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MARTY SUPREME

de Josh Safdie ***(*)

MARTY SUPREME, JoshSafdie, cinéma, Timothée Chalamet, Gwyneth Paltrow, Odessa A'zion, Kevin O'Leary

ETATS-UNIS

Avec Timothée Chalamet, Gwyneth Paltrow, Odessa A'zion, Kevin O'Leary, Abel Ferrara

Cette histoire est inspirée de celle de Marty Reisman champion de tennis de table américain dans les années 40/50.

Dans le film il s'appelle Marty Mauser, il n'a que 23 ans, il travaille dans le magasin de chaussures de son oncle, métier qu'il déteste mais dans lequel il excelle puisque selon lui il vendrait des chaussures à un cul-de-jatte. Alors qu'il cherche juste à gagner suffisamment d'argent pour partir au Japon et participer aux championnats du monde de tennis de table, son oncle lui offre le poste de manager. Qu'il refuse évidemment car il est convaincu que rien ne pourra se mettre en travers de son projet : devenir champion du monde. C'est là que les ennuis commencent car menteur, arrogant, provocateur, tricheur donc insupportable, Marty s'échappe et a le don de semer les catastrophes sur son passage.

Nul doute que ce film va diviser car, bien que son acteur (producteur) principal soit quasi omniprésent, qu'une certaine frénésie s'empare progressivement du film, j'ai trouvé Timothée Chalamet plutôt sobre dans son jeu qui aurait pu lui permettre d'en faire des caisses et l'énergie de l'ensemble vraiment revigorante. Là où la musique tonitruante m'a cassé les oreilles (dans la bouse de l'année), je l'ai trouvée ici très stimulante. Bref, j'ai aimé ce film et ce type souvent infréquentable qui ne parvient jamais tout à fait vraiment à être antipathique. Le film est peut-être formaté pour que ce maigrichon de Timy ici boutonneux, binoclard et affligé d'un mono sourcil très fourni (donc, pas vraiment glamour) accède au podium le 15 mars prochain au Dolby Theatre d'Hollywood mais je crois sincèrement que le trophée ne serait pas usurpé. Dommage si Leo repart encore bredouille...

Le film démarre plutôt mollement. Comme un diesel, il s'échauffe. On assiste à la dure lutte d'un spermatozoïde lâché parmi ses millions de congénères à la conquête d'un ovule géant. A quoi tient la vie quand même ! En tout cas, il sera question d'une grossesse régulièrement et de plus en plus... On fait rapidement la connaissance de l'entourage de Marty, sa mère, son oncle et une petite amie mariée. Puis le réalisateur appuie brusquement à fond sur l'accélérateur et ne relâchera plus jamais la pédale. C'est ce que j'ai aimé, ce rythme trépidant et l'avalanche de catastrophes que Marty laisse sur son passage. Il court, il court pour échapper aux ennuis et pour poursuivre son rêve. Jusqu'à autoriser les humiliations de plus en plus avilissantes qu'il accepte en échange de promesses.

En chemin il croise la route et la chambre d'une ex star de cinéma (Gwyneth) qu'il baratine comme tous ceux qui l'approchent. Il a parfois des punch lines choquantes qui le rendent encore plus insupportable et infréquentable mais d'après lui il a le droit car il est juif. Il y a d'ailleurs en plein coeur du film une scène de camp de concentration absolument incroyable où l'humanité s'exprime au milieu de l'horreur. Et un passage où Marty et sa petite amie doivent retrouver le chien d'un homme interprété par Abel Ferrara. Ce moment trépidant hésite entre l'angoisse et le burlesque.

En un mot, un film qui part dans tous les sens, multiplie les péripéties mais que j'ai trouvé vraiment enthousiasmant. Les scènes de match, à l'exception de la dernière, sont moins spectaculaires que ce qu'on pourrait espérer mais ce n'est pas un film sur le sport mais sur l'ascension d'un gars prêt à tout pour, mais vraiment tout, pour y arriver.

Commentaires

  • J'avais peur que la durée (2h30) ne se ressente beaucoup... Finalement, non. C'est assez trépidant (et bien filmé) pour soutenir l'intérêt. C'est aussi bien joué... mais tout tourne autour d'un seul personnage (qui, pour moi, demeure antipathique), les autres étant à peine esquissés.

    L'intrigue (qui prend "quelques" libertés avec l'histoire de l'authentique Marty Reisman) me semble formatée pour conduire l'acteur-producteur à la réception d'une statuette...

  • Je n'ai pas ressenti la durée non plus.
    Et il m'a touchée par moments quand même ce Marty.

    Et oui, c'est formaté pour les statuettes mais le plaisir est là.

  • Un film qui ne m'attire pas du tout, je ne sais pas pourquoi. Et 2 h 30 on va dire que c'est plié.

  • Pas sûre que cela puisse te plaire de toute façon :-)

  • Au sortir de la séance, je reste dubitatif : corps ankylosé mais esprit resté en éveil (la musique pour une partie anachronique et pour l'autre désagréable y ayant contribué lors de cette très, très longue démonstration). Mettre son talent d'acteur au service d'un personnage aux multiples défauts et pas des moindres : mythomane, mégalomane, menteur, arriviste, me laisse interrogatif. "Valoriser" les traits les plus sordides d'un être par ailleurs asocial peut-il satisfaire une population qui fréquente plus ou moins assidument les salles obscures ; le doute est permis.

  • Je comprends mais en même temps avoir un anti héros pas lisse et pas sympathique ça change un peu de l'ordinaire. Et puis le petit Tim veut peut-être se sortir de n'être qu'un piège à minettes. Il n'a rien d'attirant ici.

  • Je te sens de la Tim Marty. J'en suis aussi !
    ça part dans tous les sens, ça fille à la vitesse d'une balle de ping-pong, tu as raison, mais c'est ce qu'on aime chez les Safdie. Est-ce qu'on reprocherait la même chose à Scorsese ?
    Chalamet est époustouflant. Alors oui, c'est le minet à la mode (rappelons qu'un temps ce fut le cas aussi pour Di Caprio, ce genre de critique ne fera pas long feu), mais on doit quand même admettre qu'il se démène et porte des projets ambitieux. Le frêle Marty et sa petite balle auront tout de même vaincu au box-office le Rock massif de l'autre frère Safdie. Une victoire et une défaite pour la firme A24.
    Une revanche aux Oscars ? puisque Timmy vient de se faire souffler son BAFTA par un british.

  • Ah super je suis contente que tu sois aussi de cette team.
    Moi aussi j'assimile la carrière de Timy à celle de Leo. Contrairement à ce qu'on prétend il travaille comme un dingue pour faire ses preuves et ne se contente pas de jouer les petits minets angéliques et romantiques. J'aime beaucoup ce garçon.
    Et l'énergie folle de ce film m'a fait un bien fou.
    Je pense n'avoir jamais rien vu des Safdie et pourtant je connaissais le nom.

  • J'aurais bien vu "The Smashing Machine" par curiosité, le biopic avec Dwayne Johnson sur un vieux champion de MMA réalisé par le frangin Benny (celui qui jouait le candidat aux élections dans "Licorice Pizzas"). On le dit toutefois bien plus conventionnel.
    En tout cas, ça donne envie d'en connaître sur les Safdie, je confirme.

    Tim est mon Muad'dib préféré. Sans doute plsu sympathique en Marty que dans le troisième "Dune" que j'attends comme "le Messie". ;-)

  • Ah oui c'était du frangin ? J'aurais voulu le voir mais il a disparu des écrans aussi vite qu'il est apparu.

    Pas difficile de rivaliser avec l'endive Kyle MacLahan mais j'irai voir Dune troisième du nom bien que je ne comprenne absolument rien à cette histoire ensablée.

  • Partagé en effet, cinématographiquement c'est un excellent film, le soucis il se fait passer pour un biopic alors que pas du tout, en effet la vie réel de Marty Reisman n'est pas assez palpitante pour un film il a bien fallu rajouter des idées, des idées plus ou moins judicieuses... Puis au final le ping pong reste un paramètre survolé malgré quelques séquences très efficaces. En conclusion, un bon film sur le forme mais sans grand intérêt sur le fond

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