DIGGER
d'Alejandro Gonzalez Inarritu ***
ETATS-UNIS
Avec Tom Cruise, John Goodman, Riz Ahmed, Michael Sthulbarg, Jesse Plemmons, Sandra Hüller
Digger (du verbe dig : creuser) Rockwell magnat du pétrole apprend une bien mauvaise nouvelle : ses forages au Groenland relâchent du méthane dans l'atmosphère.
Cette fuite a provoqué le détachement d'un iceberg gros comme la Californie qui se dirige vers l'Europe. En percutant le vieux continent il provoquera un tsunami meurtrier. Digger ne veut pas dans un premier temps entendre parler de cette catastrophe imminente. Il préfère s'occuper de son vieux chat borgne et mourant, Maggie, âgée de 38 ans (266 ans en âge humain) qu'il chérit comme un enfant alors que la catastrophe climatique mondiale qu'il a provoquée le laisse indifférent. Ce personnage insensé de chat maintenu artificiellement en vie est une des absurdités comiques et satiriques du film. Car c'est ainsi qu'Inarritu propose d'aborder la fin du monde. Par l'absurde.
Le Président des Etats-Unis, atteint d'un cancer colorectal, aussi subclaquant que le chat et terrifié face à la catastrophe imminente essaie de répandre de fausses informations pour se décharger de sa responsabilité. Il charge Rockwell de résoudre la crise. Pendant que Ganesh (Riz Ahmed), le conseiller gouvernemental et seul personnage à garder un semblant de morale tente de raisonner les fous incontrôlables.
Deux twists, qu'il serait assassin de révéler (ce que plein de sites internautiques ne se privent pas de faire) viendront bouleverser le cours du récit sans en altérer le sens.
Je m'arrête donc là.
Reste les acteurs. Tom Cruise et John Goodman vampirisent le film en laissant libre court à tous les débordements que leurs personnages leur permettent. Ils ne s'en privent pas. Les autres jouent les utilités. Mais c'est évidemment Tom Cruise en figure centrale, antipathique voire haïssable qui se régale le plus. En roue libre, il s'amuse à jouer le capitaliste cynique sans scrupules. Son apparence physique peu ragoûtante donne un aperçu de ce à quoi il pourrait ressembler dans trois ou quatre décennies suivant ce que la science lui permettra. J'aimerais pouvoir dire qu'il en fait trop et que c'est insupportable, mais non, je le trouve vraiment bon.
Quant à Innaritu, roublard jusqu'à la dernière minute, il ne me déçoit pas et nous souffle peut-être à l'oreille que quand la catastrophe aura eu lieu, il restera encore et toujours le spectacle !
