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HISTOIRES PARALLÈLES

de Asghar Farhadi ***(*)

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FRANCE

avec Adam Bessa, Isabelle Huppert, Virginie Efira, Vincent Cassel, Pierre Niney, India Hair

Adam jeune SDF court après un pickpocket dans le métro et rend le porte feuille volé à une jeune femme.

Celle-ci propose un emploi à son bienfaiteur. Il s'agit d'aider sa tante Sylvie à trier tout ce qui traîne dans son appartement très encombré en vue de son prochain déménagement. Cette femme est écrivain et s'inspire de ses voisins. Elle les observe dans l'appartement en face avec un petit télescope pour écrire une histoire à laquelle elle ajoute des éléments biographiques. Adam lit le roman et s'investit plus que nécessaire dans l'observation des voisins.

A partir de ces éléments et il serait criminel d'en dire plus, Farhadi tricote un scenario labyrinthique et tortueux impliquant à la fois les personnages du roman et les vrais gens de la vraie vie. Par un tour de force admirable, la plupart des acteurs jouent deux rôles, le réalisateur ne nous égare jamais dans cet embrouillamini de situations. Il joue sur et avec les limites entre la réalité et le mensonge qui s'estompent et se brouillent peu à peu.

Le film divise. Certains lui reprochent ses références écrasantes. Elles ne me gênent pas. Une fois encore Fenêtre sur cour d'Hitchcock est convoqué mais aussi l'évidente admiration du réalisateur pour Krysztof Kieslowski. Il ne s'en cache pas. Histoires parallèles est un remake (plus développé) de Brève histoire d'amour du Décalogue de Kieslowski. Et outre la lumière qui se promène parfois sur un visage, Farhadi utilise également la magnifique musique de Zbigniew Preisner, partenaire régulier des films de Kieslowski.

C'est un film sur la création littéraire et le pouvoir inépuisable de l'imagination qui finit par frôler la manipulation. On plonge véritablement dans des abymes de réflexions et de confusion. Il est évident que (à l'instar de Pedro-MON Pedro-(tous les Pedro m'appartiennent) Almodovar) Farhadi impressionne davantage quand il tourne dans son pays l'Iran (quoique j'avais adoré Everybody knows (la présence de Javier Bardem que j'avais trouvé "colosse magnifique, imposant, drôle, rassurant, aimant, tourbillonnant" ne m'avait-elle pas aveuglée ?.. je reparle de Javier très prochainement...)). Mais contrairement au décevant Le passé qui se déroulait comme cette fois à Paris, j'ai été transportée par ces histoires parallèles qui se contaminent les unes les autres et finissent par être révélatrices de secrets ou de failles. J'aime quand c'est tortueux tout en restant simple et parfaitement clair.

Le casting cinq étoiles me faisait un peu douter de la pertinence du film mais on sent vraiment un grand plaisir du jeu. Cependant, contrairement à ce que j'ai lu, Isabelle Huppert ne nous apprend rien de plus sur son acting, elle joue (très bien) comme souvent une femme autoritaire et grognon. Les autres se dépatouillent très bien avec leurs contradictions et leurs doutes. C'est un plaisir de retrouver Vincent Cassel très sobre mais aussi Pierre Niney (presque) réservé. Virginie Efira est comme toujours formidable dans deux rôles bien distincts. Catherine Deneuve en une scène démontre son plaisir de jouer et sa folle liberté. Cigarette ultra fine au bout des doigts, elle est une éditrice vacharde vraiment drôle qui fait dire à Isabelle : "elle me fait chier celle-là, je ne peux plus la supporter".

Mais Adam Bessa est une nouvelle fois la révélation d'un film dont il est l'interprète principal mais discret. Son visage d'ange ne laisse pourtant pas douter de l'ambiguïté de son personnage.
La dernière image confirme ce doute.

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