, on efface tout, on recommence, on jure, on promet et surtout, surtout, il faut absolument embrasser quelqu'un à minuit pétantes lorsque la grosse bouboule de verre et de lumière descendra comme chaque année sur Time Square et que des millions d'américains lèveront la tête pour voir le spectacle en live ou pour le suivre à télé. Quel bonheur ! Tant de bonheur fait suffoquer. En écrivant ces mots, je tremble, je transpire. Je revois ces images effroyablement belles, cette lumière qui se répand sur le monde, les chants et les clochettes qui tintinabulent. Il y avait longtemps que je n'avais été autant émue, que dis-je bouleversée par une histoire chorale où des personnages tellement proches, toi, moi, nous terminent l'année en souriant, en espérant, en s'embrassant. Sans oublier les morts auxquels on pense, car il y a toujours une place pour eux dans notre coeur. Surtout en ce jour tellement éblouissant. Alors je dis, merci, merci Garry Marshall. Si tu n'existais pas, qui oserait t'inventer ? Tu es un être de lumière, tu n'es qu'amour, tendresse et suavité et ton film pétri d'humanité, de bonté et de délicatesse est un bienfait pour l'humanité entière.

    Evidement il n'y aurait pas de film si quelques embûches n'étaient semées sur le parcours incroyablement romanesque des protagonistes du film. Mais c'est dans une explosion de douceur et de quiétude que j'ai reçu ce film cadeau qui m'a effleurée comme une caresse.

    Comment te dire merci Garry et comment tes acteurs vont pouvoir à tout jamais te prouver leur reconnaissance ? Toi qui permets à des has-been de revenir en pleine lumière ! Toi qui leur donnes l'occasion de tenir le rôle de leur carrière, de leur vie ! Celui qu'ils attendaient et dont ils n'osaient plus rêver ! Toi qui permets aussi à de jeunes acteurs de pouvoir graver ton nom dans le marbre de leur CV !

    Comment retenir ses larmes lors des scènes d'hôpital où Robert De Niro seul comme un chien et mourant reconnaît qu'il n'a été qu'un salaud et rêve de voir la fameuse bouboule pour la dernière fois ? Comment ne pas s'extasier devant la prestation hallucinante d'Halle Berry, si gentille infirmière qui à minuit se pare de ses plus beaux atours pour joindre son mari militaire au loin (je sanglote encore) par webcam interposée et lui montrer ses seins ? Comment ne pas craquer devant le charisme irrésistible d'Ashton Kutcher en pyjama qui arrache toutes les décorations de fête dans son immeuble et se retrouve bloqué toute la soirée dans l'ascenseur avec une fille (Lea Michelle, inconnue mais ça ne saurait durer tant elle est un mélange de charme et d'élégance) qui va en quelques heures lui faire perdre toutes ses manies de misanthrope ? Comment ne pas envier l'errance nocturne de Zac Efron (bouffi) et Michelle Pfeiffer (plus ridicule petite fille tu meurs !) à travers New-York en scooter ? Comment ne pas s'émouvoir devant l'histoire d'amour avec un grand A entre Jon Bon Jovi (entièrement repeint à l'autobronzant) et Catherine Heigl (qui avait oublié de faire ses racines noir corbeau) ? Comment ne pas s'identifier à cette mère de famille monoparentale (Sarah Jessica Parker au visage de plus en plus interminable et en sabots) face à son ado de fille (Abigail Breslin, méconnaissable et maquillée comme une voiture volée) qui rêve d'embrasser un boutonneux sous la bouboule ? Comment ne pas trembler qu'Hilary Swank (toute en dents et en bouclettes) ne perde son boulot puisqu'elle est responsable de la descente de la bouboule coincée à mi-parcours ? Et surtout comment soutenir ce suspens de savoir qui de Jessica Biel (pas maquillée donc méconnaissable) ou de l'autre actrice (pas connue) va empocher 25 000 dollars pour avoir enfanté le premier babe new-yorkais de l'année ?

    Pour ces deux heures de rêve intenses que je n'aurais osé espérer ; pour ce cinéma rare et précieux qui nous rend meilleurs, ces stars que tu illumines, ces histoires si proches du commun, cette musique qui se déverse sur nous et en nous comme de la mélasse du sirop de glucose, merci Garry. Merci de nous démontrer à quel point le monde, la vie, les êtres sont bons !

    Surtout le 31 décembre.

    NB. : vivement déconseillé aux diabétiques !

  • KILLER ELITE de Gary McKendry °°°

    Le film est à l'image de l'expression de ces... acteurs ! A vous de trouver l'adjectif correspondant.

    NB. : Il n'y a rien à gagner !

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    Danny le jeune (Jason Statham) et Hunter le vieux (Robert RIP De Niro) sont baroudeurs, mercenaires, bérets verts, barbouzes... 'fin des métiers pas déclarés qui leur permet de dézinguer du bronzé dans les brousses planétaires (appréciez au passage l'allitération en "b"). Mais un jour le regard bovin de Danny croise celui terrifié d'un très jeune garçon et... chabadabada...oups, pardon... et du coup, il décide de se ranger des voitures, qu'il n'en peut plus de toute cette violence et s'en va vivre au fin fond du milieu de l'Australie à bord d'une caravane ! Seul. Et se met à restaurer une bicoque en ruines alors qu'une blonde sortie de nulle part surgit et se retrouve petite fille sur une photo que le witloof tient à la main et qu'en fait les deux ont été élevés ensemble et vont finir dans la cahute sus citée... A moins que... En fait, je ne sais pas s'ils vont finir par se rouler des pelles chez les kiwis parce que, oui j'ai très honte, et le nombre de fois où j'ai commis cette bassesse se compte sur les doigts de ma main gauche, JE SUIS SORTIE AVANT LA FIN. Oui, j'ai jeté l'éponge, rien qu'un petit quart avant la fin mais c'était trop et je n'en pouvais plus. Et si j'étais restée je me serais vue dans l'obligation de créer une nouvelle rubrique °°°° et je trouve que se limiter à °°° est déjà largement suffisant. En tout cas, je crois que je tiens MON navet de l'année. Ce film m'a filé des envies de meurtres, des nausées, des palpitations et j'ai ressenti brusquement le besoin de me ruer dehors à l'air libre, d'entrer dans n'importe quel magasin et de faire chauffer ma carte bleue pour me remonter le moral. J'ai opté pour une ravissante robe hippie chic, trop mon staïle de it girl... pardon, ce film provoque vraiment tous les symptomes de l'insolation !

    Revenons-en à notre chicon abandonné seul chez les kangourous. Alors qu'il est en train de faire chauffer ses musiciens haricots en boîte, il reçoit un fax (on est en 80) avec photo lui annonçant que Hunter le vieux, son maître à... penser ??? s'est fait pécho et qu'il est otage chez les barbus. Ni une ni deux, Jason/Danny plisse le front et reprend du service pour aller libérer son potalavie. Le chef des barbus dit "j'ti rends ton coupain si ti vonges mi trois fils qui z'ont iti tués par di vilains et en plus j'ti donne di sous !" Danny dit "OK (avec sa grosse voix) mais je veux voir mon Hunter". Hunter se fait iéch dans sa geôle et il s'est laissé pousser la barbe parce que c'est la mode dans la région. Les deux se roulent des palots, le vieux dit "fous le camp d'ici fils", le jeu dit "jamais sans toi mon vieux"... Ils tuent deux trois types et finalement sont repris. Alors Danny s'en va en disant qu'il va revenir, mais que d'abord il va vengi li vieux barbu. Il s'entoure de deux décérébrés prêts à tout pour se faire du pognon alors que Danny dit qu'il va faire ça gratos...

    Dans une confusion la plus totale (mais j'ai des circonstances atténuantes car j'étais aussi en direct live sms-ique avec la fille aux pets conceptuels une certaine à qui j'étais obligée d'expliquer en temps réel un film auquel elle ne comprenait rien) est apparu Clive RIP Owen, avec un oeil de verre et une mégère et à un moment il est énervé et il casse tout dans sa propre maison. J'ai pas compris. Ces types sont violents parfois contre eux-mêmes. Clive faisait partie des SAS qui sont devenus une organisation à buts lucratifs mais secrète avec un nom de plume ou un truc comme ça. Il doit mettre Danny hors d'état de nuire. Me demandez pas pourquoi, j'étais au téléphone. Ya plein de gens qui meurent dans d'atroces souffrances. Rares sont ceux qui s'en réjouissent, mais faut bien faire le sale boulot. Bref, ça canarde à tout va mais on n'y comprend que dalle et on s'en fout puissance maximale.

    Voir Robert de Niro continuer de flinguer sa grandeur d'antan fait mal au bide. N'y a t'il pas un Martin Scorsese pour venir sauver le soldat Bob ? Mais la réponse est peut-être ici même ! Bob ne cessant d'appeler Jason "fils" tout au long du film, doit-on considérer que ce rutabaga en est le successeur désigné ? Au secours ! Lorsque Jason Statham à l'automne de sa (hum hum) carrière se retournera sur sa filmographie, parviendra t'il à distinguer ses rôles les uns des autres (Transporteur, Cellular, Braquage, Revolver, Chaos, Hyper Tension, Rogue, Course à la mort...) ? Une chose est sûre, sa mémoire ne se fera pas de noeuds pour ses monologues. Ce type n'est pas seulement moche et nain (oui je sais, pas le physique, mais CHEZ MOI je traite qui je veux, comme je veux !), il est figé, inerte, inexpressif ! Remarquez je dis ça, je ne devrais pas me plaindre car je suppose que tous les films qu'il tourne ont été refusés par Gérard Butler (ou réciproquement !).

    Je vous vois trépigner ! Vous n'en avez pas assez ? Vous voulez un ptit panel des dialogues ? Je suis vraiment trop bonne :

    "Je vais m'faire une pute à sa mémoire, il aurait aimé".

    "Dans la navy, c'est des folles tordues".

    "Tu veux une sucette à la fraise ou à la bite ?"

    Vous n'en avez pas assez ?
    Vous en voulez encore ?

    Une seule solution, courez voir ces killers méchamment burnés, plein de cette hormone stéroïdienne du groupe des androgènes qui rendent les films totalement crétins.

    P.S. : ce film est un premier film, c'est pourquoi je suis si indulgente, j'ai trop de respect pour le travail.

  • MA PART DU GÂTEAU de Cédric Klapisch °°°

    MA PART DU GÂTEAU de Cédric Klapish, gilles lellouche, karin viard, cinémaMA PART DU GÂTEAU de Cédric Klapish, gilles lellouche, karin viard, cinéma

    L'usine où travaille France ferme ses portes. Au chômage, seule avec trois filles à élever et après une tentative de suicide... elle profite d'une opportunité de formation de femme de ménage pour "monter" à Paris. Là, elle se fait embaucher par Stéphane (ou Steve pour les intimes) le trader précisément responsable (en partie) de la fermeture de son usine. Au début elle n'en saura rien mais plus tard si, et ça ne va pas se passer comme ça. Non mais.

    Je ne vais pas m'apesantir et m'éterniser sur un film aussi mauvais et ridicule. Mais qu'a essayé de prouver ou démontrer Klapisch en tournant cette chose plutôt laide et bête ? Même Venise parcourue lors d'une scène honteusement balourde et misogyne, est sans âme. Mais là je ne résiste pas au plaisir de vous relater l'intermède vénitien : une très très jeune et très maigre mannequin draguée à la rustaude par Gilles Lellouche est emmenée pour un week end dans la Sérénissime. Arrivée sur place Tessa (oui Tessa, car les parisiennes s'appellent Tessa ou Melody... les filles du Nord se prénominent France ou Josy !!!) s'extasie "ôôô c'est beau" lit-on sur ses lèvres alors qu'elle vaporette sur le Grand Canal ! Mais le soir, alors que Gilou lui offre une nuisette (bien moche d'ailleurs) et lui demande de lui faire la danse des sept voiles avant de lui faire subir les derniers outrages... la belle jeunette est toute surprise : "mais euh... monsieur, je ne couche pas le premier soir !!! Il faut que je sente les choses moi !". En gros, "tu te la mets sur l'oreille mon Gilou, tu te la fumeras plus tard". Mais le Gillou n'est pas du genre à se laisser berner par la minaudeuse, et après un temps de réflexion s'exprime : "ah tu veux sentir des choses et bien tiens je vais t'en faire sentir une !!!" Le "viol" n'est que suggéré bien sûr, mais il est difficile d'appeler différemment ce qui se passe lorsqu'une fille n'est pas consentante et qu'un garçon la plaque sur un plumard !!! En résumé, la Tessa de Paris est fort naïve et un rien couillonne. Elle peut embarquer avec un quasi inconnu pour un week end en Italie et supposer que le garçon ne va QUE la couvrir de cadeaux. Cadeaux qu'elle rendra plus tard, la Tessa étant finalement naïve, couillonne mais honnête. Quant à l'homme, ce pourceau libidineux, il ne peut imaginer qu'une fille ne peut "s'obtenir" qu'en l'achetant. Beurcke.

    Bon je ne vous parle même pas de la mer du Nord filmée comme dernier terrain vague... En tout cas ici, c'est assez simple finalement, les traders/riches sont des hommes et des femmes puants, mauvais et vaniteux qui ne peuvent que se reproduire entre eux. Les prolos sont pauvres et gentils. Ils se serrent les coudes et boivent des coups dès que ça va mal et rentrent en titubant le soir chez eux. Surtout s'ils sont du Nord, pensez donc !

    C'est peu dire que tout sonne faux. D'autant que pour rendre encore ce film plus insauvable, il souffre d'un "mis-casting" définitif. Gilles Lellouche n'a pas la mâchoire carrée de Michaël Douglas et en trader à cravate, il n'est jamais crédible. Idem pour Karin Viard, malgré tous ses efforts et elle est le seul point positif du film avec l'énergie qu'elle met à tenter d'être cette femme de ménage... ça ne passe jamais. Comment évoquer aussi les répliques et les dialogues débités comme des sentences ou des maximes censés symboliser la lutte des classes et le goufre entre les nantis et les démunis ?

    Et puis que dire finalement du virage opéré dans le dernier quart d'heure qui fait définitivement sombrer ce film dans les abysses du ridicule qu'il avait jusque là frôlé à de nombreuses reprises ?

    Pouah.

    P.S. : je ne parle pas de Jean-Pierre Martins qui une fois de plus gâche son talent dans un film râté. Regardez le sur la photo, n'a t'il pas l'air de dire : "pendant que vous faites les cons dans cette bouse, je joue avec le moutard !". Il ferait mieux de lire les scenarii.

  • LE RITE de Mikaël Hafstrom °°°

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    Michael est un garçon tout ce qu’il y a de plus choupi, le genre qui (à première vue) fait saliver la donzelle (pour rester correcte). Il fait un drôle de boulot pour aider papa à son entreprise de Pompes Funèbres : il coud les bouches des morts pour pas qu’ils claquent des dents. Total self control le minot. Michael est aussi étudiant et c’est là que ça se gâte, vu qu’il est séminariste, moi je dis que c’est un foutu gâchis pour l’évolution de l’espèce. Michael a un papa très traumatisé depuis qu’il a peint les ongles de sa femme morte en rouge en lui psalmodiant le talmud au creux de l’oreille. Il a transmis le traumas au fiston et lui laisse deux choix de carrière : curé ou toiletteur de macchabées.

    A deux doigts de renoncer à prononcer ses vœux… Non, je me trompe. Juste avant de faire le grand plongeon dans le vide, il envoie une lettre à son chef de religion et lui dit (en gros hein !) « la religion, la foi, Dieu, Jésus, Marie, Joseph, l’âne* et le bœuf je m’en cogne le coquillard. Je renonce, je reprends ma liberté, mes photos tout ça ! »… *quoique l’âne… mais nous y reviendrons en son temps. En gros il envoie une lettre de démission et Truman Capote la refuse. On ne sait ni comment ni pourquoi. Une intuition de curé sans doute, un troisième œil, une longue vue, un sens ultime… un truc qui fait affirmer au chef que notre Michounet le bellâtre (qui se révèle rapidement être une endive d’envergure) est une tronche en psychotrucs et qu’il devrait se rendre derechef au Vatican. Avec un peu de bol, il arriverait sans doute à temps pour le casting du Calendario Romano 2012Au lieu de ça il va à des cours d’exorcismes et là encore, alors qu’on ne sait pas pourquoi, il est aussitôt repéré pour être celui qui comprend tout et qui est pile poil adéquat pour aller rendre visite au Père Lucas qui est THE référence en matière d’exorcisme. Et là notre Michael fait « pffffff ! exorcisme my ass, même pas ça existe, c’est rien que des fous de la tête qui font rien qu’à se rendre intéressants pour faire croire qu’ils sont possédés et tout ça ! Ces gens là c’est pas un curé et de l’eau bénite qu’il leur faut. C’est un psy et du prozac ! ».

    Jusque là, je me disais que bon ben, c’est sûr ça casse pas quatre pattes à un canard mais ça se laisse voir et peut-être que pour une fois on va découvrir un américain qui face caméra va nous dire « je ne crois pas en dieu ! même pas peur ». Tu parles Charles. J'appréciais aussi qu'il n'y ait pas une musique zim boum qui fait sursauter parce que précisément, il ne se passe pas grand-chose. Et paf, le chat, juste à ce moment, Michy Chou arrive chez le Padre et un chat lui saute en plein dessus ou presque avec un grand coup de cymbale qui me fait décoller et me projeter trois sièges sur le côté ! A partir de là, pas une porte ne va s’ouvrir sans que le préposé aux percussions vienne nous en mettre plein les oreilles et me faire frôler l’arrêt cardiaque.

    Et puis, arrive (sous vos applaudissements) celui que l’on attendait tous et par qui le vilain périra : ANTHONY HOPKINS !!! Et dieu me chatouille, ce film est l’occasion pour moi de me remémorer la carrière de l’incontournable terreur et de me demander pourquoi je ne l’avais pas fait plus tôt pour me dire que finalement ce type (je veux dire cet acteur) est une imposture, un charlatan. Plus de quarante ans de carrière et plus du double de films et quoi ??? Quatre films en ce qui me concerne où il domine le casting de sa belle présence : « Elephant man », « Le silence des agneaux », « Retour à Howards Ends » et « Les vestiges du jour ». Depuis, quoi ? Rien. C’est quand même pas bézef. Même si Woody laissait espérer un grand retour l’année dernière. Erreur supplémentaire avec ce Rite et ce n’est sans doute pas le Thor à venir qui va arranger le bousin. Tonino estime t’il qu’il suffit de faire de très gros yeux, de plisser le front et de sourire en coin pour qu’on se prosterne en entonnant le kyrie ? Caricature de sa propre caricature, il n’est que grimaces, singeries et excès en tout genre et tout ça avec néanmoins une économie de mouvements exemplaire. Sauf lorsqu'il fout une mandale en pleine rue à une gamine qui lui demandait de bénir sa poupée. Je l'avoue, j'ai péché, j'ai ri ! Dès lors tout ce qu'Anthony Hopkins fait n’est qu’un pitoyable, pathétique et grotesque numéro de cirque. Dans un premier temps, il exorcise (ou tente d’exorciser) une gamine mise enceinte par son père (il s’en passe de belles à Rome !) devant les yeux interloqués de Michaël qui semble bien déçu que ce ne soit pas plus spectaculaire. Devant la mine déconfite du jeunot, notre vieux briscard de Père Lucas explique : « et oui, pas de tête qui tourne et de vomi vert !!! ». Diantre, fichtre, foutre et palsembleu, y'aurait-il un chouille d'humour dans ce film ? Et « ta mère, elle suce des queues en enfer ? » a-t-on envie de lui rétorquer puis lui prouver que nous aussi on a nos lettres en cinéphilie de l’enfer !

    Cette simple petite réplique qui a l'air de ne pas y toucher a l’avantage de nous faire croire que nous avançons vers un renouveau de l’art de traiter le possédé au cinéma. Erreur monumentale car au contraire, dès lors le film ne va plus rien faire d'autre que de tenter inlassablement de copier le modèle du genre absolument indépassable, jusque dans la petite malette très Père Merrin et une arrivée dans la pénombre derrière une grille.. pour s’enfoncer inexorablement jusqu’à s’engloutir dans un néant d’ineptie et de nullité comme on n’en voit peu.

    Après que le démon ait eu gain de cause sur la pauvre fille violée, nos deux curetons se rendront chez une maman fort déconfite que son petit garçon se soit réveillé un beau matin avec le dos et le torse lacérés. Ce n’est que l’œuvre d’un equus asinus (ou âne noir du Berry) à l’œil vermillon-sanglant qui hantera plus tard les hallucinations de Michaël. Le grand show d’Anthony à ce moment vaut tous les navets de la création. Et ce n’est rien encore à côté de son air docte et menaçant lorsqu’il va sortir de sa manche un tout petit crapaud vert de peur et le brandir à la face de tous les incrédules. J’en conclus que si le diable est un âne ou un crapaud, dieu est un cygne ou une libellule. Qui pourra me contredire ?

    Je vous fais grâce de la suite et de la transformation du Père Lucas ainsi que du retournement de situation aussi soudain qu’inattendu de notre Michaël qui va finalement laisser quelques baveuses désolées sur le carreau.

    Il n’y a rien de pire que les films cons et prétentieux et celui-ci remporte la palme haut la main. Il ne démontre rien, n’explique rien, ne justifie rien et se dédouane lâchement du moindre point de vue en apposant le désormais indispensable cachet vu à la télé « histoire vraie » ! C’est un peu court jeune homme.

    Si vous souhaitez vous documenter davantage sur le sujet et le film. Je vous recommande une sain(t)e lecture ici-même.

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    Souvenir de Venise 2009

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  • DONNANT DONNANT de Isabelle Mergault °°°

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    Constant purge une peine de prison pour avoir tué un banquier « par accident, le coup est parti tout seul » MDR. Sa femme, une rombière acariâtre lui rend visite et lui annonce qu’elle souhaite divorcer car elle lui a trouvé un remplaçant « par accident le coup est parti tout seul » PTDR. Le même soir, Constant est victime d’un Accident Vasculaire Cérébral. Plus jamais il ne reparlera normalement ce qui donnera lieu à des échanges surréalistes plein d’erreurs, de sous-entendus mais toujours du même acabit humoristique que  « le coup est parti tout seul ». LOL. A l’hôpital il parvient à s’échapper déjouant la vigilance d’un flic endormi et d’une infirmière stupide. Il parvient à prendre un train et se retrouve en pleine cambrousse. Là il tombe sur Sylvia qui lui propose un marché : elle ne le dénonce pas à la police s’il accepte de tuer sa mère adoptive dont elle souhaite hériter du magot, quitter ce trou perdu au milieu de n'importe où et partir vivre à Paris, devenir concertiste etc…Evidemment, tout ne va se passer comme prévu et c’est bien dommage car s’il avait réussi à dégommer la vieille dans le premier quart d’heure, je n’aurais pas eu à subir cette purge dont, j’ai beau chercher, il n’y a rien à sauver… si ce n’est peut-être le sourire de Medeea Marinescu qui doit absolument se sortir des pattes d’Isabelle Mergault tout en lui assurant une reconnaissance éternelle. Ça n’empêche pas.

    Que dire ? La situation de départ est d’une bêtise à pleurer (mais je ne vais pas pleurer pour si peu) et tout ce qui suit est du même tonneau, balourd, invraisemblable. Aucune situation n’est crédible, les dialogues sont niais ou vulgaires. Quand un type regarde un feu d’artifice, il dit « oh je regarde un feu d’artifice ! ». Quant à l’interprétation : au secours ! Les seconds rôles sont à l’avenant du ratage intégral : bêtes. Pour la réalisatrice il est évident que la campagne et la province sont peuplées de crétins des Alpes tendance yétis et d’un coiffeur efféminé qui parle à un perroquet qui ne lui répond plus.

    Quant au trio de tête, je l’ai dit Medeea Marinescu est mimi comme tout. Daniel Auteuil démarre l’histoire comme un parfait abruti pour évoluer vers un séducteur très au fait de la psychologie féminine. Si je vous dis que dans ce film il se « depardieuïse », vous comprenez ? Et Sabine Azéma, plus sorcière que jamais, elle nous refait pour la énième fois son numéro bien rôdé bien que totalement lassant de grand-mère bien conservée, fofolle et infantile !

    Affligeant, absolument jamais drôle, à fuir de toute urgence.

  • FATAL °°°

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    Lorsque je suis rentrée du cinéma, la tête dans les épaules, accablée, sidérée, honteuse, brisée, mon Jules m'a dit :
    "Ben, qu'ec té tu allée voir donc ?
    - gné ?
    - une comédie ?
    - pfff.
    - une comédie Française ?
    - noooon.
    - une Comédie AMERICAINE ???
    - naaaaaaaaaaaaaan !!!
    - UNE COMEDIE SENTIMENTALE AMERICAINE ?? MDR KIKOO LOL !!!
    - gnoooooooooooooooooooooooooon.
    - Non, dis moi pas... mouarf mouarf mouarf ... dis moi pas que... mouarf mouarf mouarf mouarf mouarf i m'énerrrrrrrrrrve mais i m'énerve quand i fait ça !!!... dis moi pas que t'as été voir Fatal Bazooka ???
    - eh oh ! ferme ta biiiiiiiiiiiiip, j't'embiiiiiiip, nique ta biiiiiiiiiiiiiiiip, biiiiiiiiiiiiiiiiip ta cagoule !!!
    - ben ma chougnougnette, comme c'est que tu causes tu à présent ?
    - mouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin. Laisse moi mouriiiir !!!"
    Bon je vous la fais courte.
    J'ai survécu.
    Ce machin puant est donc l'histoire de Fatal Bazooka, de son vrai nom Robert LaFondue (mdr, il est né en savoie !) la star number ouane du rap hard core qui dès sa sortie de garde à vue pour trafic de drogues sur le tour de Flandres (lol) est devenu numéro 1 des ventes de disques avec son délicieux "Don d'orgasmes" et la chanson "j'veux du uc, j'veux du uc, j'veux du uc uc uc à m'en briser la nuque" ! Devenu multimillionnaire, multimégalo et multicon, il raffle toutes les récompenses aux Music Awards de la Musique (ah ah !) car c'est bien connu le public est très con aussi.
    Jusqu'au jour où débarque Chris Prolls, le meilleur dans un genre tout à fait différent voire opposé : l'Electro bio (il fait caca dans son jardin ah ah ah !) qui détrône la star en moins de "fuck you" qu'il ne faut pour le dire ! Mais bon, c'est Stéphane Rousseau et lui, il est beau, il est drôle. Et surtout, on a vraiment l'impression d'un acteur qui interprète un rôle de composition. Alors qu'en ce qui concerne le Fatal, j'ai vraiment eu le sentiment de voir Michaël Youn faire DU Michaël Youn et rien d'autre.
    Le mégalo c'est Michaël Youn et pas Fatal sa marionnette, son faire-valoir !
    Il s'agit donc d'une physical comédie ainsi que la nomme la star Michaël Youn. A vrai dire, Michael Youn, je savais que ça existait mais comme il fut un temps où il sévît dans la télé à une heure où je l'allumais encore moins que le soir... je n'ai rien connu du "Morning Live". J'ai découvert les hurlements puis les fesses de Michaël Youn plus tard, lors de différents zappings. J'ai entendu des interviews et je me suis pensée dans le fonds de mon moi-même : "on peut vivre sans Michaël Youn". Ce que j'ai fait. Très bien merci. Je n'ai donc vu ni "Les clés de la bagnole", ni "Iznogoug", ni "Les onze commandements"... rien je vous dis. Et puis là encore, je comptais passer mon chemin sans m'arrêter. Rien que l'affiche. Pouah ! Mais j'ai lu de la plume de certains ces choses plutôt encourageantes et fort intrigantes (oui je cherche à justifier mon erreur fatale et alors ?) :
    Figaroscope : "la comédie de Michaël Youn est cocasse, drôle et tendre".
    Métro : "Michaël réussit une savoureuse satire du milieu du show biz".
    Première : "Avec un humour épatant, Michael Youn impose une déconne extrêmement recommandable".
    Excessif : "Michaël Youn réalise une comédie complètement barrée. Le voilà sur la bonne voie".
    Filmsactu : "Proposant un univers cynique et sans concession franchement pas désagréable".
    Le journal du dimanche : "On rit beaucoup et souvent... satire saignante et percutante".
    Le Parisien : "comédie satirique aussi drôle que grinçante"...
    Bon, j'arrête. Vous ne le savez peut-être pas, je ne suis pas la dernière pour la déconne et je me fais parfois sortir des salles de ciné manu militari parce que je ris trop fort. Alors, je me suis pensé dans mon for : "fi de tes a priori, perds pas une bonne ocase de rigouler comme une bécasse... et va t'en changer d'avis sur Michaël Youn... et en même temps peut-être que ça ne te mettra plus de l'urticaire de voir les mots acteurs et Desagnat et Eboué accolés"... Tout ça. En plus, "on" m'a dit qu'un jour peut-être (mais ça m'étonnerait) que je changerai d'avis à propos de Gérard Butler !! Alors why not !
    Sauf que hélas, mille fois hélas. Je n'ai rien vu de la satire annoncée, pas plus que je n'ai trouvé l'humour caustique prédit. Tout ici sonne faux mais très fort et ce n'est pas drôle. Enfin, je n'ai pas ri.  Que prétend dénoncer le "réalisateur"... les dérives des stars qui empochent des millions, sombrent dans l'alcool, la drogue et la débauche... les abus des prétendus concerts caritatifs... le vote du public tarifé... la perte des "valeurs", la mégalomanie, la télévision, les présentatrices (et tateurs d'ailleurs) au QI de bulot qui s'époumonent à "faire du bruiiiiiit" et j'en passe ?
    Ah bon ?
    Il est certain que pour faire sa démonstration, Michaël Youn n'hésite pas à payer de sa personne, en donnant à son personnage l'intelligence d'un âne décérébré (pardon aux ânes et à leurs familles), le rendant particulièrement laid et antipathique. Lors de sa descente aux enfers, il sera vêtu pendant un long moment d'une tenue de Bunny Playboy avec un pompon sur les fesses. Lors de son retour aux sources dans sa Savoie natale auprès de sa maman qui l'appelle "mon caillou" (Catherine Allégret : adorable !), il aura une coupe de cheveux de débile mental et une tenue toute pourrave car n'oublions jamais que dès qu'on s'éloigne de la capitale on s'habille comme des cons.
    De retour aux affaires lors d'une battle en direct laïve à la tivi contre son ancien challenger Chris Prolls (la seule scène à peu près visible pour moi !) , Fatal ira même de son discours chamallow... mais là encore : grosse plantade. Michaël Youn se permet une leçon de morale à SON public en lui disant que si la télé trash-poubelle existe c'est parce que c'est lui, le public, qui la réclame ! J'ai trouvé ça vraiment gonflé de la part de celui qui en a fait son fonds de commerce.
    J'arrête... Ah non, une dernière choses : un petit aperçu de la dénonciation très mordante de la misogynie vue par Michaël Youn.
    UNE fan en extase devant la femme (Athéna Novotel !!! ptdr) de Fatal :
    "- han lala, mais qu'est-ce qu'elle fait comme métier ?
    - c'est une salope !
    - oui mais pour gagner sa vie, elle fait quoi ?
    - c'est une salope !
    - han la chance !!!"."
    CQFD.
    NEXT.
    ............................
    P.S. : je ne dénonce pas Melle In the mood qui m'a dit mollement que ce film n'était pas terrible et que Stéphane Rousseau valait le déplacement, au lieu de me dire de fuir devant cette sombre bouse malhonnête ... Non, je ne la dénoncerai pas, car nous serons collègues d'ici peu et j'entends tout mettre en oeuvre pour que ça se passe au mieux, mais si je peux lui faire un croche pieds sans qu'elle s'en aperçoive je ne me priverai pas !

  • FILM SOCIALISME de Jean-Luc Godard °°°

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    Est-ce que balancer des images et des mots sur un écran suffit à faire un film, un pamphlet, parler d'une révolte, d'une colère, d'un espoir, évoquer le désordre et l'échec ? Moi je dirais que non, mais à vous de voir !
    Ce film socialisme c'est du bruit - du son - de la musique - des images - des mouvements - des couleurs - Gaspar Noé est un apprenti - du bleu - beaucoup de bleu - la croisière ne s'amuse pas - le rêve des états est d'être seul - le rêve des individus est d'être deux - Staline - nkvd - Hitler - nazi - débarquement en Afrique du sud - Hollywood inventé par les juifs - holocauste - mon coeur n'est pas dans ma bouche - revoir l'Europe heureuse - pourquoi tu ne nous aimes pas Flo ? - garage Martin - n'utilisez pas le verbre être - on distribue au lieu de produire - 4 août - des choses comme ça - il faudra un programme - à cause de la lumière - à cause de l'obscurité - j'accueille un paysage d'autrefois - le silence est d'or - j'attaquerai aussi le soleil si un jour il m'attaquerait - l'espace se meurt - démocratie et tragédie sont nées à Athènes - X + 3 = 1 - la personne à venger c'est Jésus Christ - Odessa - hélas - alors Cassandre tu vas être raisonnable...
    Et qu'on ne vienne pas me dire que cette note n'est pas constructive. Allez plutôt voir ce film.
    MOI J'EN AI MA CLAQUE DE FAIRE SOURIS DE LABO POUR RÉALISATEURS TORTURÉS !
    No comment,
    comme dit JLG. 
     
    Et comme je ne suis pas du genre à vous faire rater un chef-d'oeuvre sous prétexte que j'y suis complètement hermétique, voici l'avis de ceux qui ont tout compris, aimé et qui donnent envie :
     
    CRITIKAT - Arnaud Hée :
    Inégal et passionnant, Film Socialisme, méditation filmique ardue et émouvante, porte la contradiction d'un cinéaste toujours plus isolé et mélancolique, mais terriblement présent et contemporain : parmi nous.

    LES INROCKUPTIBLES -  Jean-Marc Lalanne !

    Sans tellement modifier sa langue ou sa méthode, le cinéma de Godard s'est rebranché sur le contemporain. (...) Le socialisme du film commence par là : la constitution d'une république des images, iconoclastement égalitaire, où le copyright est aboli, où les dénivelés statutaires qui séparent chacune d'elles sont comblés par le collage. (...) C'est de toute façon plus encore dans sa pratique que dans ses visions que le film éblouit.

    CHARLIE HEBDO - Jean-Baptiste Thoret :

    Un grand moment de "cinéma pur".

    EXCESSIF - Jean-Baptiste GUEGAN :

    Dense et sublime, expérimental et difficile.

    L'HUMANITE - Michel Guilloux :

    Cet art de la citation, d'oeuvres de la pensée, picturales, musicales, dites, montrées ou sonores, n'est pas nouveau chez Godard, disons qu'il atteint, à l'image de son propos, un point de non-retou

    LIBERATION - Gérard Lefort :

    (...) sur le territoire de ces lieux communs, il construit un nouveau chromatisme qui les transforme du dedans, crée des thèmes, développe en force une forme gorgée du dernier cri (de souffrance) des moyens modernes de la communication (fil à la patte des mal nommés portables qui, telle la drogue, nous fixent), autant dire un formidable nomadisme.

    MARIANNE - Danièle Heymann :

    Godard, dans son kaléidoscope chromatique, politique, irritant et exaltant, a mis à l'abri tout le langage des images.

    TELERAMA - Jacques Morice :

    Son film suscite plus une impression de nostalgie que de désespoir. Le tout dans une clarté qui rappelle Eloge de l'amour, son dernier bon film, vieux de neuf ans déjà. (...) Il semble ne plus chercher l'affrontement (...) et on le sent prêt à passer le relais. (...) Etre un poisson des abysses et regarder vers le haut : c'est la profondeur délivrée du langage, dont Godard a toujours rêvé. Enfin une image de paix.