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MARDI 15 JANVIER 2013 - GREFFE J 28 - LA HONTE !!!

Il est 6 h 38 et je n'ai pas encore dormi. Pas de la nuit, pas une minute. Il faut que je raconte ce que nous venons de vivre sinon je ne parviendrai pas à fermer l'oeil.

Vers 20 h, l'infirmière est venue "rebrancher" Hervé. Il a fait un malaise, "papillons" devant les yeux, forte douleur dans la poitrine qu'il situera plus tard à 7 sur la fameuse échelle de 10..., sueurs, nausées... L'infirmière réagit parfaitement et calmement. Prend sa tension qui est bonne, sa saturation, son pouls, sa glycémie. Tout est bon. Elle appelle néanmoins le service de transplantation qui lui conseille d'appeller SOS Médecin afin qu'il fasse un ECG (électro cardiogramme). Les symptomes et la douleur décrits évoquent un malaise cardiaque.

Le médecin pratique l'ECG moins d'une heure plus tard. Il ne révèle pas d'infarctus. Mais par sécurité et en accord avec l'hémato, il faut emmener Hervé aux Urgences.

Il s'agit des Urgences de l'hôpital Central de Nancy. Et je vous recommande ou vous souhaite de ne JAMAIS avoir à y mettre les pieds. Ce service est une honte. Et si le service de transplantation où Hervé vient de passer 33 jours m'avaient réconciliée avec la faculté, celui-ci est une aberration, un scandale.

Arrivés vers 22 heures avec le Samu, Hervé est pris en charge avant d'autres personnes qui attendaient avant lui. Tout semble se passer comme pour quelqu'un qui vient de subir une greffe et n'a aucune immunité et pas pour quelqu'un qui vient pour une gastro ou un mal de tête.

Néanmoins il est placé en "salle commune" et je ne peux l'accompagner. Je poireaute en salle d'attente essaie de lire alors que chacun est pendu à son téléphone et qu'une télé fonctionne à plein tube... Une heure plus tard au cours de laquelle Hervé a subi un nouvel ECG et une prise de sang et où on lui a posé une perf (juste de l'hydratation, c'est à dire exactement la même chose que notre infirmière à domicile lui a déjà mis dans la voie centrale !!!), un infirmier vient me chercher. Hervé est placé dans une... appelons ça chambre, pour ne pas dire local, isolée. Il est 23 heures. Nous ne verrons strictement plus personne avant 4 heures !!!

Vers deux heures du matin, je sors de la chambre et m'avance vers une salle remplie de personnel et d'ordinateurs... la porte est grande ouverte et tout le monde est bras ballants et discute. Je frappe quand même. Personne ne se retourne. Je dis "bonsoir, excusez-moi, est-ce qu'il y a des résultats pour mon mari ?" Deux abrutis (une fille et un garçon) se retournent manifestement agacés par ma présence, me toisent et me tournent le dos sans me répondre. Je n'insiste pas car je me culpabilise encore en me disant qu'il faut laisser le temps au temps, que mon impatience va encore me jouer des tours et que je dois laisser les gens faire leur taf.

Je retourne dans la chambre. Dans celle d'à côté, une dame très âgée tousse  à fendre l'âme depuis des heures. Ce n'est qu'au bout de cinq heures qu'une blouse blanche sans doute dotée d'un cervelet viendra lui poser quelques questions et la mettre sous oxygène : la toux cessera instantanément. J'ai la haine.

Hervé et moi commençons cependant à perdre patience, il est 4 heures du matin et nous n'avons toujours vu personne et il doit se lever à 7 heures du matin pour son premier rendez-vous post greffe en hémato pour le miélogramme entre autre... Cette fois je sors et j'avise une blouse blanche à qui je demande ce qu'on attend et où en sont les résultats. Elle bafouille, manifestement gênée... Il semblerait que les résultats étaient là mais incomplets et blablabla. Bizaremment dans la minute qui suit, une interne surgit dans la chambre tout sourire et vient prendre la tension d'Hervé. Là je lui fais vertement remarquer que nous n'avons vu personne pendant 4 heures et que ce n'est vraiment pas une façon de traiter un patient qui vient de subir une greffe. Elle mâchouille un chewing-gum en faisant un bruit insupportable et je lui dis d'aller le jeter sinon je vais lui coller dans les cheveux. Elle me dit que je suis agressive mais elle n'a rien compris, je suis calme mais scandalisée. Elle nous annonce avec son sourire idiot qu'il faut refaire une prise de sang et attendre les résultats. C'est la procédure, elle l'affirme.

Là, même Hervé pète un plomb et demande s'il faudra attendre ces résultats aussi longtemps que les premiers. Ben, une heure ou deux bégaie l'abrutie. Hervé lui dit qu'il a rendez vous en hémato (à 25 kms de là, ce n'est pas le même hôpital, heureusement !!!) à 8 heures et qu'il aimerait pouvoir se reposer un peu avant. Et que comme les résultats sont bons, il aimerait bien rentrer chez lui. L'abrutie sort et nous ne la reverrons plus, j'espère qu'elle ratera tous ces exams et qu'elle finira vide-pots dans une maison de retraite.

Soudain, un docteur (femme), un vrai entre et fait mine de s'être intéressée à "notre" cas depuis 22 heures. Bref... ce qu'Hervé décrit ressemble fort à un infarctus bien qu'il assure ne plus avoir mal et les examens doivent être faits régulièrement toutes les deux heures (tiens c'est nouveau ???) car cela peut varier d'une heure à l'autre. Mais Hervé insiste : "à 8 heures je dois être en hémato". C'est ainsi que celle qui est docteur (elle porte un stéthoscope autour du cou) décide d'appeler le service hémato et d'y faire transférer Hervé en ambulance.

Il faudra encore attendre plus d'une heure pour que l'ambulance arrive...

Voilà, il est 7 heures et Hervé est bel et bien en hémato. Je suis à la maison, je ne suis pas rassurée. Il partage sa chambre avec un autre malade. J'espère qu'il n'a pas la tuberculose ou un staph' doré ! Je voudrais être demain. J'espère qu'il va rentrer.

La vie est une pute, pendant deux jours, bécasse que je suis, je l'avais oublié !

Commentaires

  • Rolala, mais c'est incredibeul de te-hon ! Ah, les urgences... Promis, c'est pas qu'à Nancy...

    Beaucoup de courage à tous les deux, et toi, surtout, dors, reprend des forces ! Bisous.

  • Outch, on pense fort fort à vous...

  • Quand je pense qu'en plus il faut payer ces gens-là!! Mais tout dépend des chefs de service dans les hôpitaux. Il faut vraiment être accompagné par quelqu'un qui n'a pas peur
    de pousser une gueulante!

    Courage!

  • Ca fait peur tout ça .... Ces gens qui ont choisi d'en soigner d'autres et qui, même pas leurs études finies, sont déjà blasés. Pourvu que je sois gravement malade le plus tard possible.

    Courage vous deux !

  • Certains se sont vraiment plantés de voie.... Y a pas à dire, il ne faut vraiment pas avoir de problèmes de santé.

    Bon courage, je pense bien à vous.

  • J'espere que tout va bien aller, je suis scandalisée de voir comment vous avez été traité...

  • C'est en effet horrible ce que tu décris voir invraisemblable - et c'est pourtant Vrai - je pense fort à vous deux ...J'espère qu'ils vont trouver le pourquoi du malaise
    et que tout va rentrer dans l'ordre
    Je t'embrasse Pascale

  • N'importe quoi ! Ils avaient bien compris qu'il vient d'être greffé ... ou quoi ?
    On attend des nouvelles (enfin dès que tu peux car il faudra dormir aussi un petit peu) pour être sûrs qu'il n'y a rien d'important ...
    Bises à vous 2

  • Plein de pensées positives pour vous deux !
    Sur l'hôpital, no comment.

  • des cons, y'en a partout, mais pourtant il y a des secteurs où ils sont plus dangereux que d'autres ! Il est 11 h 39 et j'espère qu'ils t'ont rassurée, ceux de l'autre hosto.
    En plus, y'a de la neige aussi chez vous ???
    Tu devrais recopier ton récit, et l'envoyer à la direction de l'hopital et au ministère de la santé. Je me suis promis de le faire la prochaine fois que j'aurai affaire à des incompétents.

  • Quand je pense a tous les gens qui se sont donnés du mal pour qu'Hervé aille bien, et quand je lis que quelques cons pourraient tout foutre en l'air, j'ai vraiment la haine!

  • Mais quel scandale! Comment peut on traiter un être humain, qui plus est malade ainsi?! Et malheureusement ce n'est pas le cas qu'à Nancy...Bon courage à vous 2, je pense fort à vous.

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