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LA CHUTE DE L'EMPIRE AMÉRICAIN

de Denys Arcand ***(*)

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Avec Alexandre Landry, Maripier Morin, Rémy Girard, Louis Morissette, Maxime Roy, Pierre Curzi

Synopsis : À 36 ans, malgré un doctorat en philosophie, Pierre-Paul Daoust est chauffeur pour une compagnie de livraison. Un jour, il est témoin d'un hold-up qui tourne mal, faisant deux morts parmi les gangsters.

Il se retrouve seul avec deux énormes sacs de sport bourrés de billets. Des millions de dollars. Le pouvoir irrésistible de l’argent va bousculer ses valeurs altruistes et mettre sur sa route une escort girl envoûtante, un ex-taulard perspicace et un avocat d’affaires roublard.

L'argent est sale et il pue. Mais que faire quand on se trouve par hasard témoin d'une fusillade, face à deux cadavres, mais surtout un fuyard blessé qui abandonne deux sacs contenant des millions de dollars ?

Avant de répondre à la question, nous faisons la connaissance de Pierre-Paul. Dans un restaurant, nous le surprenons au cœur d'une improbable logorrhée dans une tentative pathétique à la fois mufle et hilarante pour rompre avec sa petite amie. Son discours sur l'intelligence dont il est équipé et le rend incapable de s'adapter (le bonhomme malgré son doctorat livre des colis) est un sommet. Il égrène une liste de personnalités (de la littérature, de la politique) censés être intelligents et qui pourtant ont des idées et des agissements regrettables voire déplorables, de Sartre à Sarkozy en passant par Céline pour en arriver à... Trump. Réjouissant instantanément, comme tout le film dont je n'ai pas vu passer les 129 minutes qu'il dure.

J'ai de fait un peu de mal à comprendre la relative tiédeur vis-à-vis de ce film. Tout comme je ne vois pas comment on peut l'inclure dans une trilogie. En effet, je ne vois pas en quoi il est la suite du Déclin de l'Empire américain et des Invasions barbares. Même si les deux plus vieux complices de Denys Arcand (Rémy Girard et Pierre Curzi  formidables) sont là, ils ne reprennent pas leurs rôles des deux premiers "épisodes" (et pour cause pour l'un d'entre eux), et ils sont les seuls à être présents ici. Alors que les Invasions était bien une suite du Déclin. Ici ce n'est pas le cas. On peut donc voir ce film sans rien connaître des deux précédents. Bref...

Il est donc ici beaucoup question d'argent et de la manière de le garder sans trop se faire repérer. Des facilités de scenario font que les policiers alertés et rapidement sur place, laissant quand même le temps à Pierre-Paul de jeter les sacs dans sa camionnette ne l'inspectent pas. ça ne me gêne pas. J'ai tellement pris de plaisir à voir (et entendre, ah cet accent !) le film que je lui pardonne tout.

En commettant ce geste de garder le magot, Pierre-Paul se retrouve la cible des policiers (deux personnages formidables) mais pas uniquement. Cet argent sale appartient à des gangs rivaux qui entendent bien le récupérer par tous les moyens possibles. Pierre-Paul ne se rend vraiment pas compte dans quoi il a mis les pieds. Et même quand les policiers l'alertent sur les dangers, il persiste et signe. Garde l'argent mais s'adjoint avec maladresse et son habituel air ahuri les services d'un escroc qui sort de prison et a pris des cours d'économie. Devenu expert en évasion fiscale, va-t-il aider Pierre-Paul ?

Le premier plaisir... que le garçon s'offre est une prostituée de luxe (une splendeur incarnée par Maripier Morin) qui flaire vite que Pierre-Paul n'a ni le profil ni les moyens pour se payer un tel extra. La belle est amenée directement chez ses clients en voiture avec chauffeur/garde du corps. Lorsqu'elle voit le tiroir où l'argent est caché, on doute de son honnêteté. Mais le film réserve d'agréables surprises et la belle a dans ses contacts un avocat aux méthodes pas reluisantes.

L'association de malfaiteurs est absolument réjouissante, l'histoire d'amour mimi comme tout, le tout mené tambour battant au rythme de dialogues épatants. Lorsque la beauté dit à Pierre-Paul fou amoureux :

Elle : Tu ne me connais pas, je suis superficielle.

Il répond : J'ai un doctorat en philosophie, j'apporterai la profondeur.

Denys Arcand nous surprend même avec une scène de torture croquignolette que même Tarantino n'avait pas osé jusqu'ici.

Néanmoins, il serait dommage de vous priver de ce film formidable.

A la marge de cet instantané sur un monde délétère régit par les lois de l'argent on trouve à même le sol, quantité de SDF, et si Pierre-Paul ne manque jamais de mettre la main à la poche pour en extraire quelques pièces et faire preuve de générosité, il est aussi un brutal rappel à la réalité.

Commentaires

  • Nous avons beaucoup aimé les deux premiers (avec quelques problèmes pour la compréhension de l'accent canadien...), nous irons sûrement voir le troisième.

  • J'adore cet accent.
    Ce film est très différent.

  • J'ai adoré ce film moi aussi! Et en effet rien à voir avec les précédents!
    Complètement d'accord avec ta critique j'encourage mon entourage à y aller avant que le film sorte des écrans!!

  • Ah super, ça me fait plaisir. Dommage que la promo laisse supposer que c'est une suite.

  • Bon ,l'accent c'est rédhibitoire pour moi, Arcand tout pareil, donc à propos de chute(s) je vais plutôt opter ou pas un jour prochain pour celle de l'empire romain voire celle du faucon noir.
    Rien à voir,mais je vais en finir ce soir avec 'The Americans', les 6 saisons de la série en 15 jours & ma fois, je kiiiiiiffe comme disent les Djeuns (abrévation de déjeuner) :-)
    ++

  • IL y a aussi la Chute tout court.
    Connais pas ta série.

  • Aucun problème avec l'accent québécois, puisque c'est nous, les maudits Français, qui en avons un. En revanche, je te confirme que tu as mieux aimé le film que moi. J'ai trouvé ça longuet et fort invraisemblable. Tant pis...

  • J'adore quand ils disent qu'ils n'ont pas d'accent et que c'est nous (enfin surtout les parigots) qui ont un accent pointu :-)
    Ah lala, pas longuet une seule seconde, des invraisemblances en pagaïe mais gros kiff comme dit djeunement Ronnie.

  • Bonsoir Pascale, je constate avec plaisir que tu as été aussi conquise que moi à propos de ce film que je reverrai sûrement. Eh oui, je ne comprends pas que l'on puisse faire la fine bouche sur ce film. Bonne soirée.

  • Bonjour dasola. Contente que nous soyons du même avis. Oui j'ai du mal aussi avec cette tiédeur quand on est face à tant d'inventivité. Et tant pis pour les invraisemblances.

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