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THE CARD COUNTER

de Paul Schrader ***(*)

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Avec Oscar Isaac, Tye Sheridan, Tiffany Haddish

Mutique et solitaire, William Tell (sans son arc et ses flèches), ancien militaire ayant "fait" l'Irak est devenu joueur de poker. A sa sortie de prison, il sillonne les casinos, fuyant un passé traumatisant.

Gardien dans la prison d'Abou Ghraib connue pour les exactions qui y ont été commises à l'encontre des prisonniers, William a payé pour les autres et notamment les supérieurs qui n'apparaissent pas sur les photos compromettantes et n'ont donc pas été inquiétés.

Lors d'une conférence il rencontre Cirk un jeune homme obsédé par l'idée de se venger d'un gradé qui a été le supérieur de son père qui s'est suicidé mais aussi de William. William va prendre le jeune homme sous son aile, essayer de le détourner de son idée de vengeance en l'initiant aux salles de jeu et en le ramenant dans le droit chemin. Mais...

Il y a deux films imbriqués l'un dans l'autre. D'abord l'errance des deux garçons secondés par une femme chargée de recruter des joueurs pour son "écurie" qui les mène de salles de jeux en salles de casino. Ces scènes sont filmées sans esbroufe, tranquillement. Rien de spectaculaire et pourtant grâce à la présence magnétique d'Oscar Isaac elles deviennent passionnantes. Les scènes de torture dans la prison sont filmées avec une étrange focale qui donne le tournis. Dans ces moments là tout s'accentue et s'accélère y compris le son et l'ampli poussé à 12. La scène attendue de la vengeance est hors champ et c'est encore pire de faire travailler ainsi notre imagination car on entend tout sans rien voir. On découvre le résultat.

Entre le clinquant superficiel des casinos et l'âme sombre de William qui vit dans des hôtels après avoir recouvert le moindre meuble de draps blancs Paul Schrader filme son héros dans une atmosphère qui fait penser aux années 70. On devrait détester cet homme qui s'est comporté comme une ordure, mais les dommages collatéraux de ses actes sur sa vie et sa personnalité, sa culpabilité qui ne le lâche plus, ses tentatives de rédemption le rendent non pas attachant mais fascinant. D'autant que l'interprétation à la fois glaciale et intense d'Oscar Isaac avec son regard qui semble avoir sondé le fond de l'horreur, des regrets et des remords devrait lui valoir de saisir la petite statuette qui porte son prénom en février/mars ou au moins d'accéder à une nomination.

Ce film peu ordinaire est sombre, désespéré, nous dit qu'on n'échappe pas à son destin et il secoue durablement.

Commentaires

  • Pour moi aussi ce sera le dernier film de 2021, film magnétique s'il en est. Hélas, peu de chance de voir un Oscar entre les mains d'Isaac, déjà pas sur la liste des Golden Globes. Benedict lui aurait chopé avant de toutes façons.
    Pour info, Guillaume Tell est plus à l'aise à l'arbalète qu'au tir à l'arc.

  • Mes derniers de 2021 furent The Kingsman et Next door. Très bien tous les 2.
    Je ne me tiens pas au courant je ne fais que voir des films. Mais pas d'Oscar sans Golden, tant pis pour la magnétique Oscar.

  • Immanquable je pense. J'ai beaucoup aimé The Kings man et Next door (malgré ses défauts).

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