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denis ménochet

  • GRÂCE À DIEU

    de François Ozon ***(*)

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    Ouf, j'ai trouvé une affiche sur laquelle on ne nous impose pas les superlatifs de ce que l'on doit penser du film.


    Avec Melvil Poupaud, Denis Ménochet, Swann Arlaud, Bernard Verley, Josiane Balasko, Hélène Vincent, Aurélia Petit, Eric Caravaca

    Synopsis : Alexandre vit à Lyon avec sa femme et ses enfants. Un jour, il découvre par hasard que le prêtre qui a abusé de lui aux scouts officie toujours auprès d’enfants. Il se lance alors dans un combat, très vite rejoint par François et Emmanuel, également victimes du prêtre, pour «libérer leur parole » sur ce qu’ils ont subi.

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  • DENIS MÉNOCHET tourne, tourne...

    et forcément l'interview promise tarde à venir... A moins qu'il ne se soit endormi dessus ! Il a quand même pris le temps de répondre aux premières questions, que je vous livre ci-dessous et m'en vais de ce pas lui sonner les cloches pour qu'il réponde aux suivantes... Il est vrai qu'il y en a beaucoup.

    En attendant, si vous souhaitez "être ami(e)" avec Denis, vous pouvez toujours vous rendre sur sa page FaceBook (clic sur la photo).  Il aime se faire "laïker".

    Photo : Vous êtes désormais 1000 à m'avoir fait l'honneur et l'amitié de "laïker" ma page. Et bien figurez vous que ça me touche et que j'ai préparé une petite surprise avec les moyens du bord (sur le tournage de Grand Central) pour vous dire tout simplement merci.
C'est apparemment Meghan Walter qui est la 1000ème personne, donc "welcome aboard Meghan!"

    Sinon, il pleure :

    Et vaut mieux pas l'énerver :

    Et s'il passe encore dans votre région allez voir le beau film de François Ozon Dans la maison qui cartonne.

    Et petit cadeau ICI. J'adore cette scène ! 

    - J’ai souvent entendu parler de toi comme du nouveau Lino Ventura, acteur immense c’est évident, mais je ne suis pas du tout d’accord avec cette affirmation. Que penses-tu de cette manie de toujours vouloir retrouver les anciens chez les nouveaux ?

    Je ne savais pas qu'on m'avait comparé à Lino ventura. C’est un honneur c’était un acteur immense à la filmographie impressionnante. Notamment dans L’armée des Ombres de Melville qui est un chef d'œuvre et un de mes films de chevets.

    Pour ce qui est de la comparaison, on a tous tendance à comparer ou plutôt à dire qu’un acteur ou une actrice nous fait penser à quelqu’un qu’on connaît déjà. Je pense que cela rassure les gens de te "labéliser" et c’est plutôt gratifiant de susciter l’intérêt de cette façon.
    Alors qu’on puisse retrouver des physiques et des gueules dans le cinéma aujourd'hui, tant mieux !

    Je pense à des acteurs comme  Jean-Pierre Martins ou monsieur Olivier Gourmet qui font partie de ces acteurs à la fois charismatiques et profonds.

    - Lino était toujours immédiatement identifiable dans un film. Alors que tu sembles te transformer quasiment pour chaque rôle au point d’être parfois difficilement reconnaissable. Est-ce que cela tient à ta façon très « actor’s studio » de travailler qui t’incite à t’intéresser au passé, au présent et à l’avenir de ton personnage pour t’en imprégner ?

    Déjà merci pour cette question !
    Je n’ai pas de méthode "actor’s studio ". Ça me fait d’ailleurs rire qu on me dise ça... Ceci dit je me suis longtemps penché sur tous les écrits, exercices ou méthodes de travail de l’acteur. De Stanislavsky, Stella Adler et bien d'autres.
    En fait je suis passionné par ça. Savoir comment tel ou tel acteur a travaillé tel rôle me fascine littéralement.

    Du coup j’ai constitué au fil du temps une sorte de "boîte à outils" dans laquelle je pioche en fonction du travail à faire. Surtout basé sur comment je le ressens au moment de l’aborder.
    Et oui le but ce n'est pas de jouer des personnages qui sont "comme moi"
    J’ai besoin de comprendre et de ressentir d’autres vies d’autres parcours pour pouvoir le faire parvenir, j'espère, jusqu'au spectateur tout en restant au service de l’histoire. C’est ça qui m’intéresse.
    C’est ça mon taf. Ça va au-delà de simplement savoir son texte.
     

    - Te sens-tu proche d’une certaine « famille » d’acteurs d’ailleurs ? Y’a-t-il un comédien qui t’inspire ou qui t’a donné l’envie de devenir acteur toi-même ?

    - Je ne me sens proche d’aucune famille d’acteurs en particulier .
    Anthony Hopkins est l’acteur qui m’a profondément marqué et qui a contribué fortement à me donner l’envie de faire ce métier. Il lit 250 fois les scripts sur lesquels il va travailler apprend un poème par jour (et ce n’est qu’un détail sur sir Hopkins).

    - A l’instar de ton amie Mélanie Laurent qui t’a donné le si beau rôle de Prince Charmant dans Les Adoptés, penses-tu un jour avoir l’envie ou le besoin de passer de l’autre côté de la caméra ?
    - C’est vrai que Mélanie m’a fait un immense cadeaux avec Les Adoptés. Ce film est magnifique comme Elle.
    Et non je n’ai pas envie de réaliser
    Car je pense qu’il faut avoir quelque chose à dire. Une chose à faire passer au public. Et pour l’instant je ne vois pas ce que j’aurais à raconter....

    - Y a-t-il un acteur ou un réalisateur avec lequel tu aimerais par-dessus tout travailler ?

    - Il y a des tonnes de gens avec qui j’aimerais travailler.
    J’aimerais beaucoup travailler avec le réalisateur Kim Shapiron par exemple.

    - Plusieurs films américains à ton palmarès, et non des moindres, Hannibal Lecter les Origines du mal de Peter Webber, mais surtout Robin des Bois de Ridley Scott et par-dessus tout Inglourious Basterds de Quentin Tarantino ? C’est très intrigant pour nous de savoir comment un petit frenchie se retrouve sur de telles productions ? Est-ce que les américains estiment vraiment qu’il y a une french touch dans la façon de jouer ou bien sagit-il de ta personnalité qui les attire en dehors de toute considération de nationalité ?

    - Je pense tout simplement que c’est une question de communication. J'ai grandi à l'étranger, donc l’anglais est pour moi et mes frères comme notre deuxième langue. Et de culture aussi. On a tous grandi avec le cinéma américain. Parler cette langue est  toujours un avantage pour travailler.
    C’est le seul dont je dispose. Pas de " french touch" non, juste un langage et une passion commune : Le cinéma.
    Le reste n’est que de la persévérance, de la chance et des rencontres.

     - Alterner productions françaises et internationales, est-ce un choix de carrière ou le fruit du hasard et de tes envies ?

    - Je ne peux pas dire que je choisis d’alterner je ne suis pas dans ce genre de position. C’est très rare d’ailleurs de pouvoir faire cela. C'est purement le fruit du hasard. L’envie elle, reste constante.

    - Je trouve assez incroyable que ce soit un réalisateur américain qui t’ait permis de te faire connaître du grand public. Est-ce une réalité que la prodigieuse scène d’ouverture d’Inglourious Basterds ait été un tremplin pour ta carrière en France ? Est-ce que, comme les spectateurs, beaucoup de réalisateurs t’ont repéré à partir de cette scène magistrale ?

    - Inglorious Basterds a tout changé c’est évident.
    Quentin Tarantino m’a donné la chance d'une vie. Mais aujourd’hui cela reste pour moi comme un essai à transformer.
    Pour pouvoir rendre à César et surtout pour continuer à apprendre et progresser.

    - Parle-nous un peu du tournage sur le film de Tarantino ? De « l’affrontement » avec Christoph Waltz qui doit en « faire des tonnes » et toi, face à lui, très sobre, presque silencieux mais intensément présent ?

    - Le tournage de cette scène était plein d’une énergie très forte et aussi d’une grande liberté que seuls les grands metteurs en scène comme Tarantino savent mettre en place. Un climat de confiance et de concentration.
    Quentin Tarantino est avant tout un immense auteur. On retrouve très rarement cette qualité dans la création d’oeuvres artistiques aussi complexes. Il part d’une page blanche. Ecrit, retravaille. Puis tape tout à la machine. Pour moi il est proche de Shakespeare car ses dialogues ressortent comme une musique, comme du slam. C’est poétique, c’est drôle. Aussi bon à dire qu’à entendre.

    Christoph Waltz ... Je n'ai pas revu Christoph depuis le tournage. Je ne pense pas du tout qu’il en faisait des caisses au contraire. C’est très subtile, drôle, inquiétant, désopilant. C’était magnifique de le voir aussi à l'aise avec cette partition. Il était fait pour ce rôle. D’ailleurs sans lui je crois qu’il n y aurait pas eu de film. Je suis fier d’avoir pu être là, à ce moment là, avec lui. Depuis, sa vie a dû basculer dans autre chose. Ce souvenir de ce moment est donc unique rare et précieux je ne peux pas l'expliquer plus. Once in a Life Time. Vielen danke monsieur Waltz.

     

    à suivre...

    Photo : My official "BREIZH PIX". C'est cadeau pour vous !

  • DANS LA MAISON de François Ozon ****

    Dans la maison : photo Ernst UmhauerDans la maison : photo Fabrice LuchiniDans la maison : photo Ernst Umhauer, Fabrice Luchini

    C'est la rentrée des classes. Germain prof de français dans un lycée semble un peu plus désabusé que les autres années et que ses collègues. Et encore davantage lorsqu'il découvre accablé que le Proviseur (discours incroyable de Jean-François Balmer impayable !) entend mettre en pratique une expérience faisant du Lycée Gustave Flaubert un "pilote". Tous les elèves porteront l'uniforme dans le but de les mettre sur un pied d'égalité sans signe ostentatoire de classe sociale. Pour Germain cela donne à ces ados une apparence encore plus grégaire. Mais il n'est pas au bout de ses surprises. Pour connaître le niveau de ses élèves il leur demande de rédiger un texte où ils racontent leur dernier week end. Le résultat est affligeant de banalité et de médiocrité et Germain est persuadé de tenir la classe de seconde la plus nulle qu'il ait jamais connue. Jusqu'à ce qu'il tombe sur le texte de Claude Garcia, élève de sa classe également mais qui raconte avoir observé une famille tout l'été et avoir réussi à devenir le meilleur ami de Rapha le fils. Epaté par l'aisance, le style et l'imagination du garçon bien que choqué par la formule "le parfum particulier de la femme de la classe moyenne" le professeur l'encourage à continuer son histoire. Dès lors le jeune homme va s'ingénier à tenter de retranscrire le récit de ce qu'il observe puis d'interpréter, de modifier le sens ou le cours des événements. La perversion des faits va bouleverser l'existence de pas mal de personnes.

    Et mine de rien la construction du film est vertigineuse et m'a évoqué une oeuvre musicale, une symphonie inachevée. D'abord piano, le récit va crescendo jusqu'à atteindre une forme d'apothéose où tout n'est plus que confusion pour s'achever dans une espèce d'apaisement illusoire, un trompe l'oeil très Fenêtre sur cour où l'on se dit que le prof et l'élève, complices désormais, n'ont pas fini de sévir. Jubilatoire. A suivre... comme dirait Claude Garcia. Le jeune homme, visage d'ange, corps gracile et délicat incarne au premier abord la douceur et l'innocence. Mais parfois sur sa frimousse parfaite passe l'ombre cruelle de l'ironie. Le professeur, comme nous, se laisse prendre par cette apparence inoffensive. Et à un moment on ne sait plus qui du prof ou de l'élève manipule l'autre. Qui admire l'autre, qui le désire peut-être, ou l'idéalise ? Le professeur envie t'il son élève pour son talent, lui qui n'a réussi qu'à écrire un roman médiocre ? C'est un peu comme si Verlaine avait trouvé son Rimbaud et voulait le façonner comme il l'entend. Et les références pleuvent à chaque scène. Comment ne pas évoquer le Visiteur du Théorème de Pasolini puisque Claude parvient à tour de rôle, en fonction des exigences de son prof qui réclame un peu plus d'aspérités, d'obstacles, à séduire chaque membre de la famille très ordinaire de son copain ? D'abord le fils, Rapha, garçon quelconque, sans charme ni talent. Puis le père (Denis Ménochet, acteur impeccable et décidément "transformiste"), brave type fruste, bon père, bon mari quoique vaguement macho mais finalement fragile et harcelé dans son travail. Et la mère (Emmanuelle Seigner, insaisissable, lasse et troublante), la femme qui s'ennuie le plus sur terre et rêve de véranda, son Maison & Travaux continuellement à la main. Et Claude n'a qu'à paraître pour capter l'attention. Il trouble et ensorcelle avec un minimum d'effets (Ernst Umhauer est une révélation).

    Jamais encore il ne m'avait été donné de ressentir cette impression qu'un film s'écrit au fur et à mesure qu'on le regarde alors que le scenario est une impressionnante mécanique de précision. Ce n'est d'ailleurs sans doute pas un hasard si à un moment Germain et sa femme (Kristin Scott Thomas, sensationnelle en gérante d'une galerie d'art très spéciale, mais menacée de fermeture) vont au cinéma et s'arrêtent devant l'affiche de Match Point de Woody Allen. Leur couple d'intellos petits bourgeois, complice et finalement fragilisé ou mis à nu par l'intrusion de Claude, n'est pas sans rappeler celui que formait Woody Allen et Diane Keaton dans Meurtre mystérieux à Manhattan. On rit beaucoup à voir s'affronter leurs points de vue sur la vie, les êtres, l'art, le talent ou le génie. Et à observer leur hypocrisie aussi car le regard méprisant que porte le jeune homme sur la "famille ordinaire" reflète sans aucun doute leur propre opinion. Jusqu'où, sous prétexte de création, sont-ils capables d'aller pour que le récit de Claude devienne une oeuvre littéraire ? L'interprétation d'une oeuvre étant un des thèmes récurrent du film, notamment au travers de la galerie de la femme de Germain. On peut dire tout et n'importe quoi à propos d'une oeuvre, empiler des mot, s'extasier et parler d'art. La double apparition de Yolande Moreau en jumelles est un régal !

    Et à la question "peut-on abandonner toute morale sous prétexte de génie ?". Fabrice Lucchini répond sans hésitation "bien sûr, sinon, on ne lit pas Céline." Et l'acteur débarrassé de la moindre emphase du show man dont il est capable (un régal pour moi qui suis fan par ailleurs) est parfait dans ce rôle idéal du prof de français hyper cultivé. En rien un rôle de composition, puisqu'il empoigne sans cesse dans ce film tous les ouvrages dont il nous parle depuis des années. Flaubert en priorité. Un film qui donne envie de lire et qui brasse un nombre incalculable de thèmes sans sombrer dans un salmigondis psychologisant. Efficace, jubilatoire, cruel, immoral, simple et complexe. Le meilleur Ozon ?

    ............................................

    Et n'oubliez pas que vous pouvez poser des questions à Denis Ménochet (formidable une fois encore ici), sur ce film mais pas uniquement bien sûr. Je vous laisse jusqu'à dimanche soir, le temps pour vous de voir le film.

  • DENIS MÉNOCHET RÉPOND A NOS QUESTIONS

    Vous le savez depuis plusieurs années, Denis Ménochet est pour moi un garçon acteur indispensable. Le genre qui "grandit" de film en film.

    Vous allez me dire qu'il y a quelques garçons indispensables sur ce blog. Je suis d'accord, sauf que 99 % d'entre eux n'atteindront jamais la destination qui passe par cette route. Tans pis pour eux

    Mais parfois, miracle de la toile, des rencontres se font.

    Ce qui a attiré Denis ici c'est ce titre qu'il a découvert par l'intermédiaire de son agent. Evidemment je lui en voulais à mort un peu à cause de ceci... mais je peux être magnanime et j'ai finalement accepté sa contrition. Je vous passe les détails sur la façon dont nous nous sommes "rencontrés" car il y a de jolies choses (un peu étranges quand même) que je veux absolument garder pour moi...

    Aujourd'hui, à l'occasion du très attirant film de François Ozon dans lequel il est le mari d'Emmanuelle Seigner et qui sortira ce mercredi 10 octobre

    denis menochet,dans la maison de françois ozon,cinéma

    et en accord avec Denis qui accepte de répondre à une interview (en exclusivité mondiale) pour ce blog, je vous propose de participer à cet échange en lui posant des questions si vous le souhaitez.

    Je vous invite donc à m'envoyer vos questions à uupascale@gmail.com Je les lui soumettrai et vous livrerai ses réponses, dès que possible, car depuis des mois, tant mieux pour lui et pour nous, il enchaîne les tournages.

    Souvenons-nous que même s'il travaillait déjà depuis des années, c'est Tarantino, un américain, qui nous a mis face à ce comédien français dans un film prodigieux Inglourious basterds. Denis Ménochet partage avec Christoph Watlz, terrifiant, la capitale et exceptionnelle scène d'ouverture du film. Il est Monsieur Lapadite contraint de faire le choix de sauver sa famille ou protéger ses voisins juifs qu'il cache dans sa cave. La scène époustouflante, renversante est inoubliable et l'un des moments de bravoure du film. Au verbiage obséquieux du nazi manipulateur répondent les doutes, les silences et les larmes de Monsieur Lapadite (Denis). 

    Petite piqûre de rappel :

    Les américains ont essayé de nous piquer Denis puisqu'il a également été de l'aventure Robin des Bois de Ridley Scott (excusez du peu), mais heureusement les réalisateurs français l'ont ramené au bercail. Nous avons entre autre pu le voir en prince charmant chez Mélanie Laurent dans Les adoptés, en ex para traumatisé chez Julie Delpy dans Le Skylab, en amoureux inconsolable et maladroit chez Cécilia Rouaud dans Je me suis fait tout petit. Apparemment, il aime travailler avec des filles...

    A vos plumes claviers donc, soyez imaginatifs et drôles comme vous savez l'être afin que nous sâchions TOUT ce que nous avons toujours voulu savoir sur Denis Ménochet sans jamais oser lui demander. 

  • JE ME SUIS FAIT TOUT PETIT de Cécilia Rouaud **

    Je me suis fait tout petit : photo Denis Ménochet, Vanessa ParadisJe me suis fait tout petit : photo Denis Ménochet

    Yvan vit une période difficile qui s'éternise. Lorsque sa femme l'a quitté 5 ans plus tôt pour suivre un nouvel amour en Thaïlande, elle lui a laissé leurs deux filles. Les deux adolescentes ont préféré vivre chez Ariane, la soeur d'Yvan, une jeune femme dévouée mais perturbée par des TOC (Léa Drucker) et protégée par un mari attentif (Laurent Lucas). Malgré ses maigres et maladroits efforts pour reconquérir ses filles, Yvan ne parvient à rien et décide d'aller enseigner le français et l'attribut du sujet dans sa Bretagne natale où l'attend une maison familiale isolée. C'est alors que débarque dans sa vie Léo, le petit garçon de 5 ans de son ex qui décidément s'y entend pour pondre et abandonner la couvée ensuite, et que lui tombe dans les bras Emmanuelle, une jeune femme farfelue qui ne tient pas bien sur ses pattes arrière, mère également de deux enfants.

    Recomposer tout ce bazar sans faire trop de dégâts ne va pas être de tout repos pour Yvan qui ne s'y entend pas trop mal pour ne pas prendre les bonnes décisions.

    Ce film aurait pu être un drame épouvantable tant les situations vécues par les enfants sont révoltantes. En particulier celle du petit Léo trimballé, délaissé, pas désiré. Complètement mutique, soudé à sa poupée Arlette, la situation du petit garçon est un véritable crève-coeur qui atteindra son apogée lors de son anniversaire au cours duquel sa mère (qu'on aurait envie d'aller chercher à coups de triques, mais le film se garde bien de porter ce genre de jugement !) se manifestera d'une bien cruelle façon. Les deux ados ne sont pas en reste et l'une d'elles fera d'ailleurs justement remarquer qu'avec de tels parents, elles assureront la survie de quelques psy pour pas mal de temps !

    Pour être quotidiennnement au contact de familles composées, décomposées, surcomposées je peux affirmer que ces situations abracadabrantesques ne sont pas spécialement cinématographiques mais bien réelles. Le reproche que je ferai donc au film est de ne pas avoir choisi entre comédie sentimentale et familiale épanouissante et réflexions sur les ravages causés par des événements et comportements à haute teneur traumatisante. On surfe donc constamment entre les considérations à propos du rôle des parents et les dégâts collatéraux provoqués sur les enfants, et la résolution des problèmes sentimentaux d'Yvan qui donne au film une direction beaucoup plus légère.

    Ce qu'il faut reconnaître par contre c'est que les deux acteurs principaux s'adaptent admirablement au style un peu bancal du film et qu'ils lui offrent tout l'humour, la fantaisie et le charme qui en font un plaisant divertissement. Vanessa Paradis et Denis Ménochet sont très drôles. Elle est adorable et lui craquant en papa maladroit qui se découvre, et en amoureux d'une poupée qui voudrait lui dire non...

    Denis me disait hier (oui messieurs dames, mais ce serait trop long à vous expliquer et cela ne vous regarde pas) de ne pas me gêner s'il avait le "charisme d'une huître" (je le cite) dans un film, de le signaler. Donc, je ne me gênerai pas. Promis. Mais dans ce film Denis, tu es aussi charmant et adorable que Vanessa !

  • DENIS MÉNOCHET EST UNE ACTRICE ROMANTIQUE

    Souvenez-vous, il y a peu je vous parlais du féminisme d'un acteur, que ses signes extérieurs de mâlitude ne pouvaient trahir. Aujourd'hui, je découvre dans Première, qui chaque mois en toute dernière page pose des questions à un acteur ou une actrice, les révélations de Denis je t'aime d'amour, ça va mieux la turista ??? Ménochet : 

    A la question, quel est le film qui vous a donné envie d'être amoureux ? Il répond :

    "Titanic et Sur la Route de Madison... je m'entraîne régulièrement à nager dans l'eau glacée ou à agripper les poignées de portières sans descendre de voiture."

    J'ai ri.

    Il ajoute plus loin "...j'aurais vraiment aimé être Kate Winslet".

    J'ai pensé : moi aussi.

    Et puis : "Le Père Noël existe, sinon comment expliquez-vous que j'ai tourné dans Inglorious Basterds de Tarantino ?"

    Je dis : Quentin est grand.

     

    C'est chou non ?

    Nous pourrons le découvrir enfin dans un premier rôle, le 11 juillet dans le film de Cécilia Rouaud Je me suis fait tout petit, en compagnie de Vanessa Paradis.

    Par ailleurs, n'allez pas croire que je boude les salles obscures. C'est juste que je suis présentement atteinte du syndrome de la page blanche ou writer's block ! Sachez donc que dès que j'aurai rassemblé mes esprits et retrouvé un peu d'inspiration, je vous parlerai du dernier Ken Loach

    LA PART DES ANGES ****

    La Part des Anges

    et de

    THE AMAZING SPIDER MAN * ou **

    qui n'a d'amazing que le titre...

    The Amazing Spider-Man

    En attendant (très impatiemment) de voir :

    HOLY MOTORS de Leos Carax

    Holy Motors

    Mais si vous hésitez ou souhaitez avoir envie d'avoir envie, je vous recommande la lecture du très beau texte de Madame MJG qui est très occupée ces temps ci !

    A très bientôt sur cette antenne !

  • LES ADOPTES de Mélanie Laurent ***

    Les Adoptés : photo Clémentine Célarié, Marie Denarnaud, Mélanie LaurentLes Adoptés : photo Marie Denarnaud, Mélanie Laurent

    Les Adoptés : photo Denis Ménochet, Mélanie Laurent

    Lisa, Marine et leur mère Millie sont inséparables, elles vivent ensemble et élèvent ensemble Léo le fils de Lisa. Les pères, les maris et les hommes en général sont totalement absents de cette vie qu'elles se sont aménagées.  Alors que rien ne semblait pouvoir ébranler cette soi-disant harmonie, Alex (un garçon !) entre dans la vie de Marine. Ils tombent amoureux l'un de l'autre. C'est la révolution, surtout chez Lisa qui avait jusque là une forte emprise sur sa petite soeur. Par un coup du destin particulièrement dramatique cet étrange et finalement fragile équilivre va être remis en cause donnant l'occasion à certain(e)s de s'interroger sur ses propres comportements.

    Pour sa première réalisation (quoiqu'elle avait déjà réalisé un court métrage il me semble), la très décriée "Mel." qu'on ne peut hélas plus classer dans l'unique case "actrice" -apparemment ça dérange-,  s'aventure du côté d'un thème des milliers de fois traité de toutes les façons possibles au cinéma : la famille ! L'originalité du ton, léger puis dramatique et la singularité du propos qui donne la parole quasi exclusive à des femmes vivant pratiquement en autarcie repliées sur leurs propres sentiments et la qualité du traitement révèlent une sensibilité et une différence bien agréables à découvrir. Je suis contente d'avoir aimé ce film et de pouvoir faire partie de ceux qui le défendent. De toute façon c'est un film facile à aimer car même si l'attachement un tantinet asphyxiant qui lie les deux soeurs paraît "too much", il n'en demeure pas moins qu'on sent à quel point Mélanie Laurent a bien observé et écouté ce qui peut se passer dans des familles atypiques. et il y a moyen d'y  trouver des résonnances dans sa propre histoire. En outre, la vie tient à bien peu de choses et elle le démontre brutalement, de manière tout à fait vraisemblable et absolument pas artificielle comme j'ai pu le lire.

    Heureusement, j'ai lu aussi que Mélanie Laurent témoignait d'un véritable regard de cinéaste et il est vrai que ce film fourmille de plein de moments de grâce, les dialogues sont superbement écrits et les situations intelligemment fouillées. Quitter ces jolis personnages parfois embarrassés par leurs sentiments provoque une petite déchirure. Mélanie Laurent réussit à parler d'enfance, d'amour mais met en lumière également les liens fusionnels qui unissent de deux soeurs dont l'une tente de se libérer sans blesser l'autre. La réalisatrice (qui rit et pleure comme personne je trouve) se donne d'ailleurs le rôle pas toujours sympathique de la soeur la plus "toxique" qui ne conçoit pas le bonheur de l'autre sans l'envisager comme une trahison. Alors que Marie Denarnaud est la solaire et lumineuse Marine qui trouve en Alex le moyen de se dégager de l'emprise familiale. L'idée pas banale est aussi d'avoir donné à l'indispensable (oui, je sais il y a beaucoup de garçons indispensables sur ce blog) Denis Menochet le rôle du Prince Charmant qu'il incarne à la perfection.

    Une bien belle surprise !

  • LE SKYLAB de Julie Delpy ***

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    Le Skylab ("laboratoire du ciel") a été la première station spatiale américaine lancée le 14 mai 1973. Elle devait se désintégrer au-dessus de la Terre le 11 juillet 1979 en rentrant dans l'atmosphère. Certains prédisaient que la station devait tomber sur l'ouest de la France. Et c'est justement dans la maison familiale de Bretagne que se rendent Ernestine et ses parents pour rejoindre le reste de la famille à l'occasion de l'anniversaire de la grand-mère.
    Aucun suspens et ce n'est évidemment pas le sort de la station Skylab qui intéresse Julie Delpy même s'il en sera régulièrement question et dont de nombreux débris finiront par s'écraser sur l'Ouest de l'Australie. La réalisatrice choisit de se replonger dans une journée en famille à l'aube des années 80. Et on plonge avec elle, égrénant avec délice des souvenirs et des images comme s'il s'agissait de notre propre famille. Et je dois dire qu'il ne manque pas grand chose à l'évocation d'un dimanche à la campagne. Alors soit Julie est une espionne, une voyeuse car il me semble que nous avons tous peu ou prou vécu les mêmes micro événements qui constituent la vie infernale d'une "famille", soit, alors que nous nous croyons tellement uniques, nous sommes tous effroyablement identiques dès lors que nous constitutions ce groupe éminemment déconcertant qu'est la famille. Même si aujourd'hui ce mot, cette "notion", cette abstraction me paraîssent toxiques et néfastes, il n'en demeure pas moins que les bains d'adolescence ou d'enfance font un bien fou. Il faut dire que le soin du détail matériel apporté à cette reconstitution d'une époque, "le bon vieux temps" donc, est impressionnant. Et tant pis si c'est réac' et vieux con de le dire !
    Le film de Julie Delpy ne sent pas la poussière. Il semble peut-être dater de l'époque dont il parle, mais il sent bon l'enfance, les vacances et les souvenirs.
    Réunir pour un même repas une mamie qui a eu six enfants qui se sont mariés et ont fait des enfants à leur tour, cela fait deux tablées (les enfants d'un côté, les adultes de l'autre) assez conséquentes de tatas, de tontons et de cousins qui arrivent en 2 CV, en Simca 1000, en 4L et même en train. Il y a donc tout un panel d'humanité qui va du tonton fasciste, au "bon" para qui regrette les guerres, au sportif en short qui a évidemment amené son ballon pour un foot digestif, en passant par la tata instit' qui procrée en batterie, la tata bègue complètement à côté de la plaque, l'autre qui vote à droite, une autre féministe, sans oublier les artistes gauchistes, le tonton dépressif et suicidaire... et pendant ce temps là, les moutards jouent dans la grange, vont à la plage, connaissent quelques émois, quelques frayeurs aussi.
    Et les acteurs dans tout ça ? Ils sont en vacances, à la fête et ils nous réjouissent, nous font bien rire aussi à être ces prototypes d'une autre époque, d'un autre siècle. Certains, tel Vincent Lacoste, n'hésitent pas à jouer à fond la carte du ridicule en étant ce boutonneux auquel les filles ne résistent pas malgré (ou à cause de ?) le paquet de clopes dans son slip de bains. Denis Ménochet est impressionnant en ex para traumatisé par toutes les guerres... Ils nous rappelent les expressions (la "première patacul" m'a particulièrement fait rire, ou les "moutons sont des animaux à poils laineux..." mais je suis une bonne nature), les chansons de Sardou à Ferré...
    Tout cela est bien bon et ensoleillé.
    Et le casting de moutards est épatant !
    De toute façon Julie Delpy, je l'aime d'amour et celui qui s'avisera d'en dire le moindre mal sera banni à tout jamais de ce blog. Vivement son prochain film.
  • PIEDS NUS SUR LES LIMACES de Fabienne Berthaud **

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    Lily est une grande fille sans âge qui est restée une enfant. C'est une herbe un peu folle qui fait des trucs étranges avec les animaux vivants ou morts. Elle vit seule avec sa maman dans une grande maison à la campagne et ça tombe bien, ça arrange tout le monde. Il fait du soleil tout le temps et Lily peut courir pieds nus dans la nature, se baigner nue et porter des robes trop courtes. Mais maman est victime d'un AVC mortel au volant de sa voiture. Lily pourrait vivre seule, elle est adulte, mais en fait non, elle ne peut pas. Alors sa grande soeur Clara, très sage, très gentille et très affectueuse vient la rejoindre chaque weed end avec son mari plutôt conciliant et pas trop con mais qui aime faire l'amour même les jours d'enterrement, ce qui ne se fait pas quand même ! Mais ce n'est pas encore suffisant, Lily qui n'est pas seule dans sa tête, fait des bêtises en dehors du week-end et la personne chargée de s'occuper un peu d'elle (mais pas trop) se lasse rapidement. Lily vient donc vivre en ville (à Paris) chez sa soeur et son beauf qui ont un appartement très moche et très laid et vraiment pas beau du tout. Alors Lily se sent en prison et elle déprime. Sa soeur rêve toute éveillée de la noyer dans l'eau du bain mais ne le fait pas. Lily qui n'a pas tout son kilo s'échappe et traîne dans Paris à la recherche d'un verre d'eau. Alors Clara décide de la ramener dans la grande maison Ricorée à la campagne et comme ça elles pourront se mettre des limaces sur les bras, des poulpes sur la tête, remplir le congélo d'animaux morts, sauter à pieds joints dans l'eau froide sans culotte et en riant comme des sottes !

    Et pourquoi pas créer un business de PantouFFles et confitures pendant qu'on y est ? 

    Trois mecs à qui on hésiterait à donner l'heure au coin d'un bois viennent faire un barbecue merguez. Lily qui a une araignée dans le plafond fabrique un slip en poils de rats à son fiancé et Clara se fait réchauffer par Jean-Pierre Martins. C'est dur parfois le métier d'actrice.

    Que serait ce film sans l'immense talent déployé ici par les deux actrices ? Rien car il est cousu de fil blanc, totalement invraisemblable et le bonheur vraiment trop beau pour être vrai... Mais il faut reconnaître que Ludivine Sagnier est ici parfaitement crédible et convaincante en adulte qui a oublié de grandir dans sa tête. Et on sait gré à la réalisatrice d'avoir su exploiter à ce point la part d'enfance qui demeure en elle. Quant à Diane Kruger, elle est sobre, digne, délicate et protectrice. Un beau rôle.

    Mais le côté "viens poupoule, je suis demeurée mais je vais t'expliquer la vie à toi la sacrifiée qui a toujours fait là où on t'a dit de faire !..." non et non, à d'autres.

    Dernière chose, il faudrait que les réalisateurs et trices se décident un jour à ne pas faire disparaître Jean-Pierre Martins dans les dix premières minutes de leurs films ou aparaître dans les dix dernières. Merci. On tient sans doute là notre Javier Bardem à nous... et qui le connait à part Fred et moi ???