Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

LES INVISIBLES

de Louis-Julien Petit **

3233262_jpg-c_215_290_x-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

Avec Corinne Masiero, Audrey Lamy, Noémie Llvosky, Déborah Lukumuema, Pablo Pauly

Synopsis : Suite à une décision municipale, l’Envol, centre d’accueil pour femmes SDF, va fermer. Il ne reste plus que trois mois aux travailleuses sociales pour réinsérer coûte que coûte les femmes dont elles s’occupent : falsifications, pistons, mensonges… Désormais, tout est permis ! 

Je suis très embarrassée pour parler de ce film. Personnellement, il m'a plombé le moral même si on sent bien l'application du réalisateur à faire en sorte que cela n'arrive pas. A aucun moment il n'accentue, ne s'éternise ou ne s'apitoie sur le misérabilisme et on ne doute pas qu'il doit arriver à ces femmes qui vivent au-dessous de la misère de passer de bons moments ensemble. Mais leur sort et leurs conditions de vie m'a bouleversée et je n'ai pas cru à cet humour, ce positivisme à tout crin comme si rien jamais n'atteignait leur énergie. Evidemment, elles semblent épuisées, prématurément vieillies, elles se plaignent à peine, elles craignent les vols, les agressions, les viols, le démantèlement de leur camp de fortune mais le mélange des genres documentaire et fiction m'a gênée.

A aucun moment je ne mets en doute la sincérité et l'implication du réalisateur dont on sent un profond sens de la solidarité, de la fraternité et de la révolte face aux injustices sociales déjà très présent dans Discount son précédent film. Mais il me semble qu'ici un documentaire aurait été bienvenu d'autant que j'ai cru comprendre que beaucoup de participantes non professionnelles du film connaissent ou ont connu le sort de leurs personnages.

Certaines aberrations répugnantes révoltantes sont abordées subtilement et se passent de commentaires comme l'installation des dispositifs "anti-sdf" sur les bancs ou les devantures pour éviter qu'ils ne s'allongent (je ne connaissais pas ces choses !!!)

les invisibles de louis-julien petit,cinéma,corinne masiero,audrey lamy,noémie llvosky,déborah lukumuema,pablo paulyles invisibles de louis-julien petit,cinéma,corinne masiero,audrey lamy,noémie llvosky,déborah lukumuema,pablo pauly

ou le refus des SDF de se rendre dans les Centres d'Accueil où ils ne se sentent pas en sécurité. Mais on n'a que faire de la vie du personnage de Noémie Llvosky au sourire, à l'interprétation et à la voix toujours aussi insupportables pour moi et à ses velléités de s'affranchir de son milieu bourgeois et de sa belle maison. D'autant que pour ce faire elle se rend disponible pour ces femmes à la rue et abandonne ses propres enfants qu'elle laisse livrés à eux-mêmes, tout ça parce qu'elle les a faits avec un con infidèle ! Pas plus qu'on ne croit un instant au fait qu'elle vide sa propre maison de ses luminaires et appareils ménagers (je ne pense d'ailleurs pas qu'on puisse passer le bloc moteur d'un mixeur au lave-vaisselle...) pour les emmener au centre d'hébergement !

Il reste le constat implacable et nécessaire devant lequel il est difficile de fermer les yeux. Et l'interprétation parfaite, sans faille et profondément sincère de Corinne Masiero (dont on connaît par ailleurs l'implication dans le milieu associatif) et Audrey Lamy parfaitement à leur place.

Les Invisibles, ce sont à la fois ces femmes tombées sous le seuil de pauvreté et ces travailleuses sociales qui doivent exister et qui consacrent leur vie et parfois la sacrifient à tenter de les aider.

Commentaires

  • J'ai une certaine appréhension à aller voir ce film, exactement pour ce que tu expliques. Le mélange des genres ne me paraît pas la meilleure manière d'aborder le problème. Je crois que je vais y aller tout de même, c'est rare un cinéaste qui aborde ces sujets-là.(as-tu lu l'interview de Corinne Masiero dans Télérama ?)

  • ça ne me dérange pas toujours ce mélange mais cette fois, si. Et j'étais vraiment contente de sortir de la salle. C'est insupportable ce qu'elles endurent.
    Oui, je l'ai lu. J'étais sur le cul. Et je suis allée voir tout ce que son association roubaisienne fait (avec son compagnon). Elle est formidable cette fille. Je l'ai rencontrée à Annonay. Une tornade de gentillesse.

  • J avais vu le film en avant 1ere avec le réalisateur et Audrey Lamy. Le film a pour origine un documentaire de Claire Lajeunie. En faire un film permet sans doute de rendre encore plus visible ce sujet.
    C est vrai que si en l'histoire sentimentale d Audrey Lamy apporte une petite bouffée d air. La rupture de Noémie assombrit un peu plus l histoire et sa réaction laisse perplexe....
    Pas compris par contre si la jeune sfd fait exprès de dénoncer le fait que le centre acceuille des femmes la nuit ou si c est un lapsus de sa part ??
    Mais j ai aime suivre le parcours et les aventures de chacune...

  • Oui j'en ai entendu parler. Je n'ai pas vu ce docu.
    Je trouve ce mélange docu/fiction malvenu ici. Il atténue le propos surtout que l'histoire de Llvosky est aberrante en effet et sans intérêt (et cette actrice !!!). Celle d'Audrey Lamy est mignonne avec Hugh Grant. Et touchante avec son frère.
    Je pense qu'au début c'est involontaire. Ensuite elle insiste très lourdement et c'est vraiment lourd...
    J'ai beaucoup aimé Marilyn (Je crois), celle qui sait réparer des choses :-)

  • J'avais vraiment bien aimé Discount. Mais je sais d'avance que je n'irai pas voir celui-ci.
    Et puis hélas, il faut faire des choix dans les films :(

Écrire un commentaire

Optionnel