HEART OF THE BEAST
de David Ayer ***
ETATS-UNIS
avec Brad Pitt, Odin, J.k. Simmons, Anna Lamb
Odin et James Belmont sont tous deux retraités des Forces spéciales de l'U.S. Army.
Ils en ont vu des vertes et des pas mûres (expression du siècle dernier) au cours de leur carrière. A présent et toujours inséparables, ils prennent du bon temps au coeur de la nature en essayant de palier les dégâts de leur TSPT (Trouble de stress post traumatique). Les cauchemars qui peuplent leurs nuits nous entraînent en flash-backs au milieu des combats. James est rentré des diverses guerres auxquelles ils ont participé couturé un peu partout sur le corps (oui Brad enlève le haut et... ça va toujours !) et Odin, en plus d'être balafré, porte une prothèse à une de ses pattes (oui, c'est un chien !) et une mâchoire en titane. Evitez donc d'employer le mot mordre quand il est dans les parages. Pour le reste c'est une crème qui a la léchouille facile.
Lors d'une de leurs escapades, James fait un infarctus et ne peut plus maîtriser l'avion qui coule au fond d'une rivière. Les deux acolytes s'en sortent (sinon le film durerait huit minutes). James, mal en point, réussit à sortir le nécessaire de survie du coucou et après avoir consulté la carte et sa boussole déclare à son compagnon qu'ils ont environ 90 kilomètres à parcourir. A pied et à pattes. C'est ce périple que nous allons entreprendre en leur compagnie. Ils sont au coeur d'une forêt en Alaska, elle est très humide et bien que pas foncièrement hostile, davantage faite pour la crapahute que pour la randonnée avec bâtons. Les nuits sont également parfois compliquées et certaines rencontres, chutes et autres désagréments causeront quelques blessures supplémentaires à notre duo.
Brad Pitt, un chien, une nature un peu sauvage et la lutte pour survivre. Voilà un film qui ne s'embarrasse pas de discours en misant sur l'instinct, l'endurance et le lien fort qui unit l'homme et l'animal. Peu de mots... sauf lors de la rencontre avec un autre solitaire, bavard et pontifiant, très P.E.N.I.B.L.E. qui déverse sa logorrhée sans beaucoup se préoccuper de l'autre. J.K. Simmons a bien fait de se cacher derrière une grosse barbe... je n'ai su que c'était lui qu'au générique. Le réalisateur ne fait peut-être pas suffisamment confiance aux spectateurs et s'est cru forcé de faire intervenir un autre humain. Et pourtant, bien sûr que l'on peut rester en tête à tête avec J.I. Brad pendant 101 minutes. Il faut d'ailleurs un sacré acteur pour réussir à nous maintenir en alerte alors qu'il est quasiment seul à l'écran avec un chien pour seul partenaire. Il relève ce défi avec beaucoup de présence et de justesse.
J'ai adoré la scène avec l'ours et ce survival m'a embarquée même si évidemment on n'atteint pas le niveau de perfection de Jeremiah Johnson auquel il me semble que ce coeur de bête est comparé. Mais le film est efficace, avec de la tension et de l'émotion. Cela suffit parfois à mon bonheur de spectatrice.

