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JUSTE UNE ILLUSION

d'Olivier Nakache et Eric Toledano ***

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FRANCE

Avec Simon Boublil, Louis Garrel, Camille Cottin, Pierre Lottin, Alexis Rosensthiel

En 1985 Vincent 13 ans se bagarre beaucoup avec son grand frère Arnaud tandis que leurs parents ne sont plus d'accord sur à peu près rien et le font bruyamment savoir également.

La vie en banlieue n'a rien de spectaculaire mais c'est la vie de Vincent en cette année où il va connaître son premier coup de coeur pour Anne-Karine qui n'a même pas remarqué que depuis des années ils sont dans la même classe. Par de providentiels concours de circonstances, la belle va finalement s'intéresser sérieusement à ce garçon qu'elle avait jugé trop vite, trop petit et inintéressant. Cette apprentie rebelle a un père raciste qui risque de ne pas voir d'un bon oeil sa fille fricoter avec un juif qui s'apprête à fêter sa Bar-mitvah. Par ailleurs, Yves le père de Vincent est au chômage et croit réussir à le cacher à ses enfants et Sandrine sa mère végète dans un emploi de secrétaire en rêvant d'une carrière dans l'informatique qui en est à ses balbutiements. N'oublions pas Etienne Berger l'indispensable concierge multi taches quoiqu'un peu inflexible sur les places de parking.

Nul doute que le duo complice de réalisateurs s'est inspiré de ses propres souvenirs d'adolescence puisqu'il avait l'âge du héros dans les années 80. Ils ont mixé ces souvenirs et en donnent une vision quasi exhaustive de tout ce qui se faisait en terme de musique, travail, chômage, vie de famille. Et moi j'aime quand les comédies françaises sont drôles, pas vulgaires et qu'elles nous font déguster au passage quelques madeleines. Quitte à passer pour nostalgique, tant pis, je préfère plutôt que de jouer les grincheux.

Evidemment, le titre reprend une nouvelle fois celui d'une chanson. Ce n'est pas ce que je préfère (j'en ai même franchement marre) mais la reconstitution de cette époque est formidable. Tout est là, les par-dessus mastic, les messieurs gonflés d'orgueil par leur position de "cadres" à attaché-case, la génération Touche pas à mon pote, les compilations qu'on s'enregistre sur cassettes audio, la déco tellement kitsch, les exposés qu'on doit faire en groupe ou en duo mais surtout cette période de la vie tellement riche et complexe, inoubliable et parfois déroutante qu'est l'adolescence.

Le film est souvent drôle, parfois émouvant, tendre et joyeux. Les ados admirablement dirigés sont formidables. Le couple formé par Louis Garrel et Camille Cottin fonctionne comme une évidence, à la fois assorti et complémentaire. Il faut reconnaître que Louis Garrel est un roi de la comédie. Son improbable coiffure lorsqu'il secoue la tête au ralenti lui donne l'air d'un caniche, sa jalousie vis-à-vis du concierge (l'inénarrable Pierre Lottin toujours aussi irrésistible lorsqu'il dit : "permettez-moi que je me permette") est hilarante, à la fois spontanée et sans arguments, et la danse du couple qui transforme un moment de lâcher prise en pur moment de tendresse, tout est réuni pour réjouir le spectateur. Quant à Camille Cottin elle est la mère idéale, imparfaite et enveloppante (comme dit ma psy).

La play-list est jouissive : The Cure ("In Between Days"), Joy Division ("Transmission"), Earth, Wind & Fire ("Getaway"), Toto ("Georgy Porgy"), Francis Cabrel ("Ma place dans le trafic") et Téléphone ("Un autre monde"). 

Et voir la petite famille sortir de son immeuble au ralenti sur la belle musique de François de Roubaix tirée du film Dernier domicile connu : joie !

Il serait dommage de se priver de cette douce sucrerie jamais écoeurante.

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