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MERCREDI 5 DÉCEMBRE 2018 : LA PERTE

Mon amie Catherine m'a prêté ce livre il y a quelque temps

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J'avoue que je ne suis pas très friande de ce genre de publications qui semblent toujours offrir un remède miraculeux au mal-être et finalement on se retrouve encore plus mal à culpabiliser de ne pas réussir à mettre en pratique les recettes miracles relativement simples mais qui ne "fonctionnent" pas. Pourtant c'est bien un ouvrage de Jon Kabat-Zinn

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qui m'a ouvert les portes de la méditation de Pleine Conscience que je pratique quotidiennement depuis un an et demi maintenant. Sa lecture m'a bouleversée et la Méditation m'aide au quotidien même si là non plus, pas de remède miracle.

Pour en revenir à l'ouvrage de Jacques Salomé (ma Poupée en tombant sur le livre s'est écriée : "ça le dérange pas d'avoir un nom de prénom ?"), ce matin, je l'ai ouvert sans réfléchir.

Hasard et coïncidence, ou est-un chapitre que Catherine a beaucoup parcouru, je tombe pile sur la page 104 :

"Les Pertes".

En lisant attentivement ce chapitre, ce paragraphe m'a interpellée au plus haut point :

"Quand la perte est vécue comme un abandon ou comme une trahison, elle s'inscrira sous forme d'un deuil gelé ou impossible dans le corps de celui qui reste, ou encore sous forme de ressentiments, de violences cachées ou d'agressivité niée".

ça a fait tilt et je me dis que voilà, c'est ça, le deuil, MON deuil (ce mot que je m'échigne à ne pas comprendre) est gelé car je me suis sentie, je me sens trahie et abandonnée. Ces sentiments accentuent ma culpabilité d'oser penser cela de Mouche, mon amour qui ne demandait qu'à vivre.

Pourtant je pense avoir franchi les étapes du deuil préconisées par Jacques Salomé :

- reconnaître et dire les sentiments positifs ou d'amour que nous éprouvions pour la personne disparue,
- reconnaître et dire les sentiments négatifs que nous portions sur cette même personne,
- reconnaître et dire en quoi cette relation a été importante, difficile et stimulante, aliénante ou créative pour nous à différentes époques de notre existence.

Tout cela je l'ai bel et bien exprimé, à moi-même mais aussi parfois à Bibi. Sauf que parfois je stagne et je piétine, accablée encore de chagrin après 4 ans et demi, en voulant à ceux (toujours vivants) qui m'ont mise de côté, à ceux toujours présents qui n'en peuvent plus de ne plus savoir quoi faire pour m'aider (je leur demande pardon), me désolant d'apercevoir parfois la lumière au bout du tunnel presqu'à la saisir puis la voir s'éloigner à nouveau...

La perte semble être le prix

de l'agrandissement de la vie.

C'est aussi la source

de la plupart de nos progrès.

Aujourd'hui, je pense qu'il faut que je progresse, que j'avance et que même, c'est urgent...

Facile à dire, à écrire et à penser. Quoique je fasse de toute façon, mon amour pour Mouche ne disparaîtra jamais.

Il me faut enfin trouver le courage d'être Moi.

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Commentaires

  • Qu'est-ce que c'est beau et triste mais ... si beau... et tellement triste...
    Je te serre virtuellement très fort dans mes bras...

    Ce paragraphe vient de me faire comprendre pourquoi je suis si mal moi aussi, pas pour les mêmes raisons bien sûr... Reniée par ma mère perverse narcissique après des années d'abus de toutes sortes, je n'arrive pourtant pas à faire le deuil de ce seul être encore vivant qui aurait pourtant dû m'aimer de manière absolue... ce paragraphe m'a beaucoup parlé... je te remercie pour cela !

  • Merci :-)
    Oui ce petit paragraphe secoue bien.
    La marque des parents est indélébile qu'ils soient présents ou pas, aimants ou démissionnaires, voire pire.
    Ce que tu dis est bien triste.
    Comment passer à côté de cet amour ? C'est moche.

  • Peut on vraiment se mettre à la place de celui qui pleure son amour disparu? Quel conseil donner? Je crois que chacun est une énigme. Même très entouré, même très volontaire, même avec le temps, on est seul quand on souffre.
    Tu vis, sans doute mal à tes yeux, mais tu avances. Je trouve ça déjà très fort. Je ne suis pas sûre que je pourrais le faire si...
    Il y a 15 ans ma meilleure amie ( on s'est connues en CM1!) a été emportée par un cancer du poumon. Son mari survit depuis. C'est vraiment dur de soulager sa souffrance, il est bloqué au jour de la mort de son amour.
    Je ne me permets pas de lui donner des conseils. Il sait que nous serons tjs là pour lui, pour les enfants et les petits-enfants. Nous proposons, il dispose. Je peux parler avec la maman de mon amie, avec sa fille, évoquer les souvenirs, pleurer ensemble. Mais avec lui ce n'est pas possible car il se ferme, il dit STOP. Nous étions inséparables tous les 4. Il manque ELLE et c'est insupportable. Pourtant on supporte. C'est fou ce qu'on peut supporter.
    Nous sommes au Québec pour les fêtes chez notre fille et sa tribu, heureux de nous retrouver. Je suis à 5 ans de rémission de la LAM3.
    Je pense à toi, je t'embrasse.

  • 5 ans de rémission. C'est LA bonne nouvelle du jour. Merci de me le dire.

    Je ne pense que je suis restée bloquée... mais parfois (comme en ce moment) j'ai l'impression de régresser. C'est pas la forme olympique. Je crois que je dois être un sacré boulet pour mon entourage proche parfois.
    Est-ce que je me sentirais aussi faible et minable s'il était là ? En tout cas, il me soutiendrait et ça changerait tout...
    J'imagine parfaitement ce que doit être un quatuor transformé en trio.
    Passe un bon séjour en compagnie de la tribu.
    Gros bisous.

  • Oui, même entouré on est seul quand on souffre et même si on essaie de mettre en pratique tous les conseils lus et entendus, c'est toujours la peine qui coule dans nos veines. Il faut continuer sa vie tant bien que mal et ce n'est pas vraiment facile...

  • Oui, même entouré on est seul quand on souffre et même si on essaie de mettre en pratique tous les conseils lus et entendus, c'est toujours la peine qui coule dans nos veines. Il faut continuer sa vie tant bien que mal et ce n'est pas vraiment facile...

  • Oui parfois les "recettes" fonctionnent et puis patatra tout s'effondre...
    Comme dit Daho : c'est dur pour tout le monde.

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