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COCO

de Lee Unkrich, Adrian Molina ***(*)

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Dans le petit village mexicain de Santa Lucia comme partout au Mexique la fête des morts se prépare. Contrairement à notre Toussaint grise et triste, honorer les morts se fête là-bas. Dans le bruit, la couleur, la danse et les chants... rien à voir donc avec notre sinistrose annuelle.

Miguel vit avec sa famille aimante mais rongée par un lointain secret. Ils sont cordonniers depuis des générations. Le jeune garçon rêve de devenir mariachi, pas de cirer des chaussures, il joue de la guitare en cachette car sa famille a banni la musique en général et la guitare en particulier depuis deux générations. Nous découvrirons peu à peu pourquoi. En attendant, Miguel est fou d'admiration pour une gloire locale décédée dans des conditions aussi tragiques que cocasses, Ernesto de la Cruz auteur d'un tube Ne m'oublie pas et héros de plusieurs films musicaux.

Il serait compliqué de vous dire comment Miguel se retrouve dans le pays des morts mais sachez qu'il y a un passage entre les deux mondes. Miguel est bien vivant ce qui, au pays des morts est une incongruité totale. Comme Cendrillon devait quitter le bal avant minuit, Miguel doit revenir au pays des vivants avant de se transformer en squelette. C'est là-bas et grâce à sa rencontre avec Hector, un gentil squelette, qu'il va percer le lourd secret familial et découvrir en quoi il est lié à son idole, mais chut...

Un tantinet survoltée parfois, l'histoire de Miguel ne laisse pas un instant de répit au spectateur. On passe du monde des vivants coloré, baigné de lumière ocre, de poussière dorée à celui des morts dans une féerie de lumière et de néons bariolés. Dans l'un et l'autre, la fête et la musique l'emportent sans pour autant se dérober à de grands moments d'émotion car on le sait les secrets familiaux que l'on imagine enfouis finissent toujours par révéler leur mystère et nos erreurs.

La famille est au cœur de cette histoire et les réalisateurs creusent profond pour faire réapparaître et se rencontrer des personnages séparés par plusieurs générations. Que l'on idéalise parfois à tort ou à raison. Les réalisateurs remettent les pendules à l'heure et chacun à sa place. On rêve de pouvoir rencontrer son arrière-arrière grand-père ou grand-mère. Seul le cinéma permet cette prouesse. Ils évoquent également la transmission, l'hérédité mais aussi la mort et rendent un cimetière plus joyeux qu'un carnaval. En allant rendre visite aux morts, les vivants ne voient pas que les fantômes de leurs chers défunts les observent et se réjouissent : "regarde comme elle a grandi et elle a l'air d'aller bien !" C'est beau.

La mort n'est pas triste ici. Mais peut survenir deux fois. Dans le royaume des morts, si les vivants vous oublient, vous pouvez disparaître à tout jamais. Une deuxième fois. C'est fort. Dans une explosion de couleurs et de sons, ce film nous enjoint donc à ne pas oublier ceux que nous avons aimés et qu'il faut continuer à garder vivants, au moins dans nos cœurs. C'est simple, évident et tellement beau.

On a envie de vivre car la vie est belle, de mourir car la mort n'est pas triste et d'aller au Mexique parce que...

Commentaires

  • Tu l'as aimé parce 1) pas de neige, 2) le Mexique et son Guacamole, et 3) pour les Mariachis. Ne dis pas non, je suis sûre que je t'ai percée à jour. Plus sérieusement, merci de ce beau commentaire, qui m'a confortée dans le souhait d'y aller, sans attendre un prochain voyage en avion.

  • Tu as tout bon.
    Avec un petit faible pour les Mariachi néanmoins:-)

  • Je suis d'accord avec toi, ce film est magnifique et très émouvant. Je l'ai vraiment beaucoup beaucoup aimé,et je suis ravie de ne pas être passée à côté :)

  • Ravie aussi. Je n'y serais sans doute pas allée sans mon Doudou d'amour... 4 ans et il a ADORÉ. Et il veut y retourner.

  • Chouette chro ! Les dernières lignes m'évoquent une déclinaison thématique de "Vice-versa" en l'appliquant à la mort. Pixar poursuivrait donc sa psychanalyse. Je n'étais pas spécialement partant, mais maintenant, du coup...

  • Oh lala comment je suis trop fière de donner envie.
    Et c'est ça, dans l'excellente veine de Vice Versa.

  • Moi aussi j'ai envie de croquer le ver dans le fond de la bouteille de Mezcal... J'ai voulu y aller dimanche, mais plus de place. Dimanche prochain... quoique ma fille attend tant Paddington 2 que cela sera certainement Dimanche en quinze... Mais j'ai envie de coco et de boire une corona-lime...

  • Il va falloir que j'aille faire un tour dans un multiplexe pour le voir ; pour une fois, je vais faire un effort.

  • :-)

  • Paddington est bien mignon mais je ne suis pas sûre de faire le déplacement, sauf si jai les petits...
    T'as une fille en âge de voir Paddington ???

    Je crois me souvenir que ça picole pas mal chez Coco.

  • Je me demande si tu me croyais plus vieux ou plus jeune pour avoir une fille à l'âge de voir Paddington :-) Mais du haut de ses huit ans, depuis cet été, elle me demande quand est-ce qu'il sort...
    Bon, j'irais aussi un peu pour moi, parce que finalement, le premier je l'ai bien aimé, comme un Downtown Abbey pour plus petit :-)

  • C'est-à-dire que c'est difficile de répondre à cette question étant donné que les hommes peuvent procréer plus longtemps que les femmes. Tu peux avoir la trentaine comme la soixandizaine et avoir dans les deux cas une fille de 8 ans ! C'est l'âge de ma petite fille (depuis le 2 avril) donc, bientôt 9. Pour dire que je pourrais sans doute être ta mère !
    Putain, ça craint du boudin.

  • N'empêche que j'ai adoré ce Paddington 2. J'attends ton billet !

  • Tu n'as qu'à prendre l'excuse d'emmener ta petite fille :)

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