mercredi, 30 janvier 2008
4 minutes de Chris Kraus ***

Frau Krüger enseigne le piano à des détenues pas très douées et pas très concernées. Jenny est différente, virtuose mais agressive et suicidaire. Elle a du mal à se plier aux contraintes de l’apprentissage mais en nouant une relation artistique et passionnelle avec la jeune fille (incarcérée pour meurtre), la vieille femme va l’amener à se présenter au Concours d’entrée du Conservatoire.
La peinture de l’univers carcéral est le premier choc visuel de ce film qui ne ressemble à aucun autre. Tel est le renouveau bienvenu et formidable du cinéma allemand : montrer des films, raconter des histoires qu’on n’a jamais vus ; ici, la musique et la prison. Les conditions de détention sont tellement déplorables, désolantes qu’on a parfois l’impression d’être au moyen-âge. Seul un téléphone portable indiquera qu’on est bien au XXIème siècle. Les détenues sont entassées à 4 ou 5 dans des cellules minuscules aux lits superposés et leur agressivité, leur violence physique ou verbale les unes envers les autres est vraiment effrayante.
La relation qui s’installe entre Jenny et sa prof est d’abord elle aussi teintée de méfiance et d’hostilité. Jenny refuse puis accepte de devenir l’esclave d’une prof intransigeante et autoritaire. Quant à la prof, elle répétera à plusieurs reprises à Jenny qu’elle n’est absolument pas intéressée ou touchée par sa personne et sa situation mais uniquement par son talent exceptionnel. Petit à petit les deux vont évidemment s’adoucir en s’apprivoisant et en partageant la même dévorante passion pour la musique, et les scènes de répétition (Schumann, Schubert, Mozart… un festin !) élèvent le film vers des sommets.
Dommage que le réalisateur ne se soit pas contenté d’en rester à la relation intense et palpitante entre les deux femmes, du coup il alourdit son film d’évènements dramatiques en cascade pas toujours indispensables, les circonstances de la rencontre et la situation des deux femmes l’étant déjà suffisamment.
Les deux actrices Monica Bleibtreu et Hannah Hertzsprung sont épatantes.
Les quatre dernières minutes emportent le tout dans un tourbillon époustouflant, inattendu et grisant.
08:10 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : 4 minutes, cinéma
Commentaires
Écrit par : La Pyrénéenne | mercredi, 30 janvier 2008
Répondre à ce commentaireMais elle ne reflète pas trop (du tout ?) l'ambiance très carcérale du film plutôt dans des tons et des lumières glaçantes et "sales" !
Écrit par : @La Pyrénéenne | mercredi, 30 janvier 2008
Répondre à ce commentaireQu'est-ce qui se passe avec le cinéma allemand en ce moment ? Il revit ?
Sinon... Bleibtreu, ça veut dire « reste fidèle »... (Ahahah...)
Écrit par : Max | mercredi, 30 janvier 2008
Répondre à ce commentaireJe pense que le film dont tu parles est "Le Libre arbitre" de Mathias quelquechose... allemand aussi... et dont on dit le plus grand bien.
Merci pour la traduction.
Écrit par : @Max | mercredi, 30 janvier 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ed | mercredi, 30 janvier 2008
Répondre à ce commentaireje souhaiterai vous contacter mais je ne trouve pas de formulaire contact ?
Paul
Écrit par : Paul | mercredi, 30 janvier 2008
Répondre à ce commentairePaul : à suivre...
Écrit par : @Ed, Paul | jeudi, 31 janvier 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ed | jeudi, 31 janvier 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ed | jeudi, 31 janvier 2008
Répondre à ce commentaireSerait-il encore question du délai de parution des comms ??
J'y suis pour rien. Je suis allée en apnée dans l'administration du blog, tout est nickel... je ne l'explique pas !
Écrit par : @Ed | jeudi, 31 janvier 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ed | jeudi, 31 janvier 2008
Répondre à ce commentaireOui, j'imagine que l'info du jour (ça s'est passé près de Maubeuge... djizeuce) a dû te mettre les nerfs en vrac !
Écrit par : @Ed | vendredi, 01 février 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Max | vendredi, 01 février 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : @Max | vendredi, 01 février 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : polysemie | vendredi, 01 février 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : @Polysemie | vendredi, 01 février 2008
Répondre à ce commentaireLe milieu carceral et la rigidité héritée du nazisme donnent des sueurs froides. Le film oscille entre réalisme et romantisme (peinture de la passion, violence exacerbée des émotions) et il culmine dans la scene finale où tout s'epanouit et se libère, les êtres comme le metteur en scène.
http://grain-de-sel.cultureforum.net/ecrans-cinema-et-television-f13/quatre-minutes-t3374.htm
Écrit par : grain de sel | dimanche, 17 février 2008
Répondre à ce commentaireLe milieu carceral et la rigidité héritée du nazisme donnent des sueurs froides. Le film oscille entre réalisme et romantisme (peinture de la passion, violence exacerbée des émotions) et il culmine dans la scene finale où tout s'epanouit et se libère, les êtres comme le metteur en scène.
http://grain-de-sel.cultureforum.net/ecrans-cinema-et-television-f13/quatre-minutes-t3374.htm
Écrit par : grain de sel | dimanche, 17 février 2008
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