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BETHLEEM de Yuval Adler ****

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Sanfur est palestinien. Il voue une admiration sans borne à son frère aîné Ibrahim à la tête des Brigades des Martyrs d’al-Aqsa. Sanfur est également en relation avec Razi un agent du Shin Bet (les services secrets israéliens) chargé de recruter des informateurs dans les territoires occupés.

A la suite d'un attentat suicide perpétré par Ibrahim à Jerusalem, Razi et son équipe sont chargés de démanteler le réseau terroriste, de trouver le chef et de l'éliminer. Le jeune Sanfur est alors tiraillé entre sa loyauté et son admiration envers son frère et l'affection qu'il ressent désormais pour Razi. En effet, les liens entre les deux hommes se sont considérablement renforcés au point que l'israëlien considère le jeune palestinien comme son propre fils alors qu'il voit de moins en moins ses propres enfants.

De la relation ambigüe entre un agent secret du Shin Bet et un jeune palestinien exalté et frustré de ne pas attirer l'attention et l'affection de son père, le jeune réalisateur israëlien Yuval Adel, dont c'est le premier film, tire un thriller passionnant. Au-delà du conflit endémique qui oppose les deux peuples, il dépasse les enjeux du "simple" conflit des nations pour explorer le cas de conscience de deux hommes que tout devrait opposer et qui finalement s'aiment malgré leur rivalité. Et il décortique l'utopie d'un tel lien. La bonne volonté  des hommes n'est hélas pas toujours suffisante.

Il s'agit bien là du film le plus limpide et à la fois le plus objectif et impartial qui existe sur ce conflit qui nous semble parfois totalement obscur et dans l'impasse. Comment venir à bout de cette guerre interminable quand au sein même de l'autorité Palestienne s'oppose des sous groupes tels que le Hamas et la Brigade des Martyrs d'El Aqsa ? Le réalisateur choisit de ne pas s'abandonner à la vision manichéenne du conflit. Même si les actions de la Brigade des Martyrs semblent impulsives et spontanées face aux services secrets israéliens parfaitement organisés et entraînés. Dans cette partie du monde chacun lutte pour survivre et il faut hélas choisir son camp. Nous présenter chaque protagoniste des deux camps comme des citoyens plus ou moins ordinaires donne une dimension humaine rare à ce premier film d'une intelligence folle et d'une grande délicatesse.

On entre immédiatement et facilement en empathie avec des individus ordinaires confrontés à des situations hors du commun, à la loyauté et à la trahison. Le trio d'acteurs principal, Shadi Marei, Tsahi Halevi et Hitham Omari, non professionnels ou amateurs est exceptionnel.

L'intime s'oppose à l'universel, les scènes intimistes émouvantes aux scènes d'action trépidante, d'une qualité égale.

Un grand film efficace, douloureux au final inattendu et surprenant.

Commentaires

  • Ah toi aussi tu trouves ça inattendu.
    Moi je me suis dit vont se rouler une pelle les mecs et vont filer danser sur la plage de Tel Aviv vivre leur amour interdit au grand jour.
    Mais comme tu sais, je devine toujours la fin du film.

  • Et moi je lis dans les commentaires pas encore faits des notes pas encore écrites...
    Et je prédis pour la prochaine que tu viendras me dire :
    "sans moi"
    ou
    "...machin... je peux pas".
    :-)

Les commentaires sont fermés.