dimanche, 02 décembre 2007
My Blueberry Nights de Wong Kar-Waï ***


Elizabeth, Lizzie, Bethy, Beth (sont vraiment champions du monde des diminutifs ces américains !) vient de se faire plaquer par son amoureux chéri. Elle confie sa peine à Jérémy, un patron de bar très compatissant et attentif qui fume des cigarettes et offre sa tarte aux myrtilles. Pour tenter d’oublier sa peine, Lizzie décide de quitter New York, de prendre un bus qui la déposera au hasard. Elle va traverser les Etats-Unis d’Est en Ouest, s’abrutir dans le travail (pour gagner plus) et s’acheter une voiture (« l’American Dream »), rencontrer des gens, écrire des cartes postales à Jérémy qui l’attend sans qu’elle le sache, et revenir, manger de la tarte aux myrtilles !
Voilà bien le film le plus « accessible » de Wong Kar-Waï. Après les fiévreux « In the mood for love » et « 2046 » (encore plus fiévreux) voici l’histoire désarmante d’une fille qui va mettre une année complète à traverser la rue qui la sépare de l’amour. Le réalisateur parle d’amour comme toujours et il y a beaucoup de douleur, de chagrin, de désespoir et de compassion dans ces histoires croisées. Elizabeth va rencontrer des êtres anéantis, inconsolables, que la vie et l’amour ont brisé. Elle va les écouter et tenter de les consoler pour finir par se trouver elle-même et retrouver le sens, la direction qu’elle a perdus. Ralentis nonchalants, lumières bleu, verte, jaune entre chien et loup, l’ambiance ici est à la mélancolie. Et puis Monsieur Wong qui n’a pas oublié le trouble provoqué par l’enivrante rengaine d’ « In the mood for love » semble nous la susurrer à nouveau dans le creux de l’oreille. Il a de toute façon le chic pour rendre les mélodies indispensables, ici Cat Power ou Otis Reading s’ajoutent à l’enchantement. Quant au casting il est assez fabuleux. Si Norah Jones, mignonne et un peu perdue, semble plus spectatrice qu’actrice du film elle est entourée de Jude Law plus délicieusement séduisant que jamais, de David Strathairn, débarrassé de son costard d’agent du FBI, désespérément brisé, de Rachel Weisz touchante et désemparée, et surtout de Natalie Portman à qui aucun rôle ne semble résister tant elle est prodigieuse une fois encore. Son « chapitre » est de loin le plus captivant et lorsqu’elles sont ensemble, on se prend à rêver à un nouveau "Thelma et Louise" où elles ne seraient que toutes les deux, seules, contre tous.
Au final, c’est vraiment le film qui raconte l’histoire d’une fille qui met un an et des milliers de kilomètres à traverser la rue et c’est magnifique.

09:15 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : my blueberry nights - cinéma
Commentaires
Écrit par : Polysemie | samedi, 01 décembre 2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : @Polysémie | samedi, 01 décembre 2007
Répondre à ce commentaireNatalie, j'arrie !
Écrit par : Jordane | samedi, 01 décembre 2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Guimauve | dimanche, 02 décembre 2007
Répondre à ce commentaireGuimauve : donc tu l'as aimé... Qu'est-ce que ça doit être quand tu n'aimes pas.
Écrit par : @Jordane@Guimauve | dimanche, 02 décembre 2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Guimauve | dimanche, 02 décembre 2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Jordane | dimanche, 02 décembre 2007
Répondre à ce commentaireGuimauve : je n'ai pas l'impression de céder à une quelconque mode en aimant ce film ! J'ai l'impression aussi de voir quelques films... mais de rester bon public. En fait je dois perdre tout sens critique !
Écrit par : @Jordane@Guimauve | dimanche, 02 décembre 2007
Répondre à ce commentaireEn règle générale, je suis très bon public à la sortie de la salle, cela se gâte après quand on en discute avec d'autres gens ouque l'on essaye modestement d'écrire sur un film. J'ai vu aussi hier We Own the night, film crépusculaire et opératique, très Coppola dans son traitement de la mafia russe et beaucoup plus intéressant à mon sens par le fond (la trajectoire shakespearienne de deux frères et la forme (le travail sur l'image ocre, les effets d'opposition entre le faste de la boite de nuit et la fête très rudimentaire des policiers) que n'avait absolument pas le Cronenberg sur un sujet très voisin. Ce film est aussi un manifeste pour un certain cinéma qui tend à disparaitre sous le poids des attaques des Studios. James Gray a du se battre pour faire son 3eme film en 12 ans !mais quelle cohérence dans son tryptique jusqu'à présent...
Écrit par : Guimauve | dimanche, 02 décembre 2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Jordane | dimanche, 02 décembre 2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ed | lundi, 03 décembre 2007
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