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District 9 de Neill Bomkamp ***

 Neill Blomkamp dans District 9 (Photo) Sharlto Copley, Neill Blomkamp dans District 9 (Photo) Neill Blomkamp dans District 9 (Photo)

Un vaisseau spatial extra-terrestre survole la terre. Première surprise, il ne fonce pas sur New-York pour dégommer du yankee, mais s’immobilise au-dessus de Johannesbourg en Afrique du sud.
Puis il ne se passe plus rien.
Par de subtiles manœuvres comme les humains, toujours prêts à faire tourner les hélicos, en ont le secret, les extra-terrestres se retrouvent parqués dans un centre de rétention qui devient rapidement un camp de détention : le District 9.

Bien que sur-armés, les bestioles (mix d’insectes et de crustacés) ne semblent pas belliqueuses. Mais elles se multiplient. En quelques années, le camp se transforme en bidonville où survivre ne peut se faire qu’au prix de la violence. Bientôt, en ville on voit fleurir de jolis panneaux tels que « Interdit aux aliens » ou « Interdit aux non-humains ».
20 années ont passé, les aliens dérangent, ils coûtent cher à la communauté, ils sont porteurs de maladies, ils sont délinquants, bref, il faut s’en débarrasser.
C’est Wikus Ven Der Merwe, sorte de cousin du Sam Lowry de « Brazil », employé très zélé et content de sa promotion, qui est chargé par son beau-père haut responsable du MNU (Multi National United) de présenter les avis d’expulsion aux extra-terrestres qu’il appelle «les crevettes». Par maladresse, il va contracter un virus qui va peu à peu le faire muter. Recherché, traqué, Wikus se réfugie dans le District 9 où il va se lier avec un alien et son fils…
Quel foutoir que ce film ! Mais ce bric-à-brac follement réjouissant et plutôt profond est ce que j’ai vu de plus novateur en matière de science-fiction depuis une éternité. Il commence comme un faux documentaire qui évoque la disparition de Wikus où chaque témoin de l’affaire vient parler face caméra, style docu américain. Puis on replonge dans le passé des vingt dernières années depuis l’arrivée du vaisseau spatial, la découverte des extra-terrestres morts de faim dans leur vaisseau qu’ils ne parviennent pas à faire redémarrer jusqu’à leur ghettoisation dans ces townships. C’est palpitant parce que malgré la monstruosité apparente des bêbêtes, il n’est pas difficile de faire le rapprochement avec la réalité qu’a connue le pays où le film a été tourné en décors réels et qui lui confèrent d’ailleurs une richesse visuelle et réaliste absolument étonnante et sublime malgré la sécheresse, la pauvreté et la crasse.
L’apartheid, l’intolérance, le racisme ordinaire et bas de plafond, la peur de la différence, la bêtise, la soif de pouvoir, le besoin de conquête, de puissance, de domination… sans parler des expériences à prétentions scientifiques ou médicales effectuées sur des « échantillons de population » sont au cœur du film sans pour autant en faire un pensum imbuvable…
Car bien que mêlant savamment réalisme et science fiction, Neill Bomkamp (jeune réalisateur de 30 ans dont c’est le premier film) n’oublie jamais d’offrir un spectacle et aussi, et surtout, de nous faire rire souvent grâce à son héros quelque peu lunaire, loufoque et décalé. L’acteur Sharlto Copley (il sera sans doute plus difficile de retenir son nom que son physique très très… intéressant…) fait une interprétation désopilante. Le voir et l’entendre dire « non je ne tirerai pas sur une crevette vivante !!! » est un grand moment.
Habituellement, un extra-terrestre surdoué se retrouve isolé, aux prises avec l’humanité hostile et secouru par un scientifique intelligent et compatissant. Ici, c’est l’histoire d’un alien qui aide un humain qui aide un alien et l’on s’attache autant à l’un qu’à l’autre.
En ce qui me concerne, j’ai très très envie de savoir ce qui se passe dans le District 10…

 Neill Blomkamp dans District 9 (Affiche (autres))

NE DELAISSEZ PAS LE JEU DU LUNDI CI-DESSOUS.

Commentaires

  • Moi aussi j'ai vraiment aimé ce petit bijou. C'est vrai que les possibilités sont multiples pour le 10. En espérant qu'il aura lieu, il promet d'être une énorme tuerie, à condition que la tête de Neill Bomkamp n'enfle pas autant que son budget va certainement le faire.

  • Il semble toutefois difficile qu'un retour en arrière soit possible pour Wikus étant donné l'état dans lequel on le laisse :-(((

  • Il va falloir attendre 3 ans pour qu'il se fasse réparer le Wikus

  • Oui mais des fois le temps cinématographique y'est pas le même que le vrai temps !

  • Wikus peut rester tel qu'il est, prendre la cause des aliens et les unifier en les remontant contre les humains... Reste plus que l'autre redébarque quand la tension est à son comble et on a une pure histoire, vous ne trouvez pas ?

  • Comme les conseils sont bons par ici, cela m'a confortée dans l'idée de choisir ce film-là pour ma séance hebdomadaire (pourvu que ça dure !)

    Mais personnellement, j'aime autant une fin ouverte. D'ailleurs, ça me rappelle un film français - dont j'ai oublié le titre, mille excuses, avec il me semble Giraudeau et Lino Ventura - dont on attendait une suite qui n'est jamais venue, et qui n'était probablement prévue que par la critique...

    J'aurais quand même une question : qu'est-ce qu'il a de si remarquable le physique de l'acteur ?

  • Grand merci pour cette critique très intelligente d'un film que j'ai moi aussi beaucoup aimé, en dépit de qq faiblesses tout de même. Ah, si la suite pouvait être au même niveau au moins ! Et oui, j'ai moi aussi trouvé ça très novateur en matière de SF, un vrai bonheur de voir le genre renouvelé aussi brillamment !!!

  • Rom_J : il FAUT que les deux amis se retrouvent pour prouver l'honnêteté de la Crevette de toute façon...

    Axel : oh merci !
    Ah oui, le film de Lino et Nanard, je le REvois, mais le titre m'échappe aussi.

    Le physique de l'acteur : ça ne s'explique pas. Nous sommes quelques filles ici à aimer les jolis garçons, et celui-ci en est un.

    Carla : merci aussi. Les faiblesses j'oublie quand le résultat est de ce niveau !

  • Ah ! cette scène où, devant les caméras, Sharlto Copley jubile et plaisante sur l'irrésistible bruit de pop-corn que font les embryons d'aliens quand ils éclatent alors que derrière lui ses collègues armés de la MNU passent au lance-flammes les cabanes du bidonville ! La bêtise humaine à la puissance dix ! On ne peut ni mieux dire, ni mieux faire !

  • Oui c'est merveilleux. Il est complètement à côté de la plaque ce type !

  • Je souscris entièrement à ta critique: un film intelligent, de belles images et la bêtise humaine dans toute sa splendeur. Un cinéma intelligent & divertissant ca ne se rate pas !

  • ah oui ! qu'est-ce que j'ai aimé !

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