Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

LOVE ON TRIAL

de Koji Fukada **

love on trial,koji fukada,cinéma,kyoko saito,yuki kura,erika karata,kenjiro tsuda

JAPON

Avec Kyoko Saito, Yuki Kura, Erika Karata, Kenjiro Tsuda

Le groupe Happy fanfare est un girls band exclusivement féminin.

5 filles jolies comme des coeurs s'offrent en pâture à un public quasi exclusivement masculin. Leurs tenues et leurs chorégraphies associent habilement hyper sexualisation et immaturité enfantine. A l'issue de chaque concert, elles rencontrent leurs fans qui patientent sagement alignés face à leur chanteuse préférée. Ils auront chacun droit de leur serrer la main, poser pour une photo et échanger quelques mots. L'extase est à son comble lorsque l'une d'elle reconnaît son admirateur et l'appelle par son prénom.

Un jour, Mai assiste à un spectacle de mime dans un parc. L'artiste se prénomme Key et ils tombent amoureux. C'est là que la machine s'enraye. Le contrat qu'elles ont signé sans réellement le lire, stipule que les idoles ne doivent ni tomber amoureuse, ni avoir de relations sexuelles, encore moins avec un fan. Après la machine implacable de l'industrie du divertissement qui exploite ces filles au départ consentantes, c'est la machine judiciaire qui s'emballe. Le producteur (caricatural) contrôle absolument tout, le texte des chansons (mièvres à souhait et qui évidemment ne parlent que d'amour), les musiques (insignifiantes), mais aussi leur vie. Elles cohabitent, doivent publier des lives sur les réseaux, obtenir le maximum de likes sous peine d'être rétrogradées en deuxième place des chorégraphies. Mai va devoir comparaître devant la justice. Mais la jeune femme, impressionnée par la liberté de son jeune amant qui vit en toute liberté de son art n'entend pas se laisser faire et surtout pas qu'on l'empêche d'aimer (qui elle veut).

Après le bouleversant Love life, (un de mes grands chocs de 2023) je me suis précipitée voir ce nouveau film de ce réalisateur que j'adore. Hélas, cette histoire d'emprise sur des jeunes filles par un marketage forcené ne m'a guère enthousiasmée. Il n'est pas besoin d'être au fait de l'actualité de ce genre de variétés pour l'apprécier mais je l'ai trouvé traité avec mollesse et assez caricatural même s'il fait le tour de tout ce à quoi ces filles s'exposent. Un fan frustré peut vite se transformer en harceleur voire pire.

L'actrice Kyoko Saito au centre de l'histoire est une ex pop star et sait donc de quoi il retourne. Hélas je l'ai trouvée inexpressive et nonchalamment combative. J'avais même parfois l'impression qu'elle regrettait sa vie de princesse. Quant à son amour pour Key, il semble ne pas résister à ses espoirs de liberté alors que lui consent à d'énormes sacrifices. J'ai trouvé que le réalisateur courait plusieurs lièvres : l'émancipation d'une jeune femme qui apprend à dire non, la naissance d'un amour qu'il bâcle et gâche et le monde impitoyable du divertissement.

Le tout ne m'a pas passionnée et l'absence totale d'émotion est rédhibitoire.

Commentaires

  • Est-ce que le film ajoute de la caricature sur des personnages déjà caricaturaux ?

    J'ai l'impression de ressentir moins d'attrait pour le cinéma japonais d'aujourd'hui qu'il y a encore quelques années. Je ne me l'explique qu'en partie. Ce film, par exemple, ne m'attire pas vraiment. J'étais même totalement passé à côté de sa sortie avant que tu en parles (merci !).

    Je devrais en revanche bientôt renouer avec le cinéma japonais classique. Sans renoncer toutefois à suivre des réalisateurs actifs en 2026 comme, et j'espère son prochain retour, mon chouchou Hirokazu Kore-eda. Il est sans doute le premier à avoir vraiment attiré mon regard vers le cinéma de son pays.

  • Oui à ta première question. Le producteur a une tête de sadique. Derrière ses lunettes noires se cache un tiroir caisse.

    Le cinéma japonais et asiatique en général : je fonce. Rien qu'entendre parler les langues et voyager dans ces pays me ravit.
    J'attends aussi notre cher Kore-Eda.

    J'ai sans doute moins de classiques que toi dans ma cinéphilie. Quoique.
    J'ai vu récemment qu'il y avait un cycle Tanaka en replay sur Arte -je ne sais si c'est toujours d'actualité). J'avais pu découvrir cette merveilleuse cinéaste en 2022 dans mon cinéma. Dont le superbe La princesse errante.
    Cela te plairait sûrement. C'est un cinéma très féminin et féministe. Elle est restée méconnue, Kenzo Mizoguchi ayant "oeuvré" pour qu'elle ne lui fasse pas d'ombre...
    http://www.surlarouteducinema.com/archive/2022/02/20/kinuyo-tanaka-6367201.html

  • Eh bien, je voulais pas m'auto-spoiler, mais puisque tu en parles... oui, l'intégrale Kinuo Tanaka est toujours disponible sur Arte (jusqu'en septembre). Et oui, je compte ENFIN en profiter !

    Note au passage - si ce n'est pas déjà fait - qu'un de ses films comme actrice, signé Mikio Naruse, sort au cinéma courant avril. Il date de 1951 et reste inédit dans les salles de France. J'espère qu'elles seront assez nombreuses à ouvrir leurs portes, d'autant que le film a été restauré.
    https://www.nautiljon.com/actualite/films/ginza-cosmetics-de-mikio-naruse-au-cinema-en-france-le-15-avril,20016.html

  • De grands moments en perspective.

    J'espère que ce Ginzo cosmetics sortira chez moi.

Écrire un commentaire

Optionnel