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Mother de Joon-ho Bong ****

MotherMother

Do-joon vit (et dort) avec sa mère. Un peu « simplet », un peu inadapté, il est la risée des jeunes de son âge, un peu leur souffre-douleur, un peu leur faire-valoir, leur cible et leur tête de turc. Devant la fragilité et la naïveté de son fils qui a néanmoins des velléités d’indépendance et consciente de la cruauté des autres, sa mère est constamment anxieuse et tourmentée. Elle surprotège son fils avec demesure.

Alors qu’une jeune fille du village est retrouvée morte et que quelques indices mènent à Do-joon, proie facile et coupable idéal, il est incarcéré. La police ne cherche pas plus loin puisque Do-joon signe ses aveux et l’avocat ne s’intéresse guère à l’affaire. La mère comprend qu’elle ne peut compter que sur elle et entre deux visites à la prison où elle aide son fils à retrouver sa mémoire défaillante, entreprend elle-même de mener l’enquête.

Dès la première scène où la mère seule au milieu d’un champ de blé se met à danser, on comprend qu’il n’y a pas que son fils qui soit un peu fêlé. Cette mère protectrice voire castratrice ira d’ailleurs jusqu’au bout d’une certaine forme de folie pour prouver l’innocence de son fils. Ce qu’elle va découvrir la mènera au cœur d’une histoire plutôt poisseuse qui ne cessera de rebondir.

Tout semble simple et évident au départ. On voit et on revoit les événements du point de vue de Do-joon dont le témoignage se précise à mesure qu’il prend des coups. Plus on lui tape sur la tête, plus ses souvenirs remontent loin et se précisent. Ce qu’il distingue parfois le plonge dans un profond désarroi. Ça peut être drôle et l’instant suivant complètement angoissant. Et le film ne cessera d’osciller entre drame et comédie pour le plus grand plaisir du spectateur qui sera également plongé au creux d’un suspens très réjouissant qui l’égarera, le mènera sur de fausses pistes. La résolution finale, la prise de conscience, l’effet sur les personnages sont tout simplement glaçants.

Le réalisateur reconstruit l’histoire, nous présente certaines scènes d’un autre point de vue et recompose sous nos yeux le puzzle en remettant en place les aspects qui auraient pu sembler improbables. Engagé comme un film qui parle d’instinct maternel, de liens profonds entre une mère et son fils marginal et retardé, ainsi que l'évocation d'une forme d'injustice et d'écart entre les nantis et les pauvres, le virage vers le thriller implacable est amorcé et aboutit à un épilogue inattendu.

Joon-ho Bong ne sait pas simplement raconter une histoire, il sait aussi la filmer. Ses paysages, ses ambiances sous le soleil ou sous la pluie, ses éclairages, ses ruelles… tout est beau dans ce film porté par l’actrice Kim Hye-Ja qui est une star en Corée et symbolise dans tous ses films la mère parfaite et idéale. Dernière perversion du réalisateur, en faire une mère implacable vraiment capable de TOUT pour sauver son fils…

Commentaires

  • Pas de photo, ou c'est le filtre du lycée qui m'empêchede la voir ????

  • C'est le filtre du lycée.

    La mort de Salinger m'a fait penser à toi. Tu m'avais parlé de l'Attrape-Cœur.

    Pour le film, maintenant : je suis "tout d'accord". « Tout est beau dans ce film », oui.

  • Ed : c'est le filtre, y'a la photo de maman et fiston.

    Max : moi aussi la mort de Salinger m'a fait IMMEDIATEMENT penser à toi ! :-)

    Ravie que tu aies vu ce film

  • Ben moi aussi j'ai pensé à Max et à toi ! C'est beau, non ?
    91 ans. S'il pouvait encore rêver, c'est un bel âge.

  • Démesure. Suspense.

  • ah oui, cette première scène avec la danse de la mère me donne encore des frissons ...

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