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  • RESTLESS de Gus Van Sant *

    RESTLESS de Gus Van Sant , henry hopper, cinéma, mia wasikowskaRESTLESS de Gus Van Sant , henry hopper, cinéma, mia wasikowskaRESTLESS de Gus Van Sant , henry hopper, cinéma, mia wasikowska

    Enoch a un curieux passe-temps. Depuis la mort de ses parents il s'invite aux cérémonies d'enterrement. C'est là qu'Annabel, son double féminin le remarque, le suit et souhaiterait bien davantage. Le jeune homme résiste d'abord (on y croit !) puis cède devant la persévérance de la demoiselle. Annabel qui n'a plus que trois mois à vivre (cancer du cerveau) et Enoch vont vivre cette phase terminale en parfaite harmonie, déconnectés du monde des vivants (on y croit).

    Si je ne savais que ce film a été tourné à Portland, patrie chérie du réalisateur, je dirais presque qu'il est parisien tant il est chic, snob et toc ! Je n'ai pas cru un instant à l'amour providentiel des deux gravures de mode très classe que sont Henry Hopper (réincarnation ou fantôme très très sage de papa Denis) et Mia Wasikowska (charmant petit oiseau très souriant). Ils changent de tenue vintage à chaque plan et évoluent dans une espèce de flou hamiltonien de la dernière élégance en évitant le plus souvent possible d'évoquer la fin prochaine d'Annabel. Quant à l'émotion, elle était en ce qui me concerne aux abonnés absents et la disparition brutale d'Annabel sans aucune souffrance ni dégradation (appelons cela décence pour être poli) m'a laissée de marbre.

    Quand élégance rime à ce point avec froideur il est impossible d'être touché. Reste un objet raffiné, propret mais totalement artificiel !

  • LA FEE de Fiona Gordon, Dominique Abel et Bruno Romy **

    LA FEE de Fiona Gordon, Dominique Abel et Bruno Romy, cinémaLA FEE de Fiona Gordon, Dominique Abel et Bruno Romy, cinéma

    Un jour la fée Fiona jette son dévolu sur Dom, veilleur de nuit dans un hôtel miteux et peu fréquenté du Havre. Elle lui propose de prendre son temps pour faire trois voeux qu'elle exaucera. Après en avoir réalisé deux et avoir disparu, Dom s'aperçoit qu'il est amoureux de Fiona. Il part à sa recherche, la retrouve, une grande histoire d'amour peut commencer.

    Bienvenue dans l'univers complètement barré, brindezingue et tout foufou de la femme élastique et de l'homme caoutchouc. Le rêve et le burlesque se mêlent à une réalité plus rude et cruelle entre psychiatrie, travail précaire et immigration, mais les acteurs/réalisateurs n'en ont cure et misent définitivement sur un optimisme forcené qui fait du bien partout.

    Il convient de se laisser porter par la folie douce et l'enthousiasme délirant des personnages qui ne ressemblent à aucun autre. Déjà physiquement, Fiona et Dom sont loin, que dis-je, à l'opposé des stéréotypes qu'on nous impose. Mais ces gens ordinaires qu'on croise sans les remarquer ont un univers et un humour qui ne peuvent laisser indifférent.

    Ce que je préfère Chez Dom et Fiona, ce sont leurs chorégraphies. A trois reprises, ils exécutent un pas de deux dont ils ont le secret et c'est un véritable ravissement. Quelques superbes images de bord de mer, sur les toits ou au bord de citernes d'essence démontrent aussi que les réalisateurs savent poser leurs doux regards sur les choses.